1er mai 07
Il n'y a rien de plus excitant que de faire son sac pour partir, de vérifier qu'on y a mis un maillot de bain au milieu des culottes, un bouquin pour le voyage et de la bonne musique pour les
soirées en solitaire. On prépare son sac plusieurs jours en avance, on ne compte plus le nombre de fois où on le défait pour mieux le refaire, même si on garde toujours le sentiment d'avoir
oublié d'y fourrer quelque chose. On attend avec impatience le grand jour, en contemplant le sac à dos bouclé près du canapé, le billet d'avion et le passeport sur la table du salon.
C'était il y a sept mois. Ca n'était pas mon canapé mais celui d'Anne Christine, et j'avais bien mis mon maillot de bain dans le sac au cas où.
J'ai du mal à croire qu'on soit déjà sept mois plus tard.
Pourtant, on est le premier mai, et quelque part sur un bout de papier cartonné que je traîne avec moi depuis octobre, il est écrit que ce jour, le vol OS O26 de l'Austrian Airlines doit me
ramener en Europe.
Un nouveau voyage en perspective, une chambre d'hôtel à vider, un sac à remplir, pour la dernière fois.
Le temps continue de passer, le départ de se rapprocher, mais je tarde à faire mon sac. L'excitation du départ laisse place à l'amertume du retour, et le sac alors rempli d'indispensable, ne
contient plus que de l'inutile... des souvenirs.... des cadeaux, pour les autres, et pour moi aussi, comme pour me donner un peu plus de coeur à l'ouvrage...
Je vide entièrement mon sac, et contemple d'un air désabusé le nombre de sacs plastiques qui trainent sur mon lit, et qu'il faut que je fasse rentrer dans le ventre béant et encore ensablé de mon
plus fidèle compagnon de voyage.
Je suis à la bourre. On se boit une dernière bière avec Marty, un ami américain que j'ai rencontré il y a quelques jours. On fume une dernière clope. Mon sac est bouclé, Marty m'accompagne au rez
de chaussée de la guest, on se dit au revoir là, parce que dehors il pleut encore.
A 20h, le mini bus m'emmènera à l'aéroport. J'ai rendez-vous devant le 7-11, le supermarché du coin qui m'est maintenant si familier.
C'est la troisième fois que je prends la route de l'aéroport. La troisième fois que je quitte Bangkok, mais la première fois qu'il pleut.
Des sacs viennent s'entasser sur le mien dans le coffre du mini-bus. D'autres visages fermés, d'autres regards vides et absents. On fait le trajet en silence. Il y a des moments qu'on ne veut pas
partager, ces moments où l'on ne trouve des mots que pour soi-même.
Je regarde les rues humides et dépeuplées, les tuk-tuks silencieux aux lumières éteintes, les taxis aux couleurs acidulées, les quelques vendeurs de soupe de nouilles qui replient leurs tables
métalliques... les rues s'élargissent, la pluie cesse et mes yeux s'embuent à mesure que cette forêt de buildings majestueux disparaît peu à peu.
Ces derniers jours asiatiques sont passés trop vite et beaucoup trop bien pour que j'ai réellement conscience que ce trajet allait marquer bien plus que la fin d'un séjour...Il en a coulé de
l'eau sous les ponts de la Chao Praya, depuis cet après midi du 4 octobre où j'ai posé mes pieds dans le nouvel aéroport de Bangkok, tellement d'eau que j'ai cru parfois m'y noyer.
Au revoir Asie de mon coeur...
Merci de ce que tu 'as apporté, en bien comme en mal puisque finalement, tout s'est transformé en..... meilleur...
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