Suite de l'article d'hier, que je n'ai pas eu le courage de finir dans le cyber..... alors merci beaucoup a tous ceux qui m'ont transmis des commentaires pleins de soutien et plein d'amour! Aujourd'hui, je suis a Bangkok, et pour vous rassurer.............. J'AI LA PATATE!!!!
mais retour sur la soiree difficile, car cela fait partie aussi de mon voyage, et ca m'a pris plus longtemps que quelques lignes..... Alors je reprends ou j'en etais, derniers etats d'ames de Calcutta, Dimanche 16 avril, dans la chambre d'hotel.
Donc je decide de sortir de ce cyber cafe, et me dis qu'il faut que je me nourrisse. C'est le terme quand on a pas de plaisir a manger mais qu'on le fait par necessite. Je dois me nourrir. Je passe devant le resto ou nous avons mange avec Christophe hier soir. Je n'ai pas le coeur a manger la, et de toute facon il y a un monde fou qui fait la queue sur le trottoir. La fameuse file indienne qui n'est autre qu'un amas desorganise de personnes qui rient, rotent et parlent fort. Plein de familles qui attendent patiemment avec leur ticket pour pouvoir partager un bon repas d'Inde du sud. Tellement de monde que des vendeurs de jouets et des maneges ambulants se sont installes devant le resto. Non, decidemment, l'ambiance est bien trop joyeuse et je ne pourrais de toute facon pas la supporter. Je continue mon chemin, et ma gorge est de plus en plus serree. Nous ne sommes reste que quelques jours a Calcutta, mais ces rues, nous les connaissions deja bien. Trop bien pour qu'elle ne me rappelle pas son absence a chaque instant.
Je file directement vers une cantine en face de l'hotel, pas de chaises, on mange debout, ca sera donc rapide et efficace. Comme partout, il y a du monde et du bruit. Et comme partout, je suis differente et les gens me devisagent en riant. Ils me laissent de l'espace, par timidite et pour pouvoir mieux m'observer. Cet espace dont tout le monde reve ici, pour moi, se remplit de vide et me renvoie a ma solitude. J'avale mon dosa, dernier dosa, bois une goutte d'eau trop froide et traverse la rue pour regagner l'hotel. J'evite de croiser le regard des gens, je ne veux pas parler, pas sourire, je n'ai pas envie de craquer devant eux. Juste trois petits mots au "garcon d'etage" : Cold Kingfisher please. Trois p[etits mots pour accompagner mon cafard avec une biere fraiche. En rentrant dans la chambre, je prends plus que jamais mesure du fameux proverbe: Un seul etre vous manque, et........... et l'Inde entiere est depeuplee, me laissant moi, ma Kingfisher et cette immense chambre d'hotel comme flotter dans un espace.....vide. Le coeur vide, la tete vide; les yeux, bien que maintenant a l'abri de tout autre regard, sont desesperement vides eux aussi et n'arrivent pas a pleurer. Seul mon estomac est plein et il me le fait savoir, comme si le dosa voulait se venger de ne pas avoir ete apprecie a sa juste valeur....
Et si je ne suis plus capable de m'emerveiller devant l'Inde, que ce soit ses dosa ou tout le reste, alors il est temps. Demain, des l'aube, a l'heure ou blanchit la campagne ( enfin la rue jonchee de corps endormis et de tas de dechets fumants), je partirai. Nouveau depart dans un nouveau pays ou, comble du sort, on vient de feter la nouvelle annee.
Je revois la scene de mon depart en Janvier. Aux revoirs emus dans un hall d'aeroport, un sac a dos ficele, un saut vers l'inconnu, pleine de confiance mais aussi pleine de doutes, et surtout ... seule. Je me rejouis pourtant au souvenir de ce sentiment de liberte que j'avais alors ressenti apres le decollage. Demain, il en sera de meme, et je repartirai vers de nouvelles decouvertes, avec une confiance en moi plus accrue qu'elle ne l'etait alors. Attention Bangkok, me voila..........
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La premiere richesse aura ete Katie, qui m'a accueillie a bras ouverts dans son pays et dans son impressionante megalpole.... Sans elle, a l'aeroport de Bombay, j'aurais sans doute pris le premier avion pour l'Europe... Elle m'a accueillie comme sa propre fille, et c'est d'ailleurs Katie qui a ete la premiere preuve que maman m'accompagnerait chaque jour de mon voyage. Grace a Katie, a son amour et ses conseils avises de routarde experimentee, j'etais prete a me lancer dans l'aventure culturelle et humaine que j'avais choisi de vivre.
Apres, il y a eu Niel l'australien, Crocodile Dundee sexagenaire que j'ai rencontre a Bijapur. Voyageur experimente et attentionne lui aussi, je ne me lassais pas d'ecouter ses histoires incroyables, meme si je saturais parfois de son accent terrible... Je tirais de ces conversations egalement tous les conseils qui me seraient utiles. Nous avons passe une dizaine de jours ensemble, entre Bijapur et Gokarna. Un sacre bonhomme, que je ne suis pas prete d'oublier! Je suis attendue avec ceux qui le souhaitent dans une petite maison isolee au bord de la plage en Tasmanie...
C'est avec Niel que j'ai rencontre Yvonne pour la premiere fois. Australienne elle aussi, mais de Melbourne. On s'est rencontrees a Badami, puis revues qqs jours a Hampi, puis a Coorg, et nous avons voyage ensemble de Cochin a Kodaikanal avant de se retrouver une derniere fois a Madras. Jamais bien loin l'une de l'autre! Yvonne a ete une vraie lumiere, adorable, petillante de vie et de spontaneite. Tantot une compagne d'aventure lors de nos virees en moto a Coorg, le trek improvise de Munnar ou encore quand on s'est fait prendre en stop par un camion.... Tantot meilleure amie et confidente, tantot grande soeur...... Rencontre exceptionnelle et pleine de richesse. On s'est donne rendez-vous en Inde, c'est a mi chemin. Et on s'est promis de se tenir au courant de nos evolutions de carriere respectives...
A Mysore, j'ai rencontre Gil, dit Bacri, dit Monsieur Chamberland, dir le gars bizarre qui photographie les chats. Autre rencontre exceptionnelle, avec qui j'aurais appris beaucoup plus que le fait de me servir de mon appareil photo. Partage d'une passion commune, echanges de points de vus differents, c'est ce que j'appelle aussi rencontre enrichisante. Je comprends avec Gil que tout est possible, tout est accessible a condition d'y croire vraiment. Qu'on peut etre heureux simplement, si l'on decide de suivre son propre chemin et de rester fidele a soi meme. Je me surprends a commence a croire que moi aussi, je peux y arriver... Gil, c'est un art de vivre. Insolite et fascinant. ( Gil, ton dernier message merite d etre publie...: CHOSE A JOB YOU LOVE AND YOU WILL NEVER HAVE TO WORK A DAY IN LIFE)
Ensuite est arrivee la meditation Vipassana ou j'ai rencontre Gwenaelle ( suisse), Paul ( Canada) et Heather ( USA). Avec Gwen, on s'est tout de suite bien entendues, meme vision du voyage, meme recherche de nouveautes, meme question qui nous revenait de temps a autres et qu on s'amusait a debattre..... Mais qu'est-ce que je vais faire de ma vie !?! On aura partage une petite semaine ensemble a Mamallapuram, puis croisees par hasard a Tiruvanamalai et Pndicherry. A chaque fois, de bons moments de rires, de discussions et de detentes!
Paul et Heather ont ete egalement de supers rencontres, on s'est retrouve a Mamallapuram aussi, puis par le plus grand des hasards a 2000km de la, dans la YMCA de Shimla...... Encore des personnes interessantes et pleines de vie!
Il y a eu aussi Elodie, aussi, que j'ai un peu moins connu mais que j'espere bien revoir en France. Elle nous vient de Toulouse et on s'est rencontrees a Mamallapuram. On a passe une journee ensemble a Madras avant son retour. Excellente! Interessante, passionnee aussi, drole et vraiment attachante....Encore une autre rencontre, avec sa personnalite, son parcours, sa vision du voyage et de la vie en general.
Finalement, le temps est passe encore tres vite... J'ai rencontre Umesh, qui tient la guest house, et qui m a emmener en balade dans les environs sur son Enfield........ Encore un autre reve que je realise!! Incroyables sensations sur cette becane, les cheveux dans le vent, au soleil... Bon evidemment, la conduite d'Umesh ne me rassure pas toujours sur des routes pleines de cailloux et de poussiere, au bord d'un ravin impressionnant ( voir sur la photo comment il etait impressionnant )... Je me demande pourquoi les conducteurs klaxonnent autant en ville, sur des routes droites et que la, alors que ca serait bien necessaire pour les virages aveugles, ils ne klaxonnent pas. Mais a part ca, que du bonheur!! parfois je me revoyais dans le verdon, le cul pose sur le VTR de Philippe..... Sauf que la enfield est plus confortable, qu'on a pas de casque qui tient chaud, et que ce n'est pas le verdon, mais le verdatron ou le gris-don vue la couleur de l'eau apres l'orage... Tellement beau et prenant que j'ai pris tres peu de photos, je pense que 1000 cliches ne suffiraient pas a traduire ce que j'ai pu ressentir. Umesh m'a emmene au bord d'une autre riviere, on a crapahute un peu pour finalement atteindre un petite plage de galets, au bord d'une eau transparente et pure... Vision idyllique... On s'est arrete la le temps de discuter de l'hindouisme, de l'histoire de la region, de la crue de 2000 qui a fait tant de degats...... on a fait des ricochets, on s'est baigne les pieds..... enfin autant de petits bonheurs simples et intemporels..... Je suis rentree de la a point pour deguster un bon repas avant d'entamer une sieste bien meritee.
diverses offrandes. Je saute sur mon appareil photo et apres quelques signes de tetes approbateurs, je rejoins le cortege et le suit jusqu'au bord de la riviere. Les gens, plutot que de s'offusquer de la presence d'un etre impur dans leur rangs, sont au contraire tres fiers que je m'interesse a leur religion et leur culture. Tellement qu'ils me propulsent aux premieres loges face au pretre et qu'ils me font participer a la celebration... Moment tres intense, et j'offre a mon tour l'eau de la riviere et des petales de fleurs a la divinite. Je ne comprends pas la moitie des subtilites des rituels, et les gens ont du mal a me les expliquer, vu qu'ils ne parlent pas anglais. Mais dans certaines situations, les mots n'ont que tres peu d'importance, et quand une femme me prends les mains et me dit quelques mots en hindi en souriant, je comprends que je suis la bienvenue et qu'ils prient leur dieu de me benir. Apres l'immersion du lingam dans la riviere, permettant a la divinite de retrouver son unite, les gens m'invitent a continuer la procession avec eux, jusqu'a un temple ou aura lieu la derniere lecture et le repas marquant la fin des festivites.
illeurs ne me lache pas d'une semelle.... Apres une trentaine de minutes de marche evidemment, ca monte, je me retrouve dans une sorte de cour, avec des gamins sur les genoux, a ecouter la lecture du bramane. Il m'est ensuite absolument impossible de les quitter sans avoir accepte de partager le repas qu'ils m'offrent. Plat typique, riz avec 4 sauces excellentes et toujours plus parfumees les unes que les autres, a meme le sol, avec une feuille de banian sechee en guise d'assiette.
