Mercredi 27 juin 2007
C'est brûlé du désir de vous être utile par ma fatale expérience, que je vous fais ces récits; que je vous dévoile ma faiblesse, ma honte, ma turpitude (Restif de La Bret., M. Nicolas, 1796)



Comment ai-je pu........

Je n'ai aucune excuse valable justifiant mon absence depuis le........... 25 avril..... d'accord, je suis rentrée; d'accord,  le retour n'est pas facile à gérer; d'accord, il fait un temps tout pourri.... mais quand même.
Quand j'ai appris que certaines personnes qui me sont proches se sont réellement inquitées du manque de nouvelles sur le blog, je m'en suis voulue de l'avoir négligé....

Alors voilà, maintenant vous savez tous officiellement que je suis rentrée entière, en tout cas avec des doigts pour taper sur un clavier et quelques neurones qui réussissent encore à s'activer quand il le faut....

Pour me faire pardonner, je vous laisse quelques images en exclusivité!!! avant de pouvoir les découvrir lors de mes expositions prévues pour la rentrée......

N'hésitez pas à me laisser vos critiques!!!! (en fait, je devrais dire....... S'IL VOUS PLAIT, laissez moi des critiques.....!)

bises!

améli-mélo

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Mercredi 27 juin 2007
Je ne sais plus combien de fois je me suis retrouvée dans cette situation, assise dans le canapé, les yeux rivés sur une page vierge de mon cahier. Quelques mots, quelques phrases, quelques paragraphes tout au plus avant que mes yeux ne se fixent dans le vide, et que mon crayon ne disparaisse derrière un brouillard épais. Je dois parler de mon retour. C’est ce que tout le monde attend, d’autant que certains me croient encore quelque part en Thaïlande, sur un petit bout d’île paradisiaque d’où date mon dernier article…

Depuis j’essaie, encore et encore, espérant que les mots viennent enfin chasser ce vide qui me remplit le crâne, mais eux qui abondaient parfois à en dépasser mes pensées, ils ne tombent aujourd’hui plus qu’au compte goutte dans un bruit sourd et étouffé.

Au début, je pensais que c’était normal. Je mettais ça sur le compte du retour, du choc culturel et climatique, du décalage horaire…

Comment mettre des mots sur toutes ces émotions contradictoires qui m’envahissaient, sans pour autant que je n’arrive à les vivre ; comment matérialiser des pensées décousues qui ne cessaient de m’égarer ?

Alors j’ai gardé les yeux ouverts sur ce qui m’entourait, m’étonnant de ne pas m’étonner plus que cela, laissant petit à petit le quotidien me reprendre et ensevelir les souvenirs de ce passé si proche, observant avec indolence le temps filer entre mes doigts, et m’échapper.

J’ai attendu passivement, mais impatiemment le vrai retour, flottant entre les automatismes d’ici et les nouveaux réflexes venus d’ailleurs ; perdue entre deux mondes, à n’en plus savoir où était réellement l’ailleurs, et si il n’était pas justement …ici…

Je ne me reconnais plus, égarée dans un milieu qui se veut être le mien, oubliant mes repères si fraîchement révélés pour refaire face à de profondes racines qui ne me conviennent plus, mais qui me rattrapent encore. Et me paralysent.

Ca fait maintenant plusieurs semaines, presque deux mois que je suis rentrée. Mon sac à dos a depuis longtemps disparu de mon décor ; lui qui était tout ce que j’avais, lui qui m’a accompagné à chaque pas, tantôt pénible, tantôt léger ; lui qui était le symbole de ma liberté… il est maintenant tapis dans le fond d’une cave obscure, immobile parmi des cartons poussiéreux et des meubles branlants.

C’est un peu ça, le retour, quand on ne sait pas exactement pour combien de temps il nous ramène dans la réalité. Remettre l’indispensable au placard, tandis que de vieux fantômes en ressortent, aussi inutiles qu’avilissants, et nous attirent dans une spirale sombre et nostalgique.

Le retour est un voyage en soi, un voyage dans le temps, dans le passé comme dans l’avenir. Le présent est redevenu presque insaisissable, filant entre mes doigts, comme un arôme précieux et suave que je n’arrive à emprisonner….

Il est temps que de nouveaux projets se dessinent, que de nouveaux horizons se profilent, que des petites étoiles germent dans ma tête, et éclairent enfin un chemin qui est encore trouble.

Pendant deux mois, j’ai cru que le temps s’était arrêté, mais je comprends qu’en réalité il ne m’attend pas. C’est peut être le déclic qu’il me fallait.

Aujourd’hui, depuis que j’ai hâte de repartir, j’ai compris que j’étais rentrée…. Et que le présent se devait d’être la préparation de l’avenir….

Et peut être que finalement, les mots prennent forme quand le présent prend sens ?

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