un petit medley sans editing particulier dans le repertoire Thailande 2008
j'attends vos remarques!!
http://www.amelotour.com/album-1217280.html
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Il pleut sur Bangkok. Il pleut de plus en plus fort. L’orage est juste au dessus du monastère dont je ne distingue même plus les toits. Le battement de la pluie couvre les bruits de la rue et celui du ventilateur, et la vue de la fenêtre se résume à un étalage de bâches plastifiées et à de rares parapluies qui déambulent rapidement sur le pavé glissant.
Il est préférable de rester dans la chambre pour surveiller les potentielles flaques d’eau. Je me souviens avoir eu une frayeur il y a deux ans, où la moitié du sol de la piaule était innondée, épargnant de justesse mon mac qui était resté posé par terre…
Et puis un peu de repos n’est pas mal venu.
Voilà dix jours déjà que je suis en Thailande, et sans grande surprise, je n’ai pas vu le temps passer. Le D700 aidant à occuper mes journées et l’espace de mon disque dur….
J’ai récupéré mon passeport tamponné du visa bangladeshi, et il est maintenant dans les mains d’un employé de l’ambassade indienne. Parce que contre toute attente, le moyen le plus intéressant financièrement d’aller à Dhaka, c’est de passer par Calcutta. Soit.
Nous avions envisagé de descendre dans le sud de la Thailande pour aller voir les musulmans en attendant le vol pour l’Inde, mais la dentition de mon compagnon de voyage en a décidé autrement.
Nous restons donc à Bangkok, il y a bien assez de sujets à photographier et de quartiers à découvrir pour ne pas sombrer dans l’ennui.
Et c’est bien peu dire….
Je suis complètement exténuée, finissant mes journées sur les rotules, piquant du nez devant l’assiette de chicken curry du coin de la rue, luttant pour garder les yeux ouverts… la Thailande ne devait être qu’une mise en jambe pour être prête pour le Bangladesh, mais le séjour à Bangkok est en train de se transformer en entraînement intensif…
Entre quatre et six heures de marche par jour, sac chargé sur l’épaule, tee-shirt collé par la sueur, à défaut de pouvoir compter les kilomètres parcourus, je chiffre les efforts en kilos perdus (3) et en gigaoctets de photos sur mon mac (17)…
Et pour couronner le tout, j’ai dû acheter de nouvelles tongs car les anciennes m’ont lâchées hier dans le marché aux légumes ; le cuir pakistanais n’ayant pas supporté les dix centimètres d’eau stagnante, j’ai dû finir la séance de travail à pieds nus…
Bref, ça commence fort !
Mais quel plaisir…. Se lever le matin, regarder le quartier qui s’éveille doucement en buvant un bon café en terrasse, et partir avec le sac à l’épaule à la quête de nouvelles images, de nouvelles rencontres ;
Je ne suis jamais restée si longtemps à Bangkok, et si la perspective de découvrir le sud de la thailande m’enchantait, je ne regrette en rien d’être « coincée » ici.
J’avais déjà goûté à la fascinante diversité de cette ville, y séjourner un peu plus longuement me permet de la vivre davantage. Passer du métro aérien futuriste aux petites embarcations sur les canaux, des immenses centres commerciaux clinquants aux modestes échoppes de bois installées aux coins des rues, des grands temples aux marches usées par les années et par les touristes aux petits temples populaires où les gens viennent simplement offrir leurs prières ; Bangkok a vraiment de quoi satisfaire tout le monde….
Quand je bois mon café le matin, j’aime essayer d’imaginer quel est le Bangkok des gens que je vois passer devant moi. Certains en garderont un souvenir chaud et épicé, se remémorant peut être le sourire de la belle jeune fille qu’ils avaient alors à leur bras, d’autres verront défiler les centaines de photos de temples et de bouddhas dorés et regarderont avec une pointe de nostalgie le guide touristique corné sur une étagère, d’autres vous parleront des brochettes de poulet à la sauce soja et des fruits étranges que les vendeurs ambulants découpent avec habileté, d’autres encore se souviendront des seaux de cocktails à 80 bahts (2 euros) et des tatouages qu’ils ont découverts d’un œil embué sur leur avant bras au petit matin….
Dans cette ville où se mélangent tant de visages, j’aurais moi aussi mes propres souvenirs, faits de pluies torrentielles, de marchés aux fleurs et de chicken curry.
Et plus encore, de centaines de visages d’enfants, des sourires et des grimaces, des prières et des cartables…
Bangkok, 26 septembre 2008
Nous y voilà. 24 heures de voyage et autant de retard de sommeil plus tard.
Tout a commencé à Lille europe, cœur et sac à dos léger, dans un TGV flambant neuf aux sièges sentant encore le plastique déballé, rempli d’hommes d’affaires chaussés de souliers brillants. Il y avait comme un air de réunions d’investissement, de gestion de contentieux et de nœuds de cravate pour certains ; moi je gardais mon regard tourné vers la large fenêtre sur laquelle l’obscurité me renvoyait mon propre reflet, les yeux fatigués mais grands ouverts. Un sourire accroché aux lèvres, presque imperceptible, presque provocateur ; une promesse d’évasion contre un espoir de nouveau contrat, je n’aurais échangé ma place pour rien au monde.
J’étais partie pour un nouveau voyage, un peu malgrè moi, tellement le temps était passé vite ; je m’étais retrouvée la veille du départ, me laissant quelques minutes pour préparer mon sac, à peine plus pour réaliser que ce train là m’emmenait dans la chaleur de Bangkok, première étape d’une nouvelle aventure.
Bangkok…..
J’y suis arrivée éreintée, plus assommée encore en sortant de l’aéroport par la température accablante de fin de matinée, mais enfin, je savais que le lit n’était plus bien loin. Une petite heure de bus, et je retrouvais le troisième étage de la Green Guest House, sa chambre verte, ses rideaux verts, sa porte verte. Ventilateur à plein régime, douche froide, et je me suis écroulée sans demander mon reste.
Tout me semble si identique, le bus AE2 pour Khao San, les taxis roses fluo, les ananas coupés en morceaux, les bouteilles de bière accumulées sur les tables, les voyageurs qui défilent, sans arrêt, devant des thailandais qui ne sourient plus ; et pourtant, le décor change….. c’en est presque subtil, des enseignes ont disparu et beaucoup d’autres ont vu le jour, les commerces envahissent un peu plus la chaussée, dégoulinant de vêtements, de brochettes, de bijoux de pacotille…
On y croise les néophytes aux yeux ébahis et les anciens alcooliques blasés, les voyageurs aux tee-shirts froissés et les petites familles modèles sirotant des jus de fruits pressés, tout ça dans un bouillon étourdissant et à force, en ce qui me concerne, un peu lassant….
Je ne suis pas venue à Bangkok pour cela. Je suis là pour mettre en place le voyage qui commencera bientôt réellement, une fois arrivée au Bangladesh.
Mon programme est établi, et je n’ai pas de temps à perdre. Aussi, dès le lendemain de mon arrivée, j’ai commencé à m’activer.
Première étape : le visa pour le bangladesh. Trouver l’ambassade, préparer les documents nécessaires, et espérer que cela se fasse sans difficulté, car c’est qu’on est en droit d’attendre à Bangkok, contrairement à Téhéran….
C’est chose faite, jeudi matin, je ressors de l’ambassade avec la certitude de récupérer mon passeport tamponné lundi en début d’après midi.
Deuxième préoccupation : me décharger des liasses d’euros que je promène contre mon ventre, en les échangeant contre la nouvelle bête de course de chez Nikon….
Direction MBK, un des nombreux et immenses centres commerciaux, où les acheteurs compulsifs pourraient se retrouver sur la paille en moins de deux heures, tant les 6 étages de boutiques ont de marchandises à proposer. En tout, je ferais le tour de 5 magasins photo, pour baver devant le D700 et trouver le meilleur prix….
Une journée entière, à prendre des notes, négocier, peser le pour et le contre, et ce soir, enfin, après une nuit de reflexion, j’ai un nouveau bijou qui a pris sa place dans mon sac photo.
Je tente d’écrire, l’esprit absorbé par la notice de 444 pages et le boîtier qui sommeille encore près de moi… mais pas pour longtemps.. car dès demain, je me mets au travail…. Il est temps de tester le materiel en conditions réelles !