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    <title><![CDATA[Amel' O' Tour d'Asie (Mai 2008 - Inde)]]></title>
    <link>http://www.amelotour.com/categorie-10415488.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Mai 2008 - Inde&quot; du blog &quot;Amel' O' Tour d'Asie&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Amel' O' Tour d'Asie (Mai 2008 - Inde)]]></title>
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    <pubDate>Tue, 29 Mar 2011 14:03:09 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Tue, 29 Mar 2011 14:03:09 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.amelotour.com</copyright>            <category>Mai 2008 - Inde</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Sur le départ]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-20735834.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-family: tahoma; font-size: 10pt;">Delhi, le 25 juin<br>
  <br>
  <br>
  L'heure de la sortie a sonné...Impossible de ne plus la regarder dans les yeux, la fin est maintenant en face de moi, à quelques heures à peine de mes derniers fried egs.<br>
  Ultimes regards jetés sur la fameuse rue de Paharganj, à la main, un verre de café qui ne refroidit pas. Les rickshaws défilent sans cesse, les nobles vaches sacrées tirent des charettes de sacs de
  riz, les touristes vaquent à leurs achats ou, comme moi, se prélassent à l'ombre en regardant l'animation de la rue; bientôt les klaxons et les ronflements des moteurs seront étouffés par le
  béton.<br>
  C'est terminé, et j'ai du mal à y croire. Il est temps de rentrer. Déjà. Evidemment, je n'ai pas vu passer ces quatre mois, et évidemment, je n'ai pas le sentiment que les quatre prochains mois
  fileront aussi vite.<br>
  Le retour est une nouvelle aventure; elle sera sûrement moins exotique, je ne passerai pas de col de plus de 5000m, ne marcherai pas dans 30 cms d'eau noire à la recherche d'une photo, ne risquerai
  pas ma vie dans un bus, on ne me jettera plus de cailloux dans le dos et je ne trouverai plus de cadavre sous ma fenêtre; je m'en vais juste retrouver le monde d'où je viens qui, au grè des
  voyages, me semble de plus en plus étranger.<br>
  Il y a, bien sûr, la joie de retrouver les amis et les croissants au beurre, la fraîcheur de Lille et la propreté de ses pavés, le flot humain ordonné dans lequel on peut se noyer dans
  l'indifférence générale; je réinvestirai avec plaisir les terrasses des bars, il y aura beaucoup de gens à regarder passer, et, à coup sûr, un petit chocolat emballé avec mon café.<br>
  Je parcourerai les rues que je connais si bien, chargées de souvenirs, bons ou mauvais, ou les deux en même temps; m'amuserai à regarder les vitrines, les mannequins si coquettement apprêtés, les
  prix en rouge au milieu d'une étoile jaune; peut être oserais-je franchir le pas de la porte pour caresser le sol carrelé, voguer dans les rayons si bien rangés où on trouve toujours ce qu'on
  cherche, et bien souvent aussi, ce qu'on ne cherche pas; et quand mes yeux se poseraient sur les étiquettes, je repenserais amèrement au prix du pantalon bouffant que je porte.<br>
  Le voyage disparaîtra vite, et avec lui, ses effluves, ses couleurs, ses sons, qui ne seront plus que des souvenirs étranges accrochés à ma mémoire, et à mes photos.<br>
  Je rentre dans mon pays, mais je ne rentre pas chez moi.<br>
  Je retourne dans un univers que je connais, mais qui n'est pas le mien.<br>
  Je vais poser mon sac à dos dans le coin d'une nouvelle chambre; elle sera bien plus propre, accueillante, et l'accueil y sera sans aucun doute bien plus chaleureux que dans toutes celles où j'ai
  pu traîner mes tongs depuis 4 mois, mais je n'y serai pas chez moi.<br>
  Mon courrier se perd dans les trop nombreux changements d'adresse, mes affaires crépissent dans des caves, oubliées dans des cartons; un chez moi qui part en miettes.<br>
  Le voyage a fait de moi une SDF, une gadjo sans roulotte, mais avec un bac+5.<br>
  <br>
  Le temps passe et la boule au ventre m'oppresse davantage.<br>
  J'ai trop longtemps voulu ignorer le retour et ce qui m'attend, mais aujourd'hui je suis prise de vertiges, dans un tourbillon bien plus dévastateur qu'ennivrant.<br>
  Il est temps de boucler mon sac; il est encore éventré sur le lit attendant patiemment que je me décide.<br>
  Dans trente minutes, un taxi m'emmènera à l'aéroport et deux mois en Inde ne suffisent pas à trouver cela réconfortant.<br>
  Mais je sais déjà que je reviendrai bientôt.<br></span>]]></description>
        <pubDate>Wed, 25 Jun 2008 10:19:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">fac3b24808c0dd618c757fb8156584e3</guid>
                <category>Mai 2008 - Inde</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-20735834-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Bonne fete aux papas!]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-20456070.html</link>        <description><![CDATA[<br>
  <span style="font-size: 14pt; font-family: tahoma;">Bonne fete a tous les papas!</span><br>
  <span style="font-size: 12pt; font-family: tahoma;">et specialement au mien, dans ses contrees africaines!<br>
  je t'embrasse fort<br>
  <br>
  <br></span><br>
  <br>
  <img  width="500" src="http://idata.over-blog.com/0/17/75/69//image-2-copie-1.jpg" height="334" class="CtreTexte"><br>
  <br>
  <img  width="500" src="http://idata.over-blog.com/0/17/75/69//image-7.jpg" height="334" class="CtreTexte"><br>
  <br>
  <img  width="500" src="http://idata.over-blog.com/0/17/75/69//image-12.jpg" height="334" class="CtreTexte"><br>
  <br>
  <img  width="500" src="http://idata.over-blog.com/0/17/75/69//image-18.jpg" height="334" class="CtreTexte">]]></description>
        <pubDate>Sun, 15 Jun 2008 08:55:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">6760d4665a5dd4e41119ea931f54be11</guid>
                <category>Mai 2008 - Inde</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-20456070-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les photos Inde 2008]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-20431629.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Ca m'a pris un peu de temps, mais ca y est, les premieres images de ce nouveau periple en Inde sont&nbsp;visibles sur le blog!<br>
    J'ai garde les meilleures..... celles dont je suis la plus fiere.... elles seront prochainement sur mon site photo, quand je serai de retour avec du temps et de la connexion pour la mise a
    jour!<br>
    <br>
    Vos commentaires sont toujours les bienvenus!!<br>
    <br>
    a bientot!!<br>
    <br>
    amel<br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 14 Jun 2008 08:09:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">a0f768ae16a529c3e0dc6259647e7d46</guid>
                <category>Mai 2008 - Inde</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-20431629-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le tendon d'Achille]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-20614399.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Jeudi 12 juin</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Le revoilà, c’est bien lui. Non pas que je sois si heureuse de le revoir, mais après deux jours entiers passés sous mon balcon,
    j’ai craint en ne le voyant plus hier soir qu’il ne manquerait ce matin un acteur primordial des scènes d’aurores (horror&nbsp;?) du Gange. C’était devenu naturel de le voir de bonne heure, en
    poussant les volets de ma chambre une serviette de toilette autour de la taille et une tasse de café à la main.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Me voilà presque rassurée de le retrouver aujourd’hui.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Je lui dis bonjour, de loin, et comme d’habitude, il ne me répond pas. De là où il est, il ne peut pas
    m’entendre.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Il s’appelle Achille. En réalité, je ne le connais pas, je n’ai jamais osé m’en approcher. Alors je l’ai baptisé Achille. Il
    déambule lentement, flotte avec legèreté et molesse, entouré de son fidèle chien, Rantanplan, qui ne le lâche pas d’une semelle.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Je le découvre sous un nouveau profil, craignant un instant de faire erreur sur la personne car jusqu’alors, je ne l’avais vu
    que de dos. Mais il n’y a aucun doute possible, ça ne peut être que lui.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Je le reconnais à son teint blafard, sa musculature saillante dans un corps qui semble pourtant flasque&nbsp;; je lui découvre
    un ventre si proéminent qu’il paraît prêt à exploser, un ventre que je n’imaginais pas compte tenu de son dos si athlétique.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Il est presque nu, vêtu d’un simple pagne négligemment noué autour de ses hanches, un vulgaire bout de tissu délavé, aussi pâle
    que lui, et partant en lambeaux.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Comme ses pieds. Depuis que Rantanplan a commencé à lui manger il y a deux jours. C’est ça, en fin de compte, qui m’a permis de
    reconnaître Achille avec certitude&nbsp;: le tibia apparent de sa jambre gauche. Ça ne trompe pas.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Le niveau du Gange ne cesse de monter, et Achille aime s’amuser avec le courant. Il se laisse porter par les eaux sacrées, pour
    échouer quelques mètres plus bas, contre les marches du ghat, au milieu des déchets et des colliers de fleurs, offrant généreusement sa main droite à Rantanplan, qui n’a alors même plus à se
    mouiller les pattes pour commencer son festin.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">La peau, élastique, résiste à ses crocs, et finit par s’ouvrir sur une chaire noire et spongieuse.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Pauvre Rantanplan. Il semblerait que les meilleurs morceaux soient déjà partis.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">D’ailleurs, dans l’idée peu probable que quelqu’un finisse par le sortir de l’eau, il serait impossible de l’identifier:
    Achille n’a plus ni visage, ni empreintes. Il resterait éventuellement le test ADN. Après tout, les indiens l’utilisent aussi sur les chiens, pour identifier leur vrai maître*…</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Mais il semblerait de toute façon que tout le monde s’en contrefiche, d’Achille.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Quoi qu’il ait pu être, il n’est plus grand chose aujourd’hui.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Certains vous diront pourtant que c’est un privilégié, parce qu’il n’est pas passé sur le bucher. Et qu’il fait donc partie de
    ceux qui ont eu une vie suffisamment sainte (brahmanes, sadhus), innocente (petits enfants) ou douloureuse (lépreux), ou encore de ceux dont la mort a été prématurée (femmes enceintes) ou sacrée
    (morsure de cobra)&nbsp;; de ceux qui, sans avoir besoin de la purification par le feu, atteignent directement le Nirvana. Ou les rives du Gange.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Ça dépend du courant, et du gars qui a attaché les pierres au cadavre.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Je finis mon café, et Rantanplan sa main. J’empoigne mon sac photo et me décide à aller me promener dans le monde des vivants,
    laissant Achille aux bras de la déesse.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Fascinants spectacles que ceux des ghats de Bénarès. Si déroutants qu’ils puissent être parfois, on se fait aux meilleurs comme
    aux pires&nbsp;; à la vie, à la mort…</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">* source&nbsp;: Hindustan Times</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 12 Jun 2008 14:56:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">b5ce4a693d4082cf07324310cf8dd6e0</guid>
                <category>Mai 2008 - Inde</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-20614399-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Benares: un air qui se merite?]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-20358169.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">9 juin, Bénarès</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Si j’ai pu douter, au milieu des musulmans de Srinagar, chez les moines boudhistes de Lamayuru ou au cœur de la mafia
    israélienne de Manali, d’être toujours en Inde, retrouver l’exubérance de Bénarès me replonge immédiatement dans son bain.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Voilà mon troisième passage ici, et à chaque fois, j’y arrive exténuée par un interminable voyage en train. Comme si la
    chaleur, l’air pollué et poussiéreux et les incessants harcèlements n’étaient pas suffisants pour mériter la folie de cette ville, il faut en plus s’y présenter à genoux…</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Je me souviens vaguement de la quiétude des terrasses, d’une épaisse couverture sous laquelle il faisait bon se lover le soir,
    l’envie au réveil d’ouvrir grand les fenêtres pour laisser entrer un air frais et parfumé par les rosiers en fleur&nbsp;; c’était il y a à peine une semaine mon lot quotidien…</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Puis en quittant Manali, les montagnes et leurs routes meurtrières, c’est une lente descente aux enfers qui s’est
    amorcée.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">La première étape m’a déposée à Mandi, que j’avais à peine eu le temps de découvrir l’an dernier. Je me souvenais de la
    sympathie des chefs de gare, qui m’avaient invitée à m’asseoir à côté d’eux, autour d’un petit feu improvisé dans une boîte de conserve. Ils m’avaient offert un chai, pour me dire qu’il n’y avait
    plus de bus pour ma destination avant 4h30 le lendemain matin. Je n’avais alors passé qu’une soirée et une nuit à Mandi, le temps d’inscrire mon record de négociation (passer de 1200 à 80 Rs pour
    une chambre, en moins de 5 minutes), et de me planter une agraphe dans le palet en mangeant un dhal dans un dhaba douteux.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Là, c’était l’occasion d’en voir un peu plus…</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">D’autant que j’ai quitté Manali avant la date prévue, ce qui me laissait donc 3 jours pour faire le voyage jusqu’à Chandigarh
    (Punjab) où mon train m’attendait.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">J’ai donc passé 2 jours à Mandi qui, malgré la chaleur qui commençait à se faire sentir et le traffic devenu plus intense et
    plus bruyant, garde un petit goût de grand air, de torrents et de montagnes.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Un second court trajet en bus (6h), et je suis arrivée à Chandigarh. En règle générale, tous les chauffeurs de bus indiens
    conduisent de manière effrayante -même si ils ne sont pas tous drogués-, mais de voir des arbres pour freiner une éventuelle chute et la civilisation omniprésente rendent ces petits parcours bien
    moins fantaisistes que le périple entre Leh et Manali. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’ils ont été reposants, et c’est avec grand plaisir que j’ai attendu le train à Chandigarh, m’imaginant déjà
    allongée sur la couchette où j’allais passer les 12 prochaines heures.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Après tous ces inévitables trajets en bus, retrouver le train devenait presque un luxe… pouvoir étendre ses jambes, évoluer en
    ligne droite, balancer ses pieds dans le vide assis à la porte… un confort qui ferait presque oublier la chaleur humide, suffocante, l’odeur de bête et les bruits incessants.
    Presque.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">J’envie ceux qui sont capables de dormir dans n’importe quelles conditions. Ça n’est pas mon cas.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Les pales de ce foutu ventilateur au plafond ont cogné toute la nuit contre leur cage. Il semblerait pourtant que ça n’ait
    dérangé que moi, et je n’ai pas fermé l’œil.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Le mal de ventre, lui, n’est arrivé qu’en gare de Lucknow. Ironie du sort, car je n’ai jamais vu de gare en Inde où il soit
    aussi peu recommandé d’avoir des problèmes intestinaux. Si il s’agissait d’un pipi d’enfant, comme aurait dit ma grand-mère, ça aurait pu passer. Mais j’ai dû manger quelque chose de pas
    catholique à Mandi – peut être une agraphe-, qui nécessitait brusquement une purge complète. Impensable. Une rigole commune, pas de porte, pas de point d’eau, et une bonne dizaine de femmes
    attendant leur tour en m’observant sans retenue. Elles.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Je n’ai pas pu. Le pire, c’était peut-être de n’avoir aucune idée du temps que j’allais passer dans la gare surpeuplée de
    Lucknow avant de pouvoir sauter dans un train pour Bénarès. Les grèves de cheminots à Calcutta n’arrangeaient en rien mes affaires, et la foule démesurée bloquée là rendait les guichets
    inaccessibles.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Heureusement, parfois, on a un coup de pouce du destin. Souvent, même, je devrais dire. Sans quoi le voyage ne serait pas ce
    qu’il est.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Toujours est-il que debout près de mon sac, sur le quai numéro un, au moment où la situation commençait à devenir critique, un
    train est arrivé à destination de Bénarès.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Il était complet, mais ça je m’y attendais dans la mesure où quand j’avais reservé mon billet une semaine plus tôt, tous les
    trains à destination de Bénarès l’étaient déjà.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Un demi mètre carré près de la porte, et du coup près des toilettes, était bien suffisant. Quant au ticket que je n’avais pas,
    je pouvais aviser au moment voulu. Les yeux de chien battu, ça marche assez bien, et je les avais déjà naturellement, de fatigue et de pics dans le ventre.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Au pire, je payais une amende qui, dans tous les cas, ne rendrait pas mon trajet de 6 heures plus cher qu’un
    Paris-Lille.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Le principal, c’était de continuer à avancer vers Bénarès, coûte que coûte. Car là, et seulement là, j’allais enfin avoir un
    peu de temps, me décrasser, me reposer, disposer mes petites affaires dans la chambre pour me sentir une dernière fois chez moi… avant l’ultime voyage….</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Mais avant de penser à s’installer, il faut encore arriver jusqu’à une chambre. A peine le train à l’arrêt, reprendre son
    bardas et se frayer un passage sur les escaliers métalliques qui montent à la passerelle, les gens qui montent, les gens qui descendent, les bousculades, les vêtements collés à la peau, traverser
    les 6 voies au milieu de familles entières assises sur le sol, des bébés qui braillent, des vieilles qui crachent, des bagages qui attendent&nbsp;; traverser le hall, vaste fourmillière de corps
    gisants, gesticulants, moites, aigres, il fait lourd, les regards sont lourds, le sac est lourd&nbsp;; se faufiler entre les bras qui accrochent et ceux qui se tendent, penser à l’attentat d’il y
    a deux ans, sortir de la gare, chaleur accablante, sable, bouses et déchets, harcèlements des rabatteurs, des vendeurs, des chauffeurs, puis c’est enfin la trève.. dans le rickshaw. A l’abri.
    Pour une dizaine de minutes.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Puis le cirque recommence, de plus en plus fou, le dernier kilomètre doit se faire à pieds, je n’en peux plus, sue à grosses
    gouttes, ignorant les interpellations incessantes, me raccrochant à la chance que j’ai de connaître déjà mon point de chute et le chemin à suivre dans les ruelles pour y arriver
    enfin.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Ça n’est que là, en posant son sac sur le lit et ses yeux sur le Gange, qu’on peut dire qu’on est arrivé à
    Bénarès.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">J’ai retrouvé la Ganpatti GH de l’an dernier, mais cette fois, j’ai doublé mon budget pour avoir une chambre avec vue sur le
    Gange. La fin du voyage approche, je ne me refuse pas ce luxe de 4,5 euros.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Enfin délestée de mon sac à dos, la fatigue ayant fini d’y substituer son poids sur mes épaules, je prends place sur une chaise
    en plastique, accoudée à la rambarde, et plonge mon regard dans les eaux sacrées et noires. Je n’ai jamais vu de spectacle aussi apaisant… non pas que les rives du Gange soient exceptionnellement
    belles, à vrai dire c’est le charme plus que de la beauté qui s’en dégage. C’est avant tout l’espace qui frappe&nbsp;; la rive opposée, désert insolite de sable, donne une sensation d’immensité
    et<span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span> même si l’air est tout aussi chaud et pollué qu’ailleurs, on a l’impression de respirer davantage. Après des dizaines d’heures confinée dans des
    bétaillères humaines, sans intimité et pire encore, baignée contre mon grè dans celle des autres, dans leurs odeurs et dans les miennes, rien n’égale cette vue… le vide, immobile à l’horizon,
    flottant sous mes pieds&nbsp;; l’illusion d’air pur et de calme tant le contraste est fort&nbsp;; les eaux sombres, le sable blanc sale, le ciel gris, tout paraît lisse et nuancé&nbsp;; pas fade,
    non. Reposant.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">C’est le cadeau de bienvenue. Qui fait oublier à quel point le chemin peut être long.</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 09 Jun 2008 15:19:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">72b8b4ff45f92cad8aa6e875edeb78d9</guid>
                <category>Mai 2008 - Inde</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-20358169-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[En attendant la chute, sans se précipiter…]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-20129861.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Manali, le 31 mai</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">On m’a pointé de l’index une cabine en tôle à une centaine de mètres de là. Pas
    d’hésitation possible, il n’y avait rien d’autre aux alentours à part un petit groupe d’hommes en train de tamiser du sable dans le lit de la rivière.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Trois panneaux métalliques grossièrement assemblés protégeaient un trou nauséabond et deux
    planches de bois, permettant de se soulager devant une vue imprenable, tout en ayant les fesses à l’abri des regards. Cela faisait presque 10 heures que je n’avais pas été aux toilettes aussi
    sereinement, sans avoir à scruter les quatre directions pour prévenir d’un visiteur inoportun.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Le problème, avec l’altitude, c’est qu’on a envie d’uriner plus souvent, et qu’à plus de
    5000 mètres, il n’y a plus d’arbres.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Et puis le chauffeur avait l’air si pressé d’arriver que le seul endroit où il s’était
    arrêté jusqu’alors, c’était près du plus haut col à 5300m, quand le minibus était pris dans une ornière sur une route tout juste assez large pour lui et qu’il a fallu le pousser pour l’en sortir
    et le redémarrer en marche arrière sur la neige. En voyant le précipice si près et si profond, en me retrouvant les fesses au sol tellement il était glissant, toute envie de faire pipi avait
    alors étrangement disparu.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">C’est l’avantage de ce genre de voyage, on a bien souvent d’autres préoccupations que celle
    de la compression de la vessie par le bouton du jean.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Au troisème arrêt, tout aussi involontaire que celui du problème de démarreur et celui de
    l’ornière dans laquelle on patinait dangereusement, je commençais à croire que j’allais y rester pour la nuit, et ai fini par n’avoir d’autre souci que celui de trouver un virage derrière lequel
    m’accroupir.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Un bouchon. A 5200m. En France, on aurait appelé ça une cordée. Une vingtaine de camions,
    et autant de 4x4 ou minibus, bloqués par un camion en panne et un autre coincé dans un trou, censés se croiser sur une route où il n’est pas bon de devoir se croiser.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">C’était parti pour durer, d’ailleurs, quelques français rencontrés sur place y avaient déjà
    passé une nuit. Je ne préférais pas penser à cette option, car malgré le soleil et les couches superposées de vêtements, j’avais déjà froid.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Heureusement, en deux bonnes heures seulement, notre chauffeur a débloqué la situation à
    coups de pelle, qu’il a laissé sur place en deux morceaux.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Ça n’est pas qu’il était particulièrement brillant ou ingénieux, mais il était pressé. Six
    jours d’affilée à s’enquiller les 480 kms qui séparent Leh de Manali, et ce soir, il aurait droit à sa journée de congé. Ça peut expliquer l’empressement.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Ou alors il était suicidaire, ce qui s’avérait être une raison tout aussi
    plausible.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Comme si à chaque virage il voulait aller tout droit et qu’au dernier instant, un instint
    de survie lui faisait tourner brusquement le volant. Au début, ça surprend, mais on finit…. Non. En réalité, on ne s’y fait pas.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Quand il est revenu au minibus, dont il n’avait pas coupé le moteur (pas facile de démarrer
    en poussant au milieu d’un bouchon), le premier sentiment de soulagement a vite été inhibé par une certaine appréhension… certes, je n’allais pas mourir de froid ici, mais il fallait quoi qu’il
    arrive doubler ou croiser tous ces camions sur une route toujours aussi étroite et glissante, et la perspective de finir brisée menu 500 m plus bas n’était guère plus réjouissante que celle de
    geler sur place.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Le chauffeur avait l’air nerveux. Pas comme nous l’étions tous dans le bus, où règnait un
    silence de mort&nbsp;; non, lui semblait physiquement nerveux, comme Joe des frères Dalton, prêt à se ruer sur n’importe qui, avec des têtes de mort et des bombes qui explosent à chacune de ses
    paroles.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Est-ce la raison pour laquelle les autres chauffeurs nous ont laissé passer en premier, de
    peur peut-être de se frotter à l’étrange agressivité du notre&nbsp;? ou alors notre pilote faisait à ce point référence qu’on lui concédait le privilège de l’éclaireur….</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">A nous donc d’ouvrir la route, ou ce qu’il en restait le long du camion, à peine élargie
    par quelques pierres instables alignées au bord du ravin. De la poudre aux yeux…</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Il n’y avait pas un centimètre de trop, et j’ai réalisé à quel point le rétroviseur gauche
    était superflu, inutile et dangereux. Le premier camion à passer à été une formalité dont le chauffeur s’est acquitté sans hésitation. Il restait un petit espace qui nous séparait du ravin, un
    vrai jeu d’enfant. J’ai eu à peine un instant pour prendre conscience que j’avais cessé de respirer, avant de remarquer le second camion qu’il fallait encore dépasser et qui nous laissait moins
    d’espace que le précédent. Tellement peu d’espace que c’était pour moi tout simplement impossible. Un coup d’œil rapide à la largeur du minibus, un autre sur celle de la route boueuse, pas besoin
    d’être né avec un compas dans l’œil pour constater que ça n’est pas possible.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Ça a eu l’air d’effleurer l’esprit du chauffeur car il a marqué un arrêt. Suffisamment long
    pour réaliser que j’étais bel et bien coincée dans ce bus, prise en sandwich entre un camion et un ravin sous ma fenêtre, et trop court pour me laisser le temps de fermer les yeux… c’était de la
    folie pure et je ne pouvais rien faire, nous voilà repartis, sous les gestes confiants de ceux qui avaient alors la chance d’avoir les deux pieds sur la terre ferme, et pour lesquels il était
    bien facile de faire des signes pour nous guider. A leur place, j’aurais pu moi aussi m’amuser à gesticuler, en disant que oui, ça passe sans problème, mais de l’intérieur…. J’étais complètement
    paralysée, ne me risquant à aucun mouvement de peur de perturber l’équilibre précaire, ne sachant où porter mon regard car aucune vue n’était satisfaisante, ni celle de la route, ni celle du
    paysage menaçant dont la blancheur avait perdu tout éclat. Je restais attentive aux moindres bruits suspicieux, le souffle coupé, attendant l’inévitable instant où le bas côté instable cèderait
    sous le poids du véhicule. Allait-on se mettre à hurler, ou resterait-on muet de peur&nbsp;? combien de tonneaux avant l’impact final&nbsp;? le bus allait-il exploser et disparaître dans un nuage
    de fumée noire&nbsp;? étranges questions qui m’ont traversé l’esprit, alors que je me voyais déjà rejoindre ce paradis blanc….</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Je ne comprends toujours pas comment on a pu passer. Peut-être grâce aux quelques
    millimètres grattés sur la peinture du réservoir du camion&nbsp;; heureusement que les indiens ne sont pas trop regardant sur les éraflures…</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">En y repensant, mon cœur bat à m’en soulever la poitrine, pourtant je l’assure, à ce moment
    précis, il s’était arrêté…</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Loin de penser avec soulagement à l’obstacle franchi, on a plutôt tendance à voir ceux
    qu’il reste… tous ces camions encore alignés et, en extrapolant, tout ce qui pouvait encore nous attendre derrière les virages des 400 kms qu’il nous restait à parcourir avant d’arriver, peut
    être, à destination…</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">On se sent tout petit, vulnérable, impuissant, mais surtout vraiment stupide d’avoir remis
    sa vie entre les mains d’un inconnu, si expertes et habiles qu’elles semblent être….</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">En fait, je me plaisais à croire qu’il était l’homme de la situation, et qu’aucun autre
    chauffeur n’était plus à même de nous emmener à bon port… ça a un côté rassurant. Je lui pardonnais les coups de volant brutaux, les dérapages que je préférais imaginer contrôlés, les nids de
    poule pris à trop grande vitesse, les virages aveugles où il jugeait futile d’user de son klaxon&nbsp;;</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Je lui pardonnais tout, non pas que j’avais une confiance inconditionnelle en lui –on a
    confiance en personne quand il s’agit de défier les lois de la gravité-, mais parce que je n’avais pas d’autre option.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Jusqu’à la ligne droite. La seule partie droite et parfaitement goudronnée du trajet, où
    l’on s’est autorisé à dérider son front et à relâcher enfin ses paupières.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Oui mais lui, il n’était pas censé s’endormir.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Le choc a été violent, l’a tiré de sa somnolence pour le plonger dans l’état de stupeur
    dans lequel nous étions déjà tous…</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">On avait tous vu l’obstacle, se demandant pourquoi le chauffeur nous y précipitait pied au
    plancher. Une langue de neige, épaisse et compacte, frangée de stalactites, dépassait largement des congères bordant le macadam. D’un coup, tout a volé en éclat&nbsp;: le phare, la calandre, les
    stalactites et l’espoir que j’avais placé en ce garçon… moi qui l’imaginais exploser tous les records à bord d’une 206 WRC, je ne voyais plus en lui qu’un fou qui, loin de se contenter de jouer
    avec sa propre vie, mettait la nôtre en péril… fort heureusement, en ligne droite, et sur un simple banc de neige…<span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span> dès lors, plus question de fermer
    l’œil, même si, on est d’accord, ça ne changeait de toute façon pas grand chose. Il restait plus de 150 kms à parcourir, et vu l’heure, on savait déjà que l’on finirait le trajet de nuit. Rien de
    très rassurant. Le minibus est reparti, une roue voilée et des bruits étranges qui n’arrangeaient rien à l’ambiance morbide, et l’arrêt suivant est arrivé à point nommé. Chacun d’entre nous avait
    besoin d’un break en terrain stable, à l’abri d’une tente de nomade immobile, autour d’un chai pour certains ou d’une bière pour d’autres, tous à palper notre crâne douloureux et nos fessiers
    endoloris… on ne pensait plus à l’accident, et encore moins aux kilomètres restants, juste contents de savourer la trève… pendant ce temps là, le chauffeur, hagard et titubant, s’était effondré
    sur un matelas.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">J’aurais voulu rester là. Pourquoi pas me marier avec un tibétain, et me retrouver à faire
    la popote dans une tente pour des voyageurs en mal de sensations qui défileraient à ma place dans un de ces minibus…</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Il fallait pourtant bien continuer… le chauffeur s’est réveillé, retrouvant une soudaine
    vivacité après avoir avalé des pilules pour le moins suspicieuses…</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">C’était déjà de la folie pure d’emprunter cette route avec un chauffeur pressé de finir sa
    semaine de 100 heures dans ces conditions extrêmes, fallait-il en plus qu’il soit drogué… à notre plus grand soulagement, c’est finalement un autre chauffeur qui s’est installé derrière le
    volant. Celui de la jeep qui nous suivait depuis le bouchon, qui fût lui, remplacé par un passager de notre bus… ça nous a fait beaucoup de bien à tous, et l’ambiance était plus légère quand nous
    avons repris la route. Au moins jusqu’à ce qu’il fasse nuit noire, et qu’il ne repasse le volant à notre premier pilote… ça a duré jusqu’à 2h du matin… vouloir fermer les yeux tellement les
    paupières sont lourdes, mais ne pas oser quitter la route du regard, se demandant à chaque virage si le chauffeur l’avait bien vu, lui aussi&nbsp;; scrutant les éclairages des rares habitations
    en contrebas, si loin qu’on les confondrait presque avec les étoiles&nbsp;; cherchant les bornes kilométriques pour évaluer le temps de torture qu’il restait encore&nbsp;; lutter contre le
    sommeil, et en sortir en sursaut si on s’y est laissé sombrer par inadvertance, et espérer malgré tout que du temps a passé…</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;" lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">A 2h15, après 22 longues heures de cauchemar éveillé, je dormais du sommeil du juste… il
    m’a fallu bien peu de temps pour m’affaler sur le matelas de la première chambre d’hôtel trouvée près de la gare routière de Manali. Malgré un réveil de bonne heure, comme toujours, j’ai dormi si
    profondément que les frayeurs de la veille étaient oubliées. Comme effacées de ma mémoire, refoulées, si troubles que je me suis demandé un instant, en ouvrant les yeux sur les murs de ma
    nouvelle chambre, comment j’avais bien pu arriver là…</span></span>
  </p><span style=
  "font-size: 10pt; font-family: Tahoma; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: HE;"
  lang="FR"><span style="font-family: tahoma;">Ça n’est qu’en prenant mon crayon et en rassemblant mes idées que tout est revenu. Chaque virage, chaque coup de volant, les flaques boueuses et les
  plaques gelées, les flocons de neige et les perles de sueur, le moindre détail du voyage me revient à l’esprit à mesure que l’encre noircit le papier,&nbsp;et les sensations réapparaîssent, plus
  vives, plus conscientes qu’elles ne l’étaient sur l’instant&nbsp;; et là seulement je me mets à réaliser… je suis complètement folle. Je m’en rends compte, mais cela me fait sourire.. Si on m’avait
  dit à quoi je m’exposais avant de prendre ce bus, je l’aurais pris avec davantage d’excitation… ce n’est pas que cette option était la seule possible, non, j’aurais pu prendre l’avion de Leh jusque
  Delhi directement. Ce qui ne serait par ailleurs pas revenu bien plus cher, mais on m’aurait donné le billet d’avion que, je me connais, j’aurais pris le bus quand même. Le pire, c’est que si je
  devais refaire ce trajet, je remonterais sans hésiter… mais peut-être pas tout de suite…</span></span>]]></description>
        <pubDate>Tue, 03 Jun 2008 12:07:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">c805f7d5429c2a732ebcc33f4351e4ee</guid>
                <category>Mai 2008 - Inde</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-20129861-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[De retour]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-19908000.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;"><span lang="FR"><span style="font-size: 12pt;">Lundi 26 mai.</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 12pt;">Leh.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 12pt;">Me revoilà revenue à un semblant de civilisation, ou non seulement j’ai droit à plus de trois heures d’électricité par jour, mais en plus, il y a
    des pancakes, des cartes postales et… internet.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 12pt;">Evidemment, le débit c’est pas encore terrible, et il m’a fallu être patiente pour afficher ma boîte mail, débordante d’une bonne centaine de
    messages.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 12pt;">Après avoir supprimé les offres de viagra à prix exceptionnel, les pubs de tours opérators et les promotions spéciales fête des mères, je suis
    contente de voir qu’il en reste quelques uns qui me sont destinés personnellement.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 12pt;">Alors comme ça cela fait déjà trois semaines que je n’ai pas donné de nouvelles&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 12pt;">Le temps passe décidément bien vite, entre les moments où je n’avais rien à dire, ceux où je négligeais le cyber café au profit d’un thé au bord du
    lac, et les jours à évoluer loin de tout…</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 0pt;">
    <span lang="FR"><span style="font-size: 12pt;"><br>
    mais voila, je peux enfin rassurer (et remercier)&nbsp;tous ceux qui se sont inquietes pour moi ces derniers temps....<br>
    je suis toujours en vie, toujours au nord de l'Inde, et toujours en forme si on fait abstraction du mal des montagnes qui s'amuse a me&nbsp;scotcher au lit depuis hier....<br>
    je suis&nbsp;pour quelques jours encore dans le territoire boudhiste, profitant de la fraicheur des montagnes&nbsp;avant de redescendre dans la fournaise indienne.<br>
    <br>
    je vous laisse..... parce que ce soir, c'est momo....!<br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    &nbsp;</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 26 May 2008 16:46:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">8f35456a0436b4cbf2a00ae0ba3baa51</guid>
                <category>Mai 2008 - Inde</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-19908000-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Un air tibetain]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-19907850.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-size: 10pt; font-family: tahoma;">Jeudi 22 mai.<br>
  Lamayuru.<br>
  <br>
  Le changement de décor est radical. J’avais beau m’y attendre, cela reste difficile d’imaginer à quel point un bus, deux arrêts à peine plus loin, peut vous transporter dans un autre monde.<br>
  Il n’y a autour de moi plus rien de commun d’avec mes précédents décors. Sauf les montagnes et le ciel bleu. Toute trace de l’univers musulman dans lequel j’ai baigné près de trois mois, mis à part
  la coupure chez les sikhs d’Amritsar, a bel et bien disparu.<br>
  J’étais, encore ce matin, dans une chambre désuète et bruyante aux murs verts, tirée de mon sommeil juste avant la sonnerie du réveil par la première priere émanant de la mosquée voisine, et me
  voilà maintenant, cinq heures plus tard, entourée de drapeaux tibétains flottant dans l’air frais d’un petit village au cœur du Ladakh. Quelques ruelles de terre se tortillent entre les maisons
  traditionnelles de pierre et de torchis, encastrées les unes contre les autres sur le flanc d’un rocher sur lequel sont juchés un monastère et deux gompas taillées dans le roc.<br>
  Autour de moi, des montagnes majestueuses semblent envelopper le village, comme pour les protéger du monde extérieur. Les plus proches sont douces et voluptueuses, aux courbes rondes et rassurantes
  ; un peu plus loin, des pics escarpés et éternellement blancs se dressent fièrement, menaçants, vers le ciel.<br>
  Il règne un calme presque déroutant, insolite par rapport à l’Inde que je connais. Que je pensais connaître. En voici encore un nouveau visage qui ne ressemble en rien aux autres, elle n’a
  décidément pas pas fini de me surprendre… (en doutais-je vraiment ?)<br>
  Du haut de mon toit, je me laisse baigner de silence et de soleil, mes cheveux balayés par l’air frais et salvateur, comme le sont tous les drapeaux de prière effilés et délavés étendus autour de
  moi.<br>
  Que vouloir de plus….. A cet instant précis, personne ne peut être plus heureux que moi. Il en faut bien peu, pour que tout reprenne sens ; les six mois derrière un écran d’ordinateur, les
  coquillettes au gruyère et les sandwichs à la sardine, le vélo sous la pluie pour aller prendre mon train, le trou à rat où moisissaient mes vêtements, la situation précaire et l’avenir
  incertain…<br>
  Il en faut peu pour que tous les doutes se dissipent, comme peut brusquement s’éclaircir un ciel orageux de montagne. Le sourire d’un enfant timidement dissimulé derrière des doigts écartés, une
  photo réussie qui fait oublier toutes celles que j’ai ratées, un thé dans l’ambiance frénétique d’une rue animée, une traversée de paysages grandioses dans une boîte de conserve cabossée sur roues,
  suspendant son souffle à chaque virage les yeux perdus dans le vide avec lequel on flirte, ou, comme aujourd’hui, une chaise en plastique sur un toit, dans un village d’un autre temps…<br>
  Tous ces moments intenses, vibrant d’un bonheur parfait, ce sont eux qui font mon voyage, qui me font être et me font vivre, qui me font…<br>
  Des courts instants d’éternité, auxquels je m’abandonne, réalisant que le bonheur n’est plus à portée de main, mais bel et bien au cœur de moi même.<br>
  Je suis là, à ma place, comme si la chaise m’avait attendue pour qu’à cet instant précis, l’équilibre soit parfait. Je suis heureuse , simplement et intensément heureuse, d’être où je suis, d’avoir
  fait le choix que j’ai fait et dont les sacrifices perdent leur force, au moins pour un temps..<br>
  Le voyage est imprévisible et capricieux, je sais déjà à quel point il peut s’avérer arrogant et destructeur… mais quand il éclate de bienveillance, dévoilant sa générosité et ses richesses, pour
  nous remplir d’un bonheur sans nom, on lui pardonne tout le reste…<br>
  Non décidément, pour rien au monde je n’échangerais ma place contre une autre. Et encore moins pour celle que j’ai laissée vacante derrière moi, il y a quelques années de cela, au milieu d’une
  usine de couche culottes.</span>]]></description>
        <pubDate>Thu, 22 May 2008 16:40:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">0726bbf21c80f9fa43f96def369d67a2</guid>
                <category>Mai 2008 - Inde</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-19907850-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Panne seche]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-19907695.html</link>        <description><![CDATA[Lundi 19 mai.&nbsp;<br>
  &nbsp;Drass<br>
  <br>
  <br>
  Suis pas inspirée. Faut pas chercher plus loin, je trouve pas les mots.<br>
  Pourtant, il y en aurait, des choses à dire ; c’est pas comme si la vie s’était arrêtée, ou que j’avais arrêté de la vivre. Au contraire… peut être que tout s’enchaîne trop vite et trop intensément
  pour que je réussisse à saisir les émotions, à les figer sur un bout de papier..<br>
  Peut être suis-je trop concentrée sur mon travail photographique pour avoir autre chose en tête ?<br>
  <br>
  Tous les jours je rajoute des centaines d’images à mes archives, que je trie, jauge, détaille scrupuleusement ; je les range par thème, lieu, couleur, les vise et les révise, pour m’en impreigner,
  pour voir celles que je n’ai pas, pour savoir sur quoi me concentrer à la sortie suivante ; je grave des DVD, jette, vide la corbeille avoir toujours un léger doute, puis comme pour me rassurer, je
  retourne voir les photos qui se sont vues attribuer une étoile, plusieurs pour les plus chanceuses…<br>
  Je fais cela tous les jours, ou presque. Pour gagner du temps au retour, au risque bien sûr que cela ne m’en prenne ici. Et quand après tout cela, je sors une cigarette, me prépare un thé et prends
  mon crayon, je suis vidée de mots et remplie d’images…<br>
  <br>
  Au lieu d’écrire, je pense à la photo de la jeune vendeuse de pain de Srinagar, au regard lointain et profond, contre un mur de briques bleu, cherchant dans un coin de ma tête l’image qui pourrait
  se placer en face d’elle dans mon livre. Une photo aussi forte, ou qui puise sa force dans celle de l’autre sans la dénaturer ; jouer sur les expressions, ou sur la couleur, ou sur la direction du
  regard….<br>
  Je suis tellement absorbée par mon projet que j’en oublie bien des choses, j’en oublie même parfois où je suis… je ne suis plus en voyage, plus tout à fait. Je travaille, et le fait d’avoir
  retrouvé l’Inde me permet d’y concentrer toute mon énergie.<br>
  Si je veux pouvoir proposer un bouquin sur les enfants indiens, il faut que j’y mette toute l’attention nécessaire. Pas question de passer à côté de certaines images, d’autant qu’ une fois que
  j’aurais quitté le Kashmir et ses gamins musulmans, il sera trop tard pour me rendre compte que je n’ai pas de photos avec des écritures en arabe ou un vieux fumant le narguilé.<br>
  Le réveil me tire du sommeil à une heure toujours trop matinale, mais parfois, j’ouvre les yeux sur la surface lisse d’un lac traversé nonchalamment par une barque chargée de fleurs, ou comme ce
  matin, sur des toits de tôle ondulée entourés de hauts sommets neigeux, respirant l’air vivifiant des Himalayas.<br>
  Et là, l’espace d’un court instant, en sirotant un nescafé et avant que la photo de n’absorbe de nouveau, je me laisse divaguer, réalisant ma chance, mon plaisir à accomplir mon rêve tous les jours
  un peu plus. Un coup d’œil vif à ma montre, et je recouvre mes esprits.<br>
  Je ré-emboîte mon pas dans celui de la vie qui suit son cours, qui ne m’attend pas plus que les enfants en chemin vers l’école. Dès lors, toute mon attention se porte sur eux, les voiles des jeunes
  filles, les yeux clairs à en sombrer, les vieux à la longue barbe blanche ; me concentrer sur les détails, les couleurs, penser à la profondeur de champs, tenter les basses vitesses, étudier la
  composition…<br>
  je suis prise dans l’action, et spectatrice en même temps, j’oublie tout et tente de m’oublier moi même. Quand je n’ai pas l’œil collé au viseur ou plissé devant l’écran, quand je referme mon sac
  photo et replie l’ordinateur, je n’ai guère plus d’énergie que celle d’ouvrir un livre, vider ma tête de toutes mes images en les remplaçant temporairement par celles que me dictent mes lectures,
  pour m’évader un peu dans les histoires des autres et me laisser porter sans effort dans un monde différent.<br>
  Parfois, je reste de longs moments à ne rien faire d’autre que d’observer autour de moi, passive et silencieuse, laissant libre cours à mon esprit et ses incontrôlables divagations. Je vois défiler
  mes pensées comme défilent les barques sur le lac de Srinagar, y accrochant parfois le regard. Mais pas trop. Mon cahier est à sa place, à mes côtés, comme un ami fidèle délaissé mais qui reste
  invariablement présent. Il attend que son heure revienne, et je l’attends aussi ; quand de nouveaux mots viendront noircir ses pages vierges mais déjà cornées.]]></description>
        <pubDate>Mon, 19 May 2008 16:36:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">eaaff9fdaf3ab7364bb009f1d44ffe23</guid>
                <category>Mai 2008 - Inde</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-19907695-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Un ch'ti plaisir....]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-19285328.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-family: tahoma; font-size: 10pt;">Dimanche 4 mai 2008<br>
  <br>
  <br>
  Il est 11h. A l’ombre dans la chambre, sous le ventilateur en position maximale, il fait 32 degrès.<br>
  Je reste un peu sur ma fin, pas à cause de la qualité très moyenne du téléchargement, mais parce qu’il manquait les dix dernières minutes du film.<br>
  J’éteins l’ordinateur et le repose sur le bureau, à côté des spirales anti-moustiques et du pot de nescafé. Assise sur le lit, je regarde par la fenêtre, les murs de béton, les plantes vertes
  disposées autour du carré d’herbe au centre de la cour, la terrasse du niveau supérieur où sèche du linge.<br>
  Les casseroles en métal tintent, et les odeurs de cuisine arrivent jusqu’à moi. Ça sent la vieille huile chaude et les oignons frits.<br>
  <br>
  Le film m’a mis en appétit, et malgrè la chaleur, je donnerais cher pour une assiette de carbonnade avec des frites grasses, ou des toasts au maroilles, même trempés dans la chicorée au petit
  dèj.<br>
  Soupir de résignation… le carillon s’est tu, les cloches se sont envolées, emmenant avec elles toute l’illusion dans laquelle, 90 minutes durant, j’étais plongée avec délice….<br>
  <br>
  Tout autour de moi avait alors disparu ; je n’étais plus dans cette chambre sans âme, je n’entendais plus les braillements de ces deux gamins capricieux, ni les klaxons continus des trains qui,
  régulièrement, longent les murs de la guest house.<br>
  Je ne sentais plus les mouches se poser sur moi, ni la sueur traverser mon tee-shirt et me coller au drap.<br>
  J’étais quelque part sur une grand’place, une bruine légère perlant sur mes cheveux, et cette sacro-sainte odeur de friture me léchant les narines, il me prenait l’irrésistible envie de plonger mes
  mains dans un cône volumineux en papier glacé auréolé de tâches translucides que les grains de sel finissent toujours par déchirer.<br>
  Je m’imaginais déjà me brûler les doigts, d’avoir négligé la petite fourchette en plastique, parce que quoi qu’on en dise, les frites grasses ne révèlent pleinement leur saveur qu’entre le pouce et
  l’index.<br>
  <br>
  Fin de l’histoire, le décor a été désossé, et du rêve de frites ne reste qu’une legère vapeur d’eau à la bouche…<br>
  Nostalgie culinaire du voyageur, où quand le pittoresque laisse place à la lassitude, il ne reste plus grand chose au fond de l’assiette.<br>
  Ce n’était pourtant pas le sujet principal du film, mais au delà des rues pavées, des flêches de beffrois pointées vers les nuages, c’est cette effluve si familière émanant de l’baraque à frites
  qui m’aura le plus marquée…<br>
  Face à quoi la piètre carte du restaurant de la guest ne fait pas le poids…<br>
  L’idée de currys ne me charme pas, pas davantage celle du riz ou des nouilles sautées dans de l’huile noire, et à vrai dire, avec cet arrière goût de pommes de terre fondantes dont se remémorent
  vaguement mes papilles, rien ne saurait vraiment faire l’affaire.<br>
  <br>
  Alors mon regard se tourne vers la table basse, devenue depuis quelques jours mon petit cellier à ciel ouvert.<br>
  Quelques crackers salés, du pain de mie en tranches, un pot de processed cheese auquel la traduction de fromage ne convient guère, un reste de pistaches, trois concombres, un demi kilo de tomates
  et une poignée de citrons verts.<br>
  La température ambiante et l’achalandage des magasins ne m’en autorise pas bien davantage.<br>
  <br>
  Alors j’oublie les frites, calme cette illusion d’appétit avec un modeste sandwich au concombre, comme hier, comme demain.<br>
  Une cuillère à soupe de cette pâte insipide qu’ils osent appeler fromage, des rondelles de concombres et de tomates –si mon estomac le consent, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui-&nbsp; et une
  pincée de sel.<br>
  Je m’interdis de penser encore aux frites, car leur souvenir pourrait appeler celui d’une salade verte croquante, avec du vinaigre et des échalottes, et quelques dés de vieux hollande. Ce qui
  serait fort torturant, et bien inutile.<br>
  Je mords dans mon sandwich, pas trop fort, car de toute façon le pain est mou. Comme les concombres.<br>
  Je me souviens de la première bouchée de ce genre, il y a bien quatre jours de cela.<br>
  Je me rappelle au souvenir délicieux de la croquante pitance, de son côté modeste mais providentiel ; dans ce pays qui manque cruellement de fraîcheur, où tout se doit d’être bouilli, mijoté,
  mélangé, ramolli, frit, fricoté, fricassé… quelques tranches de concombre et un peu de sel sur une tranche de pain devient un véritable mets de choix.<br>
  Vous m’imaginez certainement sur un coin de rue à manger des samosas dans un bout de papier journal, ou la main dépeçant avec habileté un chapatti encore chaud avant de le tremper dans un channa
  masala ou autre curry du genre, et qui plus est, vous imaginez probalement que j’aime cela.<br>
  Il y a un temps pour tout.<br>
  Là je mange des sandwichs au concombre dans ma chambre, en regardant des films illégalement téléchargés* et en rêvant de manger une plâtrée de frites grasses.<br>
  <br>
  <br>
  <br>
  <br>
  <br>
  <br>
  * mes plus plates excuses à Mister Boon, mais je n’ai pas trouvé le dvd en vente ici… Et je tiens à lui signaler que si ça n’avait pas été un tel succès, j’aurais attendu d’être rentrée avant de le
  voir…&nbsp;<br></span>]]></description>
        <pubDate>Sun, 04 May 2008 17:48:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">355673c95dacb78c0008138138e7969c</guid>
                <category>Mai 2008 - Inde</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-19285328-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>

</rss>
