Samedi 28 juin 2008
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Samedi 28 juin
Vieux Lille
Je me vois, de loin, accroupie sur cette terrasse dominant les tuiles rousses et grises, grelottant sous les rafales d’un vent trop froid.
Les yeux perdus dans cet océan de toits pentus et de flèches d’églises, les bruits sourds de la ville étouffés par les bourrasques, mes os qui se glacent ;
Petite boule de corps recroquevillé comme pour se réchauffer de sa solitude, au milieu de fleurs aux couleurs trop vives d’un balcon ouvert sur le néant.
Engourdissement de l’esprit qui divague ; pensées qui, à défaut de se rassembler, papillonnent et se dispersent, décousues, étourdies, comme autant d’éclairs d’inconscience.
Je me vois, de loin ; est-ce bien moi ? je n’en suis pas sûre.
Pas sûre d’avoir envie de me voir là.
Je ne ressens rien d’autre que la lourdeur du silence, paralysée de l’âme et du cœur, étrangère au temps lui-même qui semble continuer à glisser en m’oubliant.
Vertige d’un ciel trop chargé d’étoiles, absorbée par le vide qui les enceint, les engloutit. Tant de souvenirs passés, si près, recouverts trop tôt du linceul de l’ombre, cédant place contre leur gré à un présent fantomatique.
Vertige…envie d’arrêter de flotter, envie de fermer les yeux ; angoisse de devoir les rouvrir. De voir que tout s’est réellement évanoui, que ce n’est pas un sombre rêve.
J’ai froid. J’ai froid à ma chair, à mon cœur, à mes rêves.
Réveil douloureux dans un autre monde, petite fille désarçonnée par la métamorphose brutale de son univers;
D’un monde en construction à un autre qui part en miettes et dont je perds un peu plus à chaque fois que je m’en éloigne ;
Le voyage me nourrit d’ailleurs, et me dépouille d’ici, sans cruauté, sans émotion, sans me demander mon avis.
Simple question d’équilibre.
J’en vascille, et je flanche.
Les jambes repliées et mes bras qui les enlacent, mon visage enfoui entre les genoux, le vent et les frissons me parcourant le dos… je me vois.
Mauvaise interprétation d’un mauvais rôle, dans un décor trop parfait.
Erreur dans le scénario.
Quelque chose qui cloche.
Il est grand temps d'atterrir, et la piste est bien longue;
merci à tous de votre fidélité, de votre soutien, de vos réactions, de vos silences.....
le voyage continue, et ses ailes me reporteront bientôt,
dès que j'aurais posé pied....
Vieux Lille
Je me vois, de loin, accroupie sur cette terrasse dominant les tuiles rousses et grises, grelottant sous les rafales d’un vent trop froid.
Les yeux perdus dans cet océan de toits pentus et de flèches d’églises, les bruits sourds de la ville étouffés par les bourrasques, mes os qui se glacent ;
Petite boule de corps recroquevillé comme pour se réchauffer de sa solitude, au milieu de fleurs aux couleurs trop vives d’un balcon ouvert sur le néant.
Engourdissement de l’esprit qui divague ; pensées qui, à défaut de se rassembler, papillonnent et se dispersent, décousues, étourdies, comme autant d’éclairs d’inconscience.
Je me vois, de loin ; est-ce bien moi ? je n’en suis pas sûre.
Pas sûre d’avoir envie de me voir là.
Je ne ressens rien d’autre que la lourdeur du silence, paralysée de l’âme et du cœur, étrangère au temps lui-même qui semble continuer à glisser en m’oubliant.
Vertige d’un ciel trop chargé d’étoiles, absorbée par le vide qui les enceint, les engloutit. Tant de souvenirs passés, si près, recouverts trop tôt du linceul de l’ombre, cédant place contre leur gré à un présent fantomatique.
Vertige…envie d’arrêter de flotter, envie de fermer les yeux ; angoisse de devoir les rouvrir. De voir que tout s’est réellement évanoui, que ce n’est pas un sombre rêve.
J’ai froid. J’ai froid à ma chair, à mon cœur, à mes rêves.
Réveil douloureux dans un autre monde, petite fille désarçonnée par la métamorphose brutale de son univers;
D’un monde en construction à un autre qui part en miettes et dont je perds un peu plus à chaque fois que je m’en éloigne ;
Le voyage me nourrit d’ailleurs, et me dépouille d’ici, sans cruauté, sans émotion, sans me demander mon avis.
Simple question d’équilibre.
J’en vascille, et je flanche.
Les jambes repliées et mes bras qui les enlacent, mon visage enfoui entre les genoux, le vent et les frissons me parcourant le dos… je me vois.
Mauvaise interprétation d’un mauvais rôle, dans un décor trop parfait.
Erreur dans le scénario.
Quelque chose qui cloche.
Il est grand temps d'atterrir, et la piste est bien longue;
merci à tous de votre fidélité, de votre soutien, de vos réactions, de vos silences.....
le voyage continue, et ses ailes me reporteront bientôt,
dès que j'aurais posé pied....
Par amelotour
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Publié dans : Juillet 2008 - re-re-Retour
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