Mardi 30 octobre 2007
Lundi 29 Octobre 2007 
20h15

 

Je m'occtroie une petite pause. Bien méritée. Une vraie, de celles dont on attend rien, où on arrête vraiment le temps, parce qu'on se l'autorise.
Ca y est, le gros des cartons est déballé, je suis assise en tailleur sur mon tapis. Certains disent de lui qu'il gratte, mais pour moi il est encore plus confortable que dans mes souvenirs.

Il y a deux étagères sur lesquelles s'alignent quelques livres coincés par des plantes grasses, une paire de rideaux « chocolat » achetés en urgence au marché de Wazemmes hier matin, un canapé qui m'a fait débiter mon quota de jurons annuel à lui tout seul, deux portes de placard béantes découvrant des vêtements qui se déplissent en silence, une table basse recouverte d'un foulard indien, deux coussins carrés sur le faux parquet en lino, et mon mac posé sur un tabouret. Et puisque tout cela s'avère être chez moi, il y a aussi quelques bougies éparpillées, un bâton d'encens qui brûle, des drapeaux tibétains, une chasse d'eau qui fuit et la pluie qui traverse le plafond pour finir sa course sur le radiateur électrique de l'entrée.

Ca y est, je me sens installée chez moi, et tant pis pour les fuites. Si elles ont pointé le bout de leur nez pour me gâcher mes premiers instants de liberté reconquise, et bien c'est loupé.
Non décidémment, je goûte avec délice au bonheur de me retrouver dans mon propre espace, avec ma propre compagnie. Egoïstement.
Cette liberté que je cours chercher à l'autre bout du monde à la moindre occasion, je l'ai retrouvée enfin ce soir, à Lille, dans le même genre de logement bon marché.
Au milieu de ces quelques cartons déballés comme entourée du contenu éparse de mon sac à dos dans une chambre de guest house, avec un verre de Pinot ou un gobelet de thé fumant, un morceau de Keziah Jones ou de Ravi Shankar en fond sonore, c'est finalement l'état d'esprit qui rend un lieu familier et confortable.
Et si ça n'est pas le cas, ici ou ailleurs, il est bon de le quitter, de garder cette liberté de choisir ces murs qui nous protègent, nous rassurent, nous écoutent.

En restant concentrée sur la vraie raison de ce séjour prolongé en France – le financement de mon prochain voyage-, j'étais décidée à accepter toutes les contreparties.
Mettre de côté mon diplôme d'ingénieur pour devenir assistante commerciale payée au smic, échanger le confort de ma voiture contre un vieux vélo rouillé et un abonnement de travail à la SNCF, prendre des saucisses de Strasbourg « Premier Prix » à la place des knackies Herta (« Le goût des choses simples »), et surtout, accepter la généreuse hospitalité d'une amie, jusqu'à en oublier ma propre existence..

J'étais prête à tout cela, parce que je pensais naïvement que ma passion de la photo et du voyage se suffirait à elle même, qu'elle n'aurait pas de prix.
J'étais prête à en payer de ma personne, mais je n'ai pas tenu le coup. Faute de respect envers moi-même, j'ai failli me perdre et perdre une amitié qui m'est chère. Faute de reconnaître mes limites, qui nécessitent parfois quatre murs pour se concrétiser. Je suis de ceux qui ont parfois besoin d'être enfermés pour se sentir respirer..

Ce soir, ces quatre murs qui m'entourent, ce sont les miens. J'y disparais à ma guise, me cache, me fais oublier des autres pour me rappeler à moi-même.
L'oxygène m'envahit et les mots s'échappent. Enfin. 
Libérée de l'amertume et de l'épuisement moral, parce que je me suis occtroyée une petite pause, une vraie, celle que je désespérais de m'autoriser enfin.

Chez moi.

 

Vendredi 14 septembre 2007
Mardi 11 septembre

1h57. A quoi bon lutter. Il y a dans le mot lui même quelque chose de solennel qui fait que l’on s’incline avec une modeste impuissance.
Il n’y a rien à faire, juste observer son corps meurtri de fatigue et possédé d’une énergie délétère, celle-là même qui retient les paupières, si lourdes soient-elles, de plonger enfin le regard dans l’ombre.

Parfois on tombe de sommeil, parfois on se relève, désespéré de ne pas le trouver.

Au cœur d’une nuit blafarde et trop épaisse, je ne distingue plus les mots de mon esprit, la pâle lueur orangée des éclairages publics semble les confondre dans les volutes impénétrables de la nuit.
Je frissonne d’épuisement, essayant de ne pas penser aux trop courtes heures qui me séparent de la sonnerie du réveil.
Essayant de ne pas voir toutes ces fenêtres obscures et les sommeils profonds qu’elles dissimulent, ces rideaux tirés, ces couettes chaudes et les souffles réguliers qui s’y étouffent ; ma gorge à moi se noue de ne rien laisser s’échapper.
Au cœur d’une nuit grise et insoutenablement silencieuse, je respire le temps dont l’insomnie m’a vidée.

La solitude de l’insomniaque est misérable ;
Elle se lira demain matin sur mon visage terne et confus. Pour le moment, j’évite de croiser mon reflet dans le miroir ; il y a assez d’ombres au tableau, assez de fantômes qui hantent les couloirs inertes et les balcons déserts.

Quand j’ai décidé d’arrêter de fumer il y a une semaine, j’y ai vu la fin de beaucoup de choses, mais je n’avais pas envisagé d’arrêter de dormir.  
Je voulais mettre un terme au cycle infernal d’auto-destruction dans lequel j’étais enfermée, me surprenant moi-même d’un élan soudain de mansuétude à mon égard.
Je voulais retrouver cette liberté oubliée, que le voyage n’a eu cesse de me suggérer, pour mon corps, par mon esprit…
Maintenant qu’un équilibre se dessine pour ma vie, je me sens aspirer à plus d’équilibre pour moi-même, sans me forcer. Et pourtant….
Je ne dors pas. Quel équilibre est possible sans sommeil… une partie de moi continue-t’elle à douter, au point de vouloir que mes jours restent boiteux et mes nuits troubles ?
Les heures sombres défilent et m’épuisent, elles m’éloignent de mon être, et tentent de me précipiter dans l’abîme de ma conscience….



« Cette nuit, pendant une insomnie, j'ai eu ce qu'on pourrait appeler un coup d'œil sur le néant des choses, et je pense que c'est une grâce, mais elle fait peur » (Green, Journal).
Dimanche 9 septembre 2007
Tout va beaucoup trop vite. Septembre que j’attendais avec impatience, et que je redoutais tout autant de voir arriver ; Septembre qui devait marquer la trêve d’une nouvelle aventure et le renouveau d’une ancienne…. Septembre est bel et bien là ; je l’ai pas vu venir.
Il n’y a pas si longtemps que cela, j’étais en mode « pause », quelque part sous un tilleul de la Drôme, à m’endormir bercée par le chant des grillons et les effluves de lavande. Le temps des vacances, celles dont on oublie l’avant et après, parce que hors du temps.
Quand je suis remontée à Lille, je suis brutalement revenue en arrière, dans la grisaille froide et perfide, dans la solitude de quatre murs après les rencontres au grand air. Et projetée en avant, dans la réalité de l’exposition qu’il me fallait préparer, à la hâte… parce que je ne suis jamais aussi efficace que dans l’urgence…  il me restait dix jours pour faire les tirages et les encadrements, préparer des textes que j’ai eu la bonne idée d’annoncer alors qu’ils n’étaient pas écrits, négocier des affiches qui n’étaient pas encore concrètes, sillonner les rues de Lille à la recherche d’accueillantes vitrines, trouver des titres et en avoir sous-estimé la difficulté…. J’avais vu les choses en grand… je voulais que ma première expo soit non pas parfaite, mais à mon image… et pour cela, je devais présenter 20 photos et quelques lignes de mes mots… les jours passaient sans que je n’arrive plus à les identifier, se mélangeant aux nuits tout aussi agitées, tout comme se mélangeaient les visages et les mots, les couleurs et les émotions, les notes et les silences. 

Je me suis rendue compte que tout était fini dimanche en fin d’après midi, quand Jean Luc (de la librairie) et moi avons décidé d’un commun accord de tirer le rideau de fer de la boutique un peu plus tôt que prévu. Je suis rentrée en vélo, évitant par un trop grand détour la foule de la braderie, pour me laisser enfin glisser sur le canapé. Inerte. Vidée de toute l’énergie que m’avait pris le démarrage de l’expo, malgrè celle que m’avaient apporté les visiteurs conquis de ce week end. Toute l’agitation passée était devenue une sorte de nébuleuse irréelle, un vague souvenir qui flottait encore dans l’appartement, avec comme seule preuve de son existence quelques affiches A3 en papier 135g satiné.

Pas d’énergie, et pas de temps non plus pour apprécier ce qu’il venait de se passer.
Ce dimanche soir, je me suis trouvée entre deux mondes qui ne se connaissent pas, qui ne se cotoient que dans les rêves des uns et les cauchemars des autres. Parce qu’au crépuscule de ce que j’ai envie d’appeler une réussite, se profilait l’aube de ce que d’autres auraient envie d’appeler un échec.
Une soirée, pour changer de casquette. Ranger soigneusement celle de la passionnée rêveuse et illuminée aux gestes et aux paroles exotiques, parfois trop épicées pour certains, et retrouver la casquette bleue de l’usine, les réveils brumeux et les heures qui défilent sans autre valeur que celle d’une monnaie sonnante et trébuchante….

Dur de comprendre ce qu’il m’arrive, quand j’ouvre les yeux, c’est déjà trop tard. Reste à me raccrocher à ce qu’il y a devant moi. Dans 6 mois. Le prochain départ. Le pourquoi de ce réveil qui sonnera tous les matins à 6h23.
Mercredi 29 août 2007
Pour ceux qui ne le savent pas encore.....

Je vous invite à découvrir ma première exposition photo à Lille.....



affiche.gif

Elle se tiendra du 29 Aout au 29 septembre, à la librairie de voyage "Autour du monde"
15 rue saint jacques à Lille - Vieux Lille, face au rectorat

Je serai présente lors de la braderie! (samedi et dimanche)


Je compte sur votre passage et vos impressions!
et pour ceux qui sont trop loin...... il me reste à vous proposer de visiter mon site..... www.ameliage.com
Mardi 17 juillet 2007
Cette fois ça y est, après maintes recherches sur des éditeurs de  sites, les galeries html modifiables, les adresses de serveur et tout ce vocabulaire qui me paraissait vraiment chinois avant, j'ai ENFIN publié mon site photo...


Alors, allez visiter mes galeries asiatiques! mes meilleures images triées sur le volet....



                http://www.amelimage.com



et surtout..... donnez moi des avis, critiques, commentaires... et venez nombreux à l'expo!! (voir rubrique agenda)

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