Amel' O' Tour d'Asie http://www.amelotour.com/ 2005-11-21T17:07:49Z over-blog.com Atom 1.0 Generator http://accel6.fdata.over-blog.com/99/00/00/01/img/avatar.png Mes pérégrinations asiatiques! Découvrez mes récits de 6+7 mois de voyage en solitaire. Après une période en entreprise, je décide de changer de vie...... De cadre de production dans les couches culottes à photographe-voyageuse.... C'est possible, il suffit d'y croire! http://www.amelotour.com/article-24988322.html Bienvenue a Kakouland? 2008-11-21T11:55:22Z 2008-11-21T11:40:00Z amelotour http://www.over-blog.com/profil/blogueur-37423.html     Kakouland Saidpur, le 20 novembre   Je compte les jours. C’est souvent que ça arrive, en voyage, de compter les jours. Parce qu’il y a toujours une histoire de visa qui expire, d’avion à prendre, de billet de train à réserver, un rendez-vous à ne pas manquer…. On a parfois besoin de se raccrocher à la réalité du temps qui passe, parce que quoi qu’on en dise, la vraie liberté du voyageur n’existe pas. A moins d’avoir un budget qui permette de l’acheter. Mon visa expire dans plus d’un mois, j’ai encore une grosse liasse de Taka dans mon porte monnaie, pas d’avion en vue avant mars prochain, et pourtant, ça fait trois jours que j’ai commencé le décompte. Le retour imminent en Inde devient une véritable obsession, autant qu’une nécessité… cette fois ça y est, le Bangladesh a eu raison de moi. Fini le temps de la découverte les yeux grands ouverts, à s’extasier à chaque carrefour, désormais, un coin de rue est un coin de rue et il ne réserve guère plus de surprise. Je suis lassée du décor qui ne change plus, des bruits qui résonnent davantage, des regards qui me semblent de plus en plus durs et agressifs. Les comportements qui me faisaient sourire m’agacent aujourd’hui au point de devenir parfois insupportables, et tant pis pour les bonnes manières auxquelles je suis censée me plier, ce pays m’a tellement abattue que je n’ai plus l’énergie de me plier pour quoi ou qui que ce soit. Je pourrais continuer à vous dire à quel point le voyage, c’est super, que tous les matins je suis heureuse de sortir de ma chambre pour partir à la rencontre d’une population chaleureuse et hospitalière, mais ça serait vous mentir. Parce que là, les gens, ils m’em-mer-dent. Et la chaleur humaine, je m’en passerais bien quand elle se traduit par une trentaine de gamins surexcités qui me suivent en hurlant, ameutant ainsi tout un quartier qui avait pourtant l’air tranquille, et réduisant à néant nos chances de pouvoir saisir un instantané. Et quand bien même je trouve un sujet à photographier, comme un jeune chiffonnier auquel personne ne s’intéresse et qui lui-même ne s’intéresse pas à grand chose d’autre que son sac de déchets qu’il tient sur l’épaule, il y a toujours deux ou trois kakous qui vont engueuler ce pauvre petit bonhomme qui n’a rien demandé à personne pour qu’il me regarde en souriant. Et là, la photo, y’en a plus. Les kakous, pour ne pas dire « petits cons » (parce que, entre nous, c’est comme ça qu’on les appelle), ce sont les plus pénibles de tous. Généralement, ils ont abandonné le pagne traditionnel pour un pantalon trop serré et une chemise de cowboy, ils se promènent à deux ou trois en traînant leurs semelles de tongs dans la poussière, et se croient toujours plus beaux et plus intelligents que tous les autres. Et ils ont un don indéniable pour foutre une photo en l’air. Parfois, ça peut venir d’une bonne volonté, parce qu’ils partent du principe qu’une photo ne peut être réussie que si le sujet regarde droit dans l’objectif, et que pour ça, ils vont jusqu’à saisir le visage du gamin à pleine main pour le tourner de force vers l’appareil…. De quoi en traumatiser plus d’un.. Et puis il y a ceux qui sont juste chiants, qui veulent absolument être dans le cadrage et qui sont prêts à tout pour cela, qui poussent les autres à coups de coude, qui apparaissent devant l’objectif juste au moment du déclenchement et qui font semblant de ne pas comprendre quand on leur demande expressément de dégager (en bangla..)… Qu’on vienne encore une fois me dire que j’ai choisi la vie facile que celle de faire des photos de vacances au Bangladesh…. Le prochain qui me parle de vacances, je lui prête mon appareil photo et lui paie un aller simple pour Dhaka.   Non décidément, il est temps de changer d’air. Je n’ai aucun regret d’être venue au Bangladesh, bien au contraire, et il ne faut surtout se faire une idée du pays sur ces quelques lignes… mais c’est comme tout, il faut savoir s’arrêter, repasser la frontière et quitter la scène avant de faire un pas de trop… ou une ville de trop… Maintenant, ça n’est plus qu’une question de jours avant de retrouver l’Inde et sa relative civilisation ; ça peut vous sembler surprenant de qualifier l’Inde de pays civilisé, mais après le Bangladesh…. Les pancakes à la banane, les milkshakes et les frites de Calcutta nous apparaissent comme un luxe, et.. un rêve bientôt accessible…. Pour le cassoulet et la pizza aux quatre fromages, il faudra attendre encore ! http://www.amelotour.com/article-24777009.html Toucher le fond 2008-11-15T12:50:22Z 2008-11-11T12:45:00Z amelotour http://www.over-blog.com/profil/blogueur-37423.html 11 novembre   Mohanganj   On n’avait pas prévu d’aller bien loin. L’aperçu de la vie rurale du gros village de Sunamganj nous avait déjà bien plu, la vie modeste et calme des fermes, la beauté des rizières encerclant les habitations, et toujours, la fraîcheur et l’animation douce de la rivière. Le modernisme avait déjà quasiment disparu du décor, tant pis pour internet et la BBC, on a décidé d’aller plus loin dans le cœur du Bangladesh. Le nom de Mohanganj, écrit en plus petit encore sur la carte du Lonely à quelques dizaines de kilomètres plus à l’ouest, est sorti du lot. Pas de raison particulière, et pour aller à la rencontre du quotidien des gens, c’est une raison suffisante…   A vue de nez, on avait estimé que Mohanganj se situait à environ 2-3 heures de bus de Sunamganj. Alors sans se précipiter, nous avons passé notre matinée à photographier les écoliers avant de boucler nos sacs vers 11h, sûrs que des bus partiraient fréquemment vers notre destination. A ce moment précis, nous étions loin d’imaginer que des bus, il n’y en avait pas du tout, et que le seul moyen d’atteindre Mohanganj était de prendre le bateau. Pas de souci en soi, le bateau a le mérite d’être reposant, de nous laisser davantage de liberté de mouvement, et malgré la vétusté de l’embarcation, ça doit être également plus sûr que le bus. On nous a annoncé quatre heures de trajet, puis cinq, puis six, et c’est finalement dix heures pus tard que nous avons atteint les rives de Mohanganj. A la vitesse d’un bateau mouche en croisière sur la Seine, nous avons traversé des paysages époustouflants, ne laissant derrière nous que de légères ridules sur la surface de l’eau, pour ne pas trop déranger…. Nous nous sommes laissés bercés, profitant de la magie du moment, assis sur le toit du bateau pour échapper un peu aux sollicitations des passagers de plus en plus curieux, jusqu’à voir le soleil couler doucement derrière l’horizon flottant, jusqu’à voir l’obscurité de la nuit absorber les dernières lueurs, les dernières barques de pêcheurs… et puis plus rien. Le temps passe moins vite, quand il n’y a plus rien à voir, et plus rien d’autre à faire que d’attendre.   21h, à force d’enquêter auprès des derniers hommes de l’équipage encore à bord, on finit par comprendre que cet arrêt qui se prolonge, c’est bien le terminus. Quelques lampes disséminées dans la végétation dense des berges, preuves que la civilisation est bien là, même si les arbres sont les plus nombreux. Nous voilà à Mohanganj. Bien que l’obscurité domine, nos ombres difformes nous trahissent et nous faisons rapidement sensation. On s’empresse autour de nous, il n’y a plus un seul mot d’anglais dans les questions qui s’échappent, ni dans les réponses que l’on aimerait tant entendre… heureusement, le terme « hôtel » est international, si tant est que l’on précise, ici, que l’on cherche un hôtel pour dormir. Sinon, on nous envoie dans un restaurant. Deux gamins nous prennent par la main, ils ont compris ce que l’on cherchait, et au milieu de mots incompréhensibles, on entend « guest house », et c’est bien la première fois depuis notre arrivée au Bangladesh… On relève, mais on ne soupçonne encore rien de ce qui nous attend. Nous voilà arpentant les rues terreuses de Mohanganj, passant devant des rideaux de fer tirés et des vendeurs de légumes qui s’obstinent ; l’animation bat son plein, mais on la traverse sans la voir, trop pressés de trouver un abri pour la nuit. Le premier hôtel affiche complet. Le seul bâtiment de la rue avec un étage qui ressemblait vaguement à quelque chose ne sera pas le bon, et le second, une centaine de mètres plus bas, nous éclaire sur le standard auquel il faudra s’attendre.    Une dizaines d’hommes sont assis dans la pièce exiguë qui doit faire office de réception. Heureusement que les gamins nous ont orienté, car rien ne nous aurait laissé penser qu’il puisse s’agir d’un hôtel. Ou d’une guest house. Je ne sais pas bien à qui m’adresser, et puisque tout le monde me regarde, je lance un « room » interrogatif à qui veut bien le prendre. Je ne saurais même pas dire qui m’a répondu, mais oui, il y a une chambre de libre, mais on me précise que la salle de bain est commune. Je vais jeter un œil. Pas de place à l’entrée pour poser mon sac à dos, alors c’est chargée comme une mule que je suis trois des hommes dans ce sinistre couloir. La chambre l’est plus encore… je lance un coup d’œil rapide, mais ne m’éternise pas, sachant que les deux garçons avaient à priori un troisième plan…   Nous voilà repartis, on découvre qu’il y a une gare à Mohanganj, et que la troisième guest house est juste à côté. Les trois barbus assis sur le banc de la devanture nous voient venir. Et quelque part, moi aussi…. Avant même de poser la question, ils nous font un signe réprobateur de la main. Il y a des « non, on est complet », et des « non, on veut pas de vous ». Dans les deux cas, même conséquence…. On est bon pour le deuxième hôtel, sa batterie de mateurs et sa cellule nauséabonde sans fenêtre.   C’est une guest house, une vraie, où on loue pas une chambre, mais où l’on donne une participation symbolique pour un abri qui l’est tout autant. Une maison pour les gens de passage, et sans grande surprise, seuls les hommes sont de passage. Il doit y avoir deux mètres entre les murs, et une fois les sacs posés sur le peu de sol qui reste, on peut à peine rentrer dans la chambre. Au moins, l’excuse était toute faite pour en refuser l’accès aux cinq gaillards insistants qui avaient l’air de vouloir s’installer avec nous. C’est assez rare, mais on ne peut s’empêcher de recouvrir les oreillers avec nos serviettes de toilette. Tout est douteux, et c’est finalement pas si mal que le matelas soit si fin, car ça doit limiter le nombre d’habitants qui y grouillent. Hors de question en tout cas d’avoir le moindre contact avec lui, et faute de mieux, je prends le parti de dormir habillée ; de toute façon, la nuit n’est pas partie pour se passer agréablement…. Je m’en veux d’avoir boudé les toilettes du bateau, car il y a peu de chances qu’elles aient été plus immondes que celles-ci. A l’arrière du bâtiment, au fond d’une petite courée puante, deux petits cabanons de béton recouverts de tôle ondulée font office de sanitaires. Pas de lumière, et c’est peut être pas plus mal, l’obscurité se chargeant de dissimuler la crasse que l’on ne devine que par les odeurs nauséabondes qui s’en dégagent, et les insectes que l’on entend grouiller. Derrière l’une des portes, celle qui ne ferme pas, l’unique toilette commun à tous les « guest » est déjà obstruée d’un monticule d’excréments, il n’y a, bien sûr pas de chasse d’eau, mais pas de robinet non plus. Je n’ose imaginer où s’essuient les mains gauches, et prend garde à ne toucher aucun des murs qui m’entourent… le plus sympathique, c’est qu’en ressortant de là, il y a toujours un comité des messieurs qui m’attend, les yeux vitreux et la bave aux lèvres, le genre de comportement auquel je n’arrive décidément pas à me faire….. Retour à la chambre, je ne bois plus une seule goutte d’eau pour m’éviter de réitérer l’expérience. La fraîcheur de la nuit et la crasse environnante justifient que je m’enroule dans mon drap, tête comprise, et j’essaie en vain de trouver le sommeil. C’est si bruyant que malgré les bouchons à oreille que j’utilise pour la première fois ce soir, j’ai l’impression d’être au beau milieu des conversations voisines, d’avoir un téléphone portable qui me hurle sa sonnerie dans les tympans, et d’être plongée dans le bac à vaisselle du restaurant d’à côté. Pourtant, vu du bateau, ça avait l’air si calme….   On voulait voir le fin fond du Bangladesh ? voilà qu’on le touche, et il n’est pas si fin…. Je ne peux m’empêcher de repenser aux flics de Sylhet, qui avaient débarqué à l’hôtel peu après notre arrivée, pour tenter de nous persuader de changer d’endroit. Car notre chambre carrelée de 50 m2 avec une salle de bain immense, une télé, des fauteuils rembourrés et un lit king size avec plein d’oreillers moelleux ne leur semblaient pas « suitable » pour des étrangers….. ça les feraient pâlir de nous savoir là ce soir, bien plus encore que nous…. Parce que c’est sûr, tomber dans un endroit pareil, c’est pas très agréable sur le moment. On ne rêve pas de ça, surtout après un long voyage où on voudrait pouvoir prendre une douche et poser ses fesses endolories sur un bon matelas… Mais ce qui est encore plus certain, c’est que je me souviendrai plus longtemps de cette chambre là que de celle de Sylhet.   Enroulée dans mon drap, à pester pour trouver le sommeil et à redouter de me lever demain, je suis en train de créer mes souvenirs….. et quand je me réveillerais dans un autre décor, quand j’aurais la douche et le matelas mérité, je repenserais à cet épisode en souriant, en me disant que sans lui, je serais passée à côté de quelque chose….. http://www.amelotour.com/article-24776892.html Menu please? 2008-11-15T12:45:44Z 2008-11-08T12:38:00Z amelotour http://www.over-blog.com/profil/blogueur-37423.html Sylhet, 8 novembre 2008     Je pourrais vous parler des biscuits. Ça, je les connais, les biscuits. Les salés, les sucrés, les crémeux ou ceux qui facilitent la digestion, les biscuits apéritifs ou ceux qu’on trempe dans le thé. Moi, mes préférés, ce sont les Tip. 12 Taka (13 cents) le paquet, on en voit partout, on en a même trouvé en vente dans la soute du bateau pour Chittagong, et c’est peu dire. Je suis devenue une mangeuse de Tip. C’est loin d’être la panacée, à vrai dire, il y a tellement de choses qui me feraient envie que je préfère ne pas y penser… On ne peut pas dire que le Bangladesh soit un paradis culinaire. Et s’il y a bien quelque chose dont on ne peut pas se passer, c’est de manger… autre chose que des biscuits.   On trouve des snacks, partout et à toute heure. Des genres de samosas, ou autres « friands » fourrés à la viande, aux œufs ou aux légumes, dégoulinant d’huile, à déguster de préférence avec une sauce verdâtre non identifiée. Ça n’est pas mauvais, si l’on est pas trop regardant sur l’hygiène du cuisinier, sur l’état de propreté des plaques métalliques ou sur la couleur de l’huile. Et si toutefois on est regardant sur ce genre de choses, on ne vient pas au Bangladesh. Au début, c’est bon. Si d’apparence, ça ressemble aux snacks indiens, le goût est différent, alors c’est bon parce que ça change. Mais ça devient vite écoeurant, surtout sous une chaleur étouffante où l’on rêverait d’une salade de crudité ou d’un gaspacho bien glacé. C’est peine perdue, les légumes on ne les voit que dans les marchés, ou alors frits dans une sauce épaisse et grasse. Et épicée.     Dans la catégorie snacks, toujours, il y a aussi les fast food. Fast parce que c’est prêt d’avance (et là, il ne faut pas se poser la question de savoir depuis quand exactement), et que c’est réchauffé au micro-onde ou au soleil derrière la vitre. Et food, parce que c’est censé se manger. De loin, ça pourrait ressembler à des hamburgers. Une boule de pain coupée en deux, avec un truc dedans. Un seul. Ou deux, quand ils rajoutent un cure-dent pas toujours très visible. Mon dernier burger, c’était à Dhaka. Un chicken burger, qui n’était rien d’autre qu’une cuisse de poulet panée au chili, avec du pain autour… l’expérience m’a fait cherché le petit bout de bois planté en travers, mais c’est sur les os que j’ai failli me casser les dents…   Et puis heureusement, parfois, on trouve des restaurants. Des endroits où les gens viennent s’asseoir autour d’une table pour manger dans des assiettes. Etrangement, ça ne court pas les rues. Bien sûr, il y a toujours les restaurants des grands hôtels ou des lieux à la mode, paraîtrait même qu’à Dhaka, on peut manger italien. Mais les petits bouis-bouis populaires, les dhabas des coins de rues que l’on voit en Inde et où l’on se remplit le ventre pour quelques piécettes, bizarrement, ici, il faut les chercher. Aussi, en arrivant à Sylhet et en découvrant que notre rue était truffée de restaurants de ce genre, on en a salivé d’avance. Pourtant, on s’en doutait, il n’y avait pas vraiment de quoi….   On ne s’évertue plus à demander un menu. Ça n’existe pas, et le mot lui même n’a pas été traduit en bangla. Rien de bien surprenant, ils n’existent pas non plus dans les dhabas indiens, ni dans les restaurants de rue en Thailande ou en Chine, mais la différence c’est que là bas, on peut toujours jeter un œil en cuisine et mettre le nez dans les casseroles pour faire son choix. Ici, c’est pas possible. On a bien essayé une fois ou deux, mais vue la réaction des gens, ça a été pris comme une violation de l’intimité. Et au Bangladesh, on ne rigole pas avec l’intimité (sauf la nôtre).   Alors par défaut, on accepte les propositions que l’on peut nous faire, et qui se résument bien souvent au vocabulaire limité de nos hôtes. Rice, chicken curry, dhal. C’est comme ça qu’on se fait un festin de temps en temps, heureux comme des papes avec une plâtrée de riz et des os de poulets rachitiques à ronger, sans plus songer à demander autre chose aux nombreux serveurs qui peuplent les lieux, et qui sont de toute façon bien trop occupés à nous regarder manger.   Je ne sais pas où j’en suis dans ma courbe de poids, la dernière fois que je suis montée sur une balance, c’était sur le quai en attendant le métro à Calcutta. Ce qui est sûr, c’est que le régime bangla est efficace. A bon entendeur.  http://www.amelotour.com/article-24442987.html Dhaka style 2008-11-05T13:16:40Z 2008-11-03T13:11:00Z amelotour http://www.over-blog.com/profil/blogueur-37423.html Dhaka   3 novembre   Il nous aura fallu plus de 10 heures depuis Cox’s Bazar pour atteindre la capitale. En l’approchant, nous n’avions plus aucun doute. Après avoir traversé des rizières qui se répandaient à l’infini, le décor s’est transformé peu à peu en forêts de béton et d’acier jusqu’à envahir le paysage tout entier, les étoiles ont disparu, englouties par un ciel sans nuages aux reflets sulfureux, et la circulation est devenue subitement si dense que pendant la dernière heure de trajet, nous avions le sentiment de n’être plus qu’un immense véhicule traînant avec lenteur sur la chaussée poussiéreuse.   Dhaka… nous y voilà. Impression de chaos et de folie furieuse, vaste fourmilière que l’on vient d’enfumer et qui cède à la panique, impression de poser le pied sur un volcan tremblant d’activité, prêt à cracher sa lave de son cratère fumant… Dhaka… assourdis, étourdis, aveuglés, nous n’avions alors qu’une seule envie, se réfugier quelque part et n’ouvrir vraiment les yeux qu’une fois reposés…   Le même rituel devait recommencer, encore une fois… repérer où le bus nous avait déposés et où se trouvait l’hôtel coché dans le guide, essayer d’avoir une notion de prix pour le transport, et commencer l’amère négociation. Ici plus qu’ailleurs, un étranger est une proie en vue et désarmée, et la fatigue n’aidant pas, pas plus que les difficultés de langage, le combat engagé en devient plus éprouvant encore. Direction Old Dhaka, Nawabpur road où il est dit dans le LP datant de 2004 que quelques hôtels bon marché acceptaient les étrangers. Le premier, Grameen Hotel, pourtant indiqué en anglais, n’a pas voulu de nous.   Heureusement, parmi les dizaines de personnes qui s’étaient déjà amassées autour de nous, certaines étaient pleines de bonnes intentions et nous ont indiqué un autre établissement à seulement quelques minutes de là. Indiqué en bangla cette fois, ce qui nous a valu de passer trois fois devant sans le remarquer. Et nous avons fini par atterrir au Sughanga Hotel, dans une petite chambre bleue sans lumière naturelle, mais à ce moment là du voyage et de la journée, un matelas et une douche nous suffisaient largement.   Il vaut mieux être reposé pour se mettre à arpenter les rues de Dhaka. Il faut être assez vif et alerte pour éviter d’être accroché par les rickshaws et les autres véhicules, relaxé pour supporter les regards et les sollicitations, et pour ne pas sortir de ses gonds à chaque main qui se perd malencontreusement sur ma poitrine… il faut être en forme, pour ne pas entendre les commentaires qui se passent de traduction, pour avoir l’impression de ne pas être une bête de foire… Pas simple, dans un quartier résolument masculin… pas un seul magasin de vêtements, pas de salons de coiffure, mais des gammes entières de tuyaux, pompes, tondeuse à gazon, boulonnerie ou matériel électrique…. Mais finalement, après presque 3 semaines au Bangladesh, et moyennant un peu de sommeil, je me suis faite à ce décor théâtral dans lequel j’ai bien souvent l’impression de faire la tête d’affiche… Le deuxième jour à Dhaka s’achève, et la jungle inconnue devient déjà familière. Nous avons sillonné les rues de notre quartier, celles des quartiers voisins, marchant des heures en se perdant dans les marchés et les petites ruelles de la vieille ville, passant des odeurs âcres de la viande au parfum enivrant de l’encens, troublant la tranquillité des écoles, animant avec bonhomie le quotidien des petits commerces, l’appareil photo fidèlement pendu à l’épaule et déjà chargé de plusieurs centaines d’images.   Encore quelques jours, et nous repartirons d’ici en ayant l’impression d’en avoir fait le tour…. Et pourtant… malgré l’état d’usure avancé de nos semelles, nous n’aurons parcouru qu’une infime partie de la ville, négligeant ses quartiers modernes et ses restaurants alléchants, oubliant ses parcs et ses palaces, mais en se concentrant sur la vie d’un quartier qui nous paraît vivre en dehors du temps et du monde… Les gens modestes et leurs métiers oubliés, les dhabas douteux où le faible éclairage nous évite de déceler les insectes qui baignent dans le curry, les odeurs fortes et les rues minées d’obstacles, une population à la personnalité marquée, qui n’a pas encore troqué ses habits traditionnels contre la mode occidentale ; tout un quartier qui nous donne l’impression de plonger au cœur d’un Bangladesh vibrant qui s’accroche à sa culture et qui nous donne tous les jours un peu plus envie de partir à sa rencontre.     http://www.amelotour.com/article-24366992.html Bienvenue a la plage 2008-11-03T11:48:34Z 2008-10-31T10:33:00Z amelotour http://www.over-blog.com/profil/blogueur-37423.html <img src="http://idata.over-blog.com/0/17/75/69/Bangladesh-2008/2--amoureux--amelimage-.jpg" /> Cox’s Bazar 31 octobre     Pour Jean Luc, en souvenir d’une promesse faite au milieu des livres de ta librairie… (www.autourdumonde-lille.com, pour ceux qui ne connaîtraient pas encore)   Aujourd’hui, c’est jour de repos. C’est vendredi, les écoles sont fermées et on a droit à notre grasse matinée. En théorie, Cox’s Bazar a tout pour plaire. Une longue plage de sable fin, propre, avec des transats et des parasols colorés, des snacks pour les petites faims, des vendeurs de ballons et de coquillages sur le front de mer et des loueurs de chambres à air. De quoi passer agréablement notre temps libre. En théorie. Loin d’avoir le budget pour loger dans un des ces resorts de bord de mer, nous avons opté pour le centre ville, qui ressemble en tout point à n’importe quel centre ville d’une bourgade bangladeshi, avec juste une concentration d’hôtels plus élevée que la moyenne. Des rickshaws, des dhabas, des vendeurs de betel, des banques et des magasins en tout genre. Et du bruit. Non sans difficulté, nous avons fini par trouver un hôtel qui voulait bien nous louer une chambre, et en peu de temps, nous avons pris le chemin de la plage. Après tout, c’est pour elle qu’on vient à Cox’s Bazar. On est tombé d’accord sur moins de 3 minutes. Avant que quelqu’un ne s’approche de nous. En réalité, on a même pas eu le temps de s’asseoir que les premiers vendeurs, photographes et gamins sont venus roder autour de nous. Décidément, la plage ne sera pas un lieu reposant où flâner tranquillement en respirant l’air marin… pas si surprenant en fin de compte. On reste au Bangladesh, et ici comme en Inde, la tranquillité n’a sa place qu’entre les murs de la chambre d’hôtel. Qu’il en soit ainsi…. Nous décidons que la plage sera notre nouveau lieu de travail, et commençons à penser à un reportage sur les touristes bangladeshi. Ils sont nombreux, à quelques kilomètres de la plage où nous sommes arrivés, là où se concentrent les hôtels luxueux et les magasins de souvenirs. Si la première plage est quasiment déserte, en dehors des quelques personnes autour de nous, la plage « touristique » est surpeuplée…. De loin, on a d’abord cru à une sorte de festival, un événement religieux qui pourrait expliquer une telle concentration sur un si petit bout de plage… (dire qu’elle fait plusieurs kilomètres de long !) mais non, si les gens sont tous amassés là, c’est qu’il y a une route qui accède à la mer, alors pourquoi aller plus loin pour mettre les pieds dans l’eau… Il y a le poste de surveillance, duquel on pourrait presque s’attendre à voir sortir Pamela Anderson, les parasols parfaitement alignés, les vendeurs de cacahuètes et les photographes en chemise rouge. Des familles entières viennent profiter des derniers rayons de soleil, les enfants courent dans les vagues, les hommes remontent leur bas de pantalon ou leur pagne, et les femmes mouillent leurs saris ou kameez (pantalon bouffant à la pakistanaise) ; bien entendu, pas de maillot de bain à l’horizon. Ce serait indécent. Le voile reste de rigueur pour les musulmanes, et si on voit quelques bras nus, c’est bien le maximum autorisé. Mais la mer reste la mer….. des enfants font des châteaux de sable, d’autres écrivent leur nom du bout de leur doigt, d’autres encore sautent dans les vagues ou courent pour leur échapper pendant que la grand-mère garde les sandales et que le papa les prend en photo avec son téléphone portable ; les filles ramassent des coquillages, les garçons jouent au ballon ; des couples enlacés perdent leurs yeux vers le même horizon et semblent en dehors de la foule qui les entoure…. La plage…. Toute l’insouciance et la légèreté des vacances, où tout le monde est heureux… sans parler, bien sûr, des gamins qui vendent des bananes ou de l’eau minérale, des colliers de coquillage ou des crèmes glacées, ces gamins qui font partie du décor et qui s’y perdent.. Ici comme en Inde, et surtout sur cette plage, les plus riches côtoient les plus misérables avec autant de mépris, et n’ont comme seule considération que de les voir disparaître de leur photo souvenir. Le soleil se couche sur Cox’s Bazar, les couleurs s’assombrissent ; les beaux saris flamboyants, les longues tuniques noires et les haillons ne sont plus que des ombres identiques. Voulzy disait que le soleil donne la même couleur aux gens… pas à Cox’s Bazar… ( pas moyen d'inserer les images...... alors je vous invite a aller voir l'album Bangladesh!! es photos de la plage et d'autres http://www.amelotour.com/article-24136012.html En Images..... 2008-10-27T09:10:37Z 2008-10-27T09:03:00Z amelotour http://www.over-blog.com/profil/blogueur-37423.html <img src="http://idata.over-blog.com/0/17/75/69/Bangladesh-2008/regardbleu.jpg" />Les premieres photos du Bangladesh sont en ligne...... suivez le guide!! ( et cliquez sur la p'tite dame...) comme d'habitude........ j'attends vos critiques! http://www.amelotour.com/article-24133878.html Grisaille 2008-10-27T07:15:14Z 2008-10-27T07:08:00Z amelotour http://www.over-blog.com/profil/blogueur-37423.html Lundi 27 octobre, Chittagong   Nous avons fini par arriver hier soir. Sans encombre, et avec seulement 24h de retard sur l’horaire prévue. Chittagong est la seconde ville du Bangladesh, et nous commençons à prendre la mesure de la folie citadine… trouver un hôtel n’a pas été une mince affaire, et il nous aura fallu pas moins de 1 heure à crapahuter dans les bazars et les rues encombrées, promenés d’une direction à une autre par des explications hasardeuses…. Pour finalement comprendre que le petit hôtel que nous avions repéré dans le guide n’existait plus… fatigués, les épaules et le dos meurtris par le poids du sac, nous trouvons une autre option et nous dirigeons vers l’hôtel Mishka, où nous finissons pas poser notre bardas. Et tant pis pour le prix qui frise la limite supérieure du budget alloué, nous n’avons plus le courage de chercher un autre toit…. La chambre est immense, on ne peut plus grise et impersonnelle, mais immense. Un fauteuil, une table et deux chaises, une commode, trois gros cafards et ce qui nous intéresse le plus : un fil tiré entre les murs, qui va nous permettre d’étendre le linge. Après plus de deux jours dans le bateau, une lessive s’impose… le temps d’acheter le nécessaire, et quelques provisions pour la soirée et le petit déjeuner, et avant même d’oser s’allonger un peu pour un repos mérité, nous mettons nos dernières onces d’énergie dans le récurage de nos vêtements.   Chittagong by night nous avait semblé animée, les trottoirs envahis de vendeurs et les rues de rickshaws, et même si le décor ne nous avait pas paru si intéressant, nous mettions cela sur le compte de la fatigue et de l’obscurité, partant du principe que nous n’avions encore rien vu et que quoi qu’il en soit, il n’y a pas de mauvais endroit pour photographier.   Chittagong le matin, à travers les vitres de la chambre, nous apparaît comme un spectacle déprimant… la pluie ne cesse de tomber, violente et glaciale, et il semble que la grisaille de nos murs se soit étendue à toute la ville. La température est tombée, et pour la première fois depuis longtemps, je rêve d’une douche chaude et d’un pull-over..   On ne peut pas dire que cette nouvelle étape nous inspire beaucoup, mais il va de toute façon falloir attendre que le linge soit sec avant de pouvoir décider de partir pour la prochaine….. http://www.amelotour.com/article-24133799.html Rocket to Chittagong 2008-10-27T07:08:07Z 2008-10-27T07:01:00Z amelotour http://www.over-blog.com/profil/blogueur-37423.html Samedi 25 octobre,   11h20   Voilà plus de six heures que nous avons jeté l’ancre, quelque part entre Barisal et Chittagong, au large d’une île dont les côtes sont battues par de grosses vagues noires. Notre provision de bananes et de biscuits à la noix de coco fond à vue d’œil, et il ne nous reste en tout et pour tout qu’une demi cuillère de Nescafé. Ça risque de faire juste dans la mesure où la seule chose qui soit bien sûre à l’heure qu’il est, c’est que nous n’arriverons pas à Chittagong dans les temps. Quand on se risque à poser la question, on nous répond que le bateau va se remettre en route incessamment sous peu, et qu’on devrait atteindre notre destination ce soir. Ou demain… Inchallah… Quitte à être en retard, j’aimerais autant repasser une nuit ici plutôt que d’arriver devant une porte d’hôtel fermée au milieu d’une ville inconnue et endormie. Tant pis pour les cafards qui m’ont fait suer la nuit dernière, littéralement, car eux seuls, et non la température dans la cabine, ont justifié que je m’enroule dans une couverture trop chaude et que je mette la tête sous un foulard. C’est pas que j’ai une peur bleue de ces bestioles, mais en les voyant sur le mur à côté de moi juste avant de fermer la lumière hier soir, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à l’histoire de ce gars qui s’était réveillé avec un cafard dans l’oreille…. C’est rare, mais personnellement, il ne m’en faut guère plus pour devenir parano…. Bref, ça n’est pas encore cette nuit que j’ai pu récupérer l’accumulation de fatigue de ces derniers jours, mais quelque chose me dit que la journée va s’en charger… Il pleut depuis ce matin, nous condamnant à la plus totale inactivité. Les heures défilent, doucement, notre emploi du temps se résumant à des allers-retours aux toilettes, et à la poursuite du regard des bateaux de pêcheurs qui passent à travers notre hublot. Le temps nous semble bien long…       13h30   Toujours rien. Pas un seul mouvement ou signe qui puisse faire espérer un départ. Ils ont pourtant fait tourner le moteur, il y a bien une heure de cela, quand la petite coque de bois secouée par la houle a eu terminé de décharger des dizaines de gros sacs de légumes. On y a cru. Mais après une bonne demi heure de vrombissements et de vibrations, notre bateau a retrouvé son étrange silence. Plus de musique, la batterie de mon lecteur m’a lâchée, ne me laissant pour toute distraction auditive que le claquement des gouttes contre la vitre et le ronronnement du ventilateur. De temps en temps, quelques voix d’hommes au bout du couloir nous rappelant que nous ne sommes pas seuls ; des bruits d’assiettes qui s’entrechoquent nous rappelant à quel point on a faim… On va bien finir par aller quémander une assiette de riz, même si normalement, seuls les passagers de 1ere classe peuvent commander un repas. Espérons que cela puisse être un autre privilège que l’on nous accorde, comme celui d’utiliser les toilettes du salon privé ; encore que, on nous en a fermé l’accès ce matin… les seules toilettes qui ne sont pas inondées… Cela dit, depuis 10 jours que je me pose la question, je trouve enfin une raison valable au fait que les bangladeshi aient cette étrange tendance à toujours surélever leurs toilettes d’une cinquantaine de centimètres au dessus du sol. Je regrimpe sur ma couchette, poste d’observation sur le néant. Les bateaux de pêcheurs ont disparu de l’horizon, et à vrai dire, l’horizon lui-même a disparu. Les vagues, de plus en plus fortes, semblent atteindre directement les nuages, l’écume terreuse se mélange au gris cendré avec fougue, et nous on est juste là, pris au milieu, grosse masse d’acier inerte, balancée entre les éléments déchaînés, en toute impuissance….   16h25   ça y est. L’appel de la faim a été plus fort que tout, et nous nous sommes décidés à aller mendier une assiette de riz en cuisine. Bon, c’est pas possible avant 19h, mais au moins on aura essayé. Ça nous a toutefois permis de connaître notre sort : le bateau ne repartira pas avant demain matin…. On est maintenant sûrs de ne pas débarquer à Chittagong au milieu de la nuit, en tout cas, pas de celle qui vient….     19h11   Le riz avait un goût bizarre, mais on s’est jeté dessus avec une voracité qui a bien fait rire les 8 hommes qui nous observaient manger. Ils ont fait les choses bien, et quand on a rejoint la cuisine à l’heure annoncée, une table était dressée pour nous, couverte de petites assiettes garnies. Dhal liquide, morceaux de poulet, pommes de terre au chili, curry de légumes et citron vert. Et une grosse plâtrée de riz à gros grains. Le repas est vite expédié, car les tentatives de conversations sont vaines. Impossible de se comprendre, et pour ma part, je ne suis pas tout à fait d’humeur à laisser les regards me dévisager de la sorte. Il y a un temps pour tout. On a vraiment bien fait de mettre le prix pour avoir une cabine en seconde (830 Tk, soit pas loin de 10 euros, quand même). On retourne donc dans notre antre, un programme en vue toujours aussi passif, mais c’est tellement plus agréable de ne rien faire le ventre plein. Pourtant, Jojo semble décidé à nous faire de l’animation, et nous provoque en se prélassant tranquillement sur mon lit. Jojo, c’est le chef de la bande, le plus gros des cafards de la cabine, à qui on s’était résigné à laisser la vie sauve tant qu’il respectait notre territoire. Mais là c’en est trop, la guerre est déclarée et la poursuite commence. Les dix minutes qui ont suivi sont passées à une vitesse folle, jusqu’à ce que nous gagnions la bataille presque à regret, quand Jojo, par dépit, s’est jeté par la fenêtre. Voilà. De nouveau, plus rien à faire. Je retrouve mon cahier, mais pas mon inspiration.   Jojo est mort et les antennes de ses armées nous regardent de travers, la nuit est tombée, un orage se rapproche, la pluie et le tangage ont redoublé et deux rats sont en train de se battre sur le faux plafond à moitié détruit. J’aurais tant aimé que la nuit s’annonce aussi calme que la journée….. http://www.amelotour.com/article-23977427.html Bangla impressions 2008-10-22T08:50:30Z 2008-10-22T08:38:00Z amelotour http://www.over-blog.com/profil/blogueur-37423.html Barisal, le 21 octobre Ça y est, le voyage a repris son cours. Le vrai, celui qui fait qu’on est jamais vraiment que de passage. Les sacs restent posés dans un coin, éventrés, mais pas totalement défaits, on en sort que le nécessaire pour 2 ou 3 jours, mais ils demeurent prêts à être bouclés de nouveau, prêts à repartir; Les destinations s’enchaînent, et après Khulna et Bagherat, nous voilà arrivés à Barisal, un port isolé par les rivières dans le sud du Bangladesh. Tout va si vite qu’à part photographier et trier les centaines d’images quotidiennes, je ne fais pas grand chose de mes journées. Et pour écrire en ce moment même, je prends sur mon temps de sommeil pourtant précieux…. Ça ne fait pas encore une semaine que nous avons passé la frontière, et déjà il me semble connaître le Bangladesh depuis toujours. A croire qu’il m’a apprivoisée plus vite que je n’osais le penser, à moins que ce soit l’inverse ?.. mes appréhensions ont disparu, et si les regards des hommes sont pesants à en contribuer largement à mon lot de fatigue journalier, je sors toujours de la chambre le pas léger et la tête haute…. Ce qui n’était pas vraiment le cas au Pakistan. Je découvre un pays qui m’émerveille tous les jours un peu plus, il y aurait tant à en dire que je regrette de ne pas savoir trouver ni le temps, ni les mots pour le définir… Il y a quelque chose de doux dans le paysage baigné de canaux et de rizières, dans les mouvements lents des barques des pêcheurs, dans l’ombre des palmiers et dans les mains des femmes qui portent leur enfant ; il y a une certaine quiétude dans les gestes et dans la lumière du soir qui adoucit les couleurs et le temps ; il y a une animation enfantine dans les rues, comme si on était envoyé en pleine cour de récré au milieu de gamins turbulents et bagarreurs mais au fond, pas méchants…. Il y a ces regards… durs et pénétrants, dans lesquels la complainte n’existe pas, pas plus que la complaisance, de ces regards où on pourrait vouloir lire de la souffrance, de la haine mais on ne le fait pas, car cela serait bien trop facile, ces regards là ne se lisent pas, ne se livrent pas, ils tombent ; Et il y a les sourires, ceux qui s’offrent à corps perdu, ou se qui se profilent doucement, ceux des plis au coin des yeux d’un visage voilé ou au coin des lèvres d’un visage barbu, il y a les rires qui éclatent et ceux qui se cachent, des sourires timides ou fiers, et quoi qu’on en dise, après une journée à être observée, talonnée, jaugée, jugée, des sourires, il y en toujours plus qu’assez pour que le bilan soit positif. Et pour que les photos soient réussies… Sortir son appareil photo est une manière d’ouvrir des portes, même si il faut pour cela accepter d’être entouré de dizaines de badauds interpellés et amusés, c’est cela qui permet de s’approcher des gens… de faire tomber un masque de tueur aux yeux sombres qui d’un coup, s’éclaire d’un sourire radieux face à l’objectif ; d’oublier la tristesse apparente d’un voile noir quand on voit s’illuminer le regard ; Mon Bangladesh à moi, je le découvre dans le regard de sa population à travers un viseur, et dans tout le jeu que la photographie met en scène ; Je pourrais sortir un zoom de 300mm pour capter ces regards depuis l’autre bout de la rue, mais je passerais à côté de bien des choses si je ne voulais pas m’en approcher avec un 20 mm qui m’impose de rentrer en contact, et qui me permet de créer une relation humaine avec le sujet…. Et c’est ça avant tout, qui me donne du plaisir dans la photo…. Et dans le voyage…. http://www.amelotour.com/article-23851606.html Chello Bangladesh 2008-10-18T11:55:08Z 2008-10-16T11:48:00Z amelotour http://www.over-blog.com/profil/blogueur-37423.html 16 octobre, Khulna, Bangladesh J’en ai rêvé, j’y suis. Je reconnais que le rêve d’aller au Bangladesh n’est pas commun, et surtout, qu’il est loin d’être insurmontable à réaliser… Il n’empêche que j’y suis et que le sentiment de passer la frontière à pieds pour se retrouver dans un nouveau décor est toujours aussi exaltant. De Calcutta, le visa déjà en poche, rien de plus simple. Direction le quartier musulman (le quartier qui est également celui de Mère Térésa), où plusieurs compagnies de bus proposent des trajets directs pour Dhaka. En deux temps trois mouvements, nous trouvons un bus climatisé, s’il vous plait, qui nous déposera à la frontière. En ce qui nous concerne, Dhaka sera pour plus tard, notre exploration du pays commencera juste après les services de l’immigration. Je ne me souviens pas avoir passé de frontière si rapidement. C’est sûr, il n’y a pas tant de monde qui fasse le trajet dans ce sens… Et si les Bangladeshi qui rentrent au pays se font éventrer et fouiller leurs bagages jusqu’aux moindres poches, on nous laisse nous passer notre chemin sans complications. En 20 minutes de temps, nous avons le tampon de sortie d’Inde, et celui de bienvenue au Bangladesh….   Et voilà. Nouveau pays, nouvelle monnaie, nouvelles écritures sur les murs, nouveaux repères à prendre. Mais avant de prendre des repères, il nous faut prendre un bus. Pour Jessore, la ville la plus proche, ou directement pour Khulna si possible, où nous avons établi arbitrairement notre premier point de chute. Nous trouvons sans trop de difficulté le terminal des bus quelques kilomètres plus loin, et un premier bus pour Jessore, avec la conviction de se faire avoir au passage… difficile de croire que cela puisse être autrement, dans la mesure où nous n’avons encore aucune idée des tarifs. Peu importe, on parle là de sommes à peine convertibles en euros, et le principal reste de se trouver dans le bon bus. Déjà, durant le trajet pour Jessore puis Khulna, on ressent fortement l’empreinte musulmane…. Les rares femmes qui s’affichent sont cachées derrière des voiles, colorés, certes, et les hommes ont les yeux braqués sur moi avec une expression qui me rappelle, non sans malaise, mon court séjour au Pakistan. Le décor est planté… reste à y trouver sa place, et j’y suis cette fois bien déterminée. Les rues de Khulna me paraissent étonnamment propres et calmes, comparé à la furie de Calcutta. C’est sûr, les dimensions ne sont pas les mêmes, mais dans une ville moyenne en Inde où ne cesseraient les coups de klaxons et les accélérations sauvages de taxis, bus ou voitures, il ne reste ici que les tintements légers des sonnettes des cyclo-rickshaws qui seuls, envahissent les chaussées. On dirait que les moteurs ont tout bonnement disparu de la circulation, et si il n’y avait pas tous ces regards pénétrants jetés sur moi, je trouverais cette atmosphère presque reposante… Bangladesh nous voilà….. ça n’est pas sans une certaine appréhension que je découvre ce nouveau pays d’accueil, tant mes souvenirs de l’ouest Pakistan restent encore marqués et difficiles, mais malgré les regards communs, je sens que l’ambiance est toutefois bien moins tendue ici qu’elle ne l’était au fin fond du Balouchistan… je vais ressortir mes manches longues et mon foulard, éviter de sourire à tout va et ignorer les sollicitations que la présence masculine à mes côtés n’empêche pas…  Chello Bangladesh, à nous deux… ps: la connexion internet etant ..... extreeeeeeemement lente, je risque de ne pas poster de textes tres regulierement..... et je ne parle pas des photos.... a bon entendeur!!