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    <title><![CDATA[Amel' O' Tour d'Asie (Juin 2006 - Le transmongolien)]]></title>
    <link>http://www.amelotour.com/categorie-361476.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Juin 2006 - Le transmongolien&quot; du blog &quot;Amel' O' Tour d'Asie&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Amel' O' Tour d'Asie (Juin 2006 - Le transmongolien)]]></title>
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    <pubDate>Tue, 29 Mar 2011 14:03:09 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Tue, 29 Mar 2011 14:03:09 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.amelotour.com</copyright>            <category>Juin 2006 - Le transmongolien</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
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        <title><![CDATA[Mon transsibérien à moi]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-3379664.html</link>        <description><![CDATA[26 Juin, 12h à Irkutsk, 7h à Moscou, et ici (???) 9h.

Je suis dans le train. Que dire de plus, je suis dans le train depuis 44 heures et il me reste une bonne trentaine dheures à tirer. Que dire de plus
Je vois défiler le paysage sans arrêt derrière la vitre de ma demi-cabine individuelle, les forêts et les lacs ont maintenant cédé la place aux vastes plaines plates et dénudées, peuplées uniquement de vaches et dusines désaffectées.  
Jai embarqué dans le train samedi après midi avec mes sacs. Partir pour quatre jours, cest une véritable expédition. Le sac à dos ayant une place de premier choix sous la banquette, il vaut mieux ne pas avoir à y accéder trop souvent. Alors il faut son petit sac de voyage, avec tout ce qui pourrait savérer utile: affaires de toilette version minimum imposé par les services dhygiène, à savoir savon-brosse à dents-dentifrice. Des vêtements de rechange, quand même, et puis tout ce qui peut maider à passer le temps. Lecteur mp3, bouquins, cahier et crayons, pince à épiler, bouteille de vodka et calamar séché. Et me voilà fin prête pour mes quatre jours de transsibérien. Here we are. Je monte dans le train, voiture 11, place 37. Je longe les compartiments dans ce long couloir trop étroit pour moi, mon gros sac a dos et les deux sacs que jai à bout de bras. Jusquau dernier compartiment, le numéro 9. Avec les places 33 à 36. Coup doeil sur le billet: 37. Re-coup doeil sur le compartiment 9. Ah. Et après le 9, cest les toilettes. Voyons. Je redescends tous le couloir, mexcusant à chaque fois que je croise quelquun du coup de sac inévitable que je lui donne, et file voir ma provodnista, mon aimable chef de voiture attitrée, avec ses cheveux rouges qui lui donnent un air plus russe que nature. Bref, elle me fait comprendre que je vais passer quatre jours dans cette minuscule cabine de deux lits, avec.. elle. Me voilà aux anges, moi qui pensait rencontrer du monde! Bravo.. je descend du train pour fumer une clope après avoir déposé mon sac dans la cellule.. La, aux derniers rayons de soleil dIrkutsk, je vois arriver mon anglais Paul, rencontré dans le dernier train, pas difficile à reconnaître avec sa tenue de jogger et ses lunettes de soleil. Je dois admettre quil a vraiment un corps de rêve, et je veux bien oublier pour une fois quil est anglais. Et blond.
Toujours est-il que tout cela ne lempêche pas de se marrer comme un con quand je lui explique ma situation. En me marrant aussi.. 
Le train se met en route à 16h30, et à 16h45 Paul passe me prendre pour aller au bar, ayant estimé (et je nai rien à redire là dessus) quil était beer oclock. On restera dans ce fucking bar jusquà 7h du matin Ah oui, Paul, en tant que bon londonien de lest, mets des fuckings dans toutes ses phrases, ce qui massure de comprendre au moins un mot à chaque fois quil ouvre la bouche. Parce que avec son fucking accent, cest pas toujours facile de le suivre. Sauf quand il est beer oclock.
Le bar, cest un lieu de rencontres où les gens se retrouvent quand:
1/ ils en ont marre de tourner en rond dans leur compartiment
2/ ils ont des fourmis dans les jambes
3/ leurs compagnons de voyage sont inintéressants, voire inexistants dans certaines exceptions..
4/ ils ont soif de quelque chose de frais, ou faim de quelque chose de chaud.

Paul et moi, on y va un peu pour toutes ces raisons, et cest sûrement pour ça quon y est resté si longtemps.. Dabord des heures à discuter tous les deux de nos expériences respectives, heureux de trouver en lautre quelquun qui ait la même façon de voyager, les mêmes quêtes, la même lecture des évènements heureux ou malheureux, la même envie de transposer nos apprentissages dans la vie qui nous attends à la descente de lavion du retour. Je suis contente de constater que jai finalement appris en six mois presque autant que Paul en deux ans et demi, la différence est que lui a eu le temps de vraiment consolider ce qui est encore fragile chez moi.
Puis, parce que notre soif commune de rencontres nest pas apaisée par la bière, les discussions commencent à sétendre aux tables voisines, puis à toutes les tables du wagon restaurant. 3 australiennes, 2 italiens, 8 russes, et nous. Ca parle un peu toutes les langues (bon sauf le français, daccord), et parce que cest ça la magie des rencontres, on arrive même à se comprendre.
Alors que je commençais à douter serieusement de vivre cette convivialité quon mavait dit très particulière au transsibérien, là, je lexpérimente pour de bon. La différence avec les trains précédents? Dans celui-ci, il y a un wagon restaurant. Et ya pas à dire, un wagon restaurant en Russie, ça rapproche sacrément les gens. Autrement que dans un TGV. Le seul problème avec les russes, cest quils ont une descente qui peut amener très bas si on veut samuser à les suivre. Enfin moi je dis ça comme ça. Non, puis après faut retourner jusquà la couchette, deux longues voitures à traverser en titubant à cause de ce foutu train qui bouge beaucoup trop bien sûr. Heureusement, dans la plupart des cas il faisait déjà/encore jour, ce qui évitait une difficulté supplémentaire. Encore une fois, je dis ça comme ça.
Et puis après tout, passer 60 heures sur 80 dans un wagon restaurant, ça arrive à tout le monde Non? 
Au moins comme ça, ça moccupe la tête et je pense moins au retour.Parce que le peu de temps que je passe seule dans ma cellule, je me retrouve face à mes appréhensions. Plus que quelques heures et je me retrouverai à Moscou. Plus que quelques jours, et je me retrouverai à Paris, puis à Lille. Et quest-ce que cest que trois jours, quand cest un chapitre de six mois qui se clos? Je ne préfère pas y penser, pas déjà, jaurai le temps dy penser dans lavion.
Je vais retourner au bar, faire signer à tous ceux que je croise la carte quon prépare pour Sam. Cest son anniversaire demain.
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        <pubDate>Mon, 26 Jun 2006 13:35:15 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">7f4ac35d45a3827dc7cb57256ee6a14f</guid>
                <category>Juin 2006 - Le transmongolien</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-3379664-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le plus beau cadeau]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-3092159.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;" class="MsoNormal"><font face="Tahoma"><font size="2"><span lang="EN-US" style="">Aujourd&rsquo;hui est un grand jour&hellip; Je me suis lev&eacute;e avec un an de plus, ca y est, je suis une jeune femme de 27 ans et je m&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; c&eacute;lebrer l&rsquo;&eacute;v&egrave;nement &agrave; Listvianka, au bord du lac Baikal. En temps normal, c&rsquo;est une journ&eacute;e que je n&rsquo;aime pas, o&ugrave; j&rsquo;ai envie de me faire toute petite. Un jour o&ugrave; j&rsquo;ai envie d&rsquo;oublier qu&rsquo;il y a 24, 25, 26 ans, ma m&egrave;re a souffert pour me faire voir un monde dans lequel je souffrirai moi aussi. Aujourd&rsquo;hui, je veux c&eacute;lebrer mes 27 ans parce que pour la premi&egrave;re fois je comprends enfin &agrave; quel point cette vie que mes parents m&rsquo;ont donn&eacute;e un certain matin de juin 79 est le plus beau cadeau qu&rsquo;il m&rsquo;ait &eacute;t&eacute; donn&eacute; de recevoir. En fait, ce ne sont pas mes 27 ans que je veux f&ecirc;ter, mais toutes ces ann&eacute;es ou mes parents m&rsquo;ont port&eacute;e et soutenue, parfois dans la souffrance et l&rsquo;incompr&eacute;hension, pour m&rsquo;aider &agrave; trouver mon chemin. Celui qui m&rsquo;a conduit &agrave; Etre, ici et maintenant, le cul pos&eacute; sur un caillou au bord du lac Baikal, &agrave; d&eacute;pioter un poisson fum&eacute; sous le soleil qui me rechauffe &agrave; peine tant le vent est glacial. Il y a encore 3 jours, je souhaitais aller directement &agrave; Moscou. Me disant que puisque le chemin du retour &eacute;tait entam&eacute;, autant qu&rsquo;il soit le plus court possible. Mais parce que<span style=""> </span>cela s&rsquo;averait trop compliqu&eacute; et trop on&eacute;reux de le modifier, je m&rsquo;en suis tenue au plan initial qui voulait que le train me d&eacute;pose quelques jours &agrave; </span><city>
<place><span lang="EN-US" style="">Irkutsk</span></place>
</city><span lang="EN-US" style="">. Et aujourd&rsquo;hui, je comprends pourquoi je devais &ecirc;tre ici en ce jour particulier. Parce que je devais trouver mon cadeau ici. Ma vie, que la nature me repr&eacute;sente encore.  </span></font></font></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;" class="MsoNormal"><font face="Tahoma"><font size="2"><span lang="EN-US" style="">Derri&egrave;re moi, le tumulte de mon pass&eacute;. Une route o&ugrave; des voitures ne s&rsquo;arr&ecirc;tent pas. Un </span><state>
<place><span lang="EN-US" style="">march&eacute;</span></place>
</state><span lang="EN-US" style=""> o&ugrave; les femmes crient pour vendre leurs poissons. Une usine qui crache une fum&eacute;e noire.  </span></font></font></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;" class="MsoNormal"><span lang="EN-US" style=""><font face="Tahoma"><font size="2">Devant moi, la s&eacute;rennite, le calme et l&rsquo;inconnu de ma voie. Le lac Baikal, immensit&eacute; d&rsquo;eau pure et limpide qui invite &agrave; s&rsquo;y baigner, mais dans laquelle on ne plonge que le regard tellement ses eaux sont froides. Une plage de galets qui rendent les pas instables et chancellants. Une rive rendue invisible par une brume basse et trop &eacute;paisse. Et moi, sur mon caillou, au milieu. Pas encore dans l&rsquo;eau, mais bien d&eacute;cid&eacute;e &agrave; tourner le dos au pass&eacute; et &agrave; regarder devant moi; ne sachant pas encore bien ce que la vie me r&eacute;serve, mais bien d&eacute;cid&eacute;e &agrave; y mordre &agrave; pleines dents comme je mords dans cette chair parfum&eacute;e et savoureuse.  </font></font></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;" class="MsoNormal"><span lang="EN-US" style=""><font face="Tahoma"><font size="2">Est-ce que j&rsquo;aurais pu souhaiter des circonstances plus parfaites pour mon anniversaire? Est-ce que j&rsquo;avais envie d&rsquo;&ecirc;tre accompagn&eacute;e par quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre que moi m&ecirc;me pour vivre cela?  </font></font></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;" class="MsoNormal"><span lang="EN-US" style=""><font face="Tahoma"><font size="2">Non, cet instant est parfait et se suffit &agrave; lui-m&ecirc;me, il n&rsquo;y a rien &agrave; redire, et surtout rien &agrave; retoucher.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;" class="MsoNormal"><span lang="EN-US" style=""><font face="Tahoma"><font size="2">Bon anniversaire, moi.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 23 Jun 2006 13:57:59 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">b59d78863c5fe1e8cdda83df9d2a7f5f</guid>
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      <item>
        <title><![CDATA[Passager clandestin et frontiere russe]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-3092143.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;" class="MsoNormal"><font face="Tahoma"><font size="2"><span lang="EN-US" style="">Il est a peu pres 8h, apr&egrave;s une nuit bien mais pas top, quand Paul l&rsquo;anglais, moi et mon staphilocoque dor&eacute; on se fait sortir de notre couchette par la voix douce et chaleureuse de la chef de voiture. On se dit en baillant que ces gens doivent probablement apprendre a ne pas sourire, c&rsquo;est pas possible autrement&hellip; Passeport control, qu&rsquo;elle nous dit en refermant d&rsquo;un coup sec et violent </span><city>
<place><span lang="EN-US" style="">la porte</span></place>
</city><span lang="EN-US" style=""> du compartiment. Le train est arr&ecirc;t&eacute; &agrave; Sukhe Bator, derni&egrave;re ville mongole, depuis au moins 1h, et les proc&eacute;dures ne vont pas tarder &agrave; commencer. D&rsquo;abord c&ocirc;t&eacute; mongole. Donner son passeport, se lever, mettre sa t&ecirc;te &agrave; la lumi&egrave;re et r&eacute;citer son nom, se rasseoir, puis en fait non, se relever et sortir du compartiment, remplir la carte de sortie du pays, esquisser un faux sourire et se rasseoir enfin. Et attendre. Attendre patiemment que le train red&eacute;marre, 2h30 plus tard. Ce matin, comme trop souvent, mon staphilocoque dor&eacute; s&rsquo;est r&eacute;veill&eacute; avant moi. Je l&rsquo;ai baptis&eacute; Chinggis, du nom du grand h&eacute;ros national mongol, parce que c&rsquo;est en Mongolie que je l&rsquo;ai d&eacute;masqu&eacute;. Et pourtant, il est d&rsquo;origine chinoise, et plut&ocirc;t envahisseur que conqu&eacute;rant. Toujours est-il que Chinggis, qui m&rsquo;avait laiss&eacute; un peu de repit, me manifeste de nouveau sa pr&eacute;sence depuis quelques jours, me contraignant &agrave; d&rsquo;incessants aller-retours aux toilettes. L&agrave;, c&rsquo;est la cata. Parce que le train est &agrave; l&rsquo;arr&ecirc;t et que donc les toilettes sont closed, et vu qu&rsquo;en plus on est en pleine proc&eacute;dure de contr&ocirc;le, ben y&rsquo;a pas moyen de sortir du train non plus. Je suis coinc&eacute;e avec Paul et Chinggis dans ce compartiment, et pour &ecirc;tre honn&ecirc;te, Paul m&rsquo;aurait tr&egrave;s largement suffit.
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;" class="MsoNormal"><span lang="EN-US" style=""><font face="Tahoma"><font size="2">Chinggis s&rsquo;ennerve, mes intestins et mon estomac bouillonnent comme une vieille robinetterie qu&rsquo;on remet en route apr&egrave;s des ann&eacute;es de purge.  </font></font></span></p>
</span></font></font></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;" class="MsoNormal">&nbsp;<span lang="EN-US" style=""><font face="Tahoma"><font size="2">Avoir un invit&eacute; surprise comme Chinggis qui se cache au fond de l&rsquo;estomac depuis plus d&rsquo;un mois, &ccedil;a a plein de mauvais cotes, &eacute;videmment. Mais &ccedil;a en a aussi des bons. Enfin j&rsquo;en vois deux, pas plus. Le premier, c&rsquo;est que je suis admirablement reconnaissante quand Chinggis s&rsquo;eclipse 1 ou 2 jours, me permettant de mesurer &agrave; quel point il est confortable d&rsquo;avoir un estomac qui fonctionne. Le second, c&rsquo;est qu&rsquo;apres 1 mois de cohabitation, j&rsquo;ai appris &agrave; le dompter, ce qui est extremement utile dans ce genre de situation. Alors je reste allong&eacute;e sur ma couchette, &eacute;coutant sans comprendre les histoires de Paul qui manifestement ne r&eacute;alise pas que mes pr&eacute;occupations m&eacute;ritent toute la concentration et l&rsquo;attention possible&hellip; Bref, j&rsquo;arrive &agrave; tenir la b&ecirc;te, essayant d&rsquo;oublier la douleur tant bien que mal, et en me disant que &ccedil;a ira mieux d&egrave;s que le train red&eacute;marrera. Et le train se remet en route, vers 11h. Je file au bout du couloir. Je discute avec une jeune russe qui a l&rsquo;air d&rsquo;attendre comme moi que la chef de voiture daigne ouvrir les toilettes. Quand cette derniere passe, ayant manifestement encore oubli&eacute; son sourire &agrave; l&rsquo;autre bout du train, elles &eacute;changent quelques mots et ma jeune russette me traduit l&rsquo;horrible nouvelle&hellip; Pas d&rsquo;ouverture des toilettes avant d&rsquo;avoir pass&eacute; la fronti&egrave;re russe&hellip;.. Je me demande si c&rsquo;est par peur que quelqu&rsquo;un ne s&rsquo;enfuit par le trou, ou si c&rsquo;est juste interdit de se soulager en zone franche&hellip; Toujours est-il que la fronti&egrave;re russe, on y sera pas avant une bonne heure, quand on arrivera a Naouchki, et que l&agrave; de nouveau, les proc&eacute;dures de contr&ocirc;le vont recommencer&hellip; La nouvelle tombe comme un couperet&hellip; Me voil&agrave; condamn&eacute;e &agrave; attendre pour une dur&eacute;e indetermin&eacute;e qui ne dependra que du bon vouloir des douaniers russes, que j&rsquo;imagine &agrave; mon grand desespoir bien plus pointilleux que leurs homologues mongols&hellip;</font></font></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;" class="MsoNormal"><span lang="EN-US" style=""><font face="Tahoma"><font size="2"><br />  </font></font></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;" class="MsoNormal"><span lang="EN-US" style=""><font face="Tahoma"><font size="2">Je retourne donc dans le compartiment, bien decid&eacute;e ( enfin surtout tr&egrave;s contrainte..) &agrave; tenir le coup encore 2 ou 3 heures&hellip; J&rsquo;ai soif, horriblement soif, mais je ne bois pas.. Je ferme les yeux en esp&eacute;rant dormir un peu et laisser le temps s&rsquo;&eacute;couler sans moi. Mais c&rsquo;est peine perdue, car il y a beaucoup d&rsquo;agitation dans le train&hellip; On sent que la fronti&egrave;re approche, et cela semble en affoler plus d&rsquo;un. C&rsquo;est beaucoup moins flagrant qu&rsquo;a la fronti&egrave;re Chine-Mongolie, mais il semblerait que l&rsquo;exportation aille bon train ici aussi. Paul et moi echangeons un regard amus&eacute; quand cette femme mongole d&eacute;pose un sac plastique plein de concombres dans notre compartiment. On ne comprends pas ce qu&rsquo;elle nous dit, mais ce qui est s&ucirc;r, c&rsquo;est que ce n&rsquo;est pas un cadeau et qu&rsquo;elle ne nous vend rien non plus&hellip; Alors on se met &agrave; imaginer que les concombres sont truff&eacute;s d&rsquo;ecstasy, de cocaine ou plus dr&ocirc;le encore, de microfilms d&rsquo;espionnages&hellip;. Puis le ballet red&eacute;marre. On nous distribue d&rsquo;abord les papiers &agrave; remplir: carte d&rsquo;entr&eacute;e et de sortie, formulaire de d&eacute;claration aux douanes. Et comme on a l&rsquo;air un peu perplexe, on nous donne aussi un formulaire &ldquo;mode d&rsquo;emploi&rdquo; pour nous aider &agrave; remplir tous ces papiers qui &eacute;videmment, ne sont pas en anglais&hellip; Et puis on recommence le m&ecirc;me cirque. Donner son passeport, donner les papiers, se lever et regarder le flic dans les yeux, essayer de retenir un fou rire qui serait loin d&rsquo;&ecirc;tre appropri&eacute;, se rasseoir et sommer Chinggis d&rsquo;arr&ecirc;ter ses gargouillements intempestifs, se lever, sortir de la cabine pour laisser le &ldquo; gign&rdquo; fouiller de fond en comble ( sans pour autant pr&ecirc;ter la moindre attention au sac de concombres pourtant bien en &eacute;vidence sur la tablette), se rasseoir et attendre, attendre encore avant de r&eacute;cuperer enfin son passeport. Tout cela prendra une bon &frac34; h, et quand j&rsquo;extrapole au nombre de compartiments et au nombre de voitures, je pr&eacute;f&egrave;re risquer de me prendre une t&ocirc;le en demandant l&rsquo;autorisation de sortir du train plut&ocirc;t que d&rsquo;y attendre encore&hellip; L&rsquo;op&eacute;ration &ldquo; j&rsquo;affronte la gardienne de prison&rdquo; est un v&eacute;ritable succ&egrave;s, je l&rsquo;aurais presque embrass&eacute;e mais l&agrave; franchement j&rsquo;ai pas que &ccedil;a &agrave; faire. Je passe &agrave; l&rsquo;op&eacute;ration suivante &ldquo; trouver des toilettes dans une gare russe&rdquo;. Apres avoir travers&eacute; le hall de la gare, la salle d&rsquo;attente immense et vide de style stalinien, et enfin le bureau d&eacute;crepit du chef de station, je me retrouve de nouveau sur le quai et on m&rsquo;indique une batisse sur laquelle seuls deux symboles en alphabet cyrillique me prouvent que cette fois, c&rsquo;est la bonne&hellip;. Je ne remarquerai pas tout de suite la puanteur des lieux, les demi portes en bois pourri qui ne ferment pas, ni le sol macul&eacute; d&rsquo;une boue inf&acirc;me&hellip; Je ne verrai dans ces lieux que la possibilit&eacute; tant attendue d&rsquo;envoyer chier Chinggis, dans tous les sens du terme, et de l&rsquo;espace&hellip; </font></font></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;" class="MsoNormal"><span lang="EN-US" style=""><font face="Tahoma"><font size="2"> </font></font></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;" class="MsoNormal"><font face="Tahoma"><font size="2"><span lang="EN-US" style="">Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en me retrouvant de nouveau sur le quai que je constate que notre train ne consiste plus qu&rsquo;en deux voitures encore attach&eacute;es l&rsquo;une &agrave; l&rsquo;autre, sans locomotive. J&rsquo;ai bien fait de ne pas attendre, parce que l&agrave;, j&rsquo;ai l&rsquo;impression qu&rsquo;on est loin d&rsquo;&ecirc;tre repartis&hellip; Effectivement, on est bloqu&eacute;s pour 3 heures&hellip; Sur des quais vides, et je me demande o&ugrave; sont ces fameux vendeurs de boissons et de victuailles qui sont cens&eacute;s &ecirc;tre l&agrave; pour le plus grand plaisir des voyageurs&hellip; Alors ce sera apr&egrave;s midi bronzette au soleil que je n&rsquo;imaginais pas aussi puissant, rencontre avec 3 autres touristes qui sont dans le m&ecirc;me train, et encore une fois, attente patiente pendant les manoeuvres du train. Chinggis est toujours l&agrave;, je ne l&rsquo;ai pas vaincu et je n&rsquo;ai pas </span><city>
<place><span lang="EN-US" style="">r&eacute;us</span></place>
</city><span lang="EN-US" style="">si &agrave; le semer. Manifestement, il est bien avec moi et a l&rsquo;air de vouloir partager jusqu&rsquo;au bout cette experience du transsiberien&hellip;
<p>&nbsp;</p>
</span></font></font></p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 23 Jun 2006 13:56:22 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">af4ad60f4dd9b546b7ba25ba72c0ab94</guid>
                <category>Juin 2006 - Le transmongolien</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-3092143-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[En route vers la Russie]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-3092129.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"><font face="Tahoma"><font size="2">20h40 Le train est parti depuis 1h environ. Apres avoir fait la connaissance de mon compagnon de compartiment, Paul de London, prof de ballet en vadrouille depuis 2,5 ans, je m&rsquo;allonge un peu sur ma tendre couchette et decide de me la couler douce. Enfin&hellip;&hellip; Je suis dans le transsiberien, les doigts de pieds en eventail, un stylo dans une main et un paquet de fraises Tagada dans l&rsquo;autre, un the au jasmin chinois qui refroidit sur la tablette. Je regarde le paysage hallucinant de vide et d&rsquo;immensite qui defile devant mes yeux, comme si j&rsquo;en revais encore.. Tout est pass&eacute; si vite&hellip;. Une semaine seulement, et je dois deja quitter ce vaste terrain de jeu et d&rsquo;aventure dont je n&rsquo;ai eu que l&rsquo;apercu des infinies possibilities. La Mongolie est une terre sauvage, une terre de sauvages, et ca a du reveiller le cote sauvage qui est en moi pour que j&rsquo;ai a ce point envie d&rsquo;y retourner&hellip;Je quitte Ulaan Baatar parce qu&rsquo;il le fallait. Pour des questions de visas, de billets de train, de billet d&rsquo;avion. Pas reellement par choix.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"><font face="Tahoma"><font size="2">Quand le taxi me depose devant la gare, c&rsquo;est avec un pincement au coeur que je me dirige vers le quai. Parce que pendant que je m&rsquo;apprete a prendre le train, mon ami Janusch le franco-germano-polak part pour une semaine de decouverte a cheval avec que des gens sympas ( enfin sauf un, et d&rsquo;ailleurs je me raccroche a ca en me disant que je n&rsquo;aurai pas tenu le coup une semaine avec lui&hellip;.), parce que je repense a cette partie de basket improvisee quelques heures plus tot avec des gamins de la cite, parce que je quitte Cecile, Emeline et leur guest house dans laquelle je me sentais chez moi&hellip;. Et aussi parce que quitter la Mongolie, c&rsquo;est prendre pour de vrai la route du retour&hellip;.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"><font face="Tahoma"><font size="2">Je suis de nature prevoyante ( quand je peux), et comme il n&rsquo;y avait pas autant d&rsquo;embouteillages que ce que j&rsquo;avais imagine, j&rsquo;arrive a la gare avec &frac34;h d&rsquo;avance. Ca me laisse le temps de reperer la bonne voie ( ce qui n&rsquo;est en fait pas trop difficile compte tenu que sur les 4 voies, 3 sont occupees par des convoys de containers), de reperer la bonne voiture, et de prendre un dernier bain de soleil mongol en sirotant un coca. Tres rapidement, a vrai dire en arrivant sur le quai, je fais la connaissance de Narmandah, un jeune flic dont le boulot consiste a faire eviter aux passagers de se faire depouiller en montant dans le train par des pick-pockets Mongols<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>extremement habiles, si toutefois ca n&rsquo;a pas deja ete fait au marche ou dans les rues de UB. Apres m&rsquo;avoir accompagne pour me montrer ma voiture, il revient 10 min plus tard avec une bouteille de jus de fruits multivitamine, et son collegue Az-Jargal qui, je le comprendrais bien vite, est la pour servir d&rsquo;interprete. Manifestement, je lui ai tape dans l&rsquo;oeil, et ca se confirme quand il me dit de maniere incroyablement directe qu&rsquo;en 1/2h, on a le temps de faire un bebe&hellip; Pas froid aux yeux, les Mongols&hellip; Alors comme ca, meme sans etre imbibes de vodka, ils arrivent a avoir des comportements hallucinants.. Et meme si je lui dis tres nettement que non, je ne veux pas de baby police avec lui, il continue a me temoigner son attachement ( acharnement) et insiste pour me porter mon sac dans le train. Puis il disparait, et reapparait avec une plaque de chocolat et des lingettes rafraichissantes, me serre dans ses bras avec une telle imprevisibilite que je n&rsquo;ai pas pu y echapper, disparait, reapparait avec deux porte cles Mongols achetes a la boutique de souvenirs de la gare, et deux photos de lui qu&rsquo;il me tend avec insistance&hellip;. Quelle aventure&hellip; Ca me fait sourire, et rend mon depart plus amusant que prevu!
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"><font face="Tahoma"><font size="2">Je pensais partir avec la larme a l&rsquo;oeil, mais contre toute attente, la larme se trouve dans l&rsquo;oeil d&rsquo;un policier mongol qui me fait de grands signes derriere la vitre quand le train demarre enfin&hellip;
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US">
<p><font face="Tahoma" size="2">&nbsp;</font></p>
</span></p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 23 Jun 2006 13:54:04 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">6bbd998ec73ef08e626d3e6171663e4f</guid>
                <category>Juin 2006 - Le transmongolien</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-3092129-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[En voiture]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-3050328.html</link>        <description><![CDATA[Oui, je sais, on me dit par mail que quand meme je pourrais donner un peu plus de nouvelles... Oui je sais, je ne ferai croire a personne qu'il n'y a pas internet a Oulan Bator... Alors je vais etre tout a fait honnete, je n'ai pas pris le temps de mettre a jour le blog depuis un moment, parce que je profite a fond de mes derniers moments de liberte, je savoure chaque minute qui passe parce que je mesure&nbsp; maintenant qu'elles sont comptees.... le compte a rebours est lance, maintenant le retour est imminent... Comment je le sens? ben je le sens pas trop, a vrai dire j'essaie de remplir chaque journee au maximum, ne me laissant que quelques heures d'inactivite pour dormir un peu... j'aurais le temps de me morfondre plus tard...!!<br /><br />Alors pour le moment, je vis au present, et en l'occurrence, mon present se situe a Ulaan Baatar, dans une cite de la capitale mongole dont je suis deja tombee sous le charme. Il y a des endroits comme ca qu'on a pas besoin d'observer bien longtemps pour y voir quelque chose d'attachant, un soupcon d'indefiinissable qui m'invite deja a revenir.. La Mongolie, c'est ce pays grand comme trois fois la france, ou sont eparpilles quelques 3 millions d'habitants. Alors apres la Chine, ca fait un grand vide... quand le train traverse des kilometres de desert ou de steppes, qu on ne voit a l'infini que des dunes ou des touffes d'herbe rase, que seules quelques yourtes viennent peupler.... ben la, on respire.. meme si on respire de la poussiere, c'est quand meme mieux que la pollution de Pekin, ou que les odeurs de pieds dans un bus de nuit chinois. <br />Je suis tres a la bourre sur les articles du blog... alors par quoi commencer? j'hesite entre la nuit a la belle etoile sur la muraille de chine&nbsp; ou sur la ceremonie chamanique sur une montagne mongole a 4h du matin... alors peut etre que je vais juste commencer par ne rien dire d'autre que... tout va bien, ne vous faites pas de souci pour moi........... <br /><br />Je suis arrivee en Mongolie la semaine derniere, 3 jours plus tard que prevu parce que j ai loupe le train que je devais prendre. Ca m'a permis de poursuivre la route avec mon ami franco-germano-polak Janusch, et de rencontrer des gens super a UB. Une petite semaine seulement, et deja je reprends la route... le train, toujours, direction Irkutsk.&nbsp; Ulaan Baatar aura ete un home sweet home avant l'heure, grace aux amis francais que j'ai maintenant ici, Cecile et Emeline qui m'ont accueilli dans leur guest flambant neuve comme une soeur, Noemie qui m'a permis de participer a une balade a cheval et a une ceremonie chamanique hors du commun, Christophe qui nous a offert une bonne sangria dans son resto dont le menu etait un poeme a lui tout seul, Laurent et la belle guitare qu on a achete au marche pour se faire un boeuf... Sans oublier Janusch mon frere de chapeau, le premier mec que je rencontre que ca ne derange pas de s'habiller dans les friperies... enfin bref, des gens interessants, cools et accueillants, qui m ont donne l impression d etre chez moi. ca va etre encore une fois difficile de partir, mais peut etre surtout parce que cette fois, le train me rapproche tres (trop) vite de la france... c est dur de voir que mon reve se termine..... <br /><br />voila, sur ce, il est temps pour moi de retourner a l appart, et d aller vivre a fond mes derniers heures mongoles... c est pas tout ca....!!]]></description>
        <pubDate>Mon, 19 Jun 2006 10:14:30 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">90ed1862eeb152b23d289fd123e5f1a5</guid>
                <category>Juin 2006 - Le transmongolien</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-3050328-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[De Pekin à Ulan Bator]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-3375754.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="font-family: Tahoma;"><span style="font-size: 10pt;">13 Juin 06, Passage de la fronti&egrave;re mongole. De Pekin &agrave; Ulan Bator.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="font-family: Tahoma;"><span style="font-size: 10pt;"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="font-family: Tahoma;"><span style="font-size: 10pt;"><o:p></o:p>J&rsquo;ai loup&eacute; mon train pour la Mongolie &agrave; cause d&rsquo;une bouteille de vodka de trop. En fait, j&rsquo;ai loup&eacute; les horaires d&rsquo;ouverture de l&rsquo;ambassade mongole &agrave; cause d&rsquo;un r&eacute;veil trop tardif &agrave; cause d&rsquo;une bouteille de vodka de trop. Alors sans passeport, pas possible de quitter la Chine et j&rsquo;ai d&ucirc; d&eacute;caler mon voyage de deux jours. Bon, &eacute;videmment, &ccedil;a n&rsquo;est pas si simple de d&eacute;goter une place dans le transmongolien d&rsquo;autant qu&rsquo;il n&rsquo;y a que deux trains par semaine. Alors j&rsquo;ai opt&eacute; pour la seule possibilit&eacute; &eacute;conomique qui restait: bus de nuit &ndash; temps d&rsquo;attente interminable &ndash; train de nuit. Dur&eacute;e: environ deux jours.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="font-family: Tahoma;"><span style="font-size: 10pt;">Le d&eacute;part du bus est pr&eacute;vu &agrave; 17h dans une petite gare routi&egrave;re perdue &agrave; une heure de Pekin. Un de ces inconfortables sleeper bus chinois que je connais maintenant suffisamment pour savoir que malgr&egrave;s les apparences de banquettes et de couettes moelleuses, on y dort tr&egrave;s mal. Peu importe, ca ne sera pas la premi&egrave;re mauvaise nuit, et certainement pas la derni&egrave;re non plus. Nous sommes quatre. Deux francais, deux israeliens. Et une quinzaine de chinois et de mongols; on assiste<span style=""> </span>patiemment au chargement des montagnes de bagages et colis ficel&eacute;s de gros scotch. Malgr&egrave;s l&rsquo;habilet&eacute; des chargeurs et les multiples essais de tetris tri-dimensionnel, tout ne rentrera pas en soute et les bagages commencent &agrave; s&rsquo;amonceler dans les all&eacute;es du bus. On d&eacute;couvre avec un sourire surpris &ndash; mais pas vraiment &eacute;tonn&eacute; &ndash; que personne n&rsquo;a pris la peine de changer les draps entre les deux voyages..<br />En m&rsquo;installant sur ma couchette, j&rsquo;essaie de me persuader que le passager pr&eacute;c&eacute;dent de la 17 lower n&rsquo;&eacute;tait pas un de ces grassouillets chinois bedonnants et friants de poissons s&eacute;ch&eacute;s, comme celui que je vois en train de s&rsquo;essuyer les mains sur le drap, &agrave; quelques m&egrave;tres devant moi.. Non, le mien avait l&rsquo;air d&rsquo;aimer les biscuits, si j&rsquo;en crois le nombre de miettes que je trouve. Quant &agrave; la couette, je ne pr&eacute;f&egrave;re m&ecirc;me pas l&rsquo;examiner, et je la roule sous ma t&ecirc;te sans me soucier de son &eacute;tat de propret&eacute;. Qu&rsquo;est-ce que &ccedil;a changerait de toute fa&ccedil;on?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="font-family: Tahoma;"><span style="font-size: 10pt;">Le bus se met en route pour s&rsquo;arr&ecirc;ter une heure plus tard, charger six autres passagers et une vingtaine de colis suppl&eacute;mentaires qui viendront rendre les all&eacute;es totalement impraticables. Les &eacute;changes commerciaux vont bon train entre la Chine et la Mongolie, et pour une fois je trouve que mon sac &agrave; dos, il est pas si gros que &ccedil;a. Petite joueuse.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="font-family: Tahoma;"><span style="font-size: 10pt;">Le bus se remet en route, bien plein, et chacun tente de trouver une position confortable pour dormir, faisant abstraction de l&rsquo;odeur de chaussettes mouill&eacute;es ( il pleuvait au dernier arr&ecirc;t..) et du film de schwarzy en version chinoise. Pas facile de caser plus d&rsquo;1,80m (1,98 pour Janusch) sur ces couchettes et quand vers 22h, j&rsquo;arrive tout doucement &agrave; l&rsquo;&eacute;tat de somnolence, j&rsquo;ai du mal &agrave; supporter la musique que le chauffeur met brutalement &agrave; fond. Une sorte de torture chinoise criarde qui nous a fait penser, &agrave; Janusch et moi, &agrave; la pop tib&eacute;taine qu&rsquo;on devait endurer dans les bus sishuanais. L&rsquo;effet escompt&eacute; est imm&eacute;diat, et tout le monde est bel et bien r&eacute;veill&eacute; quand le bus s&rsquo;arr&ecirc;te dans une gare routi&egrave;re boueuse et anim&eacute;e. C&rsquo;est l&rsquo;heure de l&rsquo;arr&ecirc;t-repas, ce qui n&rsquo;est pas banal pour des chinois qui mangent g&eacute;n&eacute;ralement assez t&ocirc;t. On avait pas forc&eacute;ment tr&egrave;s faim et en voyant cette grande cantine glauque, odorante et bruyante, mon ap&eacute;tit en prend un sacr&eacute; coup. Un petit essai quand m&ecirc;me, pour ne pas mourir idiot (et affam&eacute;), mais non d&eacute;cid&eacute;ment, le plateau que cette femme nous a servi avec la gr&acirc;ce d&rsquo;une gardienne de prison est tout aussi r&eacute;pugnant que le d&eacute;cor. Je pars alors &agrave; la recherche des toilettes, hitsoire d&rsquo;&eacute;liminer le th&eacute;, seul truc chinois que je peux encore avaler. Quand on me dit &ldquo;derri&egrave;re le camion&rdquo;, je prends un air sceptique&hellip; Mais quand je trouve finalement les toilettes, encore une rigole encrass&eacute;e qu'on enjambe sans aucune s&eacute;paration cette fois, je me dis que dehors, derri&egrave;re le camion, &ccedil;a aurait pu &ecirc;tre pas mal&hellip;. Parce que quitte &agrave; montrer ses fesses, autant que &ccedil;a soit dans un endroit plus a&eacute;r&eacute;. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="font-family: Tahoma;"><span style="font-size: 10pt;">Cette fois, quand on remonte dans le bus, quand on escalade les tas de valises enrob&eacute;es de scotch et de colis ficel&eacute;s pour atteindre les couchettes, on sait que c&rsquo;est la derni&egrave;re fois. Le prochain arr&ecirc;t sera Erlian, ultime &eacute;tape chinoise avant la fronti&egrave;re.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="font-family: Tahoma;"><span style="font-size: 10pt;">La nuit est encore tr&egrave;s courte, mais cela me permet de voir le jour arriver vers 4h, une magnifique lueur rouge qui semble enflammer l&rsquo;horizon, loin, tout au bout de la steppe. Ca y est, les paysages mongols sont l&agrave;, le d&eacute;sert de Gobi n&rsquo;a que faire des fronti&egrave;res. Le bus &eacute;volue au milieu de vastes &eacute;tendues de sable et de cailloux avant que vers 5h30 n&rsquo;apparaissent les premi&egrave;res maisons d&rsquo;Erlian. Erlian n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;on peut appeler une ville int&eacute;ressante. A vrai dire, elle ne m&rsquo;a donn&eacute; qu&rsquo;une envie encore plus pressante de quitter la Chine.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="font-family: Tahoma;"><span style="font-size: 10pt;">Mais pour cela, il faudra &ecirc;tre encore bien patients, car ce n&rsquo;est qu&rsquo;&agrave; 9h45 qu&rsquo;on sera c&ocirc;t&eacute; mongol, passeport tamponn&eacute; en poche. Entre temps le minivan sens&eacute; nous emmener &agrave; la fronti&egrave;re ne cesse de s&rsquo;arr&ecirc;ter pour charger des gens et des colis, d&eacute;charger, recharger &agrave; nouveau, sans qu&rsquo;on puisse savoir quand le chauffeur arr&ecirc;tera de nous caser des cartons entiers de bas ou de cintres aux pieds ou derri&eacute;re la t&ecirc;te. On traverse la fronti&egrave;re sans difficult&eacute;, juste une petite fouille de principe d&rsquo;un de nos sacs &agrave; dos, qui semble &ecirc;tre beaucoup plus accessible que tous ces colis. La fronti&egrave;re mongole nous donne d&eacute;j&agrave; un bon aper&ccedil;u du pays&hellip; Une grosse batisse grise et carr&eacute;e, une caravane &agrave; quelques m&egrave;tres, et le d&eacute;sert partout autour. La muraille de Chine est en pierre, la muraille mongole elle est constitu&eacute;e de fils barbel&eacute;s sur lesquels sont se accroch&eacute;s des sacs plastiques de toutes les couleurs. La route chinoise qui nous a amen&eacute; l&agrave; &eacute;tait carrossable, celle avec laquelle on repart ne l&rsquo;est plus. On arrive &agrave; Zamyn-Uud, et une fois de plus, je suis impressionn&eacute;e de me sentir d&eacute;j&agrave; dans un autre pays, apr&egrave;s avoir parcouru quelques kilom&egrave;tres seulement. Ca y est, nous voil&agrave; en Mongolie, les gens sont diff&eacute;rents, ils semblent plus souriants que leurs voisins chinois, il nous faut passer du yuan au togrok, passer du th&eacute; vert au th&eacute; au lait, passer du porc au mouton bouilli&hellip;<br />La prochaine &eacute;tape, maintenant, c&rsquo;est Ulan Batar. Par le train cette fois. Par le train qui part dans cinq heures&hellip; A premi&egrave;re vue, debouts au milieu de la place o&ugrave; le van nous a d&eacute;pos&eacute;, on se dit que au moins on aura le temps de dormir tranquillou dans la salle d&rsquo;attente et de faire quelques courses. A premi&egrave;re vue seulement, parce qu&rsquo;on ne voit en fait ni salle d&rsquo;attente, ni rien qui ressemble &agrave; une &eacute;picerie. Alors on se retrouve en plein soleil sur le quai, allong&eacute;s par terre la t&ecirc;te sur le sac &agrave; dos, &agrave; constater avec d&eacute;lice qu&rsquo;il y a ici un vent frais qui rend la temp&eacute;rature juste&hellip;. parfaite. Durant nos heures d&rsquo;attente, le quai se remplit de plus en plus de familles et de colis. Beaucoup de colis. Alors pour mettre tous ces gens et tous ces colis, ils ont pr&eacute;vu un grand train&hellip; Tellement grand qu&rsquo;il est bien plus long que le quai, et que &ccedil;a nous vaut la peine de devoir atteindre une marche beaucoup trop haute avec sur le dos un sac beaucoup trop lourd&hellip;. On est toujours &agrave; quatre, et ayant achet&eacute; les billets ensemble, on se retrouve dans le m&ecirc;me compartiment. Janusch le fran&ccedil;ais, et les deux israeliens dont je n&rsquo;arrive pas &agrave; retenir les pr&eacute;noms, et qui n&rsquo;arrivent pas &agrave; retenir mon attention&hellip; De toute fa&ccedil;on, je suis malade alors faut pas me demander de faire des efforts de sociabilit&eacute; dans ces cas l&agrave;. Je suis encore malade et je me demande &agrave; quand date le dernier voyage en train pendant lequel je n&rsquo;ai pas fait d&rsquo;aller-retours incessants aux toilettes?... C&rsquo;&eacute;tait en Thailande, il y a deux mois&hellip;<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="font-family: Tahoma;"><span style="font-size: 10pt;">Le voyage promet d&rsquo;&ecirc;tre encore long et je vais une fois de plus accumuler le manque de sommeil. Et puis dans un compartiment ferm&eacute; comme &ccedil;a, &ccedil;a rend le trajet vraiment ennuyeux.. Dans les trains de nuit que j&rsquo;ai pu prendre jusqu&rsquo;&agrave; aujourd&rsquo;hui, y&rsquo;avait jamais de compartiment et du coup on pouvait voir les gens et observer plus facilement. En Chine, j&rsquo;aimais bien le petit strapontin dans l&rsquo;all&eacute;e pr&egrave;s de la vitre; &agrave; part qu&rsquo;il faut replier ses jambes chaque fois que quelqu&rsquo;un passe, sinon c&rsquo;est une place sympa. On peut regarder les jeunes qui jouent aux cartes avec des r&egrave;gles que je n&rsquo;ai jamais compris malgr&egrave;s toute l&rsquo;attention que je pouvais y porter. En Inde, &agrave; la place du strapontin, c&rsquo;&eacute;tait une couchette. Optimisation de l&rsquo;espace oblige. Du coup, tout le monde se retrouvait assis sur les banquettes du bas, et l&agrave;, c&rsquo;&eacute;tait un spectacle permanent. Mais ici&hellip;A part rester debout dans le couloir et regarder le paysage d&eacute;filer&hellip; Paysage qui devient vite lassant parce que le d&eacute;sert de Gobi, c&rsquo;est quand m&ecirc;me vachement d&eacute;sert. Alors au d&eacute;but on s&rsquo;extasie de temps &agrave; autre devant quelques yourtes isol&eacute;es, on s&rsquo;amuse &agrave; philosopher sur l&rsquo;immensit&eacute; des &eacute;tendues que l&rsquo;on traverse, et ce que &ccedil;a nous fait penser &agrave; la place de l'homme dans l&rsquo;univers et tout et tout&hellip; mais au final, on s&rsquo;emmerde vite. Surtout quand, au bout d&rsquo;un moment, on voit plus &agrave; travers les vitres &agrave; cause de la poussi&egrave;re. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="font-family: Tahoma;"><span style="font-size: 10pt;">Ceci dit, comme on est tous bien fatigu&eacute;s de la mauvaise derni&egrave;re nuit, on &eacute;teint les lumi&egrave;res relativement t&ocirc;t, et mes trois compagnons tombent comme des pierres. Et moi je peste. Je peste toutes les 20 minutes d&rsquo;avoir eu l&rsquo;id&eacute;e stupide et d&eacute;fiant toute logique de prendre la couchette du haut&hellip; Parce que &agrave; chaque fois que j&rsquo;ai besoin de me lever, je dois faire des accrobaties pas possible, je manque de marcher sur Janusch qui, avec ses 1,98m, remplit bien la couchette d&rsquo;en dessous, je dois trouver mes tongs dans le noir, me battre avec la porte blind&eacute;e du compartiment, et enfin parcourir le long couloir qui me s&eacute;pare encore des WC. Et tout &ccedil;a dans une situation que je rends urgente en me levant quand vraiment il le faut.. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="font-family: Tahoma;"><span style="font-size: 10pt;">Alors je suis bien contente quand le jour commence &agrave; se lever et que Ulan Bator n&rsquo;est plus tr&egrave;s loin. Je suis encore plus contente quand je rencontre No&eacute;mie, une amie de Janusch qui vit l&agrave; et qui est venu le chercher &agrave; la gare. Elle me parle de deux copines &agrave; elle qui viennent d&rsquo;inaugurer leur guest, et m&rsquo;y emm&egrave;ne en taxi. Voil&agrave; comment, en deux temps trois mouvements, je me retrouve install&eacute;e dans un dortoir flambant neuf, &agrave; partager de la confiture maison et du bon pain avec 6 autres fran&ccedil;ais tous tr&egrave;s sympathiques, dans une tour de la cit&eacute; de UB. Je ne suis l&agrave; que depuis quelques heures, et je sens que si mon estomac veut bien se calmer je vais passer du bon temps en Mongolie.<br />N'emp&ecirc;che que dans tous les cas, dans le dortoir, je prends le lit du bas.<o:p></o:p></span></p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 13 Jun 2006 01:29:08 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">c1812d8f75e83dc81594041fb517b62c</guid>
                <category>Juin 2006 - Le transmongolien</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-3375754-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le transmongolien - du 15 au 29/06]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-1251441.html</link>        <description><![CDATA[<p><strong><font face="Verdana" size="3"></font></strong></p>
<p><strong><font face="Verdana" size="3"></font></strong></p>
<p align="center"><strong><font face="Verdana" size="3"><img alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/17/75/69/cartes/transsib.gif" /></font></strong></p>
<p><strong><font face="Verdana" size="3">&quot; Le voyage est une esp&egrave;ce de porte par o&ugrave; on sort de la r&eacute;alit&eacute; comme pour p&eacute;n&eacute;trer dans une r&eacute;alit&eacute; inexplor&eacute;e qui semble un r&ecirc;ve.&quot;</font></strong></p>
<p><strong><font face="Verdana" size="3">Maupassant</font></strong></p>
<p><strong><font face="Verdana" size="3"><hr /></font></strong></p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 22 Nov 2005 15:11:07 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">e3e4769ba4ecac216d278e6aaa586e7b</guid>
                <category>Juin 2006 - Le transmongolien</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-1251441-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>

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