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Dimanche 25 avril 2010 7 25 /04 /Avr /2010 12:52

Alep

24 avril 2010

 

Dernière étape syrienne… je réalise combien je me suis habituée à ce pays, maintenant que je suis sur le point de le quitter. Je commençais tout juste à me sentir dans le cœur battant du voyage…

Je me revois la semaine dernière, les premiers pas hésitants dans les rues de Damas, cherchant doucement mes repères dans un nouveau décor.

Pourtant, en bien des points, la Syrie n’est pas si différente de son petit voisin libanais. On y parle l’arabe, on y mange des fallafels, du houmous ou des olives, les clopes ne coûtent rien, et les taxis sont jaunes.

Mais si j’ai eu une chance et un bonheur inouïs à découvrir le Liban de l’intérieur grâce à Nawal, Katia, et toutes les autres personnes qui m’y ont accueilli, le voyage en soi, tel que je le connais, a réellement commencé quand j’ai quitté Beyrouth.

Livrée à moi-même, sac au dos, allant de découvertes en découvertes, me laissant guider par mes envies et les rencontres de passage.

J’ai pris mes marques, appris la nouvelle valeur d’une nouvelle monnaie, me suis habituée aux visages voilés des femmes, et moustachus des hommes, ai déchiffré de nouveaux codes… il y a les sourires accueillants, les plus fréquents, qui se renvoient comme on se renvoie une balle, et qui se finissent souvent par le partage d’un thé, puis les sourires gras et bassement aguicheurs, auquel il vaut mieux ne pas répondre, sous peine d’entretenir des idées reçues ; ces sourires là sont reconnaissables, car universels… en tout cas dans les pays où les gens sourient.

Il y a les gestes à décoder, la main vers le haut pour refuser, vers le bas pour attirer, vers le ciel, pour le louer… la main qui invite, la main qui interroge, la main qui frôle avec sympathie ou indélicatesse.

Et tous ces regards… tournés, de manière quasi incessante, vers l’étrangère que je suis, comme si j’étais le centre d’un monde que je voudrais pourtant juste observer sans en toucher l’équilibre. Certaines ont du mal à le supporter… je repense à Fatima, rencontrée hier soir à Hama, pour qui ces regards pénétrants resteront un point noir de son voyage.

Pour ma part, sauf quand la fatigue est trop forte et que tout devient insupportable, ils ne me gênent plus. Je ne les vois plus… et quand bien même…. Je suis venue pour observer les gens vivre, comment leur en vouloir d’en faire autant.

Ce qui est sûr, c’est qu’ici, les regards ne sont jamais agressifs. De tous ceux que j’ai pu croiser, il n’y en a aucun qui n’ait été emprunt de bienveillance.

Si des amoureux de nature pourraient être déçus par les paysages que la Syrie peut offrir, ceux qui, comme moi, sont friands de rencontres, ne peuvent repartir qu’envoutés.. comme je l’étais également en quittant le Liban.

C’est passé bien trop vite.. j’aurais voulu m’enfoncer davantage dans le pays, quitter les sentiers battus, au demeurant incontournables pour une première visite ; j’aurais voulu aller m’imprégner des influences irakiennes et kurdes, aux frontières du pays, plonger mes pieds dans l’Euphrate et me brûler au soleil du désert, accompagner des bergers bédouins ou siroter un thé dans un village de pêcheurs : j’ai l’impression de n’avoir fait que survoler le pays. Même si il m’a déjà offert beaucoup…

Je reviendrais. Inch’Allah.

En attendant, il me reste une journée à Alep, et je compte bien en profiter.

Demain, c’est dimanche, et je démarrerai de bonne heure, avec les écoliers. Pour une dernière fois.

 

Par amelotour - Publié dans : Avril 2010 - Congés payés
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