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    <title><![CDATA[Amel' O' Tour d'Asie (Avril 2007 - Cambodge)]]></title>
    <link>http://www.amelotour.com/categorie-1218829.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Avril 2007 - Cambodge&quot; du blog &quot;Amel' O' Tour d'Asie&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Amel' O' Tour d'Asie (Avril 2007 - Cambodge)]]></title>
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    <pubDate>Tue, 29 Mar 2011 14:03:09 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Tue, 29 Mar 2011 14:03:09 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.amelotour.com</copyright>            <category>Avril 2007 - Cambodge</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Long Beach]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-10203561.html</link>        <description><![CDATA[
  &nbsp;&nbsp;&nbsp; Toujours rien a l’horizon. Toujours pas de changement, tout est strictement a l’identique autour de moi. La mer est belle, calme, claire; le ciel reste imperturbablement bleu et
  la plage deserte.<br />
  &nbsp;&nbsp;&nbsp; Je retrouve les memes personnes, dispersees sur les coussins aux quatres coins de la hutte restaurant. Aux memes places que la veille.<br />
  &nbsp;&nbsp;&nbsp; Je ne sais pas quel jour on est, on est peut-etre encore hier; j’espere qu’on est pas deja demain. J’ai l’impression d’etre tellement dans le present que je n’ai plus ni passe ni
  avenir. Plus de pensees, ni de peurs, plus d’autres preoccupations que celles de parfaire mon halage et de choisir parmi les nombreux delices proposes sur le menu.<br />
  &nbsp;&nbsp;&nbsp; Les jours se suivent et se ressemblent, ils s’enchainent lentement mais aussi doux et paisibles qu’ils puissent etre, ils me precipitent dans la gueule beante de Bangkok.<br />
  &nbsp;&nbsp;&nbsp; Je ne sais pas depuis combien de temps je suis la, mais c’est le moment de penser a partir. Car a en croire 80 % des personnes interrogees ce soir, nous sommes le 25 et je
  m’etais fixe le 27 comme date de depart. Je suis d’ailleurs en train de me demander si je peux vraiment pas grapiller un ou deux jours de plus....<br />
  &nbsp;&nbsp;&nbsp; J’ai trouve un lieu inespere et ideal pour finir mon parcours; l’idee de repartir vers Bangkok quelques jours avant le grand depart pour faire du shopping ne m’enchante
  guere.<br />
  &nbsp;&nbsp;&nbsp; Sans avoir la moindre idee de ce qui m’attendait, j’ai mis les pieds sur le seconde ile la plus touristique de Thailande... je l’ai vite realise, en longeant en pick-up les
  kilometres de cotes defigurees qui menent a Lonely Beach, nom que j’ai pointe sur la carte sommaire d’un depliant de club de plongee en debarquant du ferry. ca sonnait pourtant bien, Lonely Beach,
  mais cette plage aussi regorge de resorts plus ou moins luxueux, de bikinis Billabong et de barbecue parties. Je n’esperais pas reellement trouver autre chose, a vrai dire, c’est bel et bien cette
  image la que j’avais des iles thailandaises.<br />
  &nbsp;&nbsp;&nbsp; Puis j’ai rencontrÈ les Igniro (l’oncle et le neveu), Aniera (espagnole aussi) et Sharon (Israel); on a loue des motos pour aller tout au bout de l’ile, sur la cote oubliee des
  tours operators, la ou le beton s’arrete pour laisser place aux larges crevasses de terres rouges ravinees par les pluies.<br />
  &nbsp;&nbsp;&nbsp; Le genre d’endroit que l’on espere trouver enfin derriere chaque epingle a cheveux, au sommet de chaque cote abrupte, mais qui se laisse desirer longtemps encore.... le trajet
  nous a semble durer une eternite. Mais nous avons decouvert ce qu’aucun d’entre nous n’avait imagine pouvoir trouver a Ko Chang. Long Beach, coincee entre deux nez de roches, s’etend, deserte,
  bordee de cocotiers et de jungle dense.<br />
  &nbsp;&nbsp;&nbsp; La Tree House GH la domine, a son extremite ouest, et l’eau claire et calme vient en lecher les pilottis le soir quand la maree est haute.<br />
  &nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette guest house porte bien son nom, ma hutte est perchee a deux metres de hauteur au milieu des arbres et quand je suis dans le hamac, entre les feuillages epais et
  delicieusement ombrageux qui m’entourent, je peux entrevoir la mer, et les huttes voisines.<br />
  &nbsp;&nbsp;&nbsp; Il n’y a de bruit que celui des clapottis des vagues, et les chants resonnants des oiseaux.<br />
  &nbsp;&nbsp;&nbsp; Il n’y a pas de musique, pas de magasins, pas de distraction. Si ce n’est celle de plonger le regard dans les reflets luisants de la mer, s’y plonger tout entier.<br />
  &nbsp;&nbsp;&nbsp; Je ne fais rien. Je prends soin de moi, soin de ce qui m’entoure et qui est encore si vierge et pur. Le temps passe, d’heures de solitude et de contemplation en heures de partage
  et de discussions legeres. Les jours passent divinement, dans un monde qui me parait bien loin de celui qui m’attend tres bientot. Au prochain virage....<br />
  &nbsp;&nbsp;&nbsp; La realite de cet autre monde n’est pas faite de yoga dans des eaux limpides et chaudes, et je crains un peu de retomber dans l’ocean houleux dans lequel je tentais en vain de me
  debattre il n’y a pas si longtemps que cela.<br />
  &nbsp;&nbsp;&nbsp; Il n’est pas encore temps d’y penser. Je veux vivre pleinement les derniers moments et ne pas les ternir de sombres pensÈes, j’ai juste envie de vivre maintenant.
]]></description>
        <pubDate>Wed, 25 Apr 2007 09:35:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">d9fc209828b1ca61dcc8b5a7de1c36e3</guid>
                <category>Avril 2007 - Cambodge</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-10203561-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Absence...]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-10136160.html</link>        <description><![CDATA[<p>Ko Chang,</p>
<p>le 20 avril</p>
<p>Je suis desolee, mais je vais encore devoir m'absenter quelques jours....</p>
<p>C'est pas de ma faute si sur cette ile hyper touristique, il reste des endroits perdus et difficiles d'acces...'ai trouve aujourd'hui au detour d'une route defoncee par la pluie des moussons, une petite guest perdue au bord d'une eau superbe... un retour aux andaman, avec le confort et le luxe thailandais...</p>
<p>je migre demain matin de ma lonely beach actuelle, qui est bien occupee comme il se doit, et je vais a l'autre bout de l'ile....&#160; pas d'internet. pas de moyen de communication.... le silence........</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>A bientot..</p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 20 Apr 2007 15:46:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">00528485d7f0f7d4255f10b702e12f3a</guid>
                <category>Avril 2007 - Cambodge</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-10136160-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[This is the end]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-6428748.html</link>        <description><![CDATA[<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in"><font face="Verdana">Kampot,</font></p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in"><font face="Verdana">Le 17 avril 07</font></p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in">&nbsp;</p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in"><font face="Verdana">Elle est de plus en plus proche. Partout, omnipr&eacute;sente. Dans ma chambre, autour de mon sac &eacute;ventr&eacute; sur le lino, dans le drap sale et us&eacute; d&eacute;pli&eacute; sur le lit. Elle s&rsquo;efface parfois entre les pages &agrave; peine corn&eacute;es de mon lonely planet, pour r&eacute;appara&icirc;tre brutalement quand j&rsquo;en rabat la couverture. Elle revient dans les conversations, elle s&rsquo;impose m&ecirc;me si on ne parle pas d&rsquo;elle, elle s&rsquo;impose encore plus quand on ne parle pas du tout. </font></p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in"><font face="Verdana">C&rsquo;est comme si elle m&rsquo;avait pris la main, pour m&rsquo;entra&icirc;ner doucement vers l&rsquo;a&eacute;roport, pour m&rsquo;accompagner sur ce trajet que je rendais plus long en empruntant des chemins de traverse. Elle est venue me trouver, et a commenc&eacute; &agrave; hanter mes jours et mes nuits. Me pointant avec sarcasme la destination finale que je m&rsquo;appr&ecirc;tais &agrave; atteindre bient&ocirc;t, irr&eacute;m&eacute;diablement. Bon gr&egrave;, mal gr&egrave;.</font></p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in"><font face="Verdana">Elle me donne envie de ne rien faire, mais me culpabilise aussit&ocirc;t. Et r&eacute;ciproquement... </font></p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in"><font face="Verdana">Quand je veux reprendre mon voyage, quand je persiste &agrave; croire qu&rsquo;il n&rsquo;est pas encore trop tard pour que le Cambodge ne me surprenne vraiment, elle se moque de ma stupide obstination &agrave; essayer de la fuir.. car trop tard, elle est d&eacute;j&agrave; l&agrave;. &Agrave; quoi bon lutter, &agrave; quoi bon s&rsquo;&eacute;puiser.... </font></p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in"><font face="Verdana">C&rsquo;est la fin. On croise des gens qui arrivent, d&rsquo;autres qui partent. Je suis de ceux qui partent... les vieux us&eacute;s qui radotent leurs souvenirs pass&eacute;s, les yeux brillant encore, mais les jambes tellement lourdes... contre les jeunes frais et propres, pleins d&rsquo;&eacute;nergie, et pleins de temps...</font></p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in"><font face="Verdana">C&rsquo;est la fin... c&rsquo;est elle. On avait rendez-vous le premier mai, mais elle a d&eacute;cid&eacute; de venir plus t&ocirc;t que pr&eacute;vu. Peut-&ecirc;tre pour que je n&rsquo;essaie pas encore une fois de l&rsquo;esquiver? Elle serait venue, t&ocirc;t ou tard, de toute fa&ccedil;on.</font></p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in">&nbsp;</p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in"><font face="Verdana">Je me sens changer, petit &agrave; petit, rechercher des rep&egrave;res qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas forc&eacute;ment ici, mais que je me r&eacute;invente, me r&eacute;habituer aux go&ucirc;ts si longtemps oubli&eacute;s avec un naturel galopant, ne plus vraiment appr&eacute;cier que les choses soient si simples, mais commencer &agrave; trouver cela normal..</font></p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in">&nbsp;</p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in"><font face="Verdana">Je compte les jours. Je les &eacute;cris, les uns &agrave; la suite des autres, sur une page blanche, avec leur nom et leur num&eacute;ro &agrave; c&ocirc;t&eacute;. Il me reste deux mercredis....</font></p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in"><font face="Verdana">Je remplis la colonne vide par le bas. D&rsquo;abord le jour du d&eacute;part marqu&eacute; d&rsquo;une croix noire, puis Bangkok, les quelques jours de repos sur les plages de Ko Chang*, le passage de la fronti&egrave;re thailandaise, le break d&rsquo;une nuit &agrave; Sihanoukville, et aujourd&rsquo;hui, le 17 avril, ma derni&egrave;re journ&eacute;e &agrave; Kampot. Tout rentre d&eacute;sormais sur une seule page de cahier d&rsquo;&eacute;cole.</font></p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in"><font face="Verdana">J&rsquo;ai perdu l&rsquo;envie de d&eacute;couvrir davantage, tout me para&icirc;t beaucoup plus vain maintenant que mes jours sont compt&eacute;s. Peut-&ecirc;tre que je cherche &agrave; rendre le temps plus long, &agrave; donner &agrave; chaque instant une valeur d&rsquo;&eacute;ternit&eacute;? Parfois je voudrais qu&rsquo;il s&rsquo;arr&ecirc;te; mais parfois je prie en silence pour qu&rsquo;il s&rsquo;acc&eacute;l&egrave;re. </font></p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in"><font face="Verdana">Puisque la fin est bel et bien l&agrave;, qu&rsquo;elle m&rsquo;emm&egrave;ne maintenant, qu&rsquo;elle me prenne enti&egrave;rement le temps qu&rsquo;il me reste et qu&rsquo;elle a d&eacute;j&agrave; commenc&eacute; &agrave; me voler.</font></p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in"><font face="Verdana">Qu&rsquo;elle abroge la m&eacute;lancolie qui s&rsquo;empare de moi quand je sens mon voyage s&rsquo;effilocher peu &agrave; peu, s&rsquo;effiler entre mes doigts.. Il ne m&rsquo;en restera bient&ocirc;t plus que quelques milliers d&rsquo;images, et de nouvelles marques sur le corps et le coeur.</font></p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in"><font face="Verdana">C&rsquo;est une aventure qui se termine et laisse place &agrave; une autre; un voyage qui s&rsquo;ach&egrave;ve pour en voir na&icirc;tre un nouveau; </font></p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in"><font face="Verdana">Il n&rsquo;y a pas de fin qui ne soit le d&eacute;but d&rsquo;autre chose..</font></p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in">&nbsp;</p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in">&nbsp;</p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in">&nbsp;</p>
<p style="MARGIN-BOTTOM: 0in"><font face="Verdana">* Ko Chang: &icirc;le thailandaise, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la fronti&egrave;re cambodgienne </font></p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 17 Apr 2007 13:22:25 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">2111d10d79c8398f0747ac14f0788d9a</guid>
                <category>Avril 2007 - Cambodge</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-6428748-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La prison]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-6382745.html</link>        <description><![CDATA[<p><font face="Tahoma" size="2">le 13 avril, vendredi 13 avril, Phnom Penh</font></p>
<p align="center"><font face="Tahoma" size="2"><img alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/17/75/69/phnom_penh083.jpg" class="CtreTexte" /></font></p>
<font size="2">
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="Tahoma" size="2">Je n&rsquo;etais pas encore nee. Mon frere, quand a lui, regardait grossir le ventre de maman un peu plus tous les jours, attendant avec impatience l&rsquo;arrivee de ma soeur, qui avait alors decide de naitre sous le signe du lion. En aout 1975. En France, dans la tour d&rsquo;une cite de Lille sud. Nico allait a l&rsquo;ecole, avec les autres gamins du quartier, en longeant les murs tagues qui luttaient contre la grisaille environnante. J&rsquo;imagine maman, dans le petit deux pieces encombre de polycopies de cours de medecine, allongee sereinement dans le canape de recup, un main tenant un bouquin, l&rsquo;autre caressant avec tendresse son ventre bien rond. Une journee bien ordinaire et bien heureuse, ou mon pere est rentre comme tous les soirs du travail, embrassant maman, son ventre et Nico avant de prendre, peut-etre, une biere dans le frigo.</font></p>
</font><font size="2">
<p><font face="Tahoma" size="2">Ce soir-la, a Phnom Penh, une ecole perdait son ame a tout jamais. Le sang s&rsquo;est mis a couler sur les dalles jaunes et noires des salles de classe, les bancs de bois ont ete remplaces par des lits de torture en metal, les fenetres se sont ornees de barreaux. Le siege meme de l&rsquo;education a ete renverse au profit de la sauvagerie, le theatre d&rsquo;atrocites inhumaines qui durant quatre annees, ont <img height="299" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/17/75/69/phnom_penh089.jpg" width="200" class="GcheTexte" />profondement ancre les murs et les couloirs de gemissements et de cris de douleur. </font></p>
</font><font size="2">
<p><font face="Tahoma" size="2">Les khmers rouges en ont fait le plus important lieu de detention et de torture du pays. La S-21. </font></p>
</font><font size="2">
<p><font face="Tahoma" size="2">La souffrance est encore fraiche, palpable. Les troncs des cocotiers sont tordus, comme si ils avaient du mal a porter le poids des horreurs dont ils ont ete les temoins. Les murs sont encore rehausses de fil barbele menacant et disuasif, mais l&rsquo;enceinte est calme et verdoyante. Il y a quelques bancs, a l&rsquo;ombre des arbres en fleurs, des bacs a sable silencieux et deserts, et ces grands batiments de style colonial, aux volets peints en bleu clair. Des classes de gamins en culotte courte. Mortes.</font></p>
</font><font size="2">
<p><font face="Tahoma" size="2">On ne visite pas, on erre. On erre comme les fantomes qui hantent deja les lieux. Les gens se croisent en silence, baissant leurs yeux embues sur le carrelage tache de sang. On ne parle pas, on ecoute. Les murs parlent, les lits grincent et les tableaux noirs pleurent.
<p>Je rentre dans chaque piece, le dos toujours un peu plus courbe, les jambes toujours un peu plus lourdes. Elles se ressemblent toutes; les volets de bois e la peinture ecaillee, une vaste surface </p>
<p align="right"><img alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/17/75/69/phnom_penh062.jpg" class="GcheTexte" /></p>
<p>recouverte de damiers jaunes et blancs, une lumiere douce et doree penetre a travers les barreaux rouilles et se diffuse dans la peinture ocre des murs, la rendant plus chaude encore. Mais rien ne peut rechauffer l&rsquo;atmosphere glaciale qui regne, qui pese au dessus du lit de metal place au centre de la piece. Une photo noir et blanc agrandie sur un mur. C&rsquo;est ici meme, au pied de ce lit, qu&rsquo;on a brutalement joue avec la vie de cet homme que l&rsquo;on voit giser dans propre sang.</p>
<p>Pas besoin de mots. </p>
<p>Dans le second batiment, les portraits se succedent. Les fantomes prennent un visage, et un numero... les regards sont tantot effrayes, tantot sereins, parfois certains visages affichent un sourire. Sourire de naivete, ou sourire resigne face a la pire des miseres humaines? Les enfants ne pleurent pas, ils ne pleurent deja plus. Ils ont les traits endurcis, trop durs pour leur age. </p>
<p align="center">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <img class="CtreTexte" height="200" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/17/75/69/phnom_penh094.jpg" width="298" /></p>
<p>Melange de haine, de compassion, d&rsquo;appel, et toujours, de l&rsquo;incomprehension.... les yeux qui interrogent, pas trop fort... pourquoi?</p>
<p>Chaque visage revele sa sombre histoire, et renvoie a l&rsquo;inhumanite et l&rsquo;horreur de l&rsquo;instant. Ils appellent a temoigner, a ne pas oublier.</p>
<p align="center">&nbsp;</p>
<p>C&rsquo;est difficile. D&rsquo;evoluer au milieu de ces milliers de regards braques sur leur bourreau. Braques sur moi. La detresse resonne et les emotions sont trop vives. Je suis rentree dans une des cellules en bois, celles reservees aux femmes. J&rsquo;ai referme la porte sur moi, me suis tapie contre le mur du fond, et j&rsquo;ai pleure.</p>
<p>Putain de guerre. </p>
<p>Pendant que ma soeur vivait ses premieres annees avec insouciance, des nouveaux-nes mouraient sans avoir appris a vivre; pendant que Nico jouait au foot avec ses copains du quartier, d&rsquo;autres gamins etaient formates pour devenir les plus cruels tortionnaires; pendant que ma mere revisait ses cours de medecine avec assiduite, des femmes se coupaient les ongles et s&rsquo;abimaient les mains pour avoir l&rsquo;air de paysannes incultes. </p>
<p>Un monde, un meme instant, mais des destins differents. </p>
<p>Je sors du musee amorphe. Comme la plupart des visiteurs, j&rsquo;y ai laisse un peu de ma vie. Je m&rsquo;attends a voir des ruines autour de moi, des cendres, des corps etendus, en noir et blanc. Les couleurs des decorations du nouvel an khmer qui se prepare sont presque agressives, les musiques trop festives; mais comment voir les cambodgiens d&rsquo;aujourd&rsquo;hui avec le meme regard? Si le passe est autant ancre dans de simples murs de briques, il ne peut l&rsquo;etre que davantage dans les esprits de ces hommes et femmes pourtant si souriants qui envahissent les arteres de la ville.</p>
<p>Il a des musees que l&rsquo;on parcourt comme on parcourt le coeur des hommes.</p>
<p align="center"><img height="200" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/17/75/69/phnom_penh072-1.jpg" width="298" class="CtreTexte" /></p>
<p align="center"><img alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/17/75/69/phnom_penh074.jpg" class="CtreTexte" /></p>
<p align="center"><img alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/17/75/69/phnom_penh092.jpg" class="CtreTexte" /></p>
<p align="center"><img height="299" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/17/75/69/phnom_penh093-1.jpg" width="200" class="CtreTexte" /></p>
<p align="center"><img height="299" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/17/75/69/phnom_penh095.jpg" width="200" class="CtreTexte" /></p>
<p align="center"><img height="200" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/17/75/69/phnom_penh069-1.jpg" width="298" class="CtreTexte" /></p>
<p align="center"><img height="299" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/17/75/69/phnom_penh068-1.jpg" width="200" class="CtreTexte" /></p>
</font></p>
</font>]]></description>
        <pubDate>Fri, 13 Apr 2007 12:44:52 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">cd39aeab30a40460937b602b89bc0631</guid>
                <category>Avril 2007 - Cambodge</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-6382745-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[French connection]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-6354028.html</link>        <description><![CDATA[<p style="" class="MsoNormal">Le 10 avril 07, Battambang</p>
<p class="MsoNormal"><o:p>&nbsp;</o:p></p>
<p class="MsoNormal"><o:p>&nbsp;</o:p></p>
<p class="MsoNormal">Un nouvel endroit &agrave; quitter. Je refais mon sac ce soir avec le sentiment de ne rien conna&icirc;tre de la ville qui m&rsquo;a h&eacute;berg&eacute;e pendant presque une semaine... je peux vous parler de flips ou de saltos avant, de bascule, de longe ou de diabolos, mais ne me demandez pas ce qui est int&eacute;ressant &agrave; voir &agrave; Battambang. Je ne suis plus vraiment au Cambodge, mais bien qu&rsquo;y ayant remis un pied, je ne suis pas non plus vraiment en France. J&rsquo;ai finalement troqu&eacute; la soupe de nouilles contre un pot de Nutella que j&rsquo;ai achet&eacute; chez le chinois du coin; j&rsquo;ai oubli&eacute; le salut khmer au profit de la bisouille faussement amicale, et mon objectif a d&eacute;laiss&eacute; les &eacute;coliers en uniforme pour des &eacute;tudiants en costume. </p>
<p class="MsoNormal">A Phare Ponleu Selpak, l&rsquo;&eacute;cole de cirque, on p&eacute;n&egrave;tre dans une sorte d&rsquo;oasis hexagonale, un foyer de r&eacute;minescence coloniale d&eacute;guis&eacute;e en chapiteau, une petite &icirc;le de douceur dans un oc&eacute;an plus doux encore. Et en plus d&rsquo;&ecirc;tre entour&eacute;e de fran&ccedil;ais, c&rsquo;est au milieu d&rsquo;artistes que je me suis retrouv&eacute;e. Ces gens qui amusent et coupent le souffle, qui surprennent par des prouesses d&eacute;fiant Newton et sa pomme, ces gens qui parfois risquent leur vie pour le regard emerveill&eacute; d&rsquo;un enfant... ah, les artistes de cirque.... les troubadours et leur clique de techniciens... Viens voir les com&eacute;diens, qu&rsquo;y disait. </p>
<p class="MsoNormal">Y&rsquo;en a un autre qui disait qu&rsquo;il aurait voulu &ecirc;tre un artiste... qu&rsquo;il passe trois jours comme photographe dans un festival de cirque avec un pantalon ali-baba indien qui pue les &eacute;gouts*, et on en reparle. </p>
<p class="MsoNormal">Je pensais trouver en ce lieu un peu de french-ouillarde camaraderie, mais manifestement, je n&rsquo;avais pas le genre de la maison. Pourtant, quelque part sur mon passeport, il est &eacute;crit en gros qu&rsquo;on vient de la m&ecirc;me (maison).</p>
<p class="MsoNormal">Il para&icirc;t... </p>
<p class="MsoNormal">C&rsquo;est &eacute;vident, j&rsquo;ai quitt&eacute; le monde du voyage. Elle me semble bien loin, cette solidarit&eacute; parfois discutable mais toujours omnipr&eacute;sente entre voyageurs. Cette simplicit&eacute; de contact, ce rapprochement naturel, cette envie de partager nos exp&eacute;riences et ce monde, qui est devenu notre.</p>
<p class="MsoNormal">Ici, c&rsquo;est un autre monde. Il n&rsquo;y a de place que pour les artistes et les expatri&eacute;s suants de bonne conscience et de superiorit&eacute;. Il n&rsquo;y a pas de m&eacute;chancet&eacute;, mais juste de la froideur. Pas d&rsquo;exclusion, mais de l&rsquo;indiff&eacute;rence. J&rsquo;ai d&eacute;j&agrave; ressenti cela, avec, je suis au regret de le dire, d&rsquo;autres expatri&eacute;s fran&ccedil;ais. En Inde, en Chine ou en Mongolie, j&rsquo;ai d&eacute;j&agrave; remarqu&eacute; ces regards absents, ces haussements de sourcils imperceptibles &agrave; la vue d&rsquo;un simple visa de ... touriste... </p>
<p class="MsoNormal">C&rsquo;est comme &ccedil;a, on critique le syst&egrave;me de castes affich&eacute; en Inde, mais &ccedil;a marche comme &ccedil;a partout m&ecirc;me si on l&rsquo;appelle diff&eacute;remment. Alors quand j&rsquo;entends que notre ami sarko, dont le nom indigeste m&rsquo;&eacute;tait compl&egrave;tement sorti de la t&ecirc;te, veut mettre en place un minist&egrave;re de l&rsquo;identit&eacute; fran&ccedil;aise, &ccedil;a me fait rire doucement. </p>
<p class="MsoNormal">On m&rsquo;a fait remarqu&eacute; r&eacute;cemment qu&rsquo;il ne fallait pas que j&rsquo;oublie d&rsquo;o&ugrave; je viens, et la chance que j&rsquo;avais d&rsquo;&ecirc;tre n&eacute;e sous ce drapeau tricolore l&agrave;. Je n&rsquo;ai pas oubli&eacute;. Et plus je m&rsquo;en &eacute;loigne, plus je mesure cette chance; mais plus je m&rsquo;&eacute;carte du chauvinisme &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me... </p>
<p class="MsoNormal">Que deux parisiens s&rsquo;ignorent en se croisant dans le m&eacute;tro, c&rsquo;est une chose. Mais deux compatriotes qui se croisent au Cambodge...<span style="">&nbsp; </span>j&rsquo;ai le sentiment d&rsquo;&ecirc;tre une bac pro du voyage, face &agrave; des dipl&ocirc;m&eacute;s d&rsquo;HEC.... </p>
<p class="MsoNormal">Mais peu importe. Je suis rest&eacute;e pour la photo. Non pas pour rencontrer des fran&ccedil;ais, je serais suffisamment vite de retour au pays pour cela. Je suis arriv&eacute;e avec mon appareil, et je repars avec plein de nouveaux projets en t&ecirc;te.* </p>
<p class="MsoNormal">Et puis &eacute;videmment, j&rsquo;exag&egrave;re le tableau.</p>
<p style="" class="MsoNormal">J&rsquo;aime exag&eacute;rer. Vivre, c&rsquo;est exag&eacute;rer.</p>
<p style="" class="MsoNormal"><o:p>&nbsp;</o:p></p>
<p style="" class="MsoNormal">Tini Tinou, &ccedil;a a d&rsquo;abord &eacute;t&eacute; la rencontre de Been (Benoit-le-jongleur), qui m&rsquo;a offert la possibilit&eacute; de d&eacute;couvrir ce lieu, et qui m&rsquo;a donn&eacute; des exercices pour jongler &agrave; 5 balles. Been, &ccedil;a a &eacute;t&eacute; la premi&egrave;re porte que j&rsquo;ai trouv&eacute; ouverte sur cet autre monde que je ne connaissais pas. Puis Jean est arriv&eacute;, mais pour le coup, on passait ensemble beaucoup de temps dans notre monde &agrave; nous... celui des prises de lumi&egrave;res et des basses vitesses, des cadrages et des marie-louise, celui dont le passeport est pendu lourdement &agrave; l&rsquo;&eacute;paule pr&ecirc;t &agrave; &ecirc;tre d&eacute;clench&eacute;. Une passion, un monde?</p>
<p style="" class="MsoNormal">Puis bien s&ucirc;r, je pense &agrave; Mahmoud, de la compagnie XY. Prof d&rsquo;acro &agrave; l&rsquo;&eacute;cole de cirque de Lomme... faut le faire, quand m&ecirc;me... dire que j&rsquo;ai pass&eacute; des heures &agrave; gal&eacute;rer pour mon permis moto sur le parking &agrave; c&ocirc;t&eacute;... **</p>
<p style="" class="MsoNormal">Mahmoud, c&rsquo;est pas le genre de gars qui a pris la grosse t&ecirc;te. Faut dire, en voyant sa carure de crevette, on est pas r&eacute;ellement impressionn&eacute;... ce qui n&rsquo;est pas le cas de Mikis, autre XY, qui est lui taill&eacute; comme une armoire &agrave; glace, mais qui a peur des cafards...</p>
<p style="" class="MsoNormal">Enfin bref, Mahmoud, respect. Respect pour ce que tu donnes sur sc&egrave;ne, et surtout sur ce que tu sais donner en dehors du spectacle.</p>
<p style="" class="MsoNormal">Et puis il reste Patrice. Le dernier &agrave; qui j&rsquo;ai dit au-revoir ce soir. Le cuistot. Enfin, celui qui g&egrave;re le resto du &ldquo;campus&rdquo; qui a ouvert de justesse la veille du d&eacute;marrage du festival avec deux mois de retard... Patrice qui essaie de faire comprendre aux cuisini&egrave;res que la cuisine traditionnelle khmer ne perdra pas sa saveur si elle est pr&eacute;par&eacute;e sur les plans de travail tout neuf, plut&ocirc;t que sur la dalle carrel&eacute;e du sol. Je ne le connais que tr&egrave;s peu, &agrave; vrai dire on ne s&rsquo;est crois&eacute; qu&rsquo;&eacute;pisodiquement au resto, mais c&rsquo;est une rencontre formidable. J&rsquo;aimerais &ecirc;tre &agrave; l&rsquo;anniversaire-festival qu&rsquo;il pr&eacute;pare avec ses potes pour le 24 juin &agrave; Marseille, mais j&rsquo;aurais alors un autre anniversaire &agrave; f&ecirc;ter.</p>
<p style="" class="MsoNormal"><o:p>&nbsp;</o:p></p>
<p style="" class="MsoNormal">Mon festival se termine. Les rideaux se tirent doucement et on rallume les lumi&egrave;res. Je m&rsquo;&eacute;tais promis de voir le Cambodge, il est grand temps de partir &agrave; sa recherche. Je quitte Battambang demain matin, je n&rsquo;en connais que quelques rues chinoises et un chapiteau fran&ccedil;ais; mais je suis heureuse de m&rsquo;&ecirc;tre arr&ecirc;t&eacute;e l&agrave;. Parce que je me fous pas mal d&rsquo;&ecirc;tre au milieu de 100 cons, si cela me permet de faire juste une poign&eacute;e de rencontres riches et signifiantes. Si cela me permet d&rsquo;avancer encore d&rsquo;un petit pas vers moi m&ecirc;me.</p>
<p style="" class="MsoNormal">Demain soir, je serai &agrave; Phnom Penh, la capitale. Il y aura probablement d&rsquo;autres rencontres, et d&rsquo;autres d&eacute;sillusions... </p>
<p style="" class="MsoNormal">Un nouveau festival, peut &ecirc;tre?</p>
<p style="" class="MsoNormal"><o:p>&nbsp;</o:p></p>
<p style="" class="MsoNormal"><o:p>&nbsp;</o:p></p>
<p style="" class="MsoNormal"><o:p>&nbsp;</o:p></p>
<p style="" class="MsoNormal"><o:p>&nbsp;</o:p></p>
<p class="MsoNormal"><o:p>&nbsp;</o:p></p>
<p class="MsoNormal">* c&rsquo;est vrai, j&rsquo;aurais pu le laver apr&egrave;s m&rsquo;&ecirc;tre plong&eacute;e dans la rivi&egrave;re pour aider &agrave; pousser le bateau qui &eacute;tait embourb&eacute;. A ce moment l&agrave;, j&rsquo;avais pas senti l&rsquo;odeur.</p>
<p class="MsoNormal"><o:p>&nbsp;</o:p></p>
<p class="MsoNormal">* projets??? Je sais, vous aimeriez bien savoir, mais si je dis tout d&rsquo;un coup, plus personne ne viendra lire les nouveaux articles... et puis c&rsquo;est comme quand on apprends qu&rsquo;on est enceinte, il est sage de ne pas &eacute;bruiter pas la nouvelle trop t&ocirc;t... </p>
<p class="MsoNormal"><o:p>&nbsp;</o:p></p>
<p class="MsoNormal">** &eacute;cole de cirque juste derri&egrave;re le kin&eacute;polis, pour ceux que &ccedil;a int&eacute;ressent. Demandez Mahmoud ou Abdel, ils rentrent en France d&rsquo;ici qqs jours. J&rsquo;en profite pour saluer l&rsquo;incroyable spectacle de la compagnie... je recommande!</p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 10 Apr 2007 15:26:50 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">73b6b314a43517c1eee85227cd2b0100</guid>
                <category>Avril 2007 - Cambodge</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-6354028-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Tini Tinou]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-6340827.html</link>        <description><![CDATA[Ici et ailleurs.<br />Battambang, le 9 avril.<br /><br /><br />Je n&rsquo;ai plus grand chose &agrave; faire ici. J&rsquo;ai effectu&eacute; ma courte mission du mieux que je pouvais, y mettant toute mon &eacute;nergie, m&ecirc;me si parfois du fait de la chaleur humide et &eacute;crasante, je n&rsquo;en avais pas tant que &ccedil;a. J&rsquo;aurais pu choisir de rester toute la semaine, mais les exp&eacute;riences n&rsquo;ont pas n&eacute;cessairement besoin d&rsquo;&ecirc;tre longues pour s&rsquo;av&eacute;rer riches. Riches et concluantes, d&rsquo;une mani&egrave;re ou d&rsquo;une autre. <br />Moi &agrave; la base,&nbsp; vendredi dernier, j&rsquo;avais juste rendez-vous avec Been pour qu&rsquo;il m&rsquo;emm&egrave;ne &agrave; l&rsquo;&eacute;cole de cirque dans laquelle il donnait des cours de jonglage. Forc&eacute;ment, avec un sujet photo sur les &eacute;coliers, c&rsquo;&eacute;tait doublement int&eacute;ressant. Mais je ne m&rsquo;attendais pas &agrave; tomber en pleins pr&eacute;paratifs du festival Tini Tinou*, la semaine internationale du cirque, et encore moins &agrave; ce que le budget du centre culturel fran&ccedil;ais ne puisse se permettre un photographe pour suivre l&rsquo;&eacute;v&egrave;nement. Voil&agrave; que pendant que je suis en train de regarder deux jeunes cambodgiennes perch&eacute;es sur un trap&egrave;ze en bambou, sous l&rsquo;oeil vigilent de leur prof, je me fais aborder par Michelle. Michelle, c&rsquo;est une com&eacute;dienne qui est tomb&eacute;e sous le charme de cette &eacute;cole et qui est venue donner un coup de main pour le festival. Michelle qui regarde, l&rsquo;oeil de travers, mon sac photo pos&eacute; sur l&rsquo;herbe, et l&rsquo;appareil que j&rsquo;ai &agrave; l&rsquo;&eacute;paule. Oui, je suis photographe, pourquoi? <br />En deux temps trois mouvements, je rencontre le directeur de l&rsquo;&eacute;cole et un fran&ccedil;ais qui s&rsquo;occupe de la com. Je deviens l&rsquo;improbable photographe officielle du festival, avec un badge plastifi&eacute; autour du cou et des coupons repas pour manger avec les artistes et le staff... <br />Oui, je suis photographe, que je leur ai dit... qu&rsquo;est-ce que je pouvais r&eacute;pondre d&rsquo;autre, en m&ecirc;me temps?&nbsp; que l&agrave; je d&eacute;marre? que j&rsquo;ai jamais couvert d&rsquo;&eacute;v&egrave;nement quelconque, que j&rsquo;ai jamais fait la moindre expo et que je ne connais qu&rsquo;un centi&egrave;me des capacit&eacute;s de mon appareil?... <br />Non. Je leur ai dit que j&rsquo;&eacute;tais photographe, car je sais que c&rsquo;est une opportunit&eacute; &agrave; saisir, un exercice qui me fera travailler des ambiances et des cadrages qui ne sont pas mon fort... <br />C&rsquo;est mon premier boulot... pay&eacute; en bols de riz et en soupe de champignons gluants, mais c&rsquo;est un boulot. Je ne leur ai pas garanti ma pr&eacute;sence sur toute la dur&eacute;e du festival, je ne me sens absolument pas li&eacute;e &agrave; quoi que ce soit, je prends cela comme un exercice de style et comme un moyen de m&rsquo;amuser un peu &agrave; faire autre chose. <br />Aujourd&rsquo;hui, cela fait d&eacute;j&agrave; trois jours. Trois jours que je jongle, moi aussi, mais avec des objectifs et des cartes m&eacute;moires... que je passe mes matin&eacute;es &agrave; graver des dvd et &agrave; faire comme je peux de la place sur mon ordi, et le reste de la journ&eacute;e &agrave; shooter...&nbsp; le truc, c&rsquo;est que les matin&eacute;es sont de plus en plus longues, parce que c&rsquo;est de moins en moins facile de trouver de l&rsquo;espace de libre. <br /><br />J&rsquo;ai pris mon r&ocirc;le tr&egrave;s au s&eacute;rieux. M&ecirc;me si on n&rsquo;attendait plus grand chose de moi quand Jean est arriv&eacute;, le premier jour du festival. Jean, &ccedil;a fait des ann&eacute;es qu&rsquo;il fait des photos de spectacles. J&rsquo;aurais pu me sentir de trop, mais Jean n&rsquo;est pas du genre &agrave; regarder les autres de haut. Quand on s&rsquo;est rencontr&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;cole, avec chacun notre badge vert autour du cou, et nos appareils respectifs &agrave; l&rsquo;&eacute;paule, on ne s&rsquo;est pas regard&eacute; de travers. Au contraire, on s&rsquo;est rapproch&eacute;, parce que &ecirc;tre photographe dans un festival, je l&rsquo;ai vite compris, c&rsquo;est &ecirc;tre en plein coeur de l&rsquo;activit&eacute;, mais en restant toujours &agrave; l&rsquo;&eacute;cart. On ne fait pas partie des artistes, on est pas grand chose &agrave; vrai dire. Notre petit badge nous autorise &agrave; aller partout, &agrave; monter dans les pick-up d&eacute;cor&eacute;s pour la parade, &agrave; s&rsquo;installer pr&egrave;s de la r&eacute;gie au premier plan pour le spectacle, mais on reste des &eacute;trangers quand le soir les artistes se retrouvent au resto. C&rsquo;est comme &ccedil;a, et je suis heureuse d&rsquo;&ecirc;tre tomb&eacute;e sur Jean. Loin de se concurrencer, on tente de se compl&eacute;ter, lui passe en noir et blanc quand je suis au m&ecirc;me endroit en couleur, on se sourit parfois apr&egrave;s avoir d&eacute;clench&eacute; exactement en m&ecirc;me temps, on compare nos images et nos r&eacute;glages... J&rsquo;apprends, je d&eacute;couvre, j&rsquo;exp&eacute;rimente, et ma foi, je ne suis pas trop m&eacute;contente du r&eacute;sultat. <br />J&rsquo;ai longtemps mis en doute mes capacit&eacute;s &agrave; prendre de bonnes photos. &Agrave; n&rsquo;&ecirc;tre qu&rsquo;une amatrice qui s&rsquo;affiche avec un mat&eacute;riel d&eacute;mesur&eacute;ment professionnel. Mais &agrave; cotoyer des photographes comme Jean, Ceera d&rsquo;Italie, ou encore Mait&eacute; et Isabelle d&rsquo;Espagne, je r&eacute;alise que j&rsquo;ai, moi aussi, des images qui suscitent une r&eacute;action... J&rsquo;ai beaucoup de travail &agrave; donner, pour affiner mon style, pour d&eacute;couvrir de nouveaux angles, mais il ne tient qu&rsquo;&agrave; moi de le faire... <br />C&rsquo;est rassurant de discuter des difficult&eacute;s que j&rsquo;ai pu rencontrer dans mon voyage, et de comprendre que ces vrais photographes l&agrave;, eux aussi, y font face un jour ou l&rsquo;autre. C&rsquo;est encourageant de voir que je ne suis pas la seule &agrave; chercher parmi les centaines d&rsquo;images que j&rsquo;ai sur mon &eacute;cran si il y en ne serait-ce qu&rsquo;une qui sort du lot....<br />Si si, je suis photographe. Moi aussi. C&rsquo;est comme &ccedil;a que je me vois, comme &ccedil;a que les gens me voient et donc ne me voient pas...&nbsp; je suis celle qui se cache derri&egrave;re son objectif, et qui se faufile, tini tinou....<br /><br /><br /><br />* tini tinou = ici et ailleurs, en khmer]]></description>
        <pubDate>Mon, 09 Apr 2007 10:56:38 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">dac20b6b6e920171f9396ef58404c3da</guid>
                <category>Avril 2007 - Cambodge</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-6340827-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Battambang]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-6293108.html</link>        <description><![CDATA[<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">Battambang,</font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">Le 5 avril 07</font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm">
<p><font size="2">&nbsp;</font></p>
</p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">J&rsquo;ai l&rsquo;impression de tomber du lit directement en plein coeur du march&eacute;. Install&eacute;e &agrave; une des multiples tables pliables &eacute;parpill&eacute;es, sur une des innombrables chaises rouges en plastique, j&rsquo;attends ma soupe de nouilles au poulet et mon caf&eacute; glac&eacute;. J&rsquo;ai devant les yeux un large &eacute;chantillon de nouilles diverses et vari&eacute;es, quelques l&eacute;gumes d&eacute;coup&eacute;s finement, des morceaux de poulet frits, du porc gras et des fines tranches de boeuf marin&eacute;es. La table est encombr&eacute;e de pots et de bouteilles contenants diff&eacute;rentes sortes de sauces, un petit distributeur de papier toilette, et une carafe en plastique rouge &eacute;galement avec du th&eacute; l&eacute;ger et froid. Il f&ucirc;t un temps ou je r&ecirc;vais de croissants et de pain frais pour le petit d&eacute;jeuner, mais le d&eacute;part se rapprochant, j&rsquo;ai plut&ocirc;t envie de retarder ces images de &ldquo;chez moi&rdquo;...</font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">Il y a encore 30 minutes, j&rsquo;&eacute;tais dans ma triste petite chambre sans fen&ecirc;tre, dans laquelle le ronflement du ventilateur couvrait tr&egrave;s largement tous les autres bruits, et o&ugrave; la lumi&egrave;re naturelle ne passait que par une &eacute;troite ouverture au dessus de la porte. Rien de tr&egrave;s excitant. Mais maintenant, assise &agrave; cette table au beau milieu d&rsquo;une fourmili&egrave;re &ldquo;sonnante et tr&eacute;buchante&rdquo;, j&rsquo;ai enfin l&rsquo;impression d&rsquo;&ecirc;tre arriv&eacute;e au terme d&rsquo;un long voyage... </font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">Je pourrais &ecirc;tre quelque part dans le march&eacute; d&rsquo;une province thailandaise, ou dans une petite bourgade chinoise si il y avait plus de crachats par terre. Mais ces doux et beaux visages souriants autour de moi, le go&ucirc;t d&eacute;licieux du caf&eacute; glac&eacute; et le paquet de cigarettes Alain Delon pos&eacute; &agrave; c&ocirc;t&eacute; de mon bol me ram&egrave;nent au Cambodge.</font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">Apr&egrave;s la longue travers&eacute;e en bateau de la journ&eacute;e d&rsquo;hier, je d&eacute;barque un peu frustr&eacute;e dans cette petite ville* au d&eacute;cor chinois, fade et froid, auquel seules quelques ornements bien kitsh donnent un peu de couleur. Les paysages dans lesquels nous avons &eacute;volu&eacute; hier, au rythme ralenti du bateau, sont l&rsquo;image m&ecirc;me<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>que j&rsquo;avais du Cambodge que les transports ne me permettent que d&rsquo;effleurer du regard. Les maisons de bambou flottent sur la rivi&egrave;re, d&rsquo;autres, mont&eacute;es hautement sur leurs pilottis, attendent patiemment la mont&eacute;e des eaux pour que leur plancher soit lui aussi caress&eacute; par les flots jaunes; les gestes lents et gracieux des p&ecirc;cheurs qui jettent leur filet, les chapeaux coniques et les rizi&egrave;res qui longent les berges...<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>sur le toit du bateau, au milieu des sacs et de quelques cambodgiens, j&rsquo;ai vu d&eacute;filer sous mes yeux ce que je n&rsquo;imagine plus trouver dans ces rues blanches et goudronn&eacute;es.</font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">Je me suis promise de partir davantage &agrave; la rencontre des gens, plus que de leur patrimoine, d&rsquo;abandonner mon guide, de me perdre au d&eacute;tour des ruelles comme j&rsquo;aime tant le faire. Je ne sais pas exactement ce qui m&rsquo;a pouss&eacute;e &agrave; venir ici. Battambang est bien un lieu dont j&rsquo;ignorais totalement l&rsquo;existence il y a &agrave; peine quelques jours. Serait-ce le couple de fran&ccedil;ais rencontr&eacute; dans les ruines d&rsquo;Angkor, qui ont &eacute;galement pr&eacute;vu cette &eacute;tape, et avec qui je prolongerais volontiers la trop courte conversation que l&rsquo;on avait alors entam&eacute;? Serait-ce ma ch&egrave;re Eva, superman et leurs deux neurones, se dirigeant vers Phnom Penh, qui m&rsquo;ont influenc&eacute; dans la d&eacute;cision de partir dans une direction oppos&eacute;e?</font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">C&rsquo;est peut-&ecirc;tre bien plus que &ccedil;a... &ldquo;Been, parce que Beno&icirc;t, et parce que pas Ben*&rdquo; que j&rsquo;ai rencontr&eacute; peu de temps apr&egrave;s mon installation au Golden Parrot Hotel, me laisse pr&eacute;sager un tout autre &agrave; mon passage ici... je sais pas bien pourquoi, mais j&rsquo;ai le sentiment qu&rsquo;il va se passer quelque chose de particulier lors du rendez-vous qu&rsquo;on s&rsquo;est fix&eacute; cet apr&egrave;s midi. Peut-&ecirc;tre une autre &eacute;preuve de mon examen final?**</font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm">
<p><font size="2">&nbsp;</font></p>
</p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm">
<p><font size="2">&nbsp;</font></p>
</p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm">
<p><font size="2">&nbsp;</font></p>
</p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">* Battambang est pourtant la deuxi&egrave;me ville du Cambodge, apr&egrave;s Phnom Penh</font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">* Been: ce sont ses propres mots...!</font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">** voir article Good morning Cambodia.</font></p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 05 Apr 2007 13:38:11 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">f0ee5ae9f2b57ad31420810f19256616</guid>
                <category>Avril 2007 - Cambodge</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-6293108-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Angkor et encore]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-6293099.html</link>        <description><![CDATA[<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">Angkor et encore,</font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">Le 3 avril 07</font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm">
<p><font size="2">&nbsp;</font></p>
</p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">4h30. Mon r&eacute;veil sonne une premi&egrave;re fois et me tire de mon sommeil. Je ne bouge pas. Pas encore. Quand la seconde alarme retentit quelques minutes plus tard, je me demande quelle mouche m&rsquo;a piqu&eacute;e de vouloir parcourir les 10 kilom&egrave;tres qui me s&eacute;parent d&rsquo;Angkor Thom en v&eacute;lo, et surtout de si bonne heure. Il fait encore bien nuit, et il n&rsquo;y a pas si longtemps de &ccedil;a, Eva rentrait bruyamment de ses p&eacute;r&eacute;grinations nocturnes avec le d&eacute;nomm&eacute; Superman, un st&eacute;r&eacute;otype californien &agrave; la musculature hyper-prot&eacute;in&eacute;e mise en valeur par un marcel moulant. Troisi&egrave;me sonnerie. Je me redresse et m&rsquo;assieds sur le rebord du lit. Echapper &agrave; une nouvelle journ&eacute;e en compagnie de cette jeune autrichienne frivole et inint&eacute;ressante est en soi une raison suffisante pour me lever... </font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">Mais plus important encore, j&rsquo;ai pris rendez-vous avec ces ruines fascinantes aux premi&egrave;res lueurs du jour et je ne veux pas le manquer. Hier, Eva et moi avons suivi le flot de touristes. On a lou&eacute; un tuk-tuk pour la journ&eacute;e, et on a fait le tour des principaux sites en suivant un itin&eacute;raire bien pr&eacute;cis et difficilement modifiable. D&rsquo;abord le lever de soleil sur Angkor Wat*, relativement remarquable &agrave; en croire le nombre d&rsquo;objectifs japonnais braqu&eacute;s sur lui; puis Angkor Thom, le Bayon et sa fresque d&rsquo;&eacute;l&eacute;phants sculpt&eacute;s, puis plein d&rsquo;autres tas de vieilles pierres dont je suis bien incapable de retenir les noms... sauf le Ta Prohm, qu&rsquo;Eva se plait &agrave; appeler Tomb Raider car le film aurait &eacute;t&eacute; en partie tourn&eacute; l&agrave;. </font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">Bref, une journ&eacute;e bien charg&eacute;e dont je ne pouvais me contenter. C&rsquo;&eacute;tait parfait pour un rep&eacute;rage, mais aujourd&rsquo;hui, je suis bien d&eacute;cid&eacute;e &agrave; revoir diff&eacute;remment les endroits qui m&rsquo;ont plu. Au prix d&rsquo;un nouveau r&eacute;veil tr&egrave;s matinal, et d&rsquo;une longue p&eacute;dalade sous l&rsquo;unique lumi&egrave;re de la pleine lune.</font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">Quand j&rsquo;arrive &agrave; Angkor Wat, le d&eacute;fil&eacute; de tuk-tuk a commenc&eacute;. Les bus arrivent par dizaines, d&eacute;chargeant des passagers encore endormis, mais les yeux d&eacute;j&agrave; coll&eacute;s derri&egrave;re leurs &eacute;crans lcd. Je sais alors qu&rsquo;il me reste une bonne demi heure de tranquilit&eacute; avant que le soleil ne fasse son apparition, et avant que les touristes ne commencent &agrave; vouloir aller d&eacute;couvrir les autres lieux. Je p&eacute;dale doublement... j&rsquo;ai encore 3,5 kms &agrave; parcourir avant d&rsquo;atteindre Angkor Thom, je voudrais y &ecirc;tre pour les premi&egrave;res lueures orang&eacute;es du soleil levant. Je traverse les for&ecirc;ts aux arbres majestueux, entretenues avec soin, et je ne regrette pas d&rsquo;avoir pay&eacute; si cher l&rsquo;entr&eacute;e aux sites quand je vois qu&rsquo;une partie de mon argent est utilis&eacute;e pour pr&eacute;server la magie sereine qui r&egrave;gne en ces lieux. </font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">Je passe sous la porte sud d&rsquo;Angkor Thom, pr&eacute;c&eacute;d&eacute;e d&rsquo;alignements de sculptures bordant la route, comme des visages de gardiens au sourire accueillant, et j&rsquo;entre dans l&rsquo;enceinte du temple. D&eacute;serte. Les boutiques sont ferm&eacute;es, les vendeurs de boissons fra&icirc;ches et de souvenirs sont encore endormis, ou plus probablement, affair&eacute;s &agrave; Angkor Wat o&ugrave; les acheteurs potentiels sont d&eacute;j&agrave; nombreux. Pas de tuk-tuks ou de motos qui m&rsquo;harc&egrave;lent en arrivant; il n&rsquo;y a que trois chiens couch&eacute;s paisiblement devant l&rsquo;entr&eacute;e principale du Bayon. Les chiens que l&rsquo;on chasse le jour prennent possession des lieux la nuit... j&rsquo;arrive sur leur territoire, apr&egrave;s avoir cadenass&eacute; mon v&eacute;lo &agrave; un arbre. Ils se l&egrave;vent et aboient, je les d&eacute;range peut &ecirc;tre trop t&ocirc;t &agrave; leur go&ucirc;t; mais ils finissent contraints &agrave; me c&eacute;der le passage, r&eacute;sign&eacute;s &agrave; devoir comme tous les jours s&rsquo;effacer devant les masses bruyantes et envahissantes qui prennent la possession des lieux. Il n&rsquo;y a pas un bruit. Seuls les oiseaux rompent d&eacute;licieusement le silence, donnant une note sucr&eacute;e et joyeuse au myst&egrave;re intriguant qui nourrit l&rsquo;atmosph&egrave;re.</font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">Je marche prudemment sur les pierres sombres et craquantes; je m&rsquo;attends &agrave; faire face &agrave; une cr&eacute;ature &eacute;trange, un dragon peut-&ecirc;tre, ou un elfe encore assoupi au pied d&rsquo;une marche us&eacute;e et douce. Je me sens observ&eacute;e, et je le suis... par ces dizaines d&rsquo;immenses visages de pierre qui dominent le temple, tourn&eacute;s dans les quatre directions. Les visages sont doux, mais parfois le temps leur en a &ocirc;t&eacute; le sourire. Je suis parfaitement seule, avec pourtant une compagnie invisible mais vibrante... je n&rsquo;ose faire de bruit, caresse doucement de mes pieds nus les dalles polies de mille ann&eacute;es de passage, effleure les fa&ccedil;ades du bout de mes doigts, et tente de percevoir les chants et les vibrations des pri&egrave;res qui ont impregn&eacute; les pierres il y a si longtemps.</font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">Je d&eacute;couvre un lieu qui redevient majestueux comme il a d&ucirc; l&rsquo;&ecirc;tre, pour lequel je ressens soudainement beaucoup de respect, et un je-ne-sais-quoi de gratitude... ce n&rsquo;est plus cette attraction touristique pi&eacute;tin&eacute;e, &eacute;blouie, grassement t&acirc;t&eacute;e et salie que j&rsquo;avais entrevu la veille, mais r&eacute;ellement un lieu de recueillement &agrave; l&rsquo;atmosph&egrave;re myst&eacute;rieuse..</font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">Un premier brin de vie anime les pierres silencieuses. Trois chatons, dont le pelage se fond dans la couleur des murs, jouent avec insouciance. Le soleil commence &agrave; p&eacute;n&eacute;trer les branches des arbres et &agrave; couvrir les sourires sculpt&eacute;s d&rsquo;un reflet d&rsquo;or. Je m&rsquo;assieds pour go&ucirc;ter &agrave; ce moment intense, les pierres sont encore fra&icirc;ches. Mais le moteur toussotant du premier tuk-tuk r&eacute;sonne d&eacute;j&agrave;. Le silence est rompu, je sors de ce qui m&rsquo;appara&icirc;t alors comme ayant &eacute;t&eacute; un songe. Il est temps de partir, je veux conserver ces longues minutes de face &agrave; faces silencieux en m&eacute;moire, garder ce souvenir parfait et purement &eacute;goiste... je reprends mon v&eacute;lo alors que deux autres v&eacute;hicules arrivent. Et d&rsquo;autres encore les suivent, comme une colonne ininterrompue d&rsquo;insectes envahissants. Compte tenu de mon rythme, je ne serai plus seule longtemps. Le prochain temple dans lequel je voulais repasser du temps est beaucoup trop loin pour l&rsquo;atteindre avant qu&rsquo;il soit pris d&rsquo;assaut. J&rsquo;ai donc tout mon temps. Pour explorer des chemins que les moteurs ne parcourent pas, pour se perdre dans la vie calme d&rsquo;un village, ou se retrouver au pied d&rsquo;un petit temple isol&eacute;, d&eacute;laiss&eacute;. Au bord de l&rsquo;un d&rsquo;entre eux, une longue pierre plate, d&eacute;pos&eacute;e sous l&rsquo;ombre claire d&rsquo;un jeune arbre, m&rsquo;invite &agrave; m&rsquo;y reposer. Je m&rsquo;allonge, la t&ecirc;te sur mon sac photo, et plonge dans un profond sommeil. Je ne sais pas combien de temps j&rsquo;ai pu dormir. Mais le rayon de soleil qui m&rsquo;a r&eacute;veill&eacute; &eacute;tait d&eacute;j&agrave; bien puissant, m&rsquo;obligeant &agrave; le fuir. A reprendre mon v&eacute;lo qui grince, et les petits chemins de sable loins des kalxons et des ronflements des climatisations. J&rsquo;atteins le temple Banteay Kdei qui bien que sur la tourn&eacute;e classique, reste relativement peu visit&eacute;. J&rsquo;y avais entrevu hier un lieu parfait pour s&rsquo;y poser quelques heures, &agrave; l&rsquo;ombre d&rsquo;un manguier, pour lire ou &eacute;crire, ou... dormir... je suis fatigu&eacute;e, et l&rsquo;appel du sommeil est plus fort encore avec la chaleur abrutissante qui r&egrave;gne d&eacute;j&agrave;. Une longue pierre horizontale, de l&rsquo;ombre, un petit courant d&rsquo;air frais au d&eacute;tour d&rsquo;un couloir, et je sombre de nouveau... </font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; tab-stops: 36.0pt; mso-list: none">
<p><font size="2">&nbsp;</font></p>
</p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; tab-stops: 36.0pt; mso-list: none"><font size="2">Je suis nulle en histoire. Nulle au Trivial Poursuit, pour le camembert jaune plus que pour tous les autres. Et j&rsquo;ai un peu honte de dire que je me suis tr&egrave;s peu renseign&eacute;e sur ce qu&rsquo;&eacute;tait historiquement Angkor. Je suis pas une fan de tas de cailloux en g&eacute;n&eacute;ral, surtout quand ils sont devenus inanim&eacute;s. Mais quel que soit ce qu&rsquo;il se soit vraiment pass&eacute; dans ces temples, j&rsquo;y ai trouv&eacute; une &eacute;nergie ancestrale et divine, une ferveur dont est empreinte chaque pierre, une s&eacute;rennit&eacute; qui donne au sommeil une profondeur in&eacute;gal&eacute;e...</font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; tab-stops: 36.0pt; mso-list: none"><font size="2">Hier j&rsquo;ai visit&eacute; Angkor. Aujourd&rsquo;hui je l&rsquo;ai ressenti, et vibr&eacute; &agrave; son rythme. </font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; tab-stops: 36.0pt; mso-list: none"><font size="2">Demain je partirais, avec plus de magie dans le coeur que dans mes images, mais il y a un temps pour tout...</font></p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm">
<p><font size="2">&nbsp;</font></p>
</p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm">
<p><font size="2">&nbsp;</font></p>
</p>
<p class="Niveauducommentaire1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 0cm"><font size="2">* Angkor Wat: THE temple. Celui qu&rsquo;on voit dans les brochures d&rsquo;agences de voyage. Surtout au lever du soleil.</font></p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 05 Apr 2007 13:35:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">09f437baf17f3244589d9e85e8914e21</guid>
                <category>Avril 2007 - Cambodge</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-6293099-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Good morning Cambodia]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-6268924.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-left: 0cm; text-indent: 0cm;" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;">Good morning Cambodia<o:p></o:p></span></font></p>
<p style="margin-left: 0cm; text-indent: 0cm;" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;">Siem Reap, le 1er Avril<o:p></o:p></span></font></p>
<p style="margin-left: 0cm; text-indent: 0cm;" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;"><o:p>&nbsp;</o:p></span></font></p>
<p style="margin-left: 0cm; text-indent: 0cm;" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;">il me restait un mois avant le d&eacute;part de l&rsquo;avion pour Paris. J&rsquo;avais le choix, &agrave; vrai dire, de Bangkok, j&rsquo;avais une multitude de choix qui se pr&eacute;sentaient &agrave; moi. Mais j&rsquo;ai opt&eacute; pour le Cambodge dont on m&rsquo;a plusieurs fois vant&eacute; les m&eacute;rites. <o:p></o:p></span></font></p>
<p style="margin-left: 0cm; text-indent: 0cm;" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;">Les temples d&rsquo;Angkor, les gens adorables et souriants, et les villages accroch&eacute;s &agrave; des routes poussi&eacute;reuses et cahotiques.... tout &ccedil;a &agrave; quelques heures de bus de la Thailande, qui comme &agrave; son habitude, aime &agrave; rendre les choses simples l&agrave; o&ugrave; l&rsquo;Inde les auraient rendues insurmontables....<o:p></o:p></span></font></p>
<p style="margin-left: 0cm; text-indent: 0cm;" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;">M&rsquo;y voil&agrave; arriv&eacute;e. Le temps d&rsquo;acheter un ticket de bus et un lonely planet d&rsquo;occasion, et le d&eacute;cor s&rsquo;est rapidement transform&eacute; autour de moi. Au passage de la fronti&egrave;re, le gourdon s&rsquo;est chang&eacute; en terre rouge, le bus a perdu sa climatisation et ses si&egrave;ges amortis, et enfin j&rsquo;ai pu faire coulisser les vitres pour passer la t&ecirc;te &agrave; travers et respirer l&rsquo;air chaud et poussi&eacute;reux du Cambodge. Wouahou. On dit souvent que la premi&egrave;re impression est la bonne, et si c&rsquo;est bien le cas, alors j&rsquo;ai vraiment fait le bon choix. &Agrave; peine trente minutes apr&egrave;s la fronti&egrave;re, un pneu a crev&eacute;, nous d&eacute;chargeant au milieu de quelques huttes sommaires, dont l&rsquo;une r&eacute;pare les pneus crev&eacute;s et une autre vend des boissons fra&icirc;ches. Premier contact avec la population, premiers &eacute;changes de mots, surtout de gestes et de sourires, car ces gens ne parlent pas un mot d&rsquo;anglais. Je revis...<span style="">&nbsp; </span>les japonnais restent pr&egrave;s du bus, &agrave; l&rsquo;ombre. Le couple d&rsquo;am&eacute;ricains qui se sont plaints &agrave; la fronti&egrave;re de ne pas continuer la route en VIP bus jusqu&rsquo;&agrave; Siem Reap sirotent un coca la machoire serr&eacute;e. L&rsquo;anglais fume. Il n&rsquo;arr&ecirc;te pas de fumer. Et moi, j&rsquo;erre...<span style="">&nbsp; </span>entre les deux gamins qui s&rsquo;acharnent &agrave; d&eacute;monter une &eacute;norme chambre &agrave; air (serait-ce la n&ocirc;tre?), entre trois jeunes hommes qui r&eacute;parent un tuk-tuk mis &agrave; nu, puis je finis par m&rsquo;assoir pr&egrave;s d&rsquo;un femme, dont la beaut&eacute; de la petite fille m&rsquo;avait touch&eacute; depuis l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la route. Elle s&rsquo;appelle Na. Elle a un regard triste quand je la prend en photo, et un sourire &eacute;clatant quand elle se d&eacute;couvre sur le petit &eacute;cran num&eacute;rique...<span style="">&nbsp; </span><o:p></o:p></span></font></p>
<p style="margin-left: 0cm; text-indent: 0cm;" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;">C&rsquo;est l&agrave; que mon voyage au Cambodge a commenc&eacute;, dans la profondeur des yeux de Na, et dans le sourire fier et amus&eacute; de sa m&egrave;re. J&rsquo;aime d&eacute;j&agrave; ce pays. <o:p></o:p></span></font></p>
<p style="margin-left: 0cm; text-indent: 0cm;" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;">Le trajet en bus est long, tr&egrave;s long, mais je retrouve ici le plaisir de regarder par la fen&ecirc;tre, de renvoyer des sourires &agrave; ces visages qui se figent pour nous laisser passer, d&rsquo;observer cette vie paisible de villages isol&eacute;s, de m&rsquo;attendrir devant toute cette douceur...<o:p></o:p></span></font></p>
<p style="" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;">C&rsquo;est en toute s&eacute;rennit&eacute; que quand la nuit tombe, je m&rsquo;allonge sur le si&egrave;ge et tente de m&rsquo;endormir. Persuad&eacute;e que le Cambodge ne me r&eacute;servera que des belles surpises...<o:p></o:p></span></font></p>
<p style="" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;">Quand Bok rallume la lumi&egrave;re pour nous annoncer l&rsquo;arriv&eacute;e imminente &agrave; Siem Reap, berceau des temples d&rsquo;Angkor, c&rsquo;est un tout autre visage que je d&eacute;couvre... le grande rue que l&rsquo;on descend est bord&eacute;e d&rsquo;h&ocirc;tels somptueux, rivalisants de finesse et de scintillements d&eacute;licats, devant lesquels sont gar&eacute;s de beaux bus blancs au design &eacute;l&eacute;gant. <o:p></o:p></span></font></p>
<p style="" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;">Notre minibus &agrave; nous, caboss&eacute; et sans design, nous d&eacute;pose &agrave; son tour dans la cour d&rsquo;un &eacute;tablissement, plus sobre, mais au caract&egrave;re froid et impersonnel. Il est pass&eacute; 23 heures, on est crev&eacute;s et &ccedil;a, Bok le savait avant m&ecirc;me que l&rsquo;on ne quitte Poipet, &agrave; la fronti&egrave;re. J&rsquo;admets que c&rsquo;est tr&egrave;s bien jou&eacute; de sa part, car il gagnera une grosse commission en livrant &agrave; &ldquo;domicile&rdquo; une bonne dizaine de touristes aux dollars tout frais. A se demander si ils n&rsquo;ont pas mont&eacute; le coup de la panne pour nous retarder... en Inde, je ne me serais m&ecirc;me pas pos&eacute; la question, cela aurait sonn&eacute; comme une &eacute;vidence. Je n&rsquo;aime pas cela, mais me laisse prendre en toute conscience dans leur jeu. En n&eacute;gociant, Eva et moi on se retrouve &agrave; partager une chambre spacieuse avec salle de bain pour 5 dollars. C&rsquo;est raisonnable pour une nuit, car je compte d&egrave;s le lendemain me choisir moi-m&ecirc;me mon propre lieu de r&eacute;sidence..<o:p></o:p></span></font></p>
<p style="" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;">Les gars de l&rsquo;h&ocirc;tel sont assoiff&eacute;s de cash, et tentent de nous forcer &agrave; consommer des boissons aux tarifs exorbitants, ou de nous vendre pour le lendemain des circuits de visite des temples. Je n&rsquo;aime pas cette ambiance, et l&rsquo;image si belle que j&rsquo;avais du Cambodge se couvre d&eacute;j&agrave; d&rsquo;un gros trait de crayon noir...<o:p></o:p></span></font></p>
<p style="" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;">Il faut que j&rsquo;arr&ecirc;te de r&ecirc;ver, que je devienne un peu plus r&eacute;aliste... je suis &agrave; Angkor, dont le temple principal fait partie des merveilles de ce monde, &agrave; une journ&eacute;e de bus de Bangkok ou &agrave; moins d&rsquo;une heure en avion, j&rsquo;aurais du m&rsquo;attendre &agrave; cette d&eacute;figuration que seul le tourisme peut affliger... <o:p></o:p></span></font></p>
<p style="" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;">Tr&egrave;s bien. J&rsquo;accepte de jouer ce jeu l&agrave; aussi, d&rsquo;&ecirc;tre pendant quelques jours une touriste parmi des milliers d&rsquo;autres avec un appareil photo &agrave; l&rsquo;&eacute;paule et un pass qui pendouille du sac. <o:p></o:p></span></font></p>
<p style="" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;">C&rsquo;est maintenant que je vais voir si j&rsquo;ai d&eacute;velopp&eacute; davantage d&rsquo;individualit&eacute;... si le fait de me retrouver noy&eacute;e dans la masse va alt&eacute;rer mon sentiment de fiert&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre moi-m&ecirc;me. <o:p></o:p></span></font></p>
<p style="" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;">C&rsquo;est devant ces ruines sans &acirc;ge et sans pudeur, au milieu d&rsquo;&ecirc;tres humains sans g&ecirc;ne et sans scrupules, dans des rues sans coeur et sans histoire, que mon chemin me conduit. Avec le m&ecirc;me pantalon ali-baba trou&eacute;, j&rsquo;&eacute;tais devenu quelqu&rsquo;un dans une &icirc;le perdue, et je redeviens aujourd&rsquo;hui une quelconque figurante dans un mauvais film...<o:p></o:p></span></font></p>
<p style="" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;">Le Cambodge prendait-il des allures d&rsquo;examen final? L&agrave; o&ugrave; je m&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; exp&eacute;rimenter ce que l&rsquo;Inde m&rsquo;a appris, l&agrave; o&ugrave; je vais enfin voir si j&rsquo;arrive &agrave; m&rsquo;affirmer telle que je suis, avec ce pantalon trou&eacute; dans lequel je me sens si bien et ma mauvaise coupe de cheveux...*<o:p></o:p></span></font></p>
<p style="" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;">Affaire &agrave; suivre..<o:p></o:p></span></font></p>
<p style="" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;"><o:p>&nbsp;</o:p></span></font></p>
<p style="" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;"><o:p>&nbsp;</o:p></span></font></p>
<p style="" class="Niveauducommentaire1"><font size="1"><span style="font-family: Tahoma;"><o:p>&nbsp;</o:p></span></font></p>
<font size="1"><span style="font-size: 10pt; font-family: Tahoma;">* ma ch&egrave;re Anne Chri, ceci est loin d&rsquo;&ecirc;tre un reproche sur cette coupe que tu m&rsquo;as faite dans cet h&ocirc;tel miteux de Madurai, mais en poussant, je t&rsquo;avoue que &ccedil;a ne ressemble plus &agrave; grand chose..!!</span></font>]]></description>
        <pubDate>Sun, 01 Apr 2007 11:28:53 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">3ec6da905ca3b61add061c2564eda1f8</guid>
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