Vendredi 31 mars 2006

Un voyage, c'est plein de rencontres. Je m'en doutais un peu, mais a ce point la.... Mon chemin a ete ponctue de rencontres merveilleuses, c'est de celles la dont j'ai envie de parler. Les gens avec qui j'ai fait nu bout de route et qui ont contribue a la magie de mon experience indienne.

La premiere richesse aura ete Katie, qui m'a accueillie a bras ouverts dans son pays et dans son impressionante megalpole.... Sans elle, a l'aeroport de Bombay, j'aurais sans doute pris le premier avion pour l'Europe... Elle m'a accueillie comme sa propre fille, et c'est d'ailleurs Katie qui a ete la premiere preuve que maman m'accompagnerait chaque jour de mon voyage. Grace a Katie, a son amour et ses conseils avises de routarde experimentee, j'etais prete a me lancer dans l'aventure culturelle et humaine que j'avais choisi de vivre.

 

Apres, il y a eu Niel l'australien, Crocodile Dundee sexagenaire que j'ai rencontre a Bijapur. Voyageur experimente et attentionne lui aussi, je ne me lassais pas d'ecouter ses histoires incroyables, meme si je saturais parfois de son accent terrible... Je tirais de ces conversations egalement tous les conseils qui me seraient utiles. Nous avons passe une dizaine de jours ensemble, entre Bijapur et Gokarna. Un sacre bonhomme, que je ne suis pas prete d'oublier! Je suis attendue avec ceux qui le souhaitent dans une petite maison isolee au bord de la plage en Tasmanie...

 

C'est avec Niel que j'ai rencontre Yvonne pour la premiere fois. Australienne elle aussi, mais de Melbourne. On s'est rencontrees a Badami, puis revues qqs jours a Hampi, puis a Coorg, et nous avons voyage ensemble de Cochin a Kodaikanal avant de se retrouver une derniere fois a Madras. Jamais bien loin l'une de l'autre! Yvonne a ete une vraie lumiere, adorable, petillante de vie et de spontaneite. Tantot une compagne d'aventure lors de nos virees en moto a Coorg, le trek improvise de Munnar ou encore quand on s'est fait prendre en stop par un camion.... Tantot meilleure amie et confidente, tantot grande soeur...... Rencontre exceptionnelle et pleine de richesse. On s'est donne rendez-vous en Inde, c'est a mi chemin. Et on s'est promis de se tenir au courant de nos evolutions de carriere respectives...

A Mysore, j'ai rencontre Gil, dit Bacri, dit Monsieur Chamberland, dir le gars bizarre qui photographie les chats. Autre rencontre exceptionnelle, avec qui j'aurais appris beaucoup plus que le fait de me servir de mon appareil photo. Partage d'une passion commune, echanges de points de vus differents, c'est ce que j'appelle aussi rencontre enrichisante. Je comprends avec Gil que tout est possible, tout est accessible a condition d'y croire vraiment. Qu'on peut etre heureux simplement, si l'on decide de suivre son propre chemin et de rester fidele a soi meme. Je me surprends a commence a croire que moi aussi, je peux y arriver... Gil, c'est un art de vivre. Insolite et fascinant. ( Gil, ton dernier message merite d etre publie...: CHOSE A JOB YOU LOVE AND YOU WILL NEVER HAVE TO WORK A DAY IN LIFE)

Ensuite est arrivee la meditation Vipassana ou j'ai rencontre Gwenaelle ( suisse), Paul ( Canada) et Heather ( USA). Avec Gwen, on s'est tout de suite bien entendues, meme vision du voyage, meme recherche de nouveautes, meme question qui nous revenait de temps a autres et qu on s'amusait a debattre..... Mais qu'est-ce que je vais faire de ma vie !?! On aura partage une petite semaine ensemble a Mamallapuram, puis croisees par hasard a Tiruvanamalai et Pndicherry. A chaque fois, de bons moments de rires, de discussions et de detentes!

( Gwen avait juste envie de danser. c'est tout)

Paul et Heather ont ete egalement de supers rencontres, on s'est retrouve a Mamallapuram aussi, puis par le plus grand des hasards a 2000km de la, dans la YMCA de Shimla...... Encore des personnes interessantes et pleines de vie!

Sur la photo ( A Shimla), Heather est tout a gauche, puis ben moi ( avec toutes les couches de fringues sur moi passque ca caille), apres c'est Dave, un americain qui vit en Inde depuis plusieurs annees, puis Paul et enfin un anglais dont j'ai pas reussi a retenir le nom ( Nicky, ou qqch comme ca)

 

Il y a eu aussi Elodie, aussi, que j'ai un peu moins connu mais que j'espere bien revoir en France. Elle nous vient de Toulouse et on s'est rencontrees a Mamallapuram. On a passe une journee ensemble a Madras avant son retour. Excellente! Interessante, passionnee aussi, drole et vraiment attachante....Encore une autre rencontre, avec sa personnalite, son parcours, sa vision du voyage et de la vie en general.

 

 

 

Ce sont a ce jour les peronnes qui m'auront le plus marque au cours de mon voyage en Inde, mais il y a aussi toutes les autres rencontres, toutes ces personnes que l'on ne fait que croiser dans un bus, ou dans un resto. Comme Dirk le belge avec sa petite famille, que j'ai d'abord vu dans un bus, puis a Mysore ou il m'a invite a partager le gateau d'anniversaire de sa fille. L'italien de Badami qui m'a fait bien rire avec son accent terrible et la facon dont il contait ses mesaventures indiennes avec ses mains et ses 5 mots d'anglais... Yomi, un rare israelien qui voyage pas en bande, et qui fuit les endroits ou les israeliens se baladent en bande, d'ailleurs. Elodie , une autre francaise croisee dans un troquet a Madras, qui a fait l'edhec a lille et qui se reconvertit dans le cinema, BJ l'australien installe a Mamallapuram quelques mois, le temps de finir sa sculpture de Buddha, Oscar l'espagnol qui joue aux echecs........... tous ces gens de tous ages et de toutes nationnalites avec qui j'ai echange quelques bons tuyaux...

Mon voyage, ce sont aussi tous ces gens, toutes ces rencontres qui ont accompagne et dessine mon itineraire, qui ont parfois rendu la magie possible. Toutes ces personnes si differentes les unes des autres, avec une meme passion pour l'Inde.

Jeudi 30 mars 2006

J'ai quitte Tattapani avec un petit pincement au coeur donc, en prenant un bus local pour Delhi. Qui dit bus local dit pas de reservations, pas de dossier qui s'abaisse, et un siege en peudo sky bleu qui colle d'un profondeur approximative de 30 cm. Et bien sur, je decide de partir de nuit, pour ne pas perdre ces 10 heures d'une journee trop precieuse a Tattapani!

Le voyage est tres eprouvant, encore une fois, et commencera pas 2h debout avec mon sac, avec toujours ce meme spectacle de gens qui vomissent de part et d'autre du bus.. La route tourne tellement que je  vois plus le vide ou la falaise que la couleur du bitume.....  J'essaie d'oublier qu'a notre droite, il y a le precipice, j'essaie d'oublier cette odeur nauseabonde, ce ventre flasque et bedonnant qui vient rebondir sur mon dos a chaque a coups du bus....

La fatigue de ce long voyage, la nostalgie de quitter Tattapani et son havre de paix, les premieres negociations musclees au pied du "lit" avec le rickshaw m'annoncent une journee difficile..... J'arrive dans un hotel sordide qu'on m'a recommande, dans un quartier encore endormi. Je decouvre cette nouvelle chambre, sans fenetre, avec toujours un ventilateur au plafond et la lumiere des neons. Pas un poil de courage pour parcourir les environs a la recherche d'un autre hotel, donc je signe, je m'installe et m'affale enfin sur le lit pour rattraper quelques heures de sommeil. Je ne pensais pas avoir autant dormi quand je me reveille a 15.00, trempee de sueur car le ventilateur dont j'avais sous estime l'efficacite ne marche plus. Coupure de courant. Je rassemble tant bien que mal mes affaires a la lumiere d'une bougie, et part a la decouverte de ce quartier.

L'hotel a un avantage, celui d'etre a peu pres au calme. Ce qui decuple cette sensation d'agressivite que je ressens apres avoir parcouru les quelques dizaines de metres qui me separent de la rue principale. Main Bazaar Street. Ce qui en dit deja long..... Je me fais assaillir de toute part par des mendiants , de ceux quoi vous aggripent le bras et me le lachent que quand vous daignez mettre la main au porte monnaie... Gamins, estropies, aveugles... Puis ce sont les chauffeurs de rickshaw, taxis, pousse pousses ( ou tire-tires, vu que le velo, il est devant), et les vendeurs des boutiques a touristes ( Oh, des boutiques a touristes) qui veulent m'attirer dans leurs boutiques........ Je me sens soudainement oppressee dans cette rue surchargee, bruyante et poussiereuse. J'ai perdu tout l'espace que j'avais autour de moi, subitement, en quelques secondes...  Je suis completement abasourdie, avec l'etrange sensation de ne pas participer a cette effervescence exterieure. Je suis figee, et je vois defiler autour de  moi les vendeurs qui tirent leur carrioles pleines de fruits,  les rickshaws qui klaxonnent, les vaches a qui l'on ouvre le pasage, les voitures a qui on le referme... Pas mal de touristes; ceux qui viennent de la gare le visage rouge et degoulinant avec leur gros sacs a dos charges, et ceux qui font les boutiques et achetent des tonnes de foulards, bijoux, encens.... DEs enfants braillent, des gars se sont installes par terre et crient pour vendre leur vetements de seconde main, toujours ces klaxons, ces moteurs hurlants aux accelerations nerveuses.... Tous ces bruits stridents qui me percent les tympans et qui finissent par se noyer dans un flot sourd et indicible.

Il y a des jours comme ca ou l'Inde peut paraitre agressive et revetir un masque hostile. Des jours ou les sens sont tellement mis a l'epreuve qu'ils ne repondent plus.

Apres une bonne nuit de sommeil, un nouvel hotel avec une chambre inesperee, les rayons du soleil encore supportables du matin, et me voila de nouveau prete a aborder les rues indiennes avec plus de serennite.... encore une fois, cette sensation n'aura ete que temporaire...

Jeudi 30 mars 2006

Ahhhh, Tattapani..... ca avait plutot mal commence entre nous, mais finalement, notre separation aura ete une dechirure.....

Alors Tattapani, c'est un coup de coeur apres le coup de blues. Petit village paisiblement installe au bord d'une riviere, le Satlug, d'ou remontent de l'eau chaude et sulfureuse aux nombreuses vertues. Je me plais vraiment dans cet endroit, c'est calme, indien, et le peu de touristes qu'il y a sont sympas et interessants. D'ailleurs, les francais n'ont pas trouver d'interet a rester, eux.. C'est un coin, comme Coorg, que j'ai envie de decouvrir davantage, j'ai envie de connaitre les gens et leut culture, de parcourir les montagnes environnantes, de me baigner dans de l'eau de source, tantot glacee quand elle vient des plus hauts sommets du monde, tantot brulante quand elle vient des profondeurs de la terre... Envie de laisser la vie couler, et sentir que chaque goutte de mon precieux temps se remplit de la purete de l'instant. C'est le genre d'endroits sacres qu'on deniche comme un tresor, un de ces endroits ou le voyage prend toute sa dimension et devient un art de vivre....

Emploi du temps charge!!

J'avais decide de me la couler douce....repos avant que mon homme ne vienne me rejoindre a Delhi. Finalement, le temps est passe encore tres vite... J'ai rencontre Umesh, qui tient la guest house, et qui m a emmener en balade dans les environs sur son Enfield........ Encore un autre reve que je realise!! Incroyables sensations sur cette becane, les cheveux dans le vent, au soleil... Bon evidemment, la conduite d'Umesh ne me rassure pas toujours sur des routes pleines de cailloux et de poussiere, au bord d'un ravin impressionnant ( voir sur la photo comment il etait impressionnant )... Je me demande pourquoi les conducteurs klaxonnent autant en ville, sur des routes droites et que la, alors que ca serait bien necessaire pour les virages aveugles, ils ne klaxonnent pas.  Mais a part ca, que du bonheur!! parfois je me revoyais dans le verdon, le cul pose sur le VTR de Philippe..... Sauf que la enfield est plus confortable, qu'on a pas de casque qui tient chaud, et que ce n'est pas le verdon, mais le verdatron ou le gris-don vue la couleur de l'eau apres l'orage... Tellement beau et prenant que j'ai pris tres peu de photos, je pense que 1000 cliches ne suffiraient pas a traduire ce que j'ai pu ressentir. Umesh m'a emmene au bord d'une autre riviere, on a crapahute un peu pour finalement atteindre un petite plage de galets, au bord d'une eau transparente et pure... Vision idyllique... On s'est arrete la le temps de discuter de l'hindouisme, de l'histoire de la region, de la crue de 2000 qui a fait tant de degats...... on a fait des ricochets, on s'est baigne les pieds..... enfin autant de petits bonheurs simples et intemporels.....  Je suis rentree de la a point pour deguster un bon repas avant d'entamer une sieste bien meritee.

J'entends alors des percussions et des chants, et je vois une procession qui se rapproche de la plage. Une cinquantaine de villageois sont en route pour feter le 10eme et dernier  jour de puja en l'honneur de Shiva, chantant, dansant, en portant un gros lingam (attribut de Shiva) richement decore de fleurs et diverses offrandes. Je saute sur mon appareil photo et apres quelques signes de tetes approbateurs, je rejoins le cortege et le suit jusqu'au bord de la riviere. Les gens, plutot que de s'offusquer de la presence d'un etre impur dans leur rangs, sont au contraire tres fiers que je m'interesse a leur religion et leur culture. Tellement qu'ils me propulsent aux premieres loges face au pretre et qu'ils me font participer a la celebration... Moment tres intense, et j'offre a mon tour l'eau de la riviere et des petales de fleurs a la divinite. Je ne comprends pas la moitie des subtilites des rituels, et les gens ont du mal a me les expliquer, vu qu'ils ne parlent pas anglais.  Mais dans certaines situations, les mots n'ont que tres peu d'importance, et quand une femme me prends les mains et me dit quelques mots en hindi en souriant, je comprends que je suis la bienvenue et qu'ils prient leur dieu de me benir. Apres l'immersion du lingam dans la riviere, permettant a la divinite de retrouver son unite, les gens m'invitent a continuer la procession avec eux, jusqu'a un temple ou aura lieu la derniere lecture et le repas marquant la fin des festivites.

Quelle occasion!! je les suis, partant main dans la main avec Preti Sharma, jeune fille qui s'est liee d'amitie avec moi et qui d'ailleurs ne me lache pas d'une semelle.... Apres une trentaine de minutes de marche evidemment, ca monte, je me retrouve dans une sorte de cour, avec des gamins sur les genoux, a ecouter la lecture du bramane. Il m'est ensuite absolument impossible de les quitter sans avoir accepte de partager le repas qu'ils m'offrent. Plat typique, riz avec 4 sauces excellentes et toujours plus parfumees les unes que les autres, a meme le sol, avec une feuille de banian sechee en guise  d'assiette.

Genre quand il y a quelque chose qui croque, c'est qu'on a perce l assiette et qu'on est en train de bouffer de la poussiere. D'ou l'expression. Grand moment, meme si 5 ou 6 personnes me regardent manger avec un sourire amuse.... La cousine de Prei Sharma profite de l'instant pour me presenter son oncle, et me demander de but en blanc si je veux l'epouser... Sacres indiens.

 

le cuistot et sa gamelle de riz.....

 

 

 

 

 

Tattapani, c'est le genre d'endoits que l'on quitte avec un pincement au coeur.... Apres une derniere nuit sous la couette epaisse, bercee par le ronflement incessant de la riviere, et j'aborde la dernier journee avec une terrible envie de ne rien faire....... Juste me laisser languir des plaisirs de la vie, avant de retrouver la fureur de Delhi. Je vais troquer la couette contre un ventilateur qui brasse un air chaud et humide, le calme de ce paisible village contre les bruits assourdissants de la ville, la douceur contre la brutalite; le temps s'etait arrete, et des mes premiers pas a Delhi, il va s'accelerer.....

Quelques cliches de Tattapani.....

 

 

 

 

 

            

 

Jeudi 30 mars 2006

J'ai quitte Shimla lundi matin vers 9h45 avec deux francais dont j'aurais pu aisement me passer... Quoi qu'il en soit, nous sommes montes dans un bus qu'un gars nous avait indique comme etant en partance pour Tattapani, petit village paume a 50 kms de la. Une fois partis, apres 10 bonnes minutes de route quand le controlleur nous demande de payer le ticket, on decouvre qu'en fait non, ce bus ne part pas a Tattapani,mais dans un autre village a environ 10 kms, d'ou on pourra prendre un autre bus pour quelques kilometres, avant de prendre un troisieme bus pour Tattapani... On arrive finalement au village apres 3heures de voyage bien eprouvantes.... La route etait absolument superbe, si l'on oublie la conduite horrifiante du chauffeur sur ces petites routes etroites et caillouteuses de montagne. Si l'on oublie egalement les gens qui sont malades dans le bus, et qui vomissent par la fenetre le contenu colore de leur petit dejeuner...  enfin, en arrivant, c'est le grand calme apres la tempete. Le village a l'air tres calme, et on trouve une place dans une guest house au bord de la riviere. Le temps est tres couvert, venteux, et meme si il fait beaucoup moins froid qu'a Shimla ( on est a 750m d altitude), on supporte encore le chale.

Humeur du jour. je sais pas bien la definir, je me sens bizarre, fatiguee, pas deprimee mais loin d'etre euphorique. J'ai envie d'etre seule, mais de parler a quelqu'un. Envie de m'enfermer dans cette putain de chambre aussi impersonnelle que toutes les autres, ou seul mon sac a dos eventre me rappelle que le temps d'un ou deux jours, ce decor lugubre sera mon seul chez moi. La perspective de rejoindre ce village m'enchantait pourtant, mais un coup de blues, c 'est comme un orage en montagne, ca previent pas.

C'est d'ailleurs peut etre l'orage qui a tourne autour de Tattapani une grande partie de l'apres midi qui m'a donne le cafard? ou peut etre ces deux francais avec qui j'ai fait la route, et pour qui je n'eprouve ni sympathie, ni animosite. Mais peut etre purement une pointe d'envie..... Oui, peut etre bien que j'envie leur complicite et le fait qu'ils soient deux, tout simplement. Etre seule au milieu de la foule est moins difficile que d'etre seule avec 2 personnes qui vous ignorent...

Un coup de blues, en voyage, ca fait soudainement ressortir plein de choses qu'on ne voyait pas avant. Les traces d'humidite sur le mur, la peinture rose qui s'ecaille laissant apparaitre une couleur verdatre en dessous, la moquette cornee, usee, et brulee par des cigarettes ou tout autres substances incandescantes, licites ou non. Un coup de blues, ca change meme l'accoustique d'une piece. Je la trouvais juste calme et spacieuse, et desormais, elle resonne froidement et me renvoie les bruits de la solitude et du vide. Je me decide a sortir de cette cellule, et d'aller me reconforter dans le village et le paysage aux alentours. Je decouvre d'abord un hotel desaffecte, ravage par les crues desastreuses de 2000. Le spectacle est tout ce qu'il y a de plus deprimant... ca tombe bien, justement. Je marche alors vers le village, en coupant dans les rizieres qui , elles d'habitude d'un vert si lumineux, ont egalement perdu leur eclat sous le ciel noir de l'orage qui se rapproche. Je decide donc de repartir vers la guest house pour me mettre a l'abri, ne tenant pas particulierement a etre trempee, c'est pas la peine d'en rajouter.

De retour a la guest house, je me fais la reflexion que chez moi, quand j'avais un coup de blues, je prenais un bain chaud. Voila que je suis dans un village en Inde, ou comble des combles, il y a des sources d'eau chaude... Je dois avoir de la chance dans mon malheur. Direction donc le "bain' prive de la GH, qui est en fait un bassin en ciment a moitie sous une bache, rempli par de l'eau sulfureuse qui vient des sources. Je me vois deja oublier toutes mes tensions du jour en me delassant dans un bain bien chaud, a la lueur d'une bougie, a moitie la tete sous la pluie orageuse. Ce reve!!! Sauf que ..l'eau est chaude, certes, mais je ne m'attendais pas a autant... 58 degres quand meme.... J'arrive pas a laisser un pied dedans plus de 15 secondes.....Me voila nue comme un ver, assise en plein air sur du ciment froid, avec un bout d'orteil dans l'eau chaude.... Tu parles d'une cure de bien etre..... je retenterai l'experience apres avoir pris un repas consolateur, et en attendant, je garde mon coup de blues. D'autant que les deux compatriotes du jour se joignent a moi, pour consulter a 2 leur guide en vue des plans pour les prochains jours. J'avais range mon carnet en signe de "bienvenue a ma table, je serai ravie de partager mon diner avec vous", mais je le ressors sous peu vu qu'ils n'ont pas l'air decide a etre sociable. Alors mon coups de blues se teinte de rouge........

Finalement, comme les orages, le coup de blues est passe... Aussi vite qu'il n est arrive. J'ai finalement appris que les deux francais partaient le lendemain; l'eau a refroidi un peu et j'ai pu profiter de mon premier bain... un vrai delice, allongee dans l'eau chaude a contempler un orage, avec des bougies.... je l'ai eu, mon bain reparateur... premiere rencontre interessante a la GH, Umesh, avec qui je me prepare une journee motivante pour demain! je suis maintenant prete a aborder les choses differement, et a pouvoir profiter de ce lieu qui tout a coup, revet un caractere magique.....

Donc un cuop de blues, c'est vraiment comme un orage en montagne. Ca passe aussi vite que ca n'est arrive, et le ciel est beaucoup plus clair apres.

 

Dimanche 26 mars 2006

Merci a Daniele Girard, presidente de l'association, de m'avoir transmis cet article qui decrira mieux que je ne pourrais le faire l'historique et  le fonctionnement de l'association La ferme des crocodiles.

N'hesitez pas a la contacter, ou par mon intermediaire, pour toutes informations supplementaires, ou pour des demandes de parrainages.

La Ferme Des Crocodiles

Présidente : Danièle Girard 460, chemin de Crémendy 64520 Bidache

Vice-président : John Burnap 8, rue de Danjoutin 90400 Andelnans

Trésorière : Alice Girard Avenue de la Libération 11300 Pieusse

Secrétaire : Monique Baron 9, rue d’Evette 90350 Evette Salbert

La Ferme des Crocodiles est une association laïque à but non lucratif de type loi de 1901, reconnue d’intérêt général et habilitée à recevoir des dons et legs, domiciliée à Evette Salbert, Territoire de Belfort. Créée en 1988 à Strasbourg. Récépissé de déclaration n° 0901005229, le 19 mai 2004, en Préfecture du Territoire de Belfort, suite au changement de domiciliation.

L’association compte actuellement une centaine de membres (= parrains) en France et en Belgique et huit en Allemagne.

But de l’association :

Nous finançons et participons au développement d’un home d’une centaine d’enfants en Inde : le DG home, et, d’une ferme école destinée à accueillir une soixantaine d’élèves.

Aucun home d’enfants ou orphelinat en Inde ne reçoit d’aide financière du gouvernement.

DG Home  / Gulalpadi Village / Vadamathur (PCOT) / Chengam Taluk / 606702 Tamil Nadu

 1 home d’enfants en Inde : soutien et aide au développement,  lieux de vie et scolarisation

 Les enfants accueillis au DG home sont soit orphelins soit privé d’un des parents ou abandonnés. Souvent la mère, veuve, a des moyens d’existence plus que précaires ne permettant pas d’assurer la survie du (ou des) enfant(s). Les fratries sont respectées et, lorsque les enfants ont encore un parent, celui-ci peut bien sûr venir les voir en fin de semaine. Les vacances sont, le plus souvent possible, des occasions de retrouvailles plus longues.

Lorsqu’ils quittent le home, les enfants bénéficient d’une formation professionnelle et/ou d’un emploi. Sans nullement critiquer les organismes qui ont opté pour l’adoption, notre choix est de permettre à ces futurs adultes de cheminer vers l’autonomie et la conquête de la dignité en devenant des acteurs économiques de leur pays, aussi ‘modestes’ soient-ils.

Historique très succinct :

En 1987, Danièle Girard et son mari découvrent l’Inde lors d’un long périple. Ils se trouvent alors au sud-est, dans la région du Tamil Nadu, sur la côte, à environ 40 km au sud de Madras. Un panneau « Crocodile Bank » les attire ; ils visitent l’élevage de crocodiles. Tout à côté, quelques enfants, dix-sept, souriants, chaleureux : le contact est immédiat. Les Français rencontrent le pasteur Anandaraj qui leur propose de visiter le home qu’il a fondé. Les enfants, alors que le home a très peu de moyens, sont gais et entourés d’amour. De retour en France, la décision est prise : il faut faire quelque chose pour les aider. En avril 1988, l’association est créée : elle compte alors 4 parrains. L’aventure commence et, en mémoire du lieu de la rencontre, elle est baptisée … la Ferme des Crocodiles !

Après 17 ans de collaboration, La Ferme des Crocodiles décide d’aider un nouveau Home : le DG Home à Gulalpadi. Peu de temps après le pasteur Anandaraj devient « archevêque » et ses nombreuses relations lui permettent d’obtenir des dons très importants. Le Home de Pérur n’a alors plus besoin de nous. Nous décidons de concentrer notre action sur le DG home où un projet de ferme école nous attend.

Mode de fonctionnement :

Nos principales ressources proviennent des parrainages. Actuellement, la plupart des membres ont choisi de parrainer l’institution et non un enfant en particulier. Entre autre raison, ceci présente le mérite de n’exclure aucun enfant vivant dans le home. Un parrainage = 23 € par mois. Sur cette somme, 22 € vont chaque mois en Inde.

L’euro restant est conservé pour les frais de fonctionnement (par exemple : les frais bancaires pour les transferts de l’argent ; et cela coûte cher !).

Tout l’argent retenu n’est pas consommé et le reliquat est envoyé deux fois par an : pour la rentrée scolaire (en juin) et pour Noël.

 A quoi la somme de 22 € par mois contribue-t-elle ?

L’hébergement.

La nourriture.

Les soins médicaux et les vaccinations ; la couverture sociale et médicale en Inde est quasiment inexistante.

Les vêtements, y compris les uniformes scolaires.

Les livres et autres fournitures scolaires.

Le soutien scolaire dans le cadre du home.

Non, ils ne font pas de petits métiers pour apporter un peu d’argent : un enfant est fait pour jouer, aller à l’école et avoir une jeune vie la plus heureuse possible.

Les parrainages permettent d’assurer aux deux homes une rentrée d’argent régulière et sûre, sans laquelle aucune institution ne saurait durer longtemps.

Pourquoi l’éducation est-elle si importante ?

La scolarisation et le suivi scolaire sont des composantes essentielles de notre action. En Inde, les adultes pauvres ont beaucoup d’enfants afin que ceux-ci puissent commencer à travailler le plus tôt possible et contribuer à la survie de la famille. Plus tard, on espère qu’ils assureront la ‘retraite’ des parents quand ceux-ci ne pourront plus travailler.

Ces enfants ne vont donc pas à l’école, en tout cas pas longtemps : le plus souvent ils commenceront à travailler à 10 ou 11 ans. Faute d’éducation, ils n’auront, une fois adultes, qu’un emploi faiblement rémunéré. Ils auront donc beaucoup d’enfants qui, à leur tour … L’éducation est l’outil pour rompre ce cercle vicieux. Dans les deux homes d’enfants que nous soutenons, garçons et filles ont le même accès à la scolarité.

 Et après, quel avenir ?

Chaque année, quelques-uns peuvent continuer des études mais la majorité quitte la période de scolarisation obligatoire pour entrer dans la vie active. Jusqu’à maintenant, les adolescents qui quittaient le collège étaient pour la plupart placés en formation chez un employeur ou obtenaient directement un emploi. Mais, malheureusement, presque tous les emplois disponibles sont en ville ce qui implique un réel déracinement pour ces jeunes, habitués au monde rural. Nous pensons que lutter contre une migration trop importante vers les zones urbaines, souvent synonymes de vie précaire voire de misère, c’est œuvrer pour une vie stable et plus sereine, pour autant que des emplois durables et dignes puissent être créés en zone agricole. Par ailleurs, notre expérience nous confirme que la solidarité et l’entraide sont beaucoup plus présentes dans les villages.

2005 marque une étape importante dans notre engagement de formation de ces futurs adultes. Nous avons créé une association sur place (un « charitable trust deed » ) et nous avons pu acquérir à Gulalpadi, à quelques minutes du home, un terrain de plus de 6 hectares comprenant des parcelles de rizières, une cocoteraie, des tecks et autres arbres, et des parcelles de terre agricole.

Nous démarrons notre projet de ferme école !

Première étape : culture du riz et création d’un grand jardin de légumes (septembre 2005). En nous basant sur les rendements moyens de ces dernières années, les hypothèses les plus basses indiquent que nous pourrons couvrir les besoins annuels en riz du home, vendre l’excédent et dégager une marge, ce qui nous permettra de couvrir le salaire du métayer déjà embauché. Les enfants seront initiés aux bases, en dehors des heures scolaires. Ces premières formations seront ouvertes à part égale aux enfants du home et à d’autres enfants du village, ce qui favorisera l’intégration du projet auprès de nos voisins. Les légumes enrichiront les menus et contribueront à un meilleur équilibre alimentaire.

Deuxième étape : lancement du centre de formation professionnel à proprement parlé (juin 2006 ou 2007). Certaines des autres parcelles seront exploitées, dans un premier temps en cultures habituelles pour la région ; puis l’on introduira des cultures expérimentales adaptées aux paramètres sol/climat, avec un objectif progressif de qualité biologique. Les premiers bâtiments seront construits et nous ouvrirons le centre à des adolescents des villages avoisinants. La formation sera vendue, à des prix adaptés aux ressources de chaque famille - fussent-elles symboliques - pour ne pas « faire la charité » et pour éviter le placement par des familles non motivées.  

 

Troisième étape : nous consacrerons les dernières parcelles disponibles à des cultures à forte valeur ajoutée (essence de rose et de jasmin par exemple), qui seront exportées selon des principes de commerce équitable, le but étant des dégager des bénéfices pour :

- financer des micro-crédits permettant aux élèves sortants, seuls ou en coopérative, d’acheter une terre et de se mettre à leur propre compte, avec notre aide.

- utiliser le reste de l’argent disponible pour financer la création de nouveaux homes dans des villages voisins selon un principe de reproduction de plans d’expérience.

« Donnez du riz, vous nourrissez pour un jour.

Apprenez à cultiver, vous nourrissez pour la vie. »

Nous serons alors au cœur de nos ambitions.

Notre association est laïque, composée de personnes aux opinions et croyances très diverses mais animées par une idée simple : l’enfance est un trésor fragile qu’il faut protéger ; tenter d’offrir un avenir à des enfants d’ailleurs, c’est aussi rendre possible le futur des nôtres.

 

En Resume : 

              • Pérennité : Nous avons créé cette association il y a 19 ans avec le souci d’inscrire notre action dans la durée.

 Développement : Il ne s’agit pas seulement de permettre à des enfants de survivre mais, par l’éducation et la formation, nous les aidons à construire leur avenir.

Partenariat : Au-delà de différences culturelles parfois profondes avec les Indiens qui gèrent les homes, nous sommes en accord sur des points essentiels :

égalité des sexes dans la vie quotidienne et dans l’accès à l’éducation

accès aux soins médicaux et campagnes de vaccination régulières

mise en place de certains choix d’équilibre alimentaire (certes encore insatisfaisant mais en nette progression)

mise en place progressive de certaines normes de confort occidental, tel que l’eau courante, le réfrigérateur ou une bibliothèque !

Contrôle et présence sur le terrain : Nous savons précisément où va l’argent et comment il est dépensé. Le DG home, que nous aidons au plus près dans son accession à l’autonomie, nous fait parvenir ses comptes mensuels détaillés à la roupie près.

Tous les ans, à plusieurs reprises dans l’année, des membres de l’association se rendent sur place, dans les deux homes ; ces visites permettent aussi de déterminer les prochaines priorités.

Rigueur de la gestion : Grâce à l’aide de parrains ou amis qui peuvent nous éviter certains frais (de photocopie par exemple), nous pouvons assurer qu’au moins 95% des dons vont directement aux enfants.

 

A ceux qui diraient : « c’est une goutte d’eau dans un océan de misère 

Oui, c’est vrai. Mais à chacun sa goutte d’eau ! Nous mesurons les résultats et la portée de notre action, à chacune de nos visites, depuis 19 ans, pour plus de trois cents d’enfants.

Et puis, allez demander à ces enfants ce qu’ils en pensent, de cette goutte d’eau...

 

Si vous souhaitez nous aider

Quelques remarques préliminaires :

95% des dons récoltés après le tsunami de décembre 2004 à été dédié à l’aide d’urgence aux victimes et à la reconstruction : rez-de-chaussée du home de Pérur ; école voisine ; une tonne de riz, 100 couvertures, ensembles de cuisine pour 40 familles ; pour le village de pêcheurs voisin du home : achat de 5 bateaux de pêche motorisées et 1 400 kilos de filets. Les détails de notre action suite au tsunami, à distance en urgence et en mission sur place en février, figurent sur le bulletin de l’association de mars 2005 ( financé par les 5% restant).

Aucune partie des sommes récoltées pour l’aide post- tsunami n’a été thésaurisée. Notre comptabilité détaillée est à votre disposition.

Lors de notre mission de juillet 2005, nous avons vérifié que nos actions de secours commencées en février étaient bien abouties. Les pêcheurs, très satisfaits de la qualité des barques que nous leur avons fournies, nous ont dit que nous étions la seule organisation à être revenue pour évaluer la situation et l’impact des aides quelques mois après le drame. Nous n’en tirons aucune gloire mais sommes simplement renforcés dans l’idée que, comme pour tant d’autres petites associations efficaces, la présence régulière sur le terrain est la condition indispensable d’un progrès durable.

 

 

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