Mercredi 25 avril 2007
    Toujours rien a l’horizon. Toujours pas de changement, tout est strictement a l’identique autour de moi. La mer est belle, calme, claire; le ciel reste imperturbablement bleu et la plage deserte.
    Je retrouve les memes personnes, dispersees sur les coussins aux quatres coins de la hutte restaurant. Aux memes places que la veille.
    Je ne sais pas quel jour on est, on est peut-etre encore hier; j’espere qu’on est pas deja demain. J’ai l’impression d’etre tellement dans le present que je n’ai plus ni passe ni avenir. Plus de pensees, ni de peurs, plus d’autres preoccupations que celles de parfaire mon halage et de choisir parmi les nombreux delices proposes sur le menu.
    Les jours se suivent et se ressemblent, ils s’enchainent lentement mais aussi doux et paisibles qu’ils puissent etre, ils me precipitent dans la gueule beante de Bangkok.
    Je ne sais pas depuis combien de temps je suis la, mais c’est le moment de penser a partir. Car a en croire 80 % des personnes interrogees ce soir, nous sommes le 25 et je m’etais fixe le 27 comme date de depart. Je suis d’ailleurs en train de me demander si je peux vraiment pas grapiller un ou deux jours de plus....
    J’ai trouve un lieu inespere et ideal pour finir mon parcours; l’idee de repartir vers Bangkok quelques jours avant le grand depart pour faire du shopping ne m’enchante guere.
    Sans avoir la moindre idee de ce qui m’attendait, j’ai mis les pieds sur le seconde ile la plus touristique de Thailande... je l’ai vite realise, en longeant en pick-up les kilometres de cotes defigurees qui menent a Lonely Beach, nom que j’ai pointe sur la carte sommaire d’un depliant de club de plongee en debarquant du ferry. ca sonnait pourtant bien, Lonely Beach, mais cette plage aussi regorge de resorts plus ou moins luxueux, de bikinis Billabong et de barbecue parties. Je n’esperais pas reellement trouver autre chose, a vrai dire, c’est bel et bien cette image la que j’avais des iles thailandaises.
    Puis j’ai rencontrÈ les Igniro (l’oncle et le neveu), Aniera (espagnole aussi) et Sharon (Israel); on a loue des motos pour aller tout au bout de l’ile, sur la cote oubliee des tours operators, la ou le beton s’arrete pour laisser place aux larges crevasses de terres rouges ravinees par les pluies.
    Le genre d’endroit que l’on espere trouver enfin derriere chaque epingle a cheveux, au sommet de chaque cote abrupte, mais qui se laisse desirer longtemps encore.... le trajet nous a semble durer une eternite. Mais nous avons decouvert ce qu’aucun d’entre nous n’avait imagine pouvoir trouver a Ko Chang. Long Beach, coincee entre deux nez de roches, s’etend, deserte, bordee de cocotiers et de jungle dense.
    La Tree House GH la domine, a son extremite ouest, et l’eau claire et calme vient en lecher les pilottis le soir quand la maree est haute.
    Cette guest house porte bien son nom, ma hutte est perchee a deux metres de hauteur au milieu des arbres et quand je suis dans le hamac, entre les feuillages epais et delicieusement ombrageux qui m’entourent, je peux entrevoir la mer, et les huttes voisines.
    Il n’y a de bruit que celui des clapottis des vagues, et les chants resonnants des oiseaux.
    Il n’y a pas de musique, pas de magasins, pas de distraction. Si ce n’est celle de plonger le regard dans les reflets luisants de la mer, s’y plonger tout entier.
    Je ne fais rien. Je prends soin de moi, soin de ce qui m’entoure et qui est encore si vierge et pur. Le temps passe, d’heures de solitude et de contemplation en heures de partage et de discussions legeres. Les jours passent divinement, dans un monde qui me parait bien loin de celui qui m’attend tres bientot. Au prochain virage....
    La realite de cet autre monde n’est pas faite de yoga dans des eaux limpides et chaudes, et je crains un peu de retomber dans l’ocean houleux dans lequel je tentais en vain de me debattre il n’y a pas si longtemps que cela.
    Il n’est pas encore temps d’y penser. Je veux vivre pleinement les derniers moments et ne pas les ternir de sombres pensÈes, j’ai juste envie de vivre maintenant.
Vendredi 20 avril 2007

Ko Chang,

le 20 avril

Je suis desolee, mais je vais encore devoir m'absenter quelques jours....

C'est pas de ma faute si sur cette ile hyper touristique, il reste des endroits perdus et difficiles d'acces...'ai trouve aujourd'hui au detour d'une route defoncee par la pluie des moussons, une petite guest perdue au bord d'une eau superbe... un retour aux andaman, avec le confort et le luxe thailandais...

je migre demain matin de ma lonely beach actuelle, qui est bien occupee comme il se doit, et je vais a l'autre bout de l'ile....  pas d'internet. pas de moyen de communication.... le silence........

 

A bientot..

Mardi 17 avril 2007

Kampot,

Le 17 avril 07

 

Elle est de plus en plus proche. Partout, omniprésente. Dans ma chambre, autour de mon sac éventré sur le lino, dans le drap sale et usé déplié sur le lit. Elle s’efface parfois entre les pages à peine cornées de mon lonely planet, pour réapparaître brutalement quand j’en rabat la couverture. Elle revient dans les conversations, elle s’impose même si on ne parle pas d’elle, elle s’impose encore plus quand on ne parle pas du tout.

C’est comme si elle m’avait pris la main, pour m’entraîner doucement vers l’aéroport, pour m’accompagner sur ce trajet que je rendais plus long en empruntant des chemins de traverse. Elle est venue me trouver, et a commencé à hanter mes jours et mes nuits. Me pointant avec sarcasme la destination finale que je m’apprêtais à atteindre bientôt, irrémédiablement. Bon grè, mal grè.

Elle me donne envie de ne rien faire, mais me culpabilise aussitôt. Et réciproquement...

Quand je veux reprendre mon voyage, quand je persiste à croire qu’il n’est pas encore trop tard pour que le Cambodge ne me surprenne vraiment, elle se moque de ma stupide obstination à essayer de la fuir.. car trop tard, elle est déjà là. À quoi bon lutter, à quoi bon s’épuiser....

C’est la fin. On croise des gens qui arrivent, d’autres qui partent. Je suis de ceux qui partent... les vieux usés qui radotent leurs souvenirs passés, les yeux brillant encore, mais les jambes tellement lourdes... contre les jeunes frais et propres, pleins d’énergie, et pleins de temps...

C’est la fin... c’est elle. On avait rendez-vous le premier mai, mais elle a décidé de venir plus tôt que prévu. Peut-être pour que je n’essaie pas encore une fois de l’esquiver? Elle serait venue, tôt ou tard, de toute façon.

 

Je me sens changer, petit à petit, rechercher des repères qu’il n’y a pas forcément ici, mais que je me réinvente, me réhabituer aux goûts si longtemps oubliés avec un naturel galopant, ne plus vraiment apprécier que les choses soient si simples, mais commencer à trouver cela normal..

 

Je compte les jours. Je les écris, les uns à la suite des autres, sur une page blanche, avec leur nom et leur numéro à côté. Il me reste deux mercredis....

Je remplis la colonne vide par le bas. D’abord le jour du départ marqué d’une croix noire, puis Bangkok, les quelques jours de repos sur les plages de Ko Chang*, le passage de la frontière thailandaise, le break d’une nuit à Sihanoukville, et aujourd’hui, le 17 avril, ma dernière journée à Kampot. Tout rentre désormais sur une seule page de cahier d’école.

J’ai perdu l’envie de découvrir davantage, tout me paraît beaucoup plus vain maintenant que mes jours sont comptés. Peut-être que je cherche à rendre le temps plus long, à donner à chaque instant une valeur d’éternité? Parfois je voudrais qu’il s’arrête; mais parfois je prie en silence pour qu’il s’accélère.

Puisque la fin est bel et bien là, qu’elle m’emmène maintenant, qu’elle me prenne entièrement le temps qu’il me reste et qu’elle a déjà commencé à me voler.

Qu’elle abroge la mélancolie qui s’empare de moi quand je sens mon voyage s’effilocher peu à peu, s’effiler entre mes doigts.. Il ne m’en restera bientôt plus que quelques milliers d’images, et de nouvelles marques sur le corps et le coeur.

C’est une aventure qui se termine et laisse place à une autre; un voyage qui s’achève pour en voir naître un nouveau;

Il n’y a pas de fin qui ne soit le début d’autre chose..

 

 

 

* Ko Chang: île thailandaise, à côté de la frontière cambodgienne

Vendredi 13 avril 2007

le 13 avril, vendredi 13 avril, Phnom Penh

 

Je n’etais pas encore nee. Mon frere, quand a lui, regardait grossir le ventre de maman un peu plus tous les jours, attendant avec impatience l’arrivee de ma soeur, qui avait alors decide de naitre sous le signe du lion. En aout 1975. En France, dans la tour d’une cite de Lille sud. Nico allait a l’ecole, avec les autres gamins du quartier, en longeant les murs tagues qui luttaient contre la grisaille environnante. J’imagine maman, dans le petit deux pieces encombre de polycopies de cours de medecine, allongee sereinement dans le canape de recup, un main tenant un bouquin, l’autre caressant avec tendresse son ventre bien rond. Une journee bien ordinaire et bien heureuse, ou mon pere est rentre comme tous les soirs du travail, embrassant maman, son ventre et Nico avant de prendre, peut-etre, une biere dans le frigo.

Ce soir-la, a Phnom Penh, une ecole perdait son ame a tout jamais. Le sang s’est mis a couler sur les dalles jaunes et noires des salles de classe, les bancs de bois ont ete remplaces par des lits de torture en metal, les fenetres se sont ornees de barreaux. Le siege meme de l’education a ete renverse au profit de la sauvagerie, le theatre d’atrocites inhumaines qui durant quatre annees, ont profondement ancre les murs et les couloirs de gemissements et de cris de douleur.

Les khmers rouges en ont fait le plus important lieu de detention et de torture du pays. La S-21.

La souffrance est encore fraiche, palpable. Les troncs des cocotiers sont tordus, comme si ils avaient du mal a porter le poids des horreurs dont ils ont ete les temoins. Les murs sont encore rehausses de fil barbele menacant et disuasif, mais l’enceinte est calme et verdoyante. Il y a quelques bancs, a l’ombre des arbres en fleurs, des bacs a sable silencieux et deserts, et ces grands batiments de style colonial, aux volets peints en bleu clair. Des classes de gamins en culotte courte. Mortes.

On ne visite pas, on erre. On erre comme les fantomes qui hantent deja les lieux. Les gens se croisent en silence, baissant leurs yeux embues sur le carrelage tache de sang. On ne parle pas, on ecoute. Les murs parlent, les lits grincent et les tableaux noirs pleurent.

Je rentre dans chaque piece, le dos toujours un peu plus courbe, les jambes toujours un peu plus lourdes. Elles se ressemblent toutes; les volets de bois e la peinture ecaillee, une vaste surface

recouverte de damiers jaunes et blancs, une lumiere douce et doree penetre a travers les barreaux rouilles et se diffuse dans la peinture ocre des murs, la rendant plus chaude encore. Mais rien ne peut rechauffer l’atmosphere glaciale qui regne, qui pese au dessus du lit de metal place au centre de la piece. Une photo noir et blanc agrandie sur un mur. C’est ici meme, au pied de ce lit, qu’on a brutalement joue avec la vie de cet homme que l’on voit giser dans propre sang.

Pas besoin de mots.

Dans le second batiment, les portraits se succedent. Les fantomes prennent un visage, et un numero... les regards sont tantot effrayes, tantot sereins, parfois certains visages affichent un sourire. Sourire de naivete, ou sourire resigne face a la pire des miseres humaines? Les enfants ne pleurent pas, ils ne pleurent deja plus. Ils ont les traits endurcis, trop durs pour leur age.

        

Melange de haine, de compassion, d’appel, et toujours, de l’incomprehension.... les yeux qui interrogent, pas trop fort... pourquoi?

Chaque visage revele sa sombre histoire, et renvoie a l’inhumanite et l’horreur de l’instant. Ils appellent a temoigner, a ne pas oublier.

 

C’est difficile. D’evoluer au milieu de ces milliers de regards braques sur leur bourreau. Braques sur moi. La detresse resonne et les emotions sont trop vives. Je suis rentree dans une des cellules en bois, celles reservees aux femmes. J’ai referme la porte sur moi, me suis tapie contre le mur du fond, et j’ai pleure.

Putain de guerre.

Pendant que ma soeur vivait ses premieres annees avec insouciance, des nouveaux-nes mouraient sans avoir appris a vivre; pendant que Nico jouait au foot avec ses copains du quartier, d’autres gamins etaient formates pour devenir les plus cruels tortionnaires; pendant que ma mere revisait ses cours de medecine avec assiduite, des femmes se coupaient les ongles et s’abimaient les mains pour avoir l’air de paysannes incultes.

Un monde, un meme instant, mais des destins differents.

Je sors du musee amorphe. Comme la plupart des visiteurs, j’y ai laisse un peu de ma vie. Je m’attends a voir des ruines autour de moi, des cendres, des corps etendus, en noir et blanc. Les couleurs des decorations du nouvel an khmer qui se prepare sont presque agressives, les musiques trop festives; mais comment voir les cambodgiens d’aujourd’hui avec le meme regard? Si le passe est autant ancre dans de simples murs de briques, il ne peut l’etre que davantage dans les esprits de ces hommes et femmes pourtant si souriants qui envahissent les arteres de la ville.

Il a des musees que l’on parcourt comme on parcourt le coeur des hommes.

Mardi 10 avril 2007

Le 10 avril 07, Battambang

 

 

Un nouvel endroit à quitter. Je refais mon sac ce soir avec le sentiment de ne rien connaître de la ville qui m’a hébergée pendant presque une semaine... je peux vous parler de flips ou de saltos avant, de bascule, de longe ou de diabolos, mais ne me demandez pas ce qui est intéressant à voir à Battambang. Je ne suis plus vraiment au Cambodge, mais bien qu’y ayant remis un pied, je ne suis pas non plus vraiment en France. J’ai finalement troqué la soupe de nouilles contre un pot de Nutella que j’ai acheté chez le chinois du coin; j’ai oublié le salut khmer au profit de la bisouille faussement amicale, et mon objectif a délaissé les écoliers en uniforme pour des étudiants en costume.

A Phare Ponleu Selpak, l’école de cirque, on pénètre dans une sorte d’oasis hexagonale, un foyer de réminescence coloniale déguisée en chapiteau, une petite île de douceur dans un océan plus doux encore. Et en plus d’être entourée de français, c’est au milieu d’artistes que je me suis retrouvée. Ces gens qui amusent et coupent le souffle, qui surprennent par des prouesses défiant Newton et sa pomme, ces gens qui parfois risquent leur vie pour le regard emerveillé d’un enfant... ah, les artistes de cirque.... les troubadours et leur clique de techniciens... Viens voir les comédiens, qu’y disait.

Y’en a un autre qui disait qu’il aurait voulu être un artiste... qu’il passe trois jours comme photographe dans un festival de cirque avec un pantalon ali-baba indien qui pue les égouts*, et on en reparle.

Je pensais trouver en ce lieu un peu de french-ouillarde camaraderie, mais manifestement, je n’avais pas le genre de la maison. Pourtant, quelque part sur mon passeport, il est écrit en gros qu’on vient de la même (maison).

Il paraît...

C’est évident, j’ai quitté le monde du voyage. Elle me semble bien loin, cette solidarité parfois discutable mais toujours omniprésente entre voyageurs. Cette simplicité de contact, ce rapprochement naturel, cette envie de partager nos expériences et ce monde, qui est devenu notre.

Ici, c’est un autre monde. Il n’y a de place que pour les artistes et les expatriés suants de bonne conscience et de superiorité. Il n’y a pas de méchanceté, mais juste de la froideur. Pas d’exclusion, mais de l’indifférence. J’ai déjà ressenti cela, avec, je suis au regret de le dire, d’autres expatriés français. En Inde, en Chine ou en Mongolie, j’ai déjà remarqué ces regards absents, ces haussements de sourcils imperceptibles à la vue d’un simple visa de ... touriste...

C’est comme ça, on critique le système de castes affiché en Inde, mais ça marche comme ça partout même si on l’appelle différemment. Alors quand j’entends que notre ami sarko, dont le nom indigeste m’était complètement sorti de la tête, veut mettre en place un ministère de l’identité française, ça me fait rire doucement.

On m’a fait remarqué récemment qu’il ne fallait pas que j’oublie d’où je viens, et la chance que j’avais d’être née sous ce drapeau tricolore là. Je n’ai pas oublié. Et plus je m’en éloigne, plus je mesure cette chance; mais plus je m’écarte du chauvinisme à l’extrême...

Que deux parisiens s’ignorent en se croisant dans le métro, c’est une chose. Mais deux compatriotes qui se croisent au Cambodge...  j’ai le sentiment d’être une bac pro du voyage, face à des diplômés d’HEC....

Mais peu importe. Je suis restée pour la photo. Non pas pour rencontrer des français, je serais suffisamment vite de retour au pays pour cela. Je suis arrivée avec mon appareil, et je repars avec plein de nouveaux projets en tête.*

Et puis évidemment, j’exagère le tableau.

J’aime exagérer. Vivre, c’est exagérer.

 

Tini Tinou, ça a d’abord été la rencontre de Been (Benoit-le-jongleur), qui m’a offert la possibilité de découvrir ce lieu, et qui m’a donné des exercices pour jongler à 5 balles. Been, ça a été la première porte que j’ai trouvé ouverte sur cet autre monde que je ne connaissais pas. Puis Jean est arrivé, mais pour le coup, on passait ensemble beaucoup de temps dans notre monde à nous... celui des prises de lumières et des basses vitesses, des cadrages et des marie-louise, celui dont le passeport est pendu lourdement à l’épaule prêt à être déclenché. Une passion, un monde?

Puis bien sûr, je pense à Mahmoud, de la compagnie XY. Prof d’acro à l’école de cirque de Lomme... faut le faire, quand même... dire que j’ai passé des heures à galérer pour mon permis moto sur le parking à côté... **

Mahmoud, c’est pas le genre de gars qui a pris la grosse tête. Faut dire, en voyant sa carure de crevette, on est pas réellement impressionné... ce qui n’est pas le cas de Mikis, autre XY, qui est lui taillé comme une armoire à glace, mais qui a peur des cafards...

Enfin bref, Mahmoud, respect. Respect pour ce que tu donnes sur scène, et surtout sur ce que tu sais donner en dehors du spectacle.

Et puis il reste Patrice. Le dernier à qui j’ai dit au-revoir ce soir. Le cuistot. Enfin, celui qui gère le resto du “campus” qui a ouvert de justesse la veille du démarrage du festival avec deux mois de retard... Patrice qui essaie de faire comprendre aux cuisinières que la cuisine traditionnelle khmer ne perdra pas sa saveur si elle est préparée sur les plans de travail tout neuf, plutôt que sur la dalle carrelée du sol. Je ne le connais que très peu, à vrai dire on ne s’est croisé qu’épisodiquement au resto, mais c’est une rencontre formidable. J’aimerais être à l’anniversaire-festival qu’il prépare avec ses potes pour le 24 juin à Marseille, mais j’aurais alors un autre anniversaire à fêter.

 

Mon festival se termine. Les rideaux se tirent doucement et on rallume les lumières. Je m’étais promis de voir le Cambodge, il est grand temps de partir à sa recherche. Je quitte Battambang demain matin, je n’en connais que quelques rues chinoises et un chapiteau français; mais je suis heureuse de m’être arrêtée là. Parce que je me fous pas mal d’être au milieu de 100 cons, si cela me permet de faire juste une poignée de rencontres riches et signifiantes. Si cela me permet d’avancer encore d’un petit pas vers moi même.

Demain soir, je serai à Phnom Penh, la capitale. Il y aura probablement d’autres rencontres, et d’autres désillusions...

Un nouveau festival, peut être?

 

 

 

 

 

* c’est vrai, j’aurais pu le laver après m’être plongée dans la rivière pour aider à pousser le bateau qui était embourbé. A ce moment là, j’avais pas senti l’odeur.

 

* projets??? Je sais, vous aimeriez bien savoir, mais si je dis tout d’un coup, plus personne ne viendra lire les nouveaux articles... et puis c’est comme quand on apprends qu’on est enceinte, il est sage de ne pas ébruiter pas la nouvelle trop tôt...

 

** école de cirque juste derrière le kinépolis, pour ceux que ça intéressent. Demandez Mahmoud ou Abdel, ils rentrent en France d’ici qqs jours. J’en profite pour saluer l’incroyable spectacle de la compagnie... je recommande!

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