Apres quelques jours a Bangkok, il est temps de se mettre au boulot. Finis le shopping, les bieres fraiches en terrasse de guest houses surpeuplees de touristes, et les interminables discussions sur nos projets de livres. Les billets d’avion sont deja pris, et on s’’envole demain matin a 7h pour Yangoon, capitale du Myanmar. L’enregistrement des bagages a 5h ne nous laisse pas le choix, on prepare nos sacs un peu dans la précipitation en faisant face a une innondation imprevue de la chambre, et on s’apprete a aller passer la nuit dans la chambre la plus spacieuse qu’il nous sera donne d’avoir : le hall de l’aeroport internationnal de Bangkok. De nuit, le trajet en bus est beaucoup plus rapide, et en a peine 45 minutes, nous voila arrives. Rapidement, nous nous installons sur une rangee de sieges metalliques glaces, les pieds sur le sac a dos, la tete bien calee sur le sac photo, avec un pareo en guise de couverture de fortune. Le sommeil est dur a trouver. Il y a du monde, malgre l’heure tardive, et le bruit de fond est incessant. Les sons se repercutent sur les structures metalliques et le beton de ce hall immense, et viennent finir leur resonnance dans mon crane deja bien sonne par la fatigue. Et puis il fait tellement froid.. On a l’impression que la temperature baisse au fur et a mesure des heures qui passent.. A 3h30, j’en peux plus, je suis transie. J’ai du dormir, car en me retournant, je vois que Gil a disparu et a ete remplace par une famille de thai qui a l’air d’etre autant dans le gaz que moi. Je sors ma polaire, groguie par le sommeil et le froid, impossible de me rendormir. Un comble d’avoir froid en Thailande.. Je vois passer des touristes, poussant leur chariot en bermuda et debardeur, ca me fait frissonner encore un peu plus… Des que Gil reapparait, on embarque nos sacs et on va s’installer dehors, histoire de se rechauffer un peu avant d’aller boire un cafe. Affales sur nos sacs, on voit defiler les gens qui rentrent, puis ressortent quelques minutes plus tard en se frottant les bras…. Et la, on se met a plaindre les employes de l’aeroport, coinces derriere leur bureau, ou postes immobiles sur un tabouret pour surveiller les entrees…
Il nous reste une heure a patienter avant le debut de l’enregistrement, et on decide d’affronter le froid pour aller attendre devant un cafe.
Direction le 6eme etage. On prend l’ascenseur en suivant le panneau restaurants. En realite, il y en a un. Le sky loft. Le genre d’endroit branche, a la decoration moderne, dont l’atomsphere est tout aussi glaciale que le hall, sauf que les fauteuils sont moins durs et que la, il y a du cafe chaud. Un gars en costume noir de style japonnais nous accueille et nous invite a prendre place sur une table haute avec des tabourets. Une dizaine d’employes sont affaires, certains mettent en place les viennoiseries dans la vitrine, d’autres nettoient par ci par la. Mais pas un ne vient prendre notre commande. En attendant, j’observe les lieux. Le resto est tout neuf, et a vrai dire, encore en cours de finition. Un petit groupe d’ouvriers s’apprete a se mettre au travail. Les tables sont dressees, avec de beaux couverts en argent et des grands vases encore vides. Le staff est en tenue irreprochable derriere un bar en contreplaque pas encore peint… Ca sent la colle et le mastic frais, mais pas encore le cafe chaud..
Je sais pas ce qu’ils font, on peut pas dire qu’ils nous aient oublie, on est les seuls clients…
Je finis pas me lever pour passer la commande. Je retourne vers le manager, qui ne decroche pas son sourire. Pourtant, il est 4h30 du matin et ses deux seuls clients sont des routards avec une sale tete qui veulent ce qu’il y a de moins cher sur la carte.. Loin du type de clientele qu’il doit esperer… Enfin bref, en attendant, on est la et on veut juste boire un café. Il m’explique, toujours en souriant, qu’il faut d’abord passer par la caisse pour acheter une carte qu’on pourra echanger contre des cafes. Bon, ok, je passe a la caisse alors. La nana assise qui prend place derriere a l’air perdue, et au bout de quelques minutes a essayer en vain de crediter la fameuse carte, trois personnes viennent en renfort. Je comprends mieux, en voyant que du papier a bulle recouvre encore le tabouret… c’est la premiere fois qu’ils font la manip.. Le manager me dit qu’on me credite 300 bahts sur la carte, et qu’apres je pourrais repasser en caisse pour recupere ma monnaie… Tout ca pour deux malheureux cafes, dont on a toujours pas vu la couleur… Je reste zen, c’est peut etre du au decor, au sourire du gars, ou tout simplement a la fatigue, mais je lui fait quand meme comprendre que je me fous pas mal de leur systeme trop complexe pour moi, il a qu’a me ramener les cafes et ma monnaie et tout ira bien… On y arrive.. Et on oublie tout ca devant la tasse qui nous rechauffe enfin, avec un café qui s’avere excellent. On repars de la, lui toujours tout sourire, et nous toujours aussi creves mais un peu moins geles.
Direction l’enregistrement. Apres avoir depose nos bagages et recupere le ticket de caisse qui fait office de carte d’embarquement, on va s’acquitter de la taxe d’aeroport (500 baths).
Puis passage en douane, big mac au burger king du duty free (ou, au passage, les enceintes JBL portables sont 700 bahts plus cheres qu’en ville… bravo..), et enfin…. On embarque a bord de l’avion de Air Asia, la compagnie low cost dont tout le monde parle et qui bien sur n’offre pas de boissons pendant le trajet. On s’en fout, on a juste envie de dormir.
1h15 plus tard, a peine le temps de s’assoupir, et nous voila deja arrives sur le sol birman… Bienvenue au Myanmar, q’il nous dit le commandant de bord. En tout cas, on imagine que c’est ce qu’il dit.
Le contraste est etonnant. On passe pourtant d’une capitale a une autre, d’un aeroport internationnal a un autre, mais la, j’ai plutot l’impression d’atterrir sur la piste d’un aeroclub de province…
A Bangkok, le bus qui nous a emmene a l’avion a sillonne sur plus d’un kilometre sur des pistes encombrees de vehicules, de pesonnel, de peinture de signalisation… Ici, a Yangoon, la piste est quasi desert, il n’y a que deux avions stationnés en plus du notre, et le bus dans lequel on grimpe a la sortie de l’avion nous fait parcourir… 100m jusqu’a l’entree du hall…
De la, en moins de 15 minutes, on passe le controle des passeports, le visa est tamponne, et on se retrouve deja devant l’aeroport avec les bagages, a negocier le prix d’un taxi pour aller en ville…
Bienvenue au Myanmar…
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