Je suis rentrée le 29 juin. Cela fait déjà 3 mois et 4 jours que mon voyage a touché a sa fin, encore que, il n'est peut être pas réellement terminé.. Parce que demain, je reprends la route. Je savais en rentrant que mon séjour en France ne serait que passage, ce qui a certes rendu l'atterissage moins douloureux...
Montaigne disait... "Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis mais non pas ce que je cherche."
Il est pas con, je n'aurais pas dit mieux.
C'est vrai que je savais quelle situation inconfortable je lâchais en France, mais sans m'attendre à ce que je pourrais bien trouver sur les chemins d'Asie. J'y a trouvé une partie de moi-même que je ne soupçonnais pas de pouvoir exister. J'y ai rencontré une jeune femme sûre d'elle, confiante et en phase avec elle même. Je me sentais libre, détachée, avec des doutes qui semblaient ne plus avoir de prise sur un bien-être manifeste... J'avais trouvé un lieu, un environnement, des rencontres qui enracinaient chaque jour un peu plus ma véritable identité. J'oubliais la personne hésitante et timide, mal dans sa peau parce que mal dans sa vie; celle qui n'osait pas aller vers les autres; celle qui vivait... par procuration...
Pendant ce premier voyage, je me suis laissé vivre au grè de mes envies, de mes passions qui se re-découvraient au fil des jours. La passion, c'est ce qui fait qu'on affiche un sourire béat et comblé, qu'on se couche tard, qu'on a les yeux qui pétillent et le coeur qui vibre. J'ai vibré pour les rencontres, je souriais émue devant une regard profond que je venais de photographier,
, j'ai veillé parfois très tard, absorbée par un surplus d'émotions que je libérais sur un bout de papier...
C'est comme ça que je me sentais vivre, profondément.
Puis vint le moment du retour... retrouver un appartement surchargé de tout ce dont je m'étais trop facilement delestée pendant 6 mois, voir mon reflet sur un écran de télé derrière lequel je me
cachais avant, être brutalement projetée dans un environnement que je ne reconnaissais plus comme le mien.. Ce soir là, ce jeudi 29 juin en me retrouvant dans ce paradis artificiel, j'ai pleuré.
Des larmes chaudes et, bizarrement, réconfortantes... J'avais changé. Tout simplement. Et je comprenais que ce changement était encore fragile, susceptible de se laisser effacer par le confort
relatif d'un canapé ikéa devant un grand écran (là aussi, c'est relatif..).
J'ai vécu en décalage pendant 3 bonnes semaines. Décalage entre le vrai moi que j'avais découvert là-bas, et le moi insatisfait qui vivotait dans un décor de catalogue ... ikéa, encore.
Progressivement, j'ai senti le passé refaire surface, je l'ai observé sortir ses griffes et essayer de m'enfermer de nouveau dans ce schéma virtuel où le bonheur semble dépendre du tas de
conneries qu'on est capable d'accumuler... Et plus le temps passait, plus je constatais son emprise... Il était temps de repartir. Et je le voulais; et je le veux.
Je repars. Je repars vivre mes passions, et voir si je peux en vivre... Je repars pour me retrouver, pour me sentir vivante comme j'ai pu l'être derrière un objectif d'appareil photo ou face à
une page blanche qui ne le restait jamais bien longtemps.
Je repars, parce que je sens aussi que j’ai besoin de me retrouver, de consolider cette force que j’ai trouvé en moi, pour redécouvrir celle que j’étais là-bas et que
j’ai tant aimé, pour apprendre à être moi-même… ici…
Il est 1h44… Mon sac n’a pas avancé, mais moi, si.
Mon projet, concrètement, c’est quoi ?
Parce que j’aime écrire depuis toujours, et que suffisamment de personnes aiment me lire depuis peu, j’ai décidé de me lancer… Mon rêve de gamine ? Ecrire un roman… J’en avais commencé un quand j’avais 12 ans. L’histoire d’une adolescente insatisfaite (comme c’est étrange) qui organisait sa fugue afin de découvrir le monde… C’était déjà le début de mon histoire finalement, même si je n’ai jamais voulu fuguer, et aujourd’hui j’ai décidé d’aller au bout.
Au début de mon premier voyage, j’ai crée un blog. C’était plus facile pour donner des nouvelles à tout le monde sans inonder les boites mails. Et à côté, j’avais mon carnet de voyage. Reliure en cuir avec du papier épais qu’on dirait presque que c’est artisanal. Puis progressivement, le blog est devenu mon journal ; c’est devenu mon histoire, celle que je vivais tous les jours, avec les hauts et les bas, avec ce que j’avais envie de partager avec vous.
Le deuxième objectif de ce prochain voyage, c’est la photo. Je rejoins Gil, le photographe de chats, souvenez-vous…. Celui qui m’a fait comprendre que vivre de sa passion
c’était possible. Pas facile, mais possible. Avec lui, j’ai découvert que le regard du photographe ne se planquait pas derrière un objectif, mais qu’il était un contact, une relation avec le
sujet. Et comme j’aime la photo depuis que je suis gamine, depuis que je me suis laissée émouvoir par les regards profonds des portraits photographiés par Raymond Fau,
et bien je veux travailler cela. Apprendre à utiliser correctement mon appareil et le mettre au service de ce que je veux faire passer sur un cliché, apprendre à voir un cadrage, à étudier la
composition…. Et je vais m’en donner à cœur joie…. Nous travaillerons ensemble, avec Gil, sur des sujets communs, il va me donner aussi les moyens de travailler à fond sur mes propres
sujets.
Mon premier voyage avait comme seul but celui de me laisser me découvrir, ce second départ sera l'occasion d'aller au bout de mes envies, de voir si c'est l'écriture et la photo qui pourront me nourrir, dans tous les sens du terme...
Remerciements
Merci à Gil, Janush, Yvonne, Paul et en général, aux personnes que j'ai pu rencontrer durant le premier voyage, qui m'ont éclairé d'une manière ou d'une autre, épaulé dans les difficlutés et avec qui j'ai partagé des moments importants puisqu'ils m'ont conduit à être aujourd'hui, presque prête à partir.
Merci à vous tous, les lecteurs de mon blog, les lecteurs de morceaux de ma vie. C'est vous tous qui avez donné un sens à mes écrits, qui m'avez motivée et soutenue, vous qui, sans le savoir, m'avez poussé à continuer... à vouloir écrire, encore et encore, et à vouloir le partager.
Spéciale dédicace à Vitalaire et ses bureaux encombrés, dans lesquels je sais que je viendrais régulièrement, même si cela reste... virtuel... Alex, Manue, Marian... et j'en oublie!
Evidemment, énorme merci à Anne Chris et son hospitalité légendaire... merci de m'avoir accueillie chez toi, merci pour tous ces moments partagés avec toi, comme quand on était gamine et qu'on parlait des mecs. La bière en moins...
Merci à tous mes amis, merci à ma famille, merci à mon homme....
je me sauve, je suis en retard... je finirais plus tard...
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