Mercredi 11 octobre 2006

Apres quelques jours a Bangkok, il est temps de se mettre au boulot. Finis le shopping, les bieres fraiches en terrasse de guest houses surpeuplees de touristes, et les interminables discussions sur nos projets de livres. Les billets d’avion sont deja pris, et on s’’envole demain matin a 7h pour Yangoon, capitale du Myanmar. L’enregistrement des bagages a 5h ne nous laisse pas le choix, on prepare nos sacs un peu dans la précipitation en faisant face a une innondation imprevue de la chambre, et on s’apprete a aller passer la nuit dans la chambre la plus spacieuse qu’il nous sera donne d’avoir : le hall de l’aeroport internationnal de Bangkok. De nuit, le trajet en bus est beaucoup plus rapide, et en a peine 45 minutes, nous voila arrives. Rapidement, nous nous installons sur une rangee de sieges metalliques glaces, les pieds sur le sac a dos, la tete bien calee sur le sac photo, avec un pareo en guise de couverture de fortune. Le sommeil est dur a trouver. Il y a du monde, malgre l’heure tardive, et le bruit de fond est incessant. Les sons se repercutent sur les structures metalliques et le beton de ce hall immense, et viennent finir leur resonnance dans mon crane deja bien sonne par la fatigue. Et puis il fait tellement froid.. On a l’impression que la temperature baisse au fur et a mesure des heures qui passent.. A 3h30, j’en peux plus, je suis transie. J’ai du dormir, car en me retournant, je vois que Gil a disparu et a ete remplace par une famille de thai qui a l’air d’etre autant dans le gaz que moi. Je sors ma polaire, groguie par le sommeil et le froid, impossible de me rendormir. Un comble d’avoir froid en Thailande.. Je vois passer des touristes, poussant leur chariot en bermuda et debardeur, ca me fait frissonner encore un peu plus… Des que Gil reapparait, on embarque nos sacs et on va s’installer dehors, histoire de se rechauffer un peu avant d’aller boire un cafe. Affales sur nos sacs, on voit defiler les gens qui rentrent, puis ressortent quelques minutes plus tard en se frottant les bras…. Et la, on se met a plaindre les employes de l’aeroport, coinces derriere leur bureau, ou postes immobiles sur un tabouret pour surveiller les entrees…

Il nous reste une heure a patienter avant le debut de l’enregistrement, et on decide d’affronter le froid pour aller attendre devant un cafe.

Direction le 6eme etage. On prend l’ascenseur en suivant le panneau restaurants. En realite, il y en a un. Le sky loft. Le genre d’endroit branche, a la decoration moderne, dont l’atomsphere est tout aussi glaciale que le hall, sauf que les fauteuils sont moins durs et que la, il y a du cafe chaud. Un gars en costume noir de style japonnais nous accueille et nous invite a prendre place sur une table haute avec des tabourets. Une dizaine d’employes sont affaires, certains mettent en place les viennoiseries dans la vitrine, d’autres nettoient par ci par la. Mais pas un ne vient prendre notre commande. En attendant, j’observe les lieux. Le resto est tout neuf, et a vrai dire, encore en cours de finition. Un petit groupe d’ouvriers s’apprete a se mettre au travail. Les tables sont dressees, avec de beaux couverts en argent et des grands vases encore vides. Le staff est en tenue irreprochable derriere un bar en contreplaque pas encore peint… Ca sent la colle et le mastic frais, mais pas encore le cafe chaud..

Je sais pas ce qu’ils font, on peut pas dire qu’ils nous aient oublie, on est les seuls clients…

Je finis pas me lever pour passer la commande. Je retourne vers le manager, qui ne decroche pas son sourire. Pourtant, il est 4h30 du matin et ses deux seuls clients sont des routards avec une sale tete qui veulent ce qu’il y a de moins cher sur la carte.. Loin du type de clientele qu’il doit esperer…  Enfin bref, en attendant, on est la et on veut juste boire un café. Il m’explique, toujours en souriant, qu’il faut d’abord passer par la caisse pour acheter une carte qu’on pourra echanger contre des cafes. Bon, ok, je passe a la caisse alors. La nana assise qui prend place derriere a l’air perdue, et au bout de quelques minutes a essayer en vain de crediter la fameuse carte, trois personnes viennent en renfort. Je comprends mieux, en voyant que du papier a bulle recouvre encore le tabouret… c’est la premiere fois qu’ils font la manip.. Le manager me dit qu’on me credite 300 bahts sur la carte, et qu’apres je pourrais repasser en caisse pour recupere ma monnaie… Tout ca pour deux malheureux cafes, dont on a toujours pas vu la couleur… Je reste zen, c’est peut etre du au decor, au sourire du gars, ou tout simplement a la fatigue, mais je lui fait quand meme comprendre que je me fous pas mal de leur systeme trop complexe pour moi, il a qu’a me ramener les cafes et ma monnaie et tout ira bien… On y arrive.. Et on oublie tout ca devant la tasse qui nous rechauffe enfin, avec un café qui s’avere excellent. On repars de la, lui toujours tout sourire, et nous toujours aussi creves mais un peu moins geles.

Direction l’enregistrement. Apres avoir depose nos bagages et recupere le ticket de caisse qui fait office de carte d’embarquement, on va s’acquitter de la taxe d’aeroport (500 baths).

Puis passage en douane, big mac au burger king du duty free (ou, au passage, les enceintes JBL portables sont 700 bahts plus cheres qu’en ville… bravo..), et enfin…. On embarque a bord de l’avion de Air Asia, la compagnie low cost dont tout le monde parle et qui bien sur n’offre pas de boissons pendant le trajet. On s’en fout, on a juste envie de dormir.

1h15 plus tard, a peine le temps de s’assoupir, et nous voila deja arrives sur le sol birman… Bienvenue au Myanmar, q’il nous dit le commandant de bord. En tout cas, on imagine que c’est ce qu’il dit.

Le contraste est etonnant. On passe pourtant d’une capitale a une autre, d’un aeroport internationnal a un autre, mais la, j’ai plutot l’impression d’atterrir sur la piste d’un aeroclub de province…

A Bangkok, le bus qui nous a emmene a l’avion a sillonne sur plus d’un kilometre sur des pistes encombrees de vehicules, de pesonnel, de peinture de signalisation… Ici, a Yangoon, la piste est quasi desert, il n’y a que deux avions stationnés en plus du notre, et le bus dans lequel on grimpe a la sortie de l’avion nous fait parcourir… 100m jusqu’a l’entree du hall…

De la, en moins de 15 minutes, on passe le controle des passeports, le visa est tamponne, et on se retrouve deja devant l’aeroport avec les bagages, a negocier le prix d’un taxi pour aller en ville…

Bienvenue au Myanmar…

Lundi 9 octobre 2006
Voila, je suis venue vous dire que je m'en vais...

ce soir, enfin dans pas longtemps vu qu'ici le soir est deja la depuis un bail, on se met en route pour l'aeroport...
belle nuit en perspective sur les bancs froids de cet aeroport tout fraichement ouvert de bangkok. demain, a 7h, un avion decollera pour yangoon, birmanie, et si on ne dort pas d un sommeil tro profond, on sera dedans...

et en birmanie, je le savais pas, mais officiellement, les cyber cafes sont interdits et inexsitants... alors bon, quoi qu'il en soit,  je devrai en trouver qd meme, au moins dans la capitale, mais ne soyez pas surpris de ne pas avoir de nouvelles fraiches d'ici qqs temps... je vais voir comment ca se passe!!

d'ici la, vous aurez tout le temps de relire les articles deja parus, et de me donner des commentaires...!!

voila, alors a tres bientot pour de nouveaux articles...
Lundi 9 octobre 2006
J’ai pris ma decision, je vais me faire faire une carte de viste. Ma premiere vraie carte rien qu’a moi, avec mon nom qui ne sera pas cette fois a l’ombre d’un logo. Une carte qui va me representer moi, et non une entreprise quelconque.
Je suis exaltee a l’idee d’avoir ma propre carte, mais tres rapidement, l’excitation laisse place a une certaine apprehension…. Une carte qui va me representer…..
C’est sur, le logo d’SCA, il etait pas bien beau, mais au moins je pouvais me cacher derriere… Je n’etais pas non plus particulierement fiere du “Department leader” Ècrit en dessous de mon nom, sans jamais m’etre pose la question de ce que j’aurais voulu y voir vraiment.
Maintenant, je ne suis plus a l’ombre ni d’un logo, ni d’une fonction apparaissant sur un contrat de travail.
Maintenant, a ce moment precis, ma carte de visite se resume a un nom et a une adresse de site internet… Ca fait un peu leger.
Bacri m’aide a reflechir a la question, on est pas trop a deux cerveaux, pour resoudre une telle enigme.. Comment est-ce que je peux me definir? Qu’est-ce que je veux que les gens retiennent de moi; quels mots me faut-il employer pour une presentation qui ne soit pas trop ambigue?
Je realise alors qu’ecrire ces 2 ou 3 mots cles me prendra bien plus de temps qu’un article entier…
Ok. Reprenons. Mon nom, ca, je l’ai. Ensuite, normalement, on met son metier. Je consulte le Petit Robert, celui des synonymes, qui dit que “metier et profession sont interchangeables lorsqu’on parle d’un travail, d’une occupation determines, grace auxquels on peut subvenir a ses besoins.” Bien. Metier et profession, alors, on oublie.
Parlons d’activite, plutot. Voyageuse? Touriste? Ceci dit, c’est l’activite de la majorite des gens a qui sera destinee cette carte pendant les 7 prochains mois…
Presenter ce que je voudrais devenir, peut etre. Ecrivain? Trop pretentieux. Photographe? Encore plus… Et en meme temps, mettre sur sa carte de visite une sorte d’objectif professionnel, ca ne rime a rien. C’est comme si sur celle de Sarko, il etait ecrit “Chef d’etat”. Non, faut VRAIMENT trouver autre chose…
Je table finalement plus sur un etat d’esprit. Ce qui fait qu’aujourd’hui, je ne suis plus une voyageuse comme les autres. Je suis une nana avec des ambitions, mais aussi avec beaucoup de doutes.
On commence alors a noter quelques idees: je prends mon envol, je me jette a l’eau (tiens, d’ailleurs, “jeter l’encre” ca sonne pas mal), sur le chemin de l’ecole buissonniere, en marge, par monts et par mots…. Brainstorming de plus de 3/4 d’heure plus tard, et on se met finalement d’accord sur “De maux en mots”.  Sobre, court, efficace, evocateur… Ca, ca me correspond bien a l’heure actuelle. Chuis toute contente, et je me vois deja, “plume au fusil”,  distribuer  ma carte a des personnes admiratives qui s’en mordront les doigts de n’avoir pas eux meme trouve ces quelques mots si parfaits… Bon d’accord, j’en fais trop…
Sure que le plus dur est fait, on finit notre biere tranquillement et on passe a autre chose.
Le lendemain, on prend le bus numero 15, direction le centre commercial de Pantip Plazza, ou je pourrais choisir un modele, et repartir avec ma boite de 100 cartes pour 600 bahts seulement ( env 12 euros). Ca me parait pas cher, meme si je n’ai absolument aucune idee du prix en France. Mais a Bangkok, tout est moins cher. Tout le monde le sait….
Bacri m’emmene au 4eme Ètage, dans la boutique ou il a fait faire les siennes il y a peu de temps.
Premiere etape, choisir le papier. Il y en a de toutes les couleurs, de toutes les textures; du plastique transparent au papier cartonne, gauffre, tresse, estampe, au grain grossier ou imperceptible, mat ou brillant…. Je consulte et reconsulte les deux gros classeurs remplis de tous les modeles possibles et inimaginables. Pas si simple, tout compte fait. Je finis par en mettre 2 de cote. Noir mat (ca fait classe), et blanc transparent (ca fait original). Apres, il faut encore opter pour la forme et la taille de la carte. J’imaginais pas, mais la, si je veux une carte en forme de peau d’ours de Siberie qu’on met devant la cheminee pour les longues soirees d’hiver, et ben c’est possible. A Bangkok, tout est possible. Mais (heureusement), comme je ne vois pas l’interet d’une carte en forme de peau d’ours, je la choisis rectangulaire. On va pas perdre trop de temps, y’a encore de nombreux choix bien plus importants a faire.
La carte, je la veux horizontale ou verticale? Quelle police, quelle taille, quelle couleur de caracteres? Comment disposer le peu de mots que j’ai a y mettre? Je n’en finis plus, et des que j’ai l’impression d’avoir avance, d’autres questions se posent…
Je commence a avoir une bonne idee du resultat final, en m’inspirant tres largement des modeles existants qui, par ailleurs, sont la pour ca.
J’ai en tete l’image d’une plume que je verrais bien en arriere plan, il ne reste plus qu’a trouver le dessin qui correspond a ce que je veux dans les deux enormes bibliotheques qui repertorient les images bitmap qu’ils ont a disposition. Facile, c’est classe par odre alphabetique. Euh…. Facile dans la mesure ou on sait dire plume en anglais, et Èvidemment, pas moyen de retrouver le mot… Apres quelques essais infructueux, me voila partie a dessiner une plume pour faire comprendre a cette brave dame ce que je cherche. Elle me sort des tas d’images d’oiseaux ou d’indiens, mais pas une simple plume d"ecrivain… Alors on se met a chercher, en prenant chacun un bouquin de plus de 1000 pages, ou ils avaient bien pu ranger les plumes… On a fini par trouver, au milieu des crayons, et dans un grand soupir de soulagement, j’ai pu donc commencer a decrire le plus precisemment possible a la vendeuse ce que je souhaitais. Elle retranscrit ca sur son ecran d’ordinateur, et je finis pas donner mon feu vert moyennant quelques petites retouches… (police trop fantaisie, changement des positions des textes, des tailles aussi, soulignement de tel mot, oh et puis non, modification de l’espacement des caracteres, de la taille de la plume…..)
Apres 1h30 dans le magasin a faire part de mes hesitations, cette brave thailandaise, dans le pays du sourire, avait bizarrement perdu le sien.
Je suis epuisee… Ca a l’air con comme ca, mais rester autant de temps sur un tabouret, c’est crevant. Je pais mes 600 bahts, recupere mon petit papier, et j’ai deja hate de venir chercher les cartes finalisees, entierement satisfaite du rendu sur ecran. On a une heure devant nous, le temps d’aller manger dans la cantine du 2eme Ètage du riz agremente de sauces au contenu indefinissable. Comme pour les fricandelles, ch’est bon, mais on chait nin ch’q’y’a nd’din… (en ch’ti dans le texte)
L’heure d’aller recuperer mon du est enfin arrivee… On reprend les escalators encombres, sous le regard bienveillant de Zizou, sur une affiche publicitaire de 25m de haut.
En arrivant a la boutique, je cherche mon recu, mais je sais pas pourquoi, elle me tend deja ma boite proprement fermee par un elastique. Elle n’a pas retrouve son sourire, et quand j’ouvre la boite, c’est a mon tour de perdre subitement le mien….
Elle est ou, la plume? Celle qui etait censee habiller discretement la carte? Celle qui etait bien visible, pourtant, sur son ecran? Ma belle “feather” grise claire est devenu, sur le papier transparent que j’ai finalement choisi, quasiment invisible…. On dirait une trace laissee par des doigts sales…
La vendeuse, elle, elle s’en fout pas mal, elle est deja partie s’occuper de quelqu’un d’autre. Apres tout, j’ai paye..
Je n’ai mÍme pas le coeur a raler, deconfite, je suis aussi pale que ma pauvre plume peut l’etre, et aussi transparente que cette P----N de carte…
En redescendant, je croise de nouveau le regard du Zidane de papier geant. Il esquisse son faux sourire de pub, il semble vouloir me dire quelque chose….
Mais non, Zizou, pas moi…. Je ne peux pas faire ca…. L’heure de ma retraite n’a pas encore sonne…..
Samedi 7 octobre 2006

Première nuit agitée à Bangkok. Trop chaud, trop fatiguée, trop de bruit… Le ballet incessant des tuk-tuks aux pots non homologués, la conversation passionnante et tardive des voisins d’à côté derrière une paroi trop fine, le grattement des rats sur le faux plafond, autant de bruits oubliés auxquels il me faudra rapidement reprendre l’habitude… Je me lève finalement, un peu dubutative quand je vois à ma montre qu’il est à peine 5h du matin… Il est temps que je mette mes pendules à l’heure…

Je rejoins Gil, dit Bacri *, qui est en train de lire son journal au bout de la rue, imperturbable, avec sa grande tasse de café noir. Les nouvelles du jour: affrontements sanglants au Kashmir, ravages de la dengue dans plusieurs états indiens, innondations au Vietnam, conflits politiques en Birmanie, et Anelka qui fait son come back en équipe de France. Enfin bref, tout va bien… Je m’installe à mon tour, et retrouve la composition de mes petits déjeuners asiatiques… Moi qui ne mange jamais le matin en France, ici, la seule question qui se pose est celle de savoir ce sur quoi j’opterai finalement entre les oeufs sur le plat et le pancake à la banane. Un petit coup d’oeil rapide à la table d’à côté, le pancake n’a pas l’air exceptionnel alors je préfère m’en passer. Les oeufs et la tranche de pain de mie toastée sont une valeur presque sûre, et ça sera mon dernier choix..


Nous nous mettons en route pour une petite excursion dans le quartier. J’ai du mal à me repérer dans ces rues déjà bien fourmillantes, bien que l’activité touristique ne batte pas encore son plein. A 10h30 du matin, les tables des échoppes qui fleurissent dès l’heure du déjeuner sont encore entassées et cadenassées grossièrement aux rideaux de fer. Je suis Bacri, mon guide du jour, qui lui connait cette partie de Bangkok comme sa poche. On prend la parallèle à Khao San, la mecque des voyageurs en tout genre, celle où débarque Di Caprio dans “La plage”. La rue qui m’avait un peu foutue les chocottes avant ma première arrivée à Bangkok, mais finalement, ça n’est qu’une rue parmi tant d’autres, sauf que tout y est plus cher.

Notre visite commence rapidement, juste après le carrefour, par le chat de l’arrêt de bus. Robe orange, un peu vieux, un peu malade, il tire la langue couché sous le banc. Il ne semble pas dérangé par la foule qui se presse à la vue du numero 66 qui arrive au coin de la rue. Bacri, attentif aux détails qui concernent son sujet, me précise que quand il fait trop chaud, ce dernier se met à l’ombre dans la cabine téléphonique.

On continue notre chemin, et alors que nous nous approchons du temple, il m’invite à observer sur ma droite les deux specimens originaux de la vieille vendeuse de journaux. Gris, rayés, assez jeunes, 2-3 ans pas plus. La porte du temple est toute proche. On voit s’accumuler les fidèles qui viennent acheter les offrandes: fleurs de lotus, de jasmin, les roses, les oeillets, les orchidées déjà préparés pour être déposés devant le Buddha. Ce chat là est orange aussi, et avec les nonnes et les fleurs en arrière plan, ça donne une bonne composition, qu’il me dit.

On se fraie un passage, et on penètre dans l’enceinte du temple. J’ai envie de suivre le mouvement, de voir devant quoi tous les gens se prosternent les mains jointes en faisant brûler l’encens. Mais Bacri bifurque tout de suite sur la droite pour contourner le temple. Je me dis que la perspective doit être meilleure de là bas, et comme c’est lui le guide, je le suis bêtement. Il donne l’impression de chercher quelque chose, son regard se perd à droite, à gauche, ses yeux semblent sonder les lieux… Puis il se retourne: “ Normalement, là, y’a un p’tit noir avec les pattes de devant plus courtes..” Il parait désappointé, son petit favori n’est pas là. Il faudra revenir, c’est un incontournable. La promenade se poursuit dans les jardins du temple. Les canaux qui les traversent rendent l’atmosphère humide, mais cela reste agréable. Endroit calme, serein, et étonnamment vide de touristes compte tenu de la proximité de Khao San. Le bariolé orange, noir, blanc et marron, lui, est bel et bien là. A sa place. Il est assez vieux, mais aux abords du temple depuis seulement 2 ou 3 ans. Bon état. Bien conservé. Bon profil.


Ses chats, Bacri, il les connait bien. Faut pas lui demander l’âge du magnifique Buddha en or de 17m installé au centre du temple. Ca n’est interessant que si il y a un félin qui se lèche négligemment le pelage couché à ses pieds… Et dire que la visite aurait pu être bien plus longue…. Ben oui, vu que les moines ont déjà mangé à l’heure qu’il est, les chats seront bientôt en train de digérer les restes à l’abri des regards indiscrets de photographe…


Un jour, sur Khao San Road, on verra peut être une petite agence de voyage pour touristes avisés, qui organisera le Bangkok Chamberland Tour, où comment visiter la capitale thailandaise les yeux rivés au sol pour y traquer le félin..





* le pourquoi du surnom de Bacri pourrait être l’objet d’un article à part entière… je ne m’étendrai pas sur le sujet maintenant…

Vendredi 6 octobre 2006

Enfin ca y est... J'attendais avec tant d'impatience de m'y retrouver enfin...

On monte trois etages d'un petit immeuble defraichi, et, je ne le vois pas encore tres bien car il fait noir, d'un vert sale qui rappelle vaguement la couleur d'une chupa chups a la pomme oubliee dans un coin poussiereux... On est a la grenn guest house. Je ne sais pas si ils ont commence par chercher un nom ou une couleur. Mais comme Gil (le cat photographer) vient ici depuis plus de 10 ans et qu'en plus il me porte ma sacoche photo, je lui dit que oui, ca a l'air vachement sympa. Puis bon, pour le prix de 2 cafes en terrasse a Lille, meme ici, faut pas s'attendre a une palace.

Le palier du dernier etage donne le ton glauque de l'endroit; peinture terne eclairee par un sinistre neon, sol cimente et tache, un evier crasseux encadre de 2 portes que je devine etre les salles d'eau communes. Notre chambre est la derniere a gauche, au fond du couloir. Elle donne sur la rue, au moins on a la lumiere du jour et l'espoir d'un peu d'air, meme si celui ci est chaud et humide. La mousson est encore presente..

Je decouvre la chambre.... elle est.... passablement spacieuse, relativement austere, et ... completement verte. Mise a part la touche de couleur vive apportee par l'imprime immonde du drap, a grosses fleurs du style des annees 70, qui confere a la piece une ambiance psychadelique.. Deux neons, un ventilateur accroche sur le mur pres de la porte, un miroir et un micro tabouret devant. J'oublie instantanement mon apprt douillet et chaleureux, et me vois replonger dans les souvenirs finalement encore tres intacts de mes recentes peregrinations asiatiques... Le fait de deposer mon sac a dos sur le lit donne la touche finale... Me voila revenue dans ce decor familier, et malgres le caractere spartiate , ben....... 'tain, que je suis contente d'etre la!!!

Mais il est temps d'arreter de s'extasier. Parce que le moment que j'attends avec impatience depuis plusieurs heures est d'un autre ordre. Je file au bout du couloir, pousse la porte de la salle de bain, et tout me revient a l'esprit en un clin d'oeil... Aller se soulager dans une guest house de backpackers fauches en Asie, c'est tout un programme... J'ai oublie la lecon de base: alors je retourne dans la chambre pour prendre le rouleau de PQ.. Le PQ qu'il ne faut pas omettre de jetter dans la poubelle, pour ne pas risquer de boucher les canalisations. Enfin, on termine le processus en versant dans la cuvette de l'eau puisee dans un seau qui, accessoirement, sert de douche.. Bon, il faut savoir que pour 100 bahts de plus par personne ( soit environ 2euros), on aurait une belle salle de bain privative et parfumee, avec du PQ, une vraie chasse d'eau et une douche. Oui, mais avec 100 bahts, on a aussi une grande bouteille de Beer Chang fraiche en terrasse... Et pour ca, les reflexes reviennent etonnamment vite... En bonne lilloise que je suis, meme au fin fond de l'Asie ( Enfin, Bangkok n'a rien d'un patelin...), je sais ou sont mes priorites...

Je suis assez surprise de la vitesse a laquelle j'ai retrouve mes reperes.. Pourtant, ce n'est pas en Thailande que j'en avais le plus. Je n'arrive pas en terre inconnue, je ne suis pas etonnee de voir un homme tirer une cariole de poissons seches, ni de celui qui vend des scorpions frits sur Khao San Road, a cote de celle qui fait des tresses africaines.. Je retrouve avec grand plaisir ma place sur le tabouret en plastique bleu, sur un trottoir, devant un grand bol de soupe au nouilles parfume de coriandre et de chili, assistant sans lassitude au spectacle anime de la rue.

Je ressors mes trois mots de thai, j'ai reapprivoise la monnaie, comme si je n'avais quitte le pays que depuis quelques jours...

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