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    <title><![CDATA[Amel' O' Tour d'Asie (Novembre 2006 - En route pour l'Inde again)]]></title>
    <link>http://www.amelotour.com/categorie-941169.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Novembre 2006 - En route pour l'Inde again&quot; du blog &quot;Amel' O' Tour d'Asie&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Amel' O' Tour d'Asie (Novembre 2006 - En route pour l'Inde again)]]></title>
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    <pubDate>Tue, 29 Mar 2011 14:03:09 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Tue, 29 Mar 2011 14:03:09 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.amelotour.com</copyright>            <category>Novembre 2006 - En route pour l'Inde again</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Oasis ...]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-5646489.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Madras, </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Le 13 F&eacute;vrier</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">&nbsp;
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">&nbsp;
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">&nbsp;
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">&nbsp;
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Se pouvait-il vraiment que Madras soit plus parfaite encore comme &eacute;tape qu&rsquo;elle ne l&rsquo;&eacute;tait d&eacute;j&agrave; &agrave; mes yeux... pouvait-on imaginer, en arrachant nos sacs du bus 27B bond&eacute; qui nous d&eacute;chargeait &agrave; Triplicane, dans la chaleur lourde et pollu&eacute;e de la ville, que l&rsquo;on finirait par trouver un v&eacute;ritable havre de paix au milieu du chaos?</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Non... J&rsquo;ai toujours aim&eacute; ce quartier, depuis que je le connais, mais toujours en faisant abstraction de cet h&ocirc;tel indien d&eacute;fra&icirc;chi, qui ne propose que des chambres sales et bruyantes et les sourires du personnel fauss&eacute;s par l&rsquo;app&acirc;t du gain. Mon dernier passage m&rsquo;a d&eacute;finitivement fait rayer cette adresse de mon calepin. Le Thaj Regency, c&rsquo;est bel et bien termin&eacute;. Faut pas prendre une Coulombel pour une imb&eacute;cile, en restant polie, et cette fois, quand le g&eacute;rant m&rsquo;a demand&eacute; de payer une somme qui &eacute;tait plus &eacute;lev&eacute;e que celle affich&eacute;e sur leur propre belle carte de visite toute neuve, j&rsquo;ai gentiment renvoy&eacute; &agrave; ce brave homme le sourire faux et sournois qu&rsquo;il me tendait, en lui disant que je ne remettrai plus<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>les pieds dans son &eacute;tablissement. Adieu. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Alors en descendant du bus, et la rue de Triplicane avec Milan et Magali (volontaires au DG Home pr&egrave;s de Tiruvannamalai), il nous fallait tout reprendre &agrave; z&eacute;ro. Ou presque, parce que mine de rien, je commence &agrave; conna&icirc;tre ce quartier sur le bout de plusieurs doigts maintenant.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Triplicane est tout ce qui a de plus indien, mais dans tout ce qu&rsquo;il y a de musulman indien. Pas de temples, mais une mosqu&eacute;e qui anime un instant les heures calmes et matinales. On ach&egrave;te pas de saris, mais des burkhas et de longues robes noires difformes. Les march&eacute;s n&rsquo;ont pas l&rsquo;odeur de jasmin et de santal, mais celle du sang des moutons ou des volailles d&eacute;plum&eacute;es. Mais j&rsquo;aime ce quartier, allez savoir. Pour la rue aux boutiques de photos, pour les petites filles voil&eacute;es qui sortent de l&rsquo;&eacute;cole et dont on voit largement le sourire, pour le vendeur de glaces italiennes m&ecirc;me s&rsquo;il a augment&eacute; ses prix, pour sa plage conviviale et color&eacute;e, et.... encore plus depuis hier &agrave; la d&eacute;couverte de ce lieu magique duquel j&rsquo;ai envie de taire le nom... peut &ecirc;tre pour lui donner un peu plus de myst&egrave;re, ou peut &ecirc;tre pour qu&rsquo;il reste un endroit que l&rsquo;on se doit de m&eacute;riter durement....</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">On a quitt&eacute; le DG Home en fin de matin&eacute;e, les enfants en pleurs mais pas autant que moi qui avait bien du mal &agrave; retenir le trop plein d&rsquo;&eacute;motions.. le rickhsaw nous a emmen&eacute;, dans un silence religieux, &agrave; la gare routi&egrave;re toujours aussi vivante de Tiruvannamalai. Le contact avec la r&eacute;alit&eacute; citadine indienne se refait brusquement, celle qui crie et klaxonne, qui bouscule et &eacute;crase, qui a l&rsquo;odeur de la vieille urine qui fait pleurer les yeux et remonter l&rsquo;estomac. Tout &ccedil;a, avec des bus fumants au milieu, dont le Chennai Express de 12h. Salomon, le fils de Paul et Joys, court nous acheter une r&eacute;servation pendant qu&rsquo;on charge comme on peut les sacs &agrave; bord, car le bus n&rsquo;est pas encore vraiment arr&ecirc;t&eacute; qu&rsquo;il se remplit d&eacute;j&agrave;. Salomon revenu, on prend position sur les si&egrave;ges 35 &agrave; 37 sur lesquels on a du mal &agrave; tenir &agrave; trois. Je cours acheter des clopes avant le d&eacute;part, et refait mes au-revoirs &agrave; Salomon et Saravanan qui nous ont accompagn&eacute;. Puis au coup de klaxon simultan&eacute; aux premiers &eacute;brouements du moteur, je monte sur la premi&egrave;re marche, la seule qui reste accessible. La porte n&rsquo;est pas loin de cette foutue banquette en sky bleu (comme les trains, mais en plus petite), mais traverser un bouchon humain, qui plus est indien, n&rsquo;est pas une mince affaire et demande une bonne dose d&rsquo;effort physique et d&rsquo;impartialit&eacute;. De bestialit&eacute;, devrais-je dire. Une sorte de lutte contre le courant, mais avec des vagues qui accrochent le sac. Et qui piquent le porte monnaie au passage. Ah les salops. Mais bon, &ccedil;a n&rsquo;&eacute;tait que du fric apr&egrave;s tout, je suis surprise d&rsquo;oublier tr&egrave;s rapidement les 2000 roupies perdus dans la bataille et je tombe, presque aussit&ocirc;t assise, dans un profond sommeil, coinc&eacute;e entre Milan et le fessier recouvert d&rsquo;un dhoti* blanc crasseux de cet homme debout dans l&rsquo;all&eacute;e comme beaucoup d&rsquo;autres.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">L&rsquo;arriv&eacute;e &agrave; Madras n&rsquo;a plus beaucoup d&rsquo;effet de surprise pour moi, je l&rsquo;ai v&eacute;cue bien des fois. Se faire bousculer pour descendre rapidement du v&eacute;hicule, bien que ce soit le terminus, marcher une vingtaine de m&egrave;tres sur un trottoir, renvoyant un visage indiff&eacute;rent ou ext&eacute;nu&eacute; aux harassements des chauffeurs de rickshaws, et enfin entrer dans l&rsquo;enceinte un peu plus calme et organis&eacute;e de cette immense gare routi&egrave;re. On d&eacute;bouche sur les quais des bus citadins, les verts et blancs, caboss&eacute;s et sales, ceux qui n&rsquo;ont pas de fen&ecirc;tres et qui penchent du c&ocirc;t&eacute; des portes &agrave; cause des grappes de passagers qui s&rsquo;y pendent. On file vers l&rsquo;avant dernier quai, l&agrave; o&ugrave; d&eacute;filent les bus qui sont num&eacute;rot&eacute;s 27B et qui passent dans leur tourn&eacute;e sportive par l&rsquo;extr&eacute;mit&eacute; nord de la rue de Triplicane. Celui qu&rsquo;il nous faut prendre. Quand on a eu le fessier immobile pendant d&eacute;j&agrave; quatre heures, on n&rsquo;est pas &agrave; une heure pr&egrave;s. Mais &eacute;videmment, le bus qui venait alors de d&eacute;marrer et dans lequel on s&rsquo;appr&ecirc;tait &agrave; sauter, bien qu&rsquo;ayant le num&eacute;ro 27B dont je ne doutais absolument pas, ne passait pas par Triplicane. Faut attendre le 27B suivant, parce que celui l&agrave;, il va ailleurs. Il aurait &eacute;t&eacute; trop simple de trouver un autre chiffre, ou une autre lettre pour une autre destination, et simple n&rsquo;est pas indien.<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>Encore un clin d&rsquo;oeil, une petite tape sur l&rsquo;&eacute;paule, gentillette mais sarcastique, o&ugrave; l&rsquo;Inde me rappelle que m&ecirc;me en pensant conna&icirc;tre un endroit, elle peut encore bien me surprendre.... c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce qu&rsquo;il allait encore se produire, environ deux heures plus tard, quand on a pos&eacute; des yeux &eacute;bahis sur un d&eacute;cor inesp&eacute;r&eacute; de qui&eacute;tude et d&rsquo;espace... apr&egrave;s les bouff&eacute;es de vapeurs indiennes suffocantes, on retrouve notre oxyg&egrave;ne. Apr&egrave;s les chambres qui nous ont vu d&eacute;filer, ternes et minuscules, qui affichent leur fenestrou condamn&eacute; sur la rue assourdissante ou face &agrave; un mur qui ne laisse de place qu&rsquo;&agrave; une faible lueur naturelle, on ouvre enfin la premi&egrave;re porte de notre vaste chambre aux &eacute;pais murs de pierre peints en blanc.... remplis instantan&eacute;ment de l&rsquo;espace et de la propret&eacute; rustique des lieux, il ne fait aucun doute que cette chambre sera la n&ocirc;tre, m&ecirc;me si on doit partager la douche avec les autres occupants de la guest, qu&rsquo;ils soient voyageurs inv&eacute;ter&eacute;s ou rongeurs vert&eacute;br&eacute;s. Je suis heureuse que les rats du temple de Bikaner n&rsquo;aient pas &eacute;t&eacute; aussi &eacute;normes que celui que l&rsquo;on a crois&eacute; ce soir, car dans ce cas, j&rsquo;aurais probablement eu plus de difficult&eacute; &agrave; oublier leur pr&eacute;sence...** parce que celui l&agrave;, j&rsquo;ai bien cru un moment que c&rsquo;&eacute;tait un autre chat de la guest, certes un peu court sur pattes.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Tout s&rsquo;efface en un instant, les traces de fatigue, les bousculades agressives, la transpiration noircie par les gaz d&rsquo;&eacute;chappement, les s&eacute;parations &eacute;mues avec notre famille de Gulalpadi.... on retrouve ici le calme et la convivialit&eacute; que l&rsquo;on avait laiss&eacute; le matin m&ecirc;me quelque part au fin fond d&rsquo;un village encercl&eacute; de rizi&egrave;res. On retrouve enfin l&rsquo;air qui commen&ccedil;ait &agrave; manquer dans l&rsquo;atmosph&egrave;re pollu&eacute;e du trafic et le luxe de l&rsquo;espace que la folie de la ville n&rsquo;a pas r&eacute;ussir &agrave; remplir. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Un v&eacute;ritable oasis de douceur dans un oc&eacute;an indien, un refuge, un lieu de r&eacute;pit et de repos. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Le cadre exceptionnel auquel s&rsquo;ajoute un personnel &agrave; 80% tr&egrave;s agr&eacute;able (excellent score), nous amenaient d&eacute;j&agrave; proche de la perfection, quand Mahindra, un gars de l&rsquo;&eacute;quipe, m&rsquo;a pass&eacute; au t&eacute;l&eacute;phone le boulanger fran&ccedil;ais qui appelait pour la commande de viennoiseries du lendemain matin. Rien que le fait de parler d&rsquo;un croissant avec quelqu&rsquo;un qui conna&icirc;t le plaisir d&rsquo;en d&eacute;guster un vrai, j&rsquo;en ai bien souvent l&rsquo;eau &agrave; la bouche. Se rem&eacute;morrer le croustillement de la p&acirc;te feuillet&eacute;e, mordre en songe dans la p&acirc;te tendre et encore ti&egrave;de, et se voir l&eacute;cher ses doigts graisseux apr&egrave;s avoir ramass&eacute; les moindres miettes... le croissant, le vrai croissant, celui qui reste in&eacute;gal&eacute; et dont le nom est trop souvent injustement utilis&eacute; du fait d&rsquo;un cruel manque de savoir faire. Voil&agrave; que tout &agrave; coup je me retrouve avec un boulanger fran&ccedil;ais qui me promet qu&rsquo;il en apportera &agrave; la guest le lendemain d&egrave;s 8h... </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Comment ne pas vouloir se pincer un instant, en pensant retomber dans une r&eacute;alit&eacute; tout autre... mais non. On a bel et bien trouv&eacute; un coin de paradis, aussi impossible que cela puisse para&icirc;tre. Madras, dont je quitterai apr&egrave;s demain la terre ferme, a encore de nouvelles raisons de m&rsquo;y faire revenir un jour. J&rsquo;en ai presque envie de courir vers mon ancien copain le g&eacute;rant du Thaj pour le remercier de m&rsquo;avoir pouss&eacute;e &agrave; ne plus remettre les pieds dans son h&ocirc;tel tout moche. Mais il ne comprendrait pas. La subtilit&eacute; n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; ni son style, ni celui de son &eacute;tablissement.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">Me voil&agrave; plus qu&rsquo;heureuse &agrave; Madras, toujours autant comme un poisson dans l&rsquo;eau, mais avec un plus grand et plus beau bocal.<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Mon programme est plus que charg&eacute;, mais je profite de mes derniers moments avec Magali qui s&rsquo;inqui&egrave;te un peu de la plus que probable incompatibilit&eacute; d&rsquo;humeur avec notre compagnon belge, avec qui elle s&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; voyager pour les trois prochaines semaines. Je profite des cookies au chocolat extraordinairement bons du spencer plaza et des pizzas avec du vrai fromage qui fond dessus, des croissants d&rsquo;Alex-le-boulanger dans la cour arbor&eacute;e et calme de mon nouveau rep&egrave;re madrassien, avant de d&eacute;poser pour trois jours mon sac &agrave; dos au fond de la cale d&rsquo;un bateau qui m&rsquo;emm&egrave;nera aux &icirc;les Andaman pour un mois. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Quand je quitterai cette chambre blanche et pastel, la rue de Triplicane, Madras et le sous continent indien, quand les vagues de l&rsquo;oc&eacute;an me berceront vers des rivages isol&eacute;s et inconnus, c&rsquo;est encore un nouveau chapitre qui va se clore. Avec une conclusion qui se profile d&eacute;j&agrave; aujourd&rsquo;hui, avec des indices qui me donneront une nouvelle fois l&rsquo;envie de parcourir la suite de l&rsquo;histoire, et de la comprendre un peu plus. Je reprendrais seule les rennes de mon voyage, regonfl&eacute;e de tous ces coeurs pleins d&rsquo;amour qui ont crois&eacute; mon chemin. Que les rencontres aient &eacute;t&eacute; pr&eacute;vues, comme Anne Chritine, Alex et Marie (m&ecirc;me si je n&rsquo;ai crois&eacute; cette derni&egrave;re que quelques heures) et bien entendu toutes ces gueules d&rsquo;amour du DG Home, ou totalement impr&eacute;visibles.... Magali, Milan, Stan, Meredith, Mahindra, je vous dirais au revoir apr&egrave;s vous avoir n&eacute;goci&eacute; un rickshaw, promis...</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">&nbsp;
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">* dhoti: tissu que les hommes portent dans le tamil nadu, sorte de jupe nou&eacute;e autour de la taille.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">&nbsp;
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">** r&eacute;f&eacute;rence aux articles:</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>-<a href="http://www.amelotour.com/article-4954856.html"> Le Karni Mata Temple</a></font></font></p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 13 Feb 2007 15:05:54 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">42d90bfb77940978f49e8fb02d1b22ad</guid>
                <category>Novembre 2006 - En route pour l'Inde again</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-5646489-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Et au milieu coule une riviere]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-5151248.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">31 d&eacute;cembre</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">&nbsp;
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Le soleil vient de dispara&icirc;tre derri&egrave;re la montagne, il doit &ecirc;tre 16h environ. Le dernier soleil de 2006 vient de quitter mon ciel. Je suis install&eacute;e au coeur des rochers, sur une perle de sable abrit&eacute;e du vent et des regards, d&eacute;pos&eacute;e sur un rocher qui surplombe la rivi&egrave;re. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je repense &agrave; toutes ces premi&egrave;res fois que j&rsquo;ai v&eacute;cu en ce dernier jour de l&rsquo;ann&eacute;e. Premi&egrave;re fois que je me r&eacute;veille et assiste &agrave; l&rsquo;&eacute;trange spectacle de la brume &eacute;paisse qui peine &agrave; se d&eacute;tacher du sol, restant accroch&eacute;e aux sources d&rsquo;eau chaude par la vapeur dense qui s&rsquo;en &eacute;chappe; premi&egrave;re fois que j&rsquo;ai un chiot du nom de Babou sur les genoux; premi&egrave;re fois que je mets le haut noir que j&rsquo;ai achet&eacute; &agrave; Mc Leod; premi&egrave;re fois que j&rsquo;essaie cette marque de shampooing en sachet &agrave; 2Rs; premi&egrave;re fois que j&rsquo;assiste en vrai &agrave; un match de cricket, et premi&egrave;re fois que je vois le parcours de ma vie d&eacute;filer dans le courant d&rsquo;une rivi&egrave;re sacr&eacute;e....</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Il y a ces &eacute;tendues lisses et calmes; &agrave; vrai dire il y en a peu.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Il y a ces rochers qui perturbent, acc&eacute;l&egrave;rent le courant, d&eacute;chirent les flots...</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Il y a ces remous, o&ugrave; l&rsquo;eau est agit&eacute;e, mousseuse, bruyante; elle s&rsquo;affole en bouillons, cascades, &eacute;claboussures.. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Puis la surface se lisse &agrave; nouveau, laissant y exploser des milliers de bulles claires; l&rsquo;agitation int&eacute;rieure remonte et se laisse balayer par le courant... &ccedil;a fait le bruit des galets quand la vague se retire. Les eaux deviennent alors plus calmes et le vert &eacute;meraude retrouve sa couleur si profonde.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Et j&rsquo;en suis o&ugrave;, moi, dans tout &ccedil;a...</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je rep&egrave;re bien, dans ma vie comme sur cette rivi&egrave;re, ces longues ann&eacute;es &agrave; suivre le courant, agit&eacute;e mais pas encore d&eacute;bordante, perturb&eacute;e mais pas encore perturbante... ces ann&eacute;es o&ugrave; ma surface &eacute;tait tellement lisse, ma vie tellement plate...</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je rep&egrave;re le creux de la vague, avant le premier rocher. L&agrave; o&ugrave; l&rsquo;eau donne toute son &eacute;nergie pour escalader et recouvrir l&rsquo;obstacle, avant qu&rsquo;au sommet, elle ne trouve enfin son potentiel maximum.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Est-ce que j&rsquo;en suis arriv&eacute;e en haut du rocher? Suis-je encore en train de l&rsquo;escalader goutte &agrave; goutte? Ai-je d&eacute;j&agrave; plong&eacute; dans ce tourbillon bouillonnant qui gicle, assourdit, &eacute;crase et propulse...</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">J&rsquo;en suis o&ugrave;?</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Peut-&ecirc;tre &agrave; l&rsquo;endroit o&ugrave; l&rsquo;eau commence &agrave; s&rsquo;exprimer, &agrave; cracher son &eacute;nergie et sa force, &agrave; passer l&rsquo;obstacle plut&ocirc;t que de s&rsquo;obstiner &agrave; vouloir le contourner.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je sais pas exactement o&ugrave; j&rsquo;en suis, ni o&ugrave; se trouve Tattapani sur cette carte de ma vie. Mais j&rsquo;ai pass&eacute; cette longue p&eacute;riode &agrave; suivre le courant, j&rsquo;ai cess&eacute; de pr&eacute;f&eacute;rer la surface plate &agrave; l&rsquo;expression de moi-m&ecirc;me. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je suis peut-&ecirc;tre assourdie par ces remous, au point parfois de ne plus percevoir le monde ext&eacute;rieur, mais peut-&ecirc;tre que j&rsquo;en ai besoin pour commencer &agrave; percevoir mon propre monde...</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je suis l&agrave;, &agrave; Tattapani, sur ma perle de sable, avec mon ch&acirc;le sur les &eacute;paules, et j&rsquo;observe ce courant qui m&rsquo;emporte toujours, mais que j&rsquo;apprends &agrave; ma&icirc;triser et &agrave; utiliser pour que ma barque prenne le meilleur chemin jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;oc&eacute;an.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">&nbsp;
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">&nbsp;
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Bonne annee a tous,</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Que 2007 soit pour chacun l&rsquo;occasion de choisir le meilleur chemin vers son ocean.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">&nbsp;
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 31 Dec 2006 13:58:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">5bf8015d6091b3c13bb921b07bc2a6b2</guid>
                <category>Novembre 2006 - En route pour l'Inde again</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-5151248-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Tatta, Tatta Pani]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-5151227.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Tattapani, </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">30 d&eacute;cembre 2006</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">&nbsp;
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<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">M&rsquo;y voil&agrave; enfin. Apr&egrave;s encore une bien longue journ&eacute;e de bus, j&rsquo;ai d&eacute;pos&eacute; mon sac sur le lit et me suis pr&eacute;cipit&eacute;e sur la terrasse du Spring View. Que c&rsquo;est bon d&rsquo;&ecirc;tre l&agrave;.... Rien n&rsquo;a chang&eacute;, je retrouve ma place telle que j&rsquo;ai laiss&eacute; il y a quelques mois, sans savoir alors que je serais si vite de retour.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">La rivi&egrave;re est l&agrave;, devant moi, d&rsquo;un vert &eacute;meraude profond, elle s&rsquo;&eacute;coule &agrave; mes pieds dans un bruit sourd et puissant que la pop indienne a du mal &agrave; couvrir. Je ne suis arriv&eacute;e que depuis quelques minutes, mais d&eacute;j&agrave; ma journ&eacute;e p&eacute;nible s&rsquo;est effac&eacute;e, seuls mon post&eacute;rieur, mon &eacute;paule et mon genou gauche semblent &ecirc;tre encore traumatis&eacute;s par les chocs du voyage. Mais bient&ocirc;t, apr&egrave;s mon pancake &agrave; la banane et les retrouvailles avec Umesh, j&rsquo;irai dissoudre d&eacute;finitivement les moindres traces de douleur dans un bain bien chaud aux relents d&rsquo;oeuf pourri.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">C&rsquo;est la premi&egrave;re fois que je reviens dans un endroit que j&rsquo;ai vraiment aim&eacute;, et c&rsquo;est une sensation tr&egrave;s agr&eacute;able. J&rsquo;ai pu faire signe au chauffeur du bus pour qu&rsquo;il m&rsquo;arr&ecirc;te juste au niveau de la route qui descend vers la rivi&egrave;re et la guest, m&rsquo;&eacute;vitant un long trajet inutile depuis la gare routi&egrave;re. Je suis rentr&eacute;e dans la guest comme si je rentrais chez moi, et m&ecirc;me si mon ancienne chambre n&rsquo;est pas libre, je retrouve instantan&eacute;ment mes rep&egrave;res et n&rsquo;ai pas besoin d&rsquo;&eacute;parpiller mes affaires dans la nouvelle pour m&rsquo;y sentir d&eacute;j&agrave; bien.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je retrouve la &ldquo;plage&rdquo; de sable et de galets gris, les bains naturels au bord de la rivi&egrave;re sacr&eacute;e, o&ugrave; les gens du village et des touristes indiens d&eacute;filent pour aller s&rsquo;y laver, le gros rocher sur lequel je m&rsquo;&eacute;tais install&eacute;e pour &eacute;crire, surplombant les remous turbulents.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Quelques vieux sont rassembl&eacute;s autour d&rsquo;un pot de peinture reconverti en feu aux effluves surprenantes de mangue et de santal, ils fument des bidis vid&eacute;s, puis re-remplis avec soin de substance moins fruit&eacute;e, mais tout aussi odorante. En quelques instants, je me retrouve invit&eacute;e au milieu d&rsquo;eux, reconnaissant Molik, le p&egrave;re d&rsquo;Umesh. Je me r&eacute;chauffe les mains et le coeur autour de ce petit feu, dans le silence voulu par l&rsquo;impossible conversation.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">C&rsquo;est si bon d&rsquo;&ecirc;tre de retour, de partager un chai avec Umesh qui nous a rejoint, se rem&eacute;morant le peu de souvenirs qu&rsquo;on a eu le temps de construire ensemble la derni&egrave;re fois... d&rsquo;entendre en permanence la rivi&egrave;re, comme une pluie torrentielle continue... d&rsquo;attendre avec impatience que le bain chaud se lib&egrave;re, que je puisse moi aussi m&rsquo;y d&eacute;lasser et m&rsquo;y r&eacute;curer &agrave; la lueur d&rsquo;une bougie.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Qu&rsquo;elles sont loin, les huit heures de bus de la journ&eacute;e! Dire que seulement 140 kms me s&eacute;paraient d&rsquo;ici... Tattapani est vraiment un lieu qu&rsquo;on doit m&eacute;riter, surtout par la certes magnifique, mais interminable route de Mandi...</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Il est presque 20h. J&rsquo;ai plaqu&eacute; cahier, crayon, cigarette et musique quand Umesh a toqu&eacute; &agrave; ma porte pour me dire que mon bain &eacute;tait pr&ecirc;t... l&rsquo;appel de la chaleur est plus forte que tout, je n&rsquo;ai pas eu vraiment chaud depuis si longtemps...</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Le bain est plus incroyable encore que dans mes souvenirs... est-ce le froid ext&eacute;rieur plus piquant et plus vif? Les deux jours &agrave; &ecirc;tre pli&eacute;e en deux dans les quatre bus successifs?</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je retrouve la cabane en b&eacute;ton au &frac34; couverte d&rsquo;une b&acirc;che en plastique bleu. Umesh a fait installer une ampoule rouge qui diffuse une lumi&egrave;re douce mais qui, additionn&eacute;e &agrave; la vapeur qui se d&eacute;gage du bain, donne une atmosph&egrave;re &eacute;trange... j&rsquo;allume un b&acirc;ton d&rsquo;encens, enl&egrave;ve mes chaussures et entasse mes v&ecirc;tements sur la chaise en plastique. Le sol de ciment est mouill&eacute; et glacial, mais je n&rsquo;ai que deux pas avant de me plonger dans une eau trouble &agrave; temp&eacute;rature id&eacute;ale... je me glisse dans le bain, comme on rejoint le confort des couvertures chaudes de son lit... tr&egrave;s chaudes..</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Du bonheur liquide et odorant &agrave; 40&deg;C, dans un bac en b&eacute;ton aux rebords de carreaux de c&eacute;ramique blanche, bonheur qui me p&eacute;n&egrave;tre instantan&eacute;ment, me d&eacute;tend la peau, les muscles, les os.. les moindres cellules sont innond&eacute;es de chaleur et de plaisir.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je me retiens pour ne pas laisser &eacute;chapper un soupir &eacute;quivoque, car quand le bonheur est si intense et si proche de la perfection, on est pas bien loin &ndash;excusez-moi du terme- de l&rsquo;orgasme.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je m&rsquo;abandonne totalement dans ce bain de bien &ecirc;tre, avant que les picotements de chaleur ne m&rsquo;en fasse sortir sortir quelques instants. Je quitte le bain, m&rsquo;appuie un moment sur le muret d&eacute;couvert, regarde le ciel qui s&rsquo;opacifie, l&rsquo;humidit&eacute; et le froid tombent en brume &eacute;paisse et voilent d&eacute;j&agrave; les premi&egrave;res &eacute;toiles. Puis, au bout de quelques minutes, quand mon corps refroidi cesse de fumer, je me replonge dans le bain, encore plus chaud et velout&eacute; qu&rsquo;avant. Je ne sais pas exactement combien de fois j&rsquo;ai r&eacute;p&eacute;t&eacute; le rituel... jusqu&rsquo;&agrave; ce que mon corps reste &agrave; la temp&eacute;rature de l&rsquo;eau, jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;il fonde dans le bain... &ccedil;a vaut tous les massages du monde, et je suis tellement molle apr&egrave;s ce bain que je r&eacute;alise la force des tensions que je portaient en moi, &agrave; cause du froid, &agrave; cause du souci que je me fais pour mes proches, &agrave; cause des questions qui restent sans r&eacute;ponse...</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Tout s&rsquo;est liqu&eacute;fi&eacute; progressivement, et je ressors de mon bain ext&eacute;nu&eacute;e et vid&eacute;e, entour&eacute;e de mon aura de vapeur qui se dissous petit &agrave; petit.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Mes jambes cotoneuses ont du mal &agrave; me porter jusqu&rsquo;&agrave; la chambre, et apr&egrave;s avoir pest&eacute; pour trouver dans le noir le bon code de mon cadenas, je m&rsquo;&eacute;croule sur le lit et laisse tomber mes affaires sur le plancher. Out. Je mets une demi heure pour retrouver mes esprits, et en m&ecirc;me temps l&rsquo;usage de mes jambes... </font></p>
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        <pubDate>Sat, 30 Dec 2006 13:57:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">c04b8130696c522ec9b4abc035777955</guid>
                <category>Novembre 2006 - En route pour l'Inde again</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-5151227-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[No possible, M'am]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-5151211.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">No possible, M&rsquo;am</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">&nbsp;
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<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Mandi, le 29 d&eacute;cembre.</font></p>
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<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je m&rsquo;attendais &agrave; ce que le trajet pour Tattapani soit un peu fastidieux et chaotique. 1/ je suis dans les montagnes, et 2/ je veux rejoindre un petit village hors des axes principaux, du nom de Tattapani. Tout le monde conna&icirc;t Tattapani, mais surtout parce que &ccedil;a veut dire &ldquo;eau chaude&rdquo; en hindi, et que des sources d&rsquo;eau chaude, dans le coin, il y en a un paquet. Alors j&rsquo;ai regard&eacute; la carte de l&rsquo;Himachal Pradesh du lonely, et je me suis fait moi m&ecirc;me mon plan de route. &Ccedil;a a l&rsquo;air facile.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Premi&egrave;re destination: Mandi. Je me dis que de l&agrave;, il doit y avoir moultes bus qui partent pour Tattapani, car selon l&rsquo;&eacute;chelle du lonely, c&rsquo;est &agrave; 50 kms &agrave; peine. Apr&egrave;s m&rsquo;&ecirc;tre renseign&eacute;e cette semaine &agrave; la gare routi&egrave;re de Dharamsala, <u>et</u> au bureau officiel de la HRTC (Himachal Road Transport Corporation), je savais de sources s&ucirc;res que le bus pour Mandi partait quotidiennement &agrave; 11h du mat.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Ce matin, j&rsquo;ai donc fait mes adieux &agrave; la guest; l&rsquo;avenir me permettra sans doute de revoir Tarun et Chandni, mais certainement pas ici. Je me suis mise en route vers 9h, j&rsquo;ai pr&eacute;vu du mou parce que 1/ mon sac est boucl&eacute; plus t&ocirc;t que je ne le pensais, 2/ j&rsquo;ai une sacr&eacute;e grimpette &agrave; faire jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;arr&ecirc;t des jeeps, et 3/ on ne prends jamais trop de pr&eacute;cautions en Inde.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je remonte la rue de Mc Leod, encore d&eacute;serte &agrave; cette heure. Je croise l&rsquo;australien qui a eu la flemme de descendre &agrave; Dharamsala pour envoyer son colis hier, et qui attend l&rsquo;ouverture du bureau de poste pour &ecirc;tre le premier; je croise quelques vendeurs kashmiris qui ouvrent leur boutique, en me demandant si je pars; je fais un signe de la main au gars du Carpe Diem, regrettant d&eacute;j&agrave; ses succulentes pizzas, et j&rsquo;arrive enfin au main square. En r&acirc;lant. Pas en r&acirc;lant comme les fran&ccedil;ais savent le faire, mais en r&acirc;lant litt&eacute;ralement, comme un animal bless&eacute; qui attend qu&rsquo;on l&rsquo;ach&egrave;ve... je craignais d&rsquo;avoir &agrave; monter cette pente avec le sac &agrave; dos, depuis mon arriv&eacute;e &agrave; Mc Leod, quand je la descendais pour la premi&egrave;re fois...</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Pas le temps de souffler cependant, car une jeep vient de mettre son moteur en marche. Et si &agrave; premi&egrave;re vue elle peut para&icirc;tre pleine, le chauffeur me fait signe qu&rsquo;il reste une place pour moi. Soit vingt centim&egrave;tres de largeur disponible sur la banquette arri&egrave;re. Je rassemble les derni&egrave;res forces qu&rsquo;il me reste pour jeter tant bien que mal mon sac &agrave; dos sur la galerie du toit, avant d&rsquo;installer ma fesse droite sur l&rsquo;espace qui lui est g&eacute;n&eacute;reusement r&eacute;serv&eacute;e. Cette fois &ccedil;a y est, je suis partie. Bye bye Mc Leod Ganj, au revoir et &agrave; jamais.. je ne peux m&ecirc;me pas me retourner pour un dernier regard d&rsquo;adieu, car j&rsquo;ai l&rsquo;autre fesse de travers coinc&eacute;e sur la porti&egrave;re, les genoux plant&eacute;s dans le si&egrave;ge de devant, et le nez dans les poils de yack d&rsquo;un bonnet. Au moins je suis cal&eacute;e, et n&rsquo;ai pas besoin de m&rsquo;accrocher &agrave; quoi que ce soit dans les virages (heureusement, car les mains ne sont pas accessibles.)</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">J&rsquo;arrive &agrave; la gare routi&egrave;re de Dharamsala par la grande porte, avec les bus, et d&eacute;couvre qu&rsquo;elle est devenu un gigantesque chantier, &agrave; tel point que je me demande si c&rsquo;est bien celle o&ugrave; je suis pass&eacute;e il y a quelques jours... mais derri&egrave;re les montagnes de cailloux et de sable, je vois bien se profiler le b&acirc;timent o&ugrave; j&rsquo;avais alors mis les pieds. M&ecirc;me guichet, m&ecirc;me question: Mandi ?? ; m&ecirc;me r&eacute;ponse: 11am. Wait.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Alors je wait, il est 10h15, je m&rsquo;assois au soleil et observe le d&eacute;fil&eacute; des bus devant moi, auxquels le chantier n&rsquo;a laiss&eacute; qu&rsquo;un &eacute;troit passage.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">A 10h20, le gars revient me voir: &ldquo;Mandi 11am, no possible, M&rsquo;am.&rdquo; Et le voil&agrave; qui fait demi tour... je le rappelle, pour qu&rsquo;au moins, &agrave; d&eacute;faut de me donner une raison, qu&rsquo;il me donne au moins une alternative! Il me montre alors le bus devant moi, en me disant &ldquo;Palampur&rdquo;. Tr&egrave;s bien, je grimpe donc dans ce bus pour Palampur, mais doutant de la simplicit&eacute; de cette option, je m&rsquo;empresse de demander la destination au chauffeur, qui me confirme que le bus ne part &eacute;videmment pas &agrave; Palampur. Je redescends, envoie &agrave; mon guichetier un regard interrogatif, un dodelinement de la t&ecirc;te, les mains tourn&eacute;es vers le ciel, comme quand on s&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; chanter &ldquo;ainsi font, font, font....&rdquo; pour faire sourire un nouveau n&eacute;. Il me r&eacute;ponds par un dodelinement aussi, les mains ouvertes vers le sol, doigts l&eacute;g&egrave;rement &eacute;cart&eacute;s, comme quand on regarde l&rsquo;&eacute;tat de son vernis &agrave; ongles. &ldquo;Wait!&rdquo;</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je me r&eacute;installe, apr&egrave;s tout il d&eacute;filera comme tous les autres devant moi, le bus pour Palampur.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">&Agrave; 10h30, je suis finalement install&eacute;e pour les 34 kms qui me s&eacute;parent de ma premi&egrave;re &eacute;tape. 1h45... et pourtant, le chauffeur conduisait comme un fou, faisant d&rsquo;ailleurs la course avec un autre bus... sur une route de la largeur d&rsquo;une seule voie, avec un beau pr&eacute;cipice sur la droite... Je crois bien que cela ne faisait rire que lui, lui et l&rsquo;autre chauffeur, qui s&rsquo;av&egrave;rera &ecirc;tre celui qui me conduirait jusqu&rsquo;&agrave; Mandi..</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Ceci dit, &agrave; part trois faces &agrave; faces tr&egrave;s rapproch&eacute;s avec des camions Tata richement d&eacute;cor&eacute;s, le trajet s&rsquo;est bien pass&eacute;. En arrivant &agrave; Palampur, je n&rsquo;ai eu le temps que d&rsquo;acheter un paquet de Hide and Seek au chocolat avant de sauter dans le bus vainqueur. Direction Mandi, entre 100 et 120 kms, selon la signalisation &eacute;trange des panneaux routiers. Je suis coinc&eacute;e sur un si&egrave;ge &agrave; l&rsquo;avant du bus, o&ugrave; j&rsquo;aurais appr&eacute;ci&eacute; le confort d&rsquo;&ecirc;tre seule au moins cinq minutes. Ils sont vraiment petits, ces gens, c&rsquo;est pas possible autrement... parce que pour moi, m&ecirc;me les fesses bien cal&eacute;es au fond du si&egrave;ge, je n&rsquo;arrive pas &agrave; faire rentrer les genoux...et la barre m&eacute;tallique en haut, celle o&ugrave; normalement on peu poser la t&ecirc;te, m&rsquo;arrive au milieu des omoplates... &ccedil;a durera en tout 4h30, entrecoup&eacute;es de deux arr&ecirc;ts de dix minutes durant lesquels il m&rsquo;aura fallu escalader montagnes de bagages et de gens bien d&eacute;cid&eacute;s &agrave; garder leur pr&eacute;cieuse place, pour aller me d&eacute;gourdir un peu les jambes.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">J&rsquo;atteins Mandi &agrave; 16h30. Le trajet &eacute;tait long et douloureux, mais les paysages magnifiques travers&eacute;s et mon lecteur mp3 l&rsquo;ont presque rendu agr&eacute;able.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Mandi me parait fort sympathique, &eacute;tendue sur les flancs d&rsquo;une petite vall&eacute;e, au fond de laquelle coule une rivi&egrave;re qui, de l&agrave; o&ugrave; je la vois, a l&rsquo;air propre. C&rsquo;est bon &agrave; savoir, mais pour une autre fois; &agrave; l&rsquo;heure qu&rsquo;il est, je ne pense qu&rsquo;&agrave; ma prochaine et ultime &eacute;tape, Tattapani.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Cette gare routi&egrave;re n&rsquo;est pas en chantier, pourtant elle est boueuse et bien plus d&eacute;sorganis&eacute;e que celle de Dharamsala. Je d&eacute;gage mon sac du tas de bagages amoncell&eacute;s sur le moteur, bousculant au passage les gens assis qui ne bougent toujours pas et ceux qui montent dans le bus et en bouchent la sortie. Je me fraye un chemin en jouant du coude, et pars &agrave; la d&eacute;couverte de cette nouvelle gare. Je trouve le bureau des renseignements, m&rsquo;adresse &agrave; une grille peinte en vert derri&egrave;re laquelle est assise une femme en train de tricoter. Tattapani? Elle dodeline de la t&ecirc;te, mais ayant la bouche derri&egrave;re un ch&acirc;le et les mains occup&eacute;es, &ccedil;a ne veut rien dire du tout. Il y a &eacute;galement quatre hommes dans le bureau, ils se r&eacute;chauffent autour d&rsquo;un tas de braises et discutent. Alors je rentre dans la pi&egrave;ce, l&agrave; o&ugrave; il y a un sens interdit sur la porte; parce que en &eacute;tant une femme occidentale seule, je peux m&rsquo;octroyer ce droit l&agrave; et j&rsquo;en profite. Ils me font imm&eacute;diatement une place autour du feu, pendant que je d&eacute;pose mon sac en leur demandant comment je peux atteindre Tattapani. Maintenant.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">&ldquo; No possible, M&rsquo;am...&rdquo; J&rsquo;appr&eacute;cie beaucoup leur honn&ecirc;tet&eacute;, l&agrave; o&ugrave; d&rsquo;autres m&rsquo;auraient point&eacute; du doigt un bus al&eacute;atoire en acquiescant.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je comprends vite le probl&egrave;me. Il n&rsquo;y a bien s&ucirc;r pas de bus direct, il faut que je passe par Karsog; le prochain bus est &agrave; 18h, et parcours les quelques 50 kms en 5 heures... j&rsquo;ai donc deux options: dormir &agrave; Mandi et partir demain matin &agrave; 6h30, ou partir pour Karsog, et tenter de trouver un endroit o&ugrave; dormir dans ce bled que je ne connais ni d&rsquo;Eve ni d&rsquo;Adam, au coeur d&rsquo;une nuit noire et glaciale.. mais dans tous les cas, je n&rsquo;atteindrai pas Tattapani ce soir. Alors je reste &agrave; Mandi, j&rsquo;ai encore quelques heures pour en profiter un peu. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je quitte la gare routi&egrave;re, la femme qui tricote, et les quatre bonhommes qui m&rsquo;ont promis de m&rsquo;attendre demain matin avec un chai. J&rsquo;embarque mes affaires, et emprunte la route vers le centre, o&ugrave; je prendrais le premier h&ocirc;tel sur mon chemin. Le premier s&rsquo;appelle &ldquo;quelque chose Palace&rdquo;, ce qui en soit ne veux pas dire grand chose quant &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur. Mais en voyant les prix affich&eacute;s (c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; rare d&rsquo;avoir des prix qui soient affich&eacute;s), celui ci a peut &ecirc;tre bien des chambres de palace.. A 1000 Rs la chambre simple, je tourne les talons imm&eacute;diatement. Le gars de la r&eacute;c&eacute;ption me rappelle, me dit que si je veux, il peux me faire un bon prix. 250 Rs... No, too much!.... 200?....... No, 100 Rs...... Euh, no possible, M&rsquo;am. For you 150, mais no hot water....... no hot water????? 60!!!!!...... ok M&rsquo;am, 100 Rs, last price...... ok, mais un seau de hot water..... ok....ok.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Bon d&rsquo;accord, je suis au cinqui&egrave;me &eacute;tage, bon d&rsquo;accord la salle de bain est en travaux, mais j&rsquo;ai une grande chambre sur le toit, avec des toilettes, une t&eacute;l&eacute;, une table basse ronde et deux fauteuils... j&rsquo;aurais jamais mis 1000Rs dans une chambre comme &ccedil;a, mais honn&ecirc;tement, au prix qu&rsquo;ils me font, je leur pardonne de la pas l&rsquo;avoir nettoy&eacute;e et de cogner le pied contre un reste de repas sous le lit. Apr&egrave;s tout, je ne suis l&agrave; que pour une nuit, et le fond de chai dans le gobelet sur la table me servira de cendrier.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">&nbsp;
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<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Me voil&agrave; enfin revenue en Inde... j&rsquo;ai mal au cr&acirc;ne, je suis dans une chambre sale et bruyante, crev&eacute;e du transport mais.... que c&rsquo;est bon de retrouver le chaos et l&rsquo;animation toujours aussi surprenante de l&rsquo;Inde! Je ne tiens pas cinq minutes dans la chambre, j&rsquo;ai envie de profiter du peu de temps que j&rsquo;ai pour aller explorer la ville, voir comment sont les gens et ce qu&rsquo;ils font sur la place de du march&eacute;, j&rsquo;ai envie aussi de manger un bon dhal avec des chapattis apr&egrave;s un j&ecirc;une de 28h.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Le plaisir m&rsquo;envahit de nouveau, j&rsquo;oublie la fatigue et le mal du cr&acirc;ne, je marche avec plus d&rsquo;assurance dans ces rues inconnues que dans celles de Mc Leod Ganj apr&egrave;s dix jours. Je ne m&rsquo;explique pas pourquoi, mais je me sens plus sereine, plus ouverte, plus famili&egrave;re dans ce d&eacute;cor de petite ville bien indienne. On a rien &agrave; me vendre, on me bouscule, on me laisse exister &agrave; l&rsquo;indienne, avec parfois brutalit&eacute;... mais autrement que par mon porte monnaie. Dharamsala m&rsquo;a propos&eacute; un break appr&eacute;ciable et reposant, mais bon sang!, quand je redescends sur terre dans des petits bus surcharg&eacute;s, je saisis davantage ce que j&rsquo;aime en Inde... tout ce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas l&agrave; haut... </font></p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 29 Dec 2006 13:54:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">a60f727d12cbbffc8a15696716ca8053</guid>
                <category>Novembre 2006 - En route pour l'Inde again</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-5151211-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Parcel packing]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-5047958.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal">Dharamsala, </p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]-->&nbsp;<!--[endif]--><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Le 28 d&eacute;cembre</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]-->&nbsp;<!--[endif]--><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Le temps de partir</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]-->&nbsp;<!--[endif]--><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Il est grand temps de me remettre en route. Cela fait d&eacute;j&agrave; dix jours que je tra&icirc;ne mes savattes &agrave; Mc Leod Ganj, c&rsquo;est pour ce voyage le record absolu de passivit&eacute;... la derni&egrave;re fois que je suis rest&eacute;e dix jours au m&ecirc;me endroit en Inde, c&rsquo;&eacute;tait pour suivre le stage de m&eacute;ditation Vipassana, et j&rsquo;ai v&eacute;cu ici &agrave; peu de choses pr&egrave;s l&rsquo;inverse...</p>
<p class="MsoNormal">La seule ressemblance, c&rsquo;est le fait de me dire tous les jours... demain je me casse... mais quelques soucis de sant&eacute; m&rsquo;ayant mis K.O, et impatiente de suivre ma formation de reiki, je suis finalement rest&eacute;e; prenant go&ucirc;t aux promenades en pleine nature, &agrave; respirer de l&rsquo;air frais et r&eacute;g&eacute;n&eacute;rant, profitant des meilleures pizzas qu&rsquo;il m&rsquo;ait &eacute;t&eacute; donn&eacute; de manger en Inde, m&rsquo;autorisant &agrave; acheter un peu de Toblerone et des muffins encore tout chaud dans la p&acirc;tisserie de Bagsou road. Un petit air de chez moi, m&ecirc;me si le d&eacute;cor de Mc Leod Ganj est bien diff&eacute;rent de celui de Lambersart, je me suis install&eacute;e comme jamais dans mon immense chambre. Le n&eacute;cessaire &agrave; th&eacute;, le gingembre, le citron et le miel sont dans la kitchenette, o&ugrave; il n&rsquo;y a pour tout &eacute;quipement qu&rsquo;un &eacute;vier et un plan de travail en b&eacute;ton. L&rsquo;emb&ecirc;tant, c&rsquo;est qu&rsquo;ils ont oubli&eacute; de penser &agrave; mettre une prise de courant, ce qui me vaut d&rsquo;incessants allers-retours avec mon gobelet d&rsquo;eau br&ucirc;lante entre la cuisine et le salon (salon = table &agrave; c&ocirc;t&eacute; du lit, avec un fauteuil devant). J&rsquo;ai &eacute;tal&eacute; mes v&ecirc;tements dans le placard, certains m&ecirc;me sur un cintre dans la penderie, ce qui est bien la premi&egrave;re fois. Tout mon petit bordel est sorti de mon sac &agrave; dos, et &eacute;parpill&eacute; un peu partout, de mani&egrave;re organis&eacute;e. Je me suis install&eacute;e, quoi.</p>
<p class="MsoNormal">Mais maintenant que j&rsquo;ai termin&eacute; la formation avec Alfredo, je commence &agrave; repenser &agrave; l&rsquo;id&eacute;e de ressortir le sac du placard pour reprendre la route. Je ne veux pas passer le nouvel an ici, alors je pars demain matin en bus pour Mandi. A environ 6-8 heures de bus d&rsquo;ici. De l&agrave;, je vais essayer de trouver le moyen de rejoindre Tattapani, le petit village aux sources d&rsquo;eau chaude o&ugrave; j&rsquo;ai pass&eacute; quelques jours lors du dernier voyage. Sur la carte du lonely planet, &ccedil;a a pas l&rsquo;air d&rsquo;&ecirc;tre trop loin, je dirais &agrave; vue d&rsquo;oeil une cinquantaine de kilom&egrave;tres, ce qui doit correspondre &agrave; un trajet en bus de 3 ou 4h. on verra bien.</p>
<p class="MsoNormal">Je vais retrouver Umesh et son Enfield dans la guest de Tattapani, peut &ecirc;tre qu&rsquo;il m&rsquo;emm&egrave;nera encore une fois faire un tour dans les montagnes environnantes, faisant le fier &agrave; trimbaler un n&eacute;nette occidentale sur sa b&eacute;cane. J&rsquo;esp&egrave;re y &ecirc;tre d&egrave;s demain soir, rien qu&rsquo;&agrave; penser &agrave; l&rsquo;id&eacute;e de me pr&eacute;lasser dans le bain ext&eacute;rieur bien chaud et sulfureux, j&rsquo;en oublie que le trajet risque d&rsquo;&ecirc;tre long et p&eacute;nible. Une petite pause de bien &ecirc;tre et de silence &agrave; Tattapani, o&ugrave; je pourrais continuer &agrave; pratiquer le Reiki dans les meilleures conditions.</p>
<p class="MsoNormal">J&rsquo;aurais voulu partir d&egrave;s aujourd&rsquo;hui, mais les achats n&eacute;cessaires ou non que j&rsquo;ai pu faire m&rsquo;ont oblig&eacute; &agrave; envoyer un colis, et donc &agrave; me bloquer une demi journ&eacute;e pour aller au bout du processus.</p>
<p class="MsoNormal">Si &ccedil;a peut &ecirc;tre tr&egrave;s simple et bien organis&eacute; dans certaines villes, envoyer un colis d&rsquo;ici est toute une affaire... </p>
<p class="MsoNormal">Il faut d&rsquo;abord commencer par pr&eacute;parer le paquet. Parce la poste ne fournit bien &eacute;videmment pas les cartons. Pour cela, &ccedil;a n&rsquo;est pas compliqu&eacute; en soi mais il faut le savoir, il faut se mettre en qu&ecirc;te de trouver un tailleur. On appelle ici tailleur un homme qui est assis devant une machine &agrave; coudre manuelle, au milieu d&rsquo;un tas de chutes de tissu, et d&rsquo;un tas de v&ecirc;tements en attente d&rsquo;&ecirc;tre repris&eacute;s. Dans les lieux touristiques, y&rsquo;en a toujours un ou deux sp&eacute;cialement intelligent pour s&rsquo;installer pr&egrave;s de la poste et se sp&eacute;cialiser en packaging. Je d&eacute;pose mes trois sacs devant la marche de l&rsquo;entr&eacute;e de la cabane de b&eacute;ton et de t&ocirc;le ondul&eacute;e que j&rsquo;ai reper&eacute; par le signe &ldquo;parcel packing&rdquo; accroch&eacute; dans la rue de la poste.<span style="">&nbsp; </span>Mujeesh est camp&eacute; l&agrave;, les yeux riv&eacute;s sur le chat de l&rsquo;aiguille dans lequel il s&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; passer une double &eacute;paisseur de gros fil de coton blanc. &Ccedil;a ne lui prend que quelques secondes, pour une op&eacute;ration que j&rsquo;aurais sans doute abandonn&eacute; apr&egrave;s cinq minutes de tentatives vaines. Oui mais Mujeesh, &ccedil;a fait 36 ans qu&rsquo;il est tailleur, alors ses mains de &ldquo;viellard de 49 ans&rdquo; (c&rsquo;est lui qui le dit) sont pr&eacute;cises et expertes. Pendant qu&rsquo;il termine son travail, je commence le mien. Mettre de c&ocirc;t&eacute; tout ce qui peut ressembler de pr&egrave;s ou de loin &agrave; un livre, car l&rsquo;exp&eacute;dition des bouquins est vraiment pas ch&egrave;re. &Eacute;videmment, les cahiers ou coupures de journaux, je les consid&egrave;re comme livres. Sans h&eacute;siter. Puis les affiches d&rsquo;&eacute;cole pour mes neveux et ni&egrave;ce (pour qu&rsquo;ils apprennent comment on dit tigre en hindi, &ccedil;a peut toujours servir), les barrettes de ram de mon mac, les guimbardes de Jaisalmer et des b&acirc;tons d&rsquo;encens. Les v&ecirc;tements, je les mets d&rsquo;office dans un autre sac, o&ugrave; les rejoindront sous peu les gimbardes et l&rsquo;encens.... Il fait tellement froid ici que j&rsquo;ai d&ucirc; m&rsquo;&eacute;quiper en v&ecirc;tements chauds d&rsquo;une &eacute;paisseur inapropri&eacute;e par rapport au volume disponible de mon sac &agrave; dos. Les chaussettes qui grattent tricot&eacute;es fa&ccedil;on grand-m&egrave;re (tib&eacute;taine), le ch&acirc;le en laine si doux et si confortable, ma belle veste en laine elle aussi, le bonnet en moumoutte synth&eacute;tique et le cale&ccedil;on long achet&eacute; d&rsquo;urgence au march&eacute; de Dharamsala apr&egrave;s une nuit tellement glaciale que je l&rsquo;ai finie en jean sous mes 5 couches de couvertures... tout &ccedil;a m&rsquo;attendra sagement en France, encombrant un peu plus l&rsquo;appart d&rsquo;Anne Chris, pour le prochain hiver lillois... je renvoie aussi une de mes polaires, gardant celle &agrave; 100 Rs que j&rsquo;ai achet&eacute; &agrave; Amritsar et que je ne regretterai pas quand elle se sera compl&egrave;tement d&eacute;cousue. J&rsquo;esp&egrave;re juste qu&rsquo;elle tiendra le peu temps qu&rsquo;il me reste &agrave; passer dans le nord de l&rsquo;Inde. </p>
<p class="MsoNormal">J&rsquo;ai donc deux gros sacs l&eacute;gers gonfl&eacute;s de v&ecirc;tements et autres bricoles non litt&eacute;raires, et un petit sac avec les &ldquo;livres&rdquo;.</p>
<p class="MsoNormal">Mujeesh s&rsquo;attaque au premier paquet, celui avec les livres. Il r&eacute;cup&egrave;re deux morceaux de carton au sol, et prot&egrave;ge les bouquins. Il noue deux chutes de tissu, dont il entoure les bouts de carton en serrant bien fort. Voil&agrave;, il ne reste plus qu&rsquo;&agrave; emballer le tout. Il prends les mesures vite fait, et cherche dans ses morceaux de tissu de coton &eacute;cru lequel sera &agrave; la bonne taille. Sans m&ecirc;me v&eacute;rifier, il coud le tissu en une sorte de poche, parfaitement ajust&eacute;e au colis qu&rsquo;il glissera ensuite &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur.</p>
<p class="MsoNormal">Puis il referme la poche, en cousant d&rsquo;un gros fil blanc l&rsquo;ouverture et le coins. Un trou sur le c&ocirc;t&eacute;, pour qu&rsquo;on puisse voir que le contenu est bien constitu&eacute;... de livres, et il allume sa bougie pour l&rsquo;op&eacute;ration finale qui consiste &agrave; d&eacute;poser des empreintes de cire rouge sur les extr&eacute;mit&eacute;s de coutures. Voil&agrave;, en une dizaine de minutes &agrave; peine, j&rsquo;ai entre les mains un joli petit paquet tout blanc, parfaitement ficel&eacute;, sur lequel il ne me reste plus qu&rsquo;&agrave; &eacute;crire l&rsquo;adresse de l&rsquo;exp&eacute;diteur et la mienne au marqueur noir.</p>
<p class="MsoNormal">Le second paquet commence &agrave; poser probl&egrave;me d&egrave;s la premi&egrave;re &eacute;tape. Il n&rsquo;a pas de carton assez grand, et &agrave; vrai dire, il n&rsquo;en a plus qu&rsquo;un. Alors il faudra faire avec. Il me demande un coup de main pour compacter les sacs au maximum, on doit les faire rentrer dans ce foutu carton. Il pr&eacute;pare des autres cordes de chutes de tissu assembl&eacute;es, pour ficeler les sacs que je maintiens serr&eacute;s comme je peux. Puis on pousse &agrave; deux sur les sacs, le carton baille de plus en plus, ses coins menacent de se d&eacute;chirer, les c&ocirc;t&eacute;s sont bomb&eacute;s &agrave; la limite de l&rsquo;explosion, et les rabats sont tendus et dress&eacute;s vers le ciel. Mais le carton ne c&egrave;de pas... et Mujeesh va maintenant consolider le tout avec d&rsquo;autres cordes de r&eacute;cup. Bien s&ucirc;r, il n&rsquo;a pas de chute de tissu assez longue pour faire le tour du carton, et utilisera au moins 5 morceaux diff&eacute;rents pour ficeler correctement le paquet. Il les cherche sous sa planche de travail sur&eacute;lev&eacute;e &agrave; quelques centim&egrave;tres du sol, en sort des poign&eacute;es enti&egrave;res de petites d&eacute;coupes de toutes les mati&egrave;res, de toutes les couleurs, et de toute petite taille... il a certainement une tr&egrave;s bonne raison de conserver des bouts d&rsquo;&eacute;cossais rose de 2 centim&egrave;tres carr&eacute;s. </p>
<p class="MsoNormal">Mon carton n&rsquo;a pas tr&egrave;s belle allure, mais il ne bouge plus d&rsquo;un poil. </p>
<p class="MsoNormal">C&rsquo;est la m&ecirc;me histoire pour le tissu d&rsquo;emballage... le plus gros morceau qui lui reste fait 30 cm sur 40. Un peu l&eacute;ger, et &agrave; vrai dire, rien que pour couvrir une face, il n&rsquo;y a pas assez. On recherche sous le tas de pantalons en attente, on en ressort des petites pi&egrave;ces du tissu r&eacute;glementaire... il passera en tout bien 45 minutes &agrave; pr&eacute;parer un patchwork monochrome assez grand pour contenir mon carton. J&rsquo;ai le temps d&rsquo;aller &agrave; la poste pour aller chercher le formulaire &agrave; remplir, et j&rsquo;y apprends qu&rsquo;&eacute;tant donn&eacute; la nouvelle coupure de courant, ils ne peuvent pas envoyer de colis. Car, dans une logique implacable, ce petit bureau de poste de village &eacute;triqu&eacute; et crasseux est &eacute;quip&eacute; d&rsquo;une balance &eacute;lectronique... le guichet pour l&rsquo;envoi des colis n&rsquo;est ouvert que le matin (&agrave; partir de 10h...), et c&rsquo;est bien &eacute;videmment &agrave; ce moment l&agrave; qu&rsquo;il y a le plus de coupures... je n&rsquo;ai pourtant pas bien le choix, je dois envoyer ces colis aujourd&rsquo;hui si je veux prendre le bus &agrave; 11h demain matin. </p>
<p class="MsoNormal">Je retourne voir o&ugrave; en est Mujeesh, et prends deux chais en passant. Pas d&rsquo;urgence, temps que le courant n&rsquo;est pas r&eacute;tabli (ce qui peut prendre parfois une journ&eacute;e..), je suis bloqu&eacute;e. Mujeesh s&rsquo;arr&ecirc;te quelques instants pour boire le th&eacute; avec moi, il me dit que je peux aller &agrave; la poste de Dharamsala, le guichet parcel est ouvert jusqu&rsquo;&agrave; 13h30. Une grande poste, qu&rsquo;il me dit, &agrave; seulement une dizaine de minutes de marche de l&rsquo;arr&ecirc;t des jeeps. Tr&egrave;s bien, j&rsquo;irai donc &agrave; Dharamsala avec mes paquets sous le bras. Du coup je lui demande de me faire un petite poign&eacute;e sur le gros colis, pour que &ccedil;a soit plus simple &agrave; transporter. Il est 11h30 quand je quitte Mujeesh. Je me dirige vers le main square o&ugrave; les jeeps attendent d&rsquo;&ecirc;tre remplies compl&egrave;tement avant de faire le trajet pour Dharamsala. J&rsquo;ai mon gros carton sur les genoux, &agrave; la verticale, pour que le chauffeur ne me charge pas le tarif de deux personnes. Pour qu&rsquo;on puisse bien s&rsquo;entasser &agrave; 12 dans le v&eacute;hicule. Le trajet dure une vingtaine de minutes, peut &ecirc;tre une demie heure, puis je commence &agrave; descendre la rue principale, le gros carton sur les bras car je crains que sa poign&eacute;e ne finisse par arracher le tissu. Dix minutes... ok, je me dis que si je vois un rickshaw, je peux m&rsquo;offrir ce luxe... mais &eacute;videmment, les rickshaws quand on en a besoin, on les trouve pas... et les dix minutes sont pass&eacute;es que je ne suis pas encore arriv&eacute;e &agrave; la poste. Je n&rsquo;ai pas l&rsquo;heure, mais il doit &ecirc;tre aux environs de 12h30. J&rsquo;ai mal aux bras, et quand on me dit finalement qu&rsquo;il me reste 1,5 kms &agrave; faire, je d&eacute;pose mes sacs au bord de la route, allume une clope, bien d&eacute;cid&eacute;e &agrave; arr&ecirc;ter le prochain bus qui descend. Il passera forc&eacute;ment devant la poste... le bus tant attendu ne se laisse pas d&eacute;sirer, et je n&rsquo;ai pas le temps de finir ma clope que je me retrouve assise coinc&eacute;e entre deux gaillards l&eacute;g&egrave;rement insistants... m&rsquo;en fous pas mal, je suis d&eacute;pos&eacute;e devant la poste quelques minutes plus tard, il est 12h50 quand je rentre finalement dans le hall bien &eacute;videmment encombr&eacute;. Je fais la queue au guichet que l&rsquo;on m&rsquo;a indiqu&eacute;, le 4, celui o&ugrave; il y a le plus de monde, et o&ugrave; le gars derri&egrave;re moi trouve l&agrave; une raison suffisante de me coller de mani&egrave;re fort d&eacute;sagr&eacute;able. Je me retourne une fois, avec un regard qui normalement, est assez &eacute;vocateur quelle que soit la langue. Pas l&agrave;. Deuxi&egrave;me main qui se perd, deuxi&egrave;me regard foudroyant de ma part. Je mets mon colis &agrave; ma place, c&rsquo;est lui qui fera la queue et moi je le pousserai du pied, en restant en dehors de la file. Quand vient mon tour, apr&egrave;s une vingtaine de minutes, bien oblig&eacute;e de me remettre dans l&rsquo;alignement de la petite ouverture du guichet, le voil&agrave; qui se recolle derri&egrave;re moi, profitant du passage d&rsquo;une femme en travers de la file. Je me retourne, furieuse, et m&rsquo;adresse &agrave; lui en fran&ccedil;ais, suffisamment fort pour que les gens autour soient interpell&eacute;s... je constate une fois de plus que parfois, quelques mots inconnus sont bien mieux compris que des gestes ou des regards qu&rsquo;on pense internationnaux. Car &ccedil;a marche, et le vieux bonhomme, un homme d&rsquo;&acirc;ge m&ucirc;r auquel on donnerait le nirvana sans confession, se recule de quelques centim&egrave;tres que j&rsquo;envahie instantan&eacute;ment en glissant le pied vers l&rsquo;arri&egrave;re. La poste bien organis&eacute;e, me lib&egrave;re apr&egrave;s quelques minutes seulement de tapotage de clavier. </p>
<p class="MsoNormal">Je peux retourner tranquillement vers Mc Leod, en prennant un bus dans l&rsquo;autre sens (c&rsquo;est pratique quand il n&rsquo;y a qu&rsquo;une rue, on a pas besoin de demander &agrave; quelqu&rsquo;un de nous noter le numero en hindi pour monter dans le bon bus), puis en attendant le remplissage de la jeep qui me ram&egrave;nera au bled.</p>
<p class="MsoNormal">Une derni&egrave;re pizza au feu de bois, le courant n&rsquo;est toujours pas revenu, et je retourne dans mes quartiers o&ugrave; j&rsquo;esp&egrave;re pouvoir prendre ma douche, mais l&rsquo;eau, coup&eacute;e ce matin de trop bonne heure, n&rsquo;est pas revenue non plus. Je m&rsquo;installe donc au salon, met un peu de musique, un ch&acirc;le (j&rsquo;en ai quand m&ecirc;me gard&eacute; un...) sur les &eacute;paules, et je fais chauffer un peu d&rsquo;eau pour mon th&eacute;. Je m&rsquo;installe devant l&rsquo;&eacute;cran de mon ordinateur, et commence mes adieux &agrave; Mc Leod Ganj. </p>
<p class="MsoNormal">Je pars demain, et je ne reviendrais probablement jamais. </p>
<p class="MsoNormal">Je suis en manque d&rsquo;Inde, celle contre laquelle je me suis ennerv&eacute;e tout &agrave; l&rsquo;heure dans la file d&rsquo;attente, celle dans laquelle j&rsquo;ai baign&eacute; dans les bus ou jeeps, celle o&ugrave; j&rsquo;ai toujours envie de retourner quand je la quitte un moment. </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 28 Dec 2006 13:21:56 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">79aa2f1e2ba23cc9214cf9fdf0806b58</guid>
                <category>Novembre 2006 - En route pour l'Inde again</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-5047958-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Un jour presque comme les autres]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-5026152.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal">Le 25 d&eacute;cembre 2006</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]-->&nbsp;<!--[endif]--><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Jingle Bells, Jingle Bells! </p>
<p class="MsoNormal">Non, ce n&rsquo;est que mon r&eacute;veil qui sonne, il est 7h55. Foutue alarme que j&rsquo;ai oubli&eacute; d&rsquo;&eacute;teindre hier... je n&rsquo;ai rien ce matin qui ne justifie que je sorte si t&ocirc;t de mes couvertures bien chaudes, si ce n&rsquo;est qu&rsquo;une autre alarme sonnera dans 8 minutes exactement si je ne me l&egrave;ve pas. Puisque &eacute;videmment, ma montre n&rsquo;est pas &agrave; port&eacute;e de main, ni de bras m&ecirc;me si je le tends au plus loin possible. Je me l&egrave;ve donc, en profite pour allumer le chauffe eau dans la salle de bain et ouvrir les rideaux. Un rayon de soleil timide p&eacute;n&egrave;tre dans ma chambre, et je me remets au chaud. Pas beaucoup de plans pour la journ&eacute;e, comme d&rsquo;habitude. Si le beau temps se maintient, j&rsquo;irai me promener &agrave; Bagsou, le village d&rsquo;&agrave; c&ocirc;t&eacute;. Et je vais aller voir le fameux m&eacute;decin tib&eacute;tain dont on m&rsquo;a parl&eacute; hier soir. Quand j&rsquo;&eacute;tais dans ce restaurant o&ugrave; un copain faisait un petit concert, et que mon estomac souffrait des odeurs de nourriture qui s&rsquo;&eacute;tendaient dans la pi&egrave;ce exig&uuml;e en un nuage &eacute;pais et gras. Une Suissesse qui vit l&agrave; depuis 4 mois, install&eacute;e &agrave; la m&ecirc;me table que moi, s&rsquo;est empress&eacute;e de me recommander cette femme d&rsquo;exp&eacute;rience, qui a fait des miracles avec elle.</p>
<p class="MsoNormal">Alors tr&egrave;s bien, aujourd&rsquo;hui j&rsquo;irai donc &agrave; Bagsou puis chez Dolma pour un check-up m&eacute;dical et un massage si affinit&eacute;s.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]-->&nbsp;<!--[endif]--><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal"><strong style=""><em style="">La froide douche<o:p></o:p></em></strong></p>
<p class="MsoNormal">Ce planning me laisse largement le temps de me replonger dans un semi sommeil. Sous ma montagne de couvertures, j&rsquo;attends les yeux mi-clos que le chauffe-eau commence &agrave; faire un bruit d&rsquo;eau qui bout. Entre le moment o&ugrave; je switch l&rsquo;interrupteur et celui o&ugrave; je peux profiter du seul moment de vraie chaleur de ma journ&eacute;e qu&rsquo;est la douche, il s&rsquo;&eacute;coule minimum 45 minutes. La douche est un bonheur furtif pour lequel il faut peiner longtemps... d&rsquo;abord sortir du lit, quitter la chaleur des couvertures pour le froid glacial de cette chambre qui me p&eacute;n&egrave;tre instantan&eacute;ment. J&rsquo;enfile mon bonnet et me couvre de mon ch&acirc;le que je retire d&rsquo;un geste brusque de l&rsquo;ammoncellement de strates laineuses dont il a fait partie pour la nuit. Le plus dur reste &agrave; venir, quand je tourne le robinet de la douche et que l&rsquo;eau se met &agrave; &eacute;clabousser le sol carrel&eacute;: car &agrave; ce moment l&agrave;, il me faut enlever mes chaussettes et le cale&ccedil;on long que j&rsquo;ai d&ucirc; acheter pour dormir. Sinon ils seront tremp&eacute;s, et le s&eacute;chage n&rsquo;est jamais garanti pour le soir m&ecirc;me... je me retrouve transie, pieds nus et en culotte, sur ce carrelage qui me semble &ecirc;tre une v&eacute;ritable plaque de glace. L&rsquo;eau qui commence &agrave; couler est tout aussi froide, mais se r&eacute;chauffe rapidement. Je grelotte en retirant le reste de mes v&ecirc;tements, et grelotte encore plusieurs minutes sous les jets d&rsquo;eau br&ucirc;lante. Je n&rsquo;ai pas le souvenir d&rsquo;avoir d&eacute;j&agrave; eu la chair de poule en prenant une douche aussi chaude, mais le froid est si intense que j&rsquo;en ai du mal &agrave; ressentir la temp&eacute;rature de l&rsquo;eau qui, en conditions normales, me para&icirc;trait excessive. Progressivement, ma peau se r&eacute;chauffe, tout au moins celle qui a la chance d&rsquo;&ecirc;tre touch&eacute;e... car les moindres millim&egrave;tres carr&eacute;s en dehors du jet sont gel&eacute;s par l&rsquo;air ambiant. M&ecirc;me le savon est glacial, et je me frictionne avec une &eacute;nergie maladive pour ne pas perdre le b&eacute;n&eacute;fice de la chaleur de l&rsquo;eau. J&rsquo;aurais bien envie de laisser l&rsquo;eau couler sur mes cheveux et innonder mon visage, mais le lavage des cheveux est strat&eacute;gique et je ne le fais plus maintenant qu&rsquo;en cas de stricte n&eacute;cessit&eacute;. C&rsquo;est un bonheur bien trop court, pour trop de souffrance &agrave; venir... car d&egrave;s que je fermerais le robinet, le froid commencerait &agrave; me planter des aiguilles dans le cr&acirc;ne par milliers, &agrave; me paralyser la m&acirc;choire et &agrave; me serrer les tempes comme dans un &eacute;tau. Non, aujourd&rsquo;hui je n&rsquo;en ai pas besoin. Je me contente de r&eacute;chauffer mon corps et mon visage, je profite de chaque goutte et reste contract&eacute;e, les bras en croix sur ma poitrine, sous le jet. Jusqu&rsquo;&agrave; ce que sa chaleur commence &agrave; donner les premiers signes de faiblesse, et l&agrave; je dois couper le robinet &agrave; la h&acirc;te, car j&rsquo;ai d&eacute;j&agrave; test&eacute; le moment o&ugrave; brutalement, l&rsquo;eau redevient glaciale... c&rsquo;est juste apr&egrave;s les premiers, et uniques signes de baisse de temp&eacute;rature. Ca n&rsquo;est pas le genre d&rsquo;erreur qu&rsquo;on reproduit.</p>
<p class="MsoNormal">En Su&egrave;de, apr&egrave;s un sauna, les gens prennent une douche glac&eacute;e, para&icirc;t que c&rsquo;est bon pour la sant&eacute;. Dans ma salle de bain de Dharamsala, c&rsquo;est un peu pareil, sauf que je commence par une douche br&ucirc;lante, et qu&rsquo;une fois l&rsquo;eau coup&eacute;e, la pi&egrave;ce fortement embu&eacute;e devient un sauna glac&eacute;... </p>
<p class="MsoNormal">Je m&rsquo;essuie &agrave; la h&acirc;te, car la serviette est froide, mouill&eacute;e et froide. J&rsquo;enfile mes v&ecirc;tements froids eux aussi, les empile les uns sur les autres; deux tee shirts, une chemise, deux vestes polaires, un foulard autour du cou, un bonnet sur la t&ecirc;te, un jean (aaargh... que c&rsquo;est froid, un jean...) et deux paires de chaussettes, dont une en laine. Je m&rsquo;enroule de nouveau dans mon ch&acirc;le en branchant ma r&eacute;sistance pour chauffer de l&rsquo;eau. En attendant, je me reglisse sous mes couvertures pour finir de me r&eacute;chauffer de ce rituel matinal. L&rsquo;eau de mon gobelet chauffe beaucoup plus vite que celle du cumulus, et je peux rapidement redonner &agrave; ma temp&eacute;rature interne une valeur convenable. Tout au moins suffisante pour commencer &agrave; me pr&eacute;parer &agrave; l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;attaquer ma journ&eacute;e. Je bois mon th&eacute; assise sur le balcon, au soleil. Je regarde les montagnes aux alentours, il a neig&eacute; cette nuit sur les hauteurs, et des nuages sont encore accroch&eacute;s sur les plus hauts sommets. La vall&eacute;e de Dharamsala est voil&eacute;e, et les reliefs se distinguent dans des d&eacute;grad&eacute;s de bleus. La lumi&egrave;re est p&acirc;le, timide, c&rsquo;est juste un nouveau matin d&rsquo;hiver.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]-->&nbsp;<!--[endif]--><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal"><strong style=""><em style="">Promenade vers Bagsou<o:p></o:p></em></strong></p>
<p class="MsoNormal">Je retire quelques couches de v&ecirc;tements avant de me mettre en route. Car quoi que je fasse, il me faut d&eacute;marrer par une mont&eacute;e raide qui durera une bonne dizaine de minutes pour aller au centre du village, et &ccedil;a, &ccedil;a a au moins le m&eacute;rite d&rsquo;&ecirc;tre efficace pour r&eacute;chauffer. Il est 10h pass&eacute;es, la rue est pourtant presque d&eacute;serte. Les magasins sont ferm&eacute;s pour la plupart, et seuls de rares tib&eacute;tains ont enlev&eacute; la b&acirc;che bleue qui prot&eacute;ge leur &eacute;tal pour afficher leur marchandise. Des ch&acirc;les, des chaussettes, des bonnets, et des vestes en laine. Quelques bijoux. Un seul vendeur de momos (sortes de gros raviolis tib&eacute;tains) est install&eacute;, d&rsquo;habitude ils sont au moins quatre. Je passe devant mon cordonnier, sur la route de Bagsou, celui qui l&rsquo;autre jour a r&eacute;par&eacute; ma puma droite. La r&eacute;paration de la gauche de Jodhpur tient &agrave; la perfection. Je m&rsquo;arr&ecirc;te et lui offre une cigarette, on parle de la pluie et du beau temps, il est gentil comme tout, et courageux comme pas possible. A tenir son petit bout de trottoir, les trois quarts du temps &agrave; l&rsquo;ombre, et les trois quarts du temps sans clients. Les tib&eacute;tains sont plut&ocirc;t des gens bien chauss&eacute;s. C&rsquo;est lui que me fait remarquer que c&rsquo;est le jour de No&euml;l. Parce que c&rsquo;est pas bon pour le buisness. C&rsquo;est pour &ccedil;a que tous les magasins sont ferm&eacute;s. C&rsquo;est No&euml;l. C&rsquo;est No&euml;l depuis plusieurs heures d&eacute;j&agrave;, et je le r&eacute;alise maintenant en discutant avec un cordonnier indien du Punjab venu faire affaire &agrave; Dharamsala. &Ccedil;a me donne l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;aller au temple, &agrave; Bagsou, pour souhaiter un joyeux No&euml;l &agrave; Shiva. Apr&egrave;s tout, je l&rsquo;ai fait pour J&eacute;sus et Buddha hier. Tout est quasi ferm&eacute; l&agrave; aussi, mais le village est envahi de touristes indiens fra&icirc;chement d&eacute;barqu&eacute;s pour leur vacances d&rsquo;hiver &agrave; la montagne. Ils d&eacute;chargent leur voiture devant les h&ocirc;tels, en riant fort en en prenant des photos. Je ne m&rsquo;attarde pas trop, j&rsquo;en ai vite ras le bol des gars qui me demandent si ils peuvent &ecirc;tre immortalis&eacute;s &agrave; c&ocirc;t&eacute; de moi sur leur t&eacute;l&eacute;phone portable. Flatteur, mais vite sao&ucirc;lant. J&rsquo;esquive en me promenant sur les chemins entre les maisons en contrebas du village, reste un moment &agrave; regarder la vall&eacute;e qui ne se d&eacute;voile toujours pas, &agrave; observer le jeu de deux mangooses sur un rocher (je sais pas le nom en fran&ccedil;ais..), avant de rebrousser chemin et de retourner vers Mc Leod. Sur la route du retour, mon estomac me rappelle &agrave; l&rsquo;ordre. Je ne sais pas si il me manifeste son app&eacute;tit ou son d&eacute;sir d&rsquo;aller au plus t&ocirc;t voir cette Dolma-la-miraculeuse. Apr&egrave;s les kilom&egrave;tres effectu&eacute;s, le ventre vide depuis hier midi, je prends le partie d&rsquo;avaler une soupe avant d&rsquo;aller en consultation; une soupe tib&eacute;taine (thenthuk), avec des grosses nouilles plates et des morceaux de l&eacute;gumes dedans. En fait, je n&rsquo;avale quasiment que le bouillon, et je m&rsquo;en f&eacute;liciterai une trentaine de minutes plus tard, quand, apr&egrave;s m&rsquo;avoir auscult&eacute;e (&agrave; savoir pris mon pouls de ses trois doigts sur chacun de mes poignets), Dolma commencera &agrave; me masser le ventre avec &eacute;nergie. </p>
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<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]-->&nbsp;<!--[endif]--><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal"><strong style=""><em style="">Tibetan massage<o:p></o:p></em></strong></p>
<p class="MsoNormal">Dolma a quitt&eacute; le Tibet et s&rsquo;est install&eacute;e &agrave; Mc Leod depuis un an et demi, avec son mari. Ils ont pour cabinet medical une petite pi&egrave;ce, avec deux tables de massage s&eacute;par&eacute;es par un rideau blanc, les murs sont recouverts de pri&egrave;res bouddistes, de mandalas tib&eacute;tains et de posters des points d&rsquo;acupressure. Je m&rsquo;assois sur une chaise, et regrette qu&rsquo;elle ne puisse allumer son petit chauffage &eacute;lectrique &agrave; cause de la coupure de courant, qui bien que quotidienne, reste pourtant totalement impr&eacute;visible car elle ne tombe jamais au m&ecirc;me moment de la journ&eacute;e. Dolma prend mon pouls, et en d&eacute;duit que mon estomac a pris froid... rien de bien m&eacute;chant, me dit-elle, et apr&egrave;s un massage et une semaine de traitement aux plantes tib&eacute;taines, mon estomac sera comme neuf. Je retire mes v&ecirc;tements, heureusement le haut seulement, et elle me recouvre rapidement le dos nu de couvertures, avant de commencer &agrave; m&rsquo;enduire d&rsquo;huile. Le massage tib&eacute;tain est particulier, &agrave; la fois doux et &eacute;nergisant, &agrave; la fois relaxant et douloureux... ses mains glissent sur mon dos, ses doigts s&rsquo;arr&ecirc;tant pour presser sur des points bien pr&eacute;cis, que je reconnais du massage thailandais. J&rsquo;ai tant de tensions dans les omoplates que j&rsquo;ai l&rsquo;impression qu&rsquo;elle enfonce une aiguille m&eacute;tallique dans ma peau, et qu&rsquo;elle envoie une d&eacute;charge &eacute;lectrique. Elle appuie avec force, s&rsquo;aidant du poids de son corps, et j&rsquo;en sursaute parfois en riant nerveusement. Puis les paumes de ses mains me caressent et me soulagent, avant que la douce torture ne reprenne quelque part ailleurs. Puis elle s&rsquo;attaque &agrave; mon ventre, &eacute;crasant la paume de ses mains sur mon estomac, sur mes intestins qui en gargouillent d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;rang&eacute;s de la sorte. Elle tire sur ma peau, tourne autour de mon nombril en appuyant ses mains enti&egrave;res, puis frotte l&rsquo;ensemble avec &eacute;nergie. Je me sens secou&eacute;e mais d&eacute;tendue quand elle commence &agrave; tenir ma t&ecirc;te entre ses mains, et &agrave; me masser le cou, &agrave; m&rsquo;enfoncer ses doigts dans la nuque, &agrave; la base du cr&acirc;ne, tellement qu&rsquo;elle soul&egrave;ve le poids mort de ma t&ecirc;te de la force d&rsquo;un seul pouce. Elle caresse ensuite mon visage, le front, les joues et le menton, avant d&rsquo;&eacute;craser mes tempes, d&rsquo;appuyer sur mes yeux jusqu&rsquo;&agrave; ce que je vois des &eacute;toiles, de me tirer les oreilles ou de les cheveux... Tous les gestes sont d&rsquo;une pr&eacute;cision impressionnante; et d&egrave;s que ses mains arr&ecirc;tent de s&rsquo;agiter, je me sens d&eacute;tendue, relax&eacute;e, admirant la justesse avec laquelle elle mesurait la force de ses pressions. Je l&rsquo;ai appris en suivant le stage de massage thailandais, le plus difficile n&rsquo;est pas de conna&icirc;tre les gestes ou les points d&rsquo;&eacute;nergie, mais bien de g&eacute;rer la douleur. Sans la moindre douleur, le massage n&rsquo;est pas efficace; il faut savoir doser la pression pour une douleur supportable. Et c&rsquo;est l&agrave; qu&rsquo;on reconnait l&rsquo;exp&eacute;rience d&rsquo;un masseur. Et je reconnais sans h&eacute;siter l&rsquo;exp&eacute;rience de Dolma... Dolma et ses doigts magiques. Je vais peut &ecirc;tre suivre un stage avec elle, pendant quelques jours. J&rsquo;aurais bient&ocirc;t en Anne Chris et Alex deux volontaires (si si!) pour le mettre en pratique... </p>
<p class="MsoNormal">Dolma me tend mes v&ecirc;tements, tandis que je go&ucirc;te au d&eacute;lice d&rsquo;&ecirc;tre au chaud, parfum&eacute;e d&rsquo;huile, et parfaitement d&eacute;tendue. Je reprends mes esprits tout doucement, elle pr&eacute;pare des petits sachets plastiques avec des petites boulettes marrons comme des crottes de lapins, qui me serviront de traitement pendant une semaine. Des crottes de lapins &agrave; m&acirc;cher d&rsquo;abord, et &agrave; avaler ensuite avec de l&rsquo;eau chaude. Que des plantes m&eacute;dicinales de la tradition tib&eacute;taine, aux odeurs de terre et d&rsquo;&eacute;pices. Une le matin, trois le midi, et deux le soir. Je prends note de la posologie, bien d&eacute;cid&eacute;e pour une fois &agrave; la suivre jusqu&rsquo;au bout, et r&egrave;gle les quelques 200 Rs que le lui dois (un peu moins de 4 euros) en la remerciant avec respect. Je me sens l&eacute;g&egrave;re en repartant, comme si un ballon gonfl&eacute; &agrave; l&rsquo;hydrog&egrave;ne &eacute;tait accroch&eacute; &agrave; chacune de mes &eacute;paules. </p>
<p class="MsoNormal">Je redescends la rue, m&rsquo;ach&egrave;te deux paires de chaussettes de laine en passant, puis poursuis le chemin vers ma guest. Je traverse une fois de plus le chantier, ils mettent une couche de dalles de b&eacute;ton sur la terre de la rue, et No&euml;l ou pas, les femmes continuent de charrier des paniers sur la t&ecirc;te, du gros tas de graviers jusqu&rsquo;&agrave; la b&eacute;tonneuse quelques m&egrave;tres plus bas. J&rsquo;attends mon tour pour passer mon chemin, entre la b&eacute;tonneuse et le bord de la demie partie de route d&eacute;j&agrave; dall&eacute;e. Un peu de repos, mes trois boulettes &agrave; croquer du midi, un gobelet d&rsquo;eau chaude, et &frac34; d&rsquo;heure de grimaces de d&eacute;gout plus tard, je vais faire un tour sur internet pour voir les beaux commentaires laiss&eacute;s sur le blog... merci de vos voeux et de vos encouragements, et merci aussi &agrave; ceux qui me les envoient par mail... &ccedil;a me rebooste un peu plus pour la fin de journ&eacute;e, et passer un coup de fil &agrave; mes fr&egrave;res et soeurs ensemble pour No&euml;l, avoir mes neveux et ni&egrave;ce au t&eacute;l&eacute;phone qui me disent ce qu&rsquo;ils ont eu comme cadeau, ach&egrave;ve d&eacute;finitivement de me redonner le sourire. Je retourne dans ma chambre finalement plus si froide que cela ce soir. Je commande un dhal avec du riz &agrave; Tarun, histoire de manger d&rsquo;ici une bonne heure si ils sont rapides, et m&rsquo;installe chez moi. Je mets de la musique, allume un b&acirc;ton d&rsquo;encens et les deux bougies sur ma table de chevet, et me fais chauffer de l&rsquo;eau pour le th&eacute;. </p>
<p class="MsoNormal">J&rsquo;ai envie d&rsquo;&eacute;crire ce soir, encore une petite chose de plus qui rend ce jour finalement un peu plus diff&eacute;rent des derniers. Une journ&eacute;e qui a commenc&eacute; comme beaucoup d&rsquo;autres, puis qui &agrave; mesure du temps est devenue sp&eacute;ciale. J&rsquo;ai eu le plus beau des cadeaux en recevant un coup de fil impr&eacute;vu de mon homme, je me suis sentie rel&acirc;ch&eacute;e et heureuse, et en communion avec les gens que j&rsquo;aime.... c&rsquo;est peut &ecirc;tre &ccedil;a, No&euml;l, finalement...</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]-->&nbsp;<!--[endif]--><o:p></o:p></p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 25 Dec 2006 12:06:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ccfd5149d141cddc8372117278fa3c24</guid>
                <category>Novembre 2006 - En route pour l'Inde again</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-5026152-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Noel a Dharamsala]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-5010214.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Dharamsala, le 23 d&eacute;cembre</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">&nbsp;
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je ne savais pas bien ce que je trouverais en arrivant ici. Il y a encore peu de temps, je cherchais un endroit particulier pour f&ecirc;ter No&euml;l, ou plut&ocirc;t pour passer la f&ecirc;te de No&euml;l. Un lieu qui pourrait m&rsquo;apporter l&rsquo;&eacute;nergie n&eacute;cessaire pour &eacute;quilibrer les &eacute;motions n&eacute;gatives qui m&rsquo;accompagnent toujours en cette p&eacute;riode. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">J&rsquo;ai bien quelques souvenirs lointains de No&euml;l joyeux, &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; je croyais dur comme fer comme tous les enfants, que ce dr&ocirc;le de vieux monsieur barbu apportait des cadeaux au pied du sapin, pr&egrave;s de la chemin&eacute;e. Le prix &agrave; payer n&rsquo;&eacute;tait pas d&rsquo;&ecirc;tre sage toute l&rsquo;ann&eacute;e, je l&rsquo;ai compris bien vite, mais d&rsquo;aller &agrave; la messe de minuit en pyjama et essayer de ne pas s&rsquo;y endormir. Dans mes souvenirs, j&rsquo;avais froid, je ne savais pas bien ce que je faisais l&agrave;, et la c&eacute;r&eacute;monie me paraissait interminable. Mais &agrave; la clef, il y avait les cadeaux qu&rsquo;on ouvrirait le lendemain &agrave; la premi&egrave;re heure. On pourrais alors manger des truffes au chocolat, et les gauffrettes s&egrave;ches de mamie, celles qui se mangent sans faim (et sans fin) devant le film de guerre de l&rsquo;apr&egrave;s midi. On pourrait aussi go&ucirc;ter au p&acirc;t&eacute; des grands, pour lequel ils nous font des gros yeux si on l&rsquo;&eacute;tale sur une tartine, parce que comme ils disent, &ccedil;a se fait pas. On pourrait quitter la table quand on le voudrait pour aller admirer nos nouveaux jouets, s&rsquo;&eacute;chapper d&rsquo;un repas qui n&rsquo;en finirait pas de d&eacute;monstrations culinaires lourdes et copieuses. On pourrait m&ecirc;me tremper ses l&egrave;vres dans le Riesling de papy une fois, peut &ecirc;tre m&ecirc;me deux si maman regarde pas.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Tout &ccedil;a le jour de No&euml;l, le lendemain de cette longue nuit d&rsquo;attente et de l&rsquo;&eacute;preuve de la messe de minuit. Une journ&eacute;e magique o&ugrave; tout &eacute;tait permis, sauf &eacute;taler son foie gras sur les toasts.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Et puis un jour, &ccedil;a a chang&eacute;. Je ne sais pas exactement quand, ni pourquoi, mais la magie a disparu, laissant place en moi &agrave; une sensation p&eacute;nible, comme une souffrance qui se mettait &agrave; exploser au moment m&ecirc;me o&ugrave; on me demandait d&rsquo;&ecirc;tre heureuse, ou de faire semblant de l&rsquo;&ecirc;tre.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Est-ce quand j&rsquo;ai r&eacute;alis&eacute; que quand je t&eacute;l&eacute;phonais au P&egrave;re No&euml;l, je parlais juste &agrave; mon parrain qui &eacute;tait au combin&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;tage? Est-ce quand j&rsquo;ai admis que ce J&eacute;sus Christ dont on c&eacute;l&eacute;brait soi disant la naissance m&rsquo;&eacute;tait parfaitement inconnu et que je ne comprenais pas toutes ces mises en sc&egrave;nes?</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Est-ce de r&eacute;p&eacute;ter ces m&ecirc;mes rituels tous les ans, jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;ils en aient perdu le sens?</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je ne sais pas pourquoi, mais je m&rsquo;emplissais de mal &ecirc;tre, ne laissant aucune place &agrave; l&rsquo;amour qui s&rsquo;&eacute;changeait &agrave; grandes embrassades, et &agrave; coups de cadeaux in&eacute;sp&eacute;r&eacute;s ou d&rsquo;inutiles bricoles.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Mes souvenirs sont alors devenus des sentiments de solitude intense, exacerb&eacute;s par une gaiet&eacute; &agrave; laquelle je ne prenais pas part. Des longs moments &agrave; garder la gorge nou&eacute;e, tentant, parfois en vain, de retenir des larmes qui venaient de profondeurs inconnues, que je ne m&rsquo;expliquais pas, et qu&rsquo;il ne fallait pas laisser s&rsquo;&eacute;chapper. No&euml;l s&rsquo;&eacute;tait transform&eacute; en une d&eacute;sagr&eacute;able obligation, un passage excessivement p&eacute;nible, et p&eacute;niblement excessif. Une obligation que j&rsquo;aurais aim&eacute; pouvoir fuir bien des fois, mais je r&eacute;alise aujourd&rsquo;hui, seule dans cette chambre froide &agrave; Dharamsala, qu&rsquo;il est vain de vouloir fuir ce qui semble grav&eacute; en moi. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je cherchais un lieu &eacute;loign&eacute; de tout ce faste d&eacute;cal&eacute; qui m&rsquo;exasp&egrave;re, un lieu o&ugrave; No&euml;l est un jour comme les autres, o&ugrave; la vie se poursuit &agrave; travers des vitrines inchang&eacute;es. Je voulais &eacute;galement un lieu spirituel pour essayer de redonner &agrave; cette p&eacute;riode une &eacute;nergie d&rsquo;amour; que je puisse trouver en No&euml;l au moins la magie que je trouve aux autres jours.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Rapidement, mon doigt s&rsquo;est arr&ecirc;t&eacute; sur Dharamsala, pointant le petit village coinc&eacute; entre les montagnes sur la carte du nord de l&rsquo;Inde. Dharamsala, ou plut&ocirc;t Mc Leod Ganj &agrave; 4 kms de l&agrave; pour &ecirc;tre exacte, est le refuge d&rsquo;une important communaut&eacute; tib&eacute;taine, dont le Dalai Lama fait lui m&ecirc;me partie. Un autre de ces noms qui r&eacute;sonnait d&eacute;j&agrave; dans ma t&ecirc;te depuis bien longtemps, dont je ne connaissais m&ecirc;me pas la localisation, avant de le trouver sur une carte &agrave; un croisement de route au nord est d&rsquo;Amritsar. A seulement 3 bus et une jeep de l&agrave; (il y a bien un bus direct, mais je l&rsquo;ai loup&eacute;.)</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Dharamsala s&rsquo;est donc pr&eacute;sent&eacute; &agrave; moi comme une &eacute;vidence, c&rsquo;est dans l&rsquo;aura du Dalai Lama que j&rsquo;allais passer No&euml;l et me donner un peu de temps hors du temps.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Cela fait d&eacute;j&agrave; une semaine que je suis l&agrave;, &agrave; d&eacute;ambuler dans les rues pentues de Mc Leod Ganj, &agrave; crapahuter sur les chemins alentours, et &agrave; me r&eacute;fugier sous mes couvertures quand il fait trop froid. Une semaine que j&rsquo;essaie de comprendre ce qui m&rsquo;a amen&eacute;e l&agrave;, au milieu des boutiques de souvenirs tenues par des kashmiris et des moines bouddhistes froids comme l&rsquo;ombre des sapins, &agrave; tenter de trouver une spiritualit&eacute; impalpable parmi ces astrologues tib&eacute;tains, ces profs de yoga ou ma&icirc;tres de reiki.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Le paysage alentour est saisissant, le soleil d&rsquo;hiver et doux et chaud, la lumi&egrave;re et l&rsquo;air sont d&rsquo;une puret&eacute; que l&rsquo;on ignore dans l&rsquo;Inde des plaines; le village, surplomb&eacute; de sommets enneig&eacute;s, domine la vall&eacute;e et semble accroch&eacute; &agrave; flanc de montagne, au milieu des sapins. Le d&eacute;cor est parfait, et les conditions id&eacute;ales, mais il manque quelque chose car je ne suis pas seulement venue chercher le calme, l&rsquo;air vivifiant et le charras pas cher.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je me suis mise en qu&ecirc;te depuis plusieurs jours de trouver un ma&icirc;tre reiki s&eacute;rieux et digne de ce nom, afin de me replonger dans cette puissante &eacute;nergie. Un ami de Tarun, g&eacute;rant de la guest, devait venir me voir mais &agrave; plusieurs reprises, je l&rsquo;ai attendu en vain. Jusqu&rsquo;&agrave; rencontrer Reneka hier dans la rue, une allemande install&eacute;e ici, qui me demande si je ne veux pas une nouvelle coupe de cheveux pour No&euml;l... et de fil en aiguille, me voil&agrave; invit&eacute;e &agrave; une petite soir&eacute;e dimanche soir, et pr&eacute;sent&eacute;e &agrave; un de ses amis ma&icirc;tre reiki. Au moment o&ugrave; j&rsquo;avais abandonn&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;id&eacute;e m&ecirc;me de poursuivre ma formation, et o&ugrave; j&rsquo;avais presque d&eacute;cid&eacute; de quitter Dharamsala et d&rsquo;aller non-c&eacute;l&eacute;brer No&euml;l ailleurs... voil&agrave; que les choses se mettent finalement en place.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">J&rsquo;ai fait la connaissance d&rsquo;Alfredo aujourd&rsquo;hui, nous avons pass&eacute; une bonne partie de l&rsquo;apr&egrave;s midi ensemble, &agrave; discuter autour d&rsquo;un hot ginger lemon honey sur la terrasse ensoleill&eacute;e de l&rsquo;Om guest house. Le courant est bien pass&eacute;, j&rsquo;aime sa fa&ccedil;on de voir les choses, d&rsquo;&eacute;voquer le reiki dans son int&eacute;gralit&eacute; sans se limiter aux symboles qui son transmis; et sans vouloir rentrer davantage dans les d&eacute;tails, j&rsquo;ai tout simplement le sentiment qu&rsquo;il m&rsquo;apporte sur un plateau d&rsquo;argent ce que j&rsquo;attendais. Alors je d&eacute;marre une premi&egrave;re session de deux jours avec lui mardi.<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>L&rsquo;avenir me dira si ma premi&egrave;re impression &eacute;tait la bonne, mais le pass&eacute; me dit d&eacute;j&agrave; que j&rsquo;ai toujours eu raison de fier &agrave; mes intuitions..</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Un Dharamsala bis est n&eacute; aujourd&rsquo;hui, et curieusement ce matin, il m&rsquo;a pris l&rsquo;id&eacute;e de changer de chambre... comme pour marquer un nouveau d&eacute;part, sans savoir alors si j&rsquo;avais ou non une raison de rester l&agrave;.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Je passerai bien No&euml;l &agrave; Dharamsala, comme je le pressentais. Je ne sais pas encore comment, ni dans quel &eacute;tat; je sais juste que mon estomac qui fait gr&egrave;ve de la digestion me donne une bonne excuse de ne pas accompagner certains que je connais dans leur r&eacute;solution de se bourrer la gueule. C&rsquo;est loin d&rsquo;&ecirc;tre ce dont j&rsquo;ai envie. Ce que je voudrais, c&rsquo;est &ecirc;tre dimanche soir avec mes fr&egrave;res et soeurs, et d&eacute;poser les cadeaux autour du sapins pour les enfants, dont on peut encore voir briller la magie au fond des yeux. Etre avec mon p&egrave;re, et ma m&egrave;re aussi de l&agrave; o&ugrave; elle nous regarde, essayer de rattraper tous ces No&euml;l perdus. Etre avec mon homme, s&rsquo;offrir enfin plein d&rsquo;amour emball&eacute; dans un papier color&eacute; et brillant avec des &eacute;toiles.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">A d&eacute;faut, j&rsquo;ai mis leurs noms dans une petite bo&icirc;te en bois en forme d&rsquo;oeuf, et je la transporte avec moi. Pour &ecirc;tre avec eux, leur envoyer de l&rsquo;&eacute;nergie, pour qu&rsquo;on passe le soir de N&ouml;el tous ensemble &agrave; nouveau.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">&nbsp;
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font face="Tahoma" size="2">Joyeux No&euml;l &agrave; tous. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">&nbsp;
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 23 Dec 2006 10:59:02 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">23c248ecda428e2bf1e1ff2a8e566f3a</guid>
                <category>Novembre 2006 - En route pour l'Inde again</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-5010214-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La cour des miracles]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-4965452.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal">Amritsar, le 15 d&eacute;cembre</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]-->&nbsp;<!--[endif]--><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Quand je suis descendue du bus &agrave; 3h45 ce matin du 15 d&eacute;cembre, dans l&rsquo;obscurit&eacute;, le froid et le sommeil, je ne pouvais que difficilement me faire une id&eacute;e de ce qui m&rsquo;attendait dans ce nouveau d&eacute;cor. En un dizaine d&rsquo;heure de bus, je changeais d&rsquo;&eacute;tat, de religion et de langue. Me voil&agrave; fra&icirc;chement d&eacute;barqu&eacute;e au Punjab, le pays des Sicks, o&ugrave; les hommes se couvrent les cheveux d&rsquo;un long turban color&eacute; et portent un poignard cach&eacute; sous leurs v&ecirc;tements.</p>
<p class="MsoNormal">Les Sicks ont la r&eacute;putation d&rsquo;&ecirc;tre g&eacute;n&eacute;reux, hospitaliers et moins oppressants que les autres indiens. Mais tout Sicks soient-ils, les premiers que je rencontre ce jour l&agrave; sont avant tout des chauffeurs de cyclos ou de rickshaws, et m&rsquo;accueillent avec tout autant d&rsquo;empressement et d&rsquo;&eacute;touffement que leurs confr&egrave;res hindous. Comme &agrave; mon habitude, apr&egrave;s une mauvaise nuit dans un bus, il me faut au moins le temps d&rsquo;une cigarette pour chasser mon humeur ex&eacute;crable et entreprendre les n&eacute;gociations. Ils ont l&rsquo;air de bien comprendre, et gardent les yeux riv&eacute;s sur le m&eacute;got qui finit de se consummer, respectant &agrave; peu pr&egrave;s le silence, mais beaucoup moins l&rsquo;espace que je leur ai demand&eacute;.</p>
<p class="MsoNormal">Ma cigarette finie, les propositions de prix reprennent de plus belle et tous se bousculent autour de moi me promettant le meilleur tarif. Puisqu&rsquo;ils ont l&rsquo;air de se concurrencer et de ne pas s&rsquo;&ecirc;tre tous mis d&rsquo;accord pour m&rsquo;extorquer le maximum, je d&eacute;cide de m&rsquo;amuser un peu. Je monte sur une marche, ce qui &agrave; vrai dire n&rsquo;est pas vraiment indispensable pour que je les d&eacute;passe d&rsquo;une t&ecirc;te, et lance les ench&egrave;res. En moins de 30 secondes, tout le monde rit de bon coeur, et j&rsquo;obtient un prix inesp&eacute;r&eacute; de la part d&rsquo;un chauffeur de cyclo (je devrais dire un p&eacute;daleur), qui est pr&ecirc;t &agrave; m&rsquo;emmener au Golden Temple pour 10 Rs. Mon sac &agrave; dos sur les genoux, le ch&acirc;le bien cal&eacute; sur les &eacute;paules, je traverse en silence les rues d&eacute;sertes et obscures d&rsquo;Amritsar jusqu&rsquo;&agrave; atteindre le temple.</p>
<p class="MsoNormal">Le Golden Temple, c&rsquo;est l&rsquo;attraction qui am&egrave;ne ici les touristes occidentaux comme indiens, mais c&rsquo;est surtout le haut lieu de p&eacute;lerinage des Sicks. </p>
<p class="MsoNormal">Il y a, dans le gigantesque complexe, des b&acirc;timents r&eacute;serv&eacute;s &agrave; l&rsquo;accueil des p&eacute;lerins, et tout visiteur du temple, quelle que soit sa religion, est consid&eacute;r&eacute; comme p&eacute;lerin. Alors &agrave; 4h du matin, quand je me pr&eacute;sente, je suis admirablement re&ccedil;ue par un Sick au turban jaune et &agrave; la longue barbe noire. Une pi&egrave;ce est r&eacute;serv&eacute;e aux &eacute;trangers, et je profite d&rsquo;un lit sommaire du dortoir, dans lequel je m&rsquo;endors rapidement, berc&eacute;e par les chants qui viennent de commencer &agrave; r&eacute;sonner au coeur du temple.</p>
<p class="MsoNormal">Je me l&egrave;ve quelques heures plus tard, davantage pr&ecirc;te &agrave; aborder une nouvelle journ&eacute;e. Dans le dortoir, il y a bien une douche, mais les toilettes sont elles communes &agrave; tous les p&eacute;lerins du b&acirc;timent. Je traverse la grande cour int&eacute;rieure autour de laquelle s&rsquo;&eacute;l&egrave;vent trois &eacute;tages de logements; du linge pend aux balustrades ou est &eacute;tal&eacute; &agrave; m&ecirc;me le sol. Certains se lavent au centre, o&ugrave; sont dispos&eacute;s en cercle plusieurs robinets; d&rsquo;autres sont assoupis par terre, enroul&eacute;s dans leur couverture sur le sol glac&eacute;; d&rsquo;autres encore m&eacute;ditent au soleil timide d&rsquo;un matin d&rsquo;hiver, remettent en place leur turban, coiffent leur barbe&hellip; &ccedil;a crache, &ccedil;a &eacute;ructe, &ccedil;a bo&icirc;te, &ccedil;a piaille&hellip; Moi qui aime par moment me faire appeler Esmeralda, il semblerait que les dieux m&rsquo;aient &eacute;cout&eacute;, car me voil&agrave; bel et bien au milieu d&rsquo;une cour des miracles&hellip; Un bonnet sur la t&ecirc;te et quelques feuilles de PQ &agrave; la main, je traverse ce d&eacute;cor cahotique dans lequel r&egrave;gne une ambiance finalement douce et simple, emplie de fraternit&eacute; et de recueillement. Les estropi&eacute;s ne demandent pas d&rsquo;argent, les enfants ne demandent pas de crayons, les vieux h&ocirc;chent la t&ecirc;te avec respect en guise de bienvenue, et les femmes se cachent toujours pour sourire. Le Golden Temple fonctionne un peu comme une communaut&eacute; id&eacute;ale, dans laquelle tout le monde a sa place. Financ&eacute; par un syst&egrave;me de donations, il permet aux plus d&eacute;munis de venir faire leur p&eacute;lerinage, en leur offrant logement et nourriture. </p>
<p class="MsoNormal">L&rsquo;atmosph&egrave;re de ces lieux me donne envie davantage de me rendre dans le temple lui m&ecirc;me. Je repasse au dortoir pour y d&eacute;poser mes chaussures, prendre mon appareil photo et troquer mon bonnet contre un foulard. Les logements donnent sur l&rsquo;arri&egrave;re du temple. Une all&eacute;e de marbre blanc m&rsquo;emm&egrave;ne &agrave; la porte, traversant des jardins aux pelouses envahies de p&eacute;lerins d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, et la gigantesque cuisine commune o&ugrave; tintent les assiettes de m&eacute;tal de l&rsquo;autre. Je rel&egrave;ve le bas de mon jean pour passer la rigole d&rsquo;eau ti&egrave;de, et descend les marches qui donnent sur l&rsquo;immense cour carr&eacute;e enti&egrave;rement en marbre blanc, entourant un grand r&eacute;servoir d&rsquo;eau. Le temple, couvert d&rsquo;or, y est d&eacute;pos&eacute; en son centre comme un ilot &eacute;tincelant. Des p&eacute;lerins tournent lentement autour de l&rsquo;&eacute;tendue d&rsquo;eau, s&rsquo;arr&ecirc;tant pour des ablutions, pour s&rsquo;incliner devant un des textes grav&eacute;s dans le marbre, pour m&eacute;diter solennellement tourn&eacute;s vers le temple d&rsquo;or. Les pri&egrave;res chant&eacute;es par les pr&ecirc;tres au coeur du temple r&eacute;sonnent dans le silence religieux, et m&rsquo;atteignent au plus profond de moi-m&ecirc;me. Je me dirige doucement vers l&rsquo;entr&eacute;e du temple, et m&rsquo;engage entre les portes d&rsquo;or o&ugrave; la musique se fait plus forte. Les notes vibrent, je quitte rapidement la pi&egrave;ce trop occup&eacute;e o&ugrave; les pr&ecirc;tres chantent, entour&eacute;s de p&eacute;lerins agglutin&eacute;s. Je ressens le besoin de m&rsquo;asseoir et de fermer les yeux, moi aussi, et monte alors &agrave; l&rsquo;&eacute;tage, dans un couloir ouvert sur le lieu de c&eacute;r&eacute;monie, o&ugrave; des personnes sont &eacute;galement assises et murmurent en silence les paroles punjabi des chants sacr&eacute;s, dans des recoins isol&eacute;s. Je me trouve une place pr&egrave;s de la balustrade, coinc&eacute;e entre deux colonnes. L&rsquo;&eacute;nergie qui remplit les lieux appelle au silence int&eacute;rieur, au recueillement, au laisser aller&hellip; alors je me laisse aller, me laisse bercer, me laisse redevenir vuln&eacute;rable et sensible &agrave; fleur de peau. Je sens mon visage se lisser de paix, et autorise quelques larmes &agrave; glisser lentement sur mes joues, je me donne le droit de d&eacute;border de bien-&ecirc;tre. Dans ce temple o&ugrave; l&rsquo;on prie un dieu que je ne connais pas, dans une langue que je ne connais pas, j&rsquo;atteins pour quelques instants le nirvana, l&rsquo;extase, ou tout simplement le plus profond de moi-m&ecirc;me. Je ne sais pas si je suis rest&eacute;e longtemps, mais quand je quitte le temple, j&rsquo;ai le sentiment qu&rsquo;une &eacute;ternit&eacute; vient de s&rsquo;&eacute;couler. Je flotte, l&eacute;g&egrave;re, dans les all&eacute;es du temple, m&rsquo;asseyant encore de temps &agrave; autre pour me sentir un peu plus transport&eacute;e en refermant les yeux. Je conserve ce sourire et ce bien-&ecirc;tre rayonnant qui semble prendre racine de plus en plus en moi, et que les gens autour de moi me renvoient d&rsquo;un regard. J&rsquo;ai envie d&rsquo;offrir cette joie, de la partager avec d&rsquo;autres qui en ont, n&eacute;cessairement, au fond d&rsquo;eux.</p>
<p class="MsoNormal">En passant devant les cuisines, j&rsquo;en trouve le moyen, en m&rsquo;arr&ecirc;tant devant ces alignements de longs bacs m&eacute;talliques remplis d&rsquo;eau o&ugrave; des mains s&rsquo;affairent avec &eacute;nergie &agrave; frotter les tonnes de vaisselle que des &eacute;normes bassines viennent d&eacute;verser r&eacute;guli&egrave;rement. Je d&eacute;pose mon sac photo sur le muret, &agrave; c&ocirc;t&eacute; d&rsquo;un grand m&egrave;re invalide qui tient un jeune enfant sur ses genoux, et me joint au premier bac, entre deux femmes qui me font une place en souriant. Je suis au bac de pr&eacute;lavage, et le principe est tr&egrave;s simple: il suffit de r&eacute;cup&eacute;rer la vaisselle sale, et de la frotter dans l&rsquo;eau sale, avant de la transmettre aux bacs suivants o&ugrave; elle sera lav&eacute;e au savon. </p>
<p class="MsoNormal">Les femmes me regardent faire, observent le moindre de mes mouvements, et s&rsquo;apper&ccedil;oivent tr&egrave;s vite que finalement, ma mani&egrave;re de frotter les assiettes et les bols est bien proche de la leur, que probablement, je dois faire la vaisselle aussi dans le pays d&rsquo;o&ugrave; je viens, et qu&rsquo;elles ignorent. Parce qu&rsquo;on ne se parle pas, on se fait des gestes et beaucoup de sourires, on s&rsquo;&eacute;clabousse un peu, mais sans faire expr&egrave;s. Les plus &acirc;g&eacute;es m&rsquo;offrent des regards attendris, de ceux qu&rsquo;on peut faire quand on voit un b&eacute;b&eacute; faire ses gazouilles. Et il s&rsquo;en faudrait de peu pour que l&rsquo;une d&rsquo;entre elles me tienne le menton entre le pouce et l&rsquo;index en secouant la t&ecirc;te. J&rsquo;ai les mains grasses, poisseuses, et n&rsquo;ayant rien d&rsquo;autre, les essuie sur mon pantalon d&eacute;j&agrave; bien crasseux pour faire quelques photos. Avant que la prochaine bassine de vaisselle arrive et que je me pr&eacute;cipite pour reprendre ma place. Car il y a tellement de volontaires qu&rsquo;il faut jouer du coude pour atteindre le bac, et on s&rsquo;arrache presque les assiettes des mains. Je reste l&agrave; une bonne heure, alternant lavage, r&eacute;cup&eacute;ration et transport vers le bac suivant, photo, et fous rires. Jusqu&rsquo;&agrave; ce que ma voisine, une femme dont il est difficile de donner un &acirc;ge, me prenne le bras en me faisant signe de manger. Kana, kana, qu&rsquo;elle dit en pointant du doigt le hall immense<span style="">&nbsp; </span>d&rsquo;&agrave; c&ocirc;t&eacute;. Je la suis, et comme elle, prend l&rsquo;assiette qu&rsquo;on homme me tend, puis un bol et une cuill&egrave;re. Nous rentrons dans une vaste salle, ou des alignements de personnes sont en train de manger. De fins tapis sont dispos&eacute;s sur toute la longueur, une bonne trentaine de m&egrave;tres, laissant entre eux une all&eacute;e o&ugrave; passent les volontaires qui servent le dhal, les chapattis, et l&rsquo;eau. Nous prenons place &agrave; la suite de la rang&eacute;e, je d&eacute;pose mon assiette par terre, mon bol &agrave; c&ocirc;t&eacute;, et un premier homme verse un large louche de soupe aux lentilles (sorte de), un second laisse tomber deux chapattis dans mes mains jointes, et un dernier remplit mon bol d&rsquo;eau. En quelques instants, gr&acirc;ce &agrave; une organisation exemplaire, mon assiette est remplie, et je commence &agrave; plier mon premier morceau de chapatti. L&agrave; aussi, il r&egrave;gne une atmosph&egrave;re incomparable, pleine de simplicit&eacute; et surtout de reconnaissance. Le silence n&rsquo;est pas impos&eacute;, il est naturel et respectueux. Un silence de mots dans un brouhaha de tintements m&eacute;talliques, d&rsquo;&eacute;ructations, de pleurs d&rsquo;enfants.</p>
<p class="MsoNormal">Ce repas, aussi modeste soit-il, sera servi dans la journ&eacute;e gratuitement &agrave; des milliers de personnes. Avec une efficacit&eacute; remarquable, une solidarit&eacute; poignante et un amour saisissant. Personne ne fait vraiment attention &agrave; moi, un regard &agrave; peine, un sourire de temps en temps. Je suis comme tout le monde ici en train de manger. Il n&rsquo;y a plus de couleur de peau, de language, de tenue vestimentaire diff&eacute;rent, il y a juste une paire de mains parmi tant d&rsquo;autres, qui plient des chapattis apr&egrave;s avoir fait la vaisselle, et avant d&rsquo;aller &eacute;cosser des petits pois ou d&rsquo;&eacute;plucher des &eacute;chalottes. C&rsquo;est bon parfois de se sentir comme les autres, d&rsquo;avoir le sentiment de faire partie d&rsquo;une foule et de ne pas y marcher seule, mais en restant toujours soi-m&ecirc;me. </p>
<p class="MsoNormal">Le Golden Temple... dont un vieux me disait plus t&ocirc;t en me prenant la main que quelle que soit ma religion, il &eacute;tait mon temple autant que le sien. Il a &eacute;t&eacute; une raison secondaire de me rendre &agrave; Amritsar, mais en est maintenant devenu une suffisante pour y retourner un jour. Quand je passerai dans le coin, et qu&rsquo;il me prendra l&rsquo;id&eacute;e de faire la vaisselle.</p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 15 Dec 2006 10:53:59 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">99c9f209cb95a7cb44f5843ca5e6275b</guid>
                <category>Novembre 2006 - En route pour l'Inde again</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-4965452-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Karni Mata Temple]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-4954856.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">Le 14 d&eacute;cembre
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt">
<p><font face="Tahoma" size="2">&nbsp;</font></p>
</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">J&rsquo;avais 10 ans environ, la premi&egrave;re fois que j&rsquo;entendais parler de ce temple. Je me souviens tr&egrave;s bien de la diapo que Raymond Fau passait dans ses veill&eacute;es sur le grand &eacute;cran qu&rsquo;il installait dans le coeur des &eacute;glises. Quand j&rsquo;ai commenc&eacute; &agrave; chanter avec la chorale des Amis de Tous les Enfants du Monde, et que j&rsquo;ai fait la rencontre de Raymond Fau, mes yeux se sont mis &agrave; briller en &eacute;coutant ses histoires qu&rsquo;il ramenait de contr&eacute;es lointaines&hellip; l&rsquo;Inde jusque l&agrave; n&rsquo;&eacute;tait pour moi que l&rsquo;endroit d&rsquo;o&ugrave; mon gros hamster devait probablement venir, puisqu&rsquo;au magasin animalier &ldquo;le petit moulin&rdquo; de Douai les vendeurs l&rsquo;appelait cochon d&rsquo;Inde.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">Avec la chorale, nous partions souvent accompagner Raymond dans ses veill&eacute;es. Pendant les vacances scolaires, les WE et on faisait 3 semaines de tourn&eacute;e avec lui pendant les cong&eacute;s d&rsquo;&eacute;t&eacute;. Mon<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>d&eacute;sir de rencontrer l&rsquo;Inde grandissait de jour en jour &agrave; travers les photos et les histoires qu&rsquo;il pouvait partager avec nous. Un simple pays sur une planisf&egrave;re est devenu pour moi un univers myst&eacute;rieux, o&ugrave; des gens aux pr&eacute;noms &eacute;tranges vivaient, travaillaient, faisaient du v&eacute;lo et prenaient le bus. Je d&eacute;couvrais des v&ecirc;tements diff&eacute;rents, des jouets diff&eacute;rents, des dieux diff&eacute;rents. J&rsquo;&eacute;tais d&eacute;j&agrave; fascin&eacute;e par l&rsquo;Inde quand j&rsquo;ai rencontr&eacute; Manoj, un ami photographe de Raymond, qui habitait alors en Suisse. Manoj &eacute;tait originaire du pays Malabar, qu&rsquo;on appelle aujourd&rsquo;hui le Kerala, sud ouest de l&rsquo;Inde. Je l&rsquo;avais d&rsquo;abord vu en photo, en train de prier &agrave; l&rsquo;aube dans le Gange; les mains jointes, &agrave; demi immerg&eacute; dans le fleuve sacr&eacute;, le corps et le visage illumin&eacute;s de douceur et de foi.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">Et puis un jour, &agrave; la Roche sur Yon lors d&rsquo;une tourn&eacute;e en Vend&eacute;e, je l&rsquo;ai rencontr&eacute;. Je suis tomb&eacute;e amoureuse de lui, de son dieu, de son pays; et je me suis promise d&rsquo;aller un jour dans le Malabar, pour son dr&ocirc;le de nom, et pour conna&icirc;tre l&rsquo;endroit d&rsquo;o&ugrave; venait Manoj.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">Les veill&eacute;es ont &eacute;t&eacute; nombreuses, et les diaporamas sur l&rsquo;&eacute;cran &eacute;galement. Des noms de lieux, des mots exotiques, ou des pr&eacute;noms se sont ainsi grav&eacute;s dans ma m&eacute;moire de gamine. Mais d&egrave;s lors, les histoires de Raymond ne me suffisaient plus&hellip; je r&ecirc;vais d&eacute;j&agrave; de voir moi m&ecirc;me le maquillage des danseurs de Kathakali ou les ablutions dans le Gange; de rencontrer des Manoj, des Sanju, des Ramesh &agrave; la peau et au regard sombre; de comprendre qui &eacute;taient ces Shiva, Ganesh ou Vishnou, et ces autres dieux &agrave; 8 bras; et de visiter le Karni Mata Temple, ce temple &eacute;trange o&ugrave; les gens ont la curieuse habitude d&rsquo;adorer des rats. La photo de Raymond qui apparaissait &agrave; l&rsquo;&eacute;cran montrait une &eacute;cuelle m&eacute;tallique avec du riz, et des dizaines de rats qui venaient s&rsquo;y nourrir, recouvrant &agrave; demi une paire de pieds nus.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">J&rsquo;avais rep&eacute;r&eacute; la situation g&eacute;ographique du temple lors de mon dernier voyage. Mais Bikaner est loin, excentr&eacute;, et je n&rsquo;avais pas pris le temps d&rsquo;y aller. Cette fois, en d&eacute;cidant de voyager le temps n&eacute;cessaire dans le Rajasthan, Bikaner s&rsquo;est inscrit comme une &eacute;vidence dans mon itin&eacute;raire.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt">
<p><font face="Tahoma" size="2">&nbsp;</font></p>
</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">Apr&egrave;s une journ&eacute;e de repos et de r&eacute;acclimatation de mes sens aux agressions ext&eacute;rieures que j&rsquo;avais oubli&eacute; dans les ruelles paisibles de Jodhpur, je me mets en qu&ecirc;te de l&rsquo;arr&ecirc;t du bus qui me conduira &agrave; Deshnok. Bikaner n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;on appelle une ville touristique. Il y a bien un fort et quelques temples, mais on est bien loin des endroits o&ugrave; l&rsquo;infrastructure touristique rend toute d&eacute;marche plus facile. Ici, l&rsquo;anglais ne court pas les conversations et bien souvent, se limite &agrave; quelques mots de base. Mais trouver un bus, rien de plus simple normalement. Je ferais quand m&ecirc;me un d&eacute;tour de pas loin d&rsquo;un kilom&egrave;tre dans la vieille ville, sur les conseils d&rsquo;un groupe de jeunes qui se trouvaient en r&eacute;alit&eacute; &agrave; 100m de l&rsquo;arr&ecirc;t. On a pas d&ucirc; se comprendre, mais je ne regrette rien car ce d&eacute;tour m&rsquo;a emmen&eacute; vers des photos qui le valent bien, finalement. Surtout une. &Ccedil;a me suffit pour &ecirc;tre satisfaite.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">Bref, je trouve finalement le bus pr&egrave;s du rond point o&ugrave; j&rsquo;avais demand&eacute; ma route, et le temps de quelques autres photos, me voil&agrave; install&eacute;e confortablement sur un si&egrave;ge anormalement mou. Deshnok et ses rats se trouvent &agrave; environ 45 kms de Bikaner, et pendant l&rsquo;heure de trajet cahotique j&rsquo;essaie d&rsquo;imaginer &agrave; quoi va bien pouvoir ressembler ce temple, dont la seule image que j&rsquo;ai est une &eacute;cuelle de riz. Y aura t&rsquo;il des rats vraiment partout? Est-ce qu&rsquo;ils vont me mordre si je ne fais pas une offrande? Est-ce que je vais voir le fameux rat blanc qui, parait-il, porte chance? Est-ce que je vais r&eacute;ussir une photo intriguante qui donnera elle aussi l&rsquo;envie &agrave; une personne de le voir de ses propres yeux?
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</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">Le paysage est d&eacute;sertique, une fois de plus nous traversons de vastes &eacute;tendues de sable, de pierre et de v&eacute;g&eacute;tation s&egrave;che. Le village de Deshnok est petit, et regroupp&eacute; autour du temple. Je ne reste que peu de temps &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur, le temps de traverser la place o&ugrave; le bus s&rsquo;est arr&ecirc;t&eacute;, et je d&eacute;pose rapidement mes sandales sur le marbre blanc, pr&egrave;s de la grande porte du porche sculpt&eacute;e qui marque l&rsquo;entr&eacute;e du temple. Mes yeux sont riv&eacute;s au sol, je n&rsquo;y vois pour le moment que d&rsquo;autres paires de pieds nus comme les miens. Le porche s&rsquo;ouvre sur un cour int&eacute;rieure au coeur de laquelle se dresse le temple principal. Je ne tarde pas &agrave; voir les premiers r&eacute;sidents, se faufilant &ccedil;a et l&agrave; entre les colonnes qui entourent la cour, apparaissant sur une marche, dormant paisiblement &agrave; la sortie d&rsquo;un tuyau ou sur la bo&icirc;te des donations. Je ne m&rsquo;attarde pas dans la cour, juste le temps de trouver la personne qui va encaisser les 20 roupies que je dois pour photographier. Je m&rsquo;engage alors entre les barri&egrave;res m&eacute;talliques, pour entrer dans le sanctuaire, sur les traces de cette femme en sari rouge et aux pieds maquill&eacute;s, sur les pas de milliers de p&eacute;lerins et sur les pas, un jour, de Raymond Fau. Le femme qui me pr&eacute;c&egrave;de s&rsquo;arr&ecirc;te sur le pas de la porte, pour le toucher avec gr&acirc;ce et respect, et porter ensuite la main &agrave; ses l&egrave;vres, en chuchotant quelques mots de pri&egrave;re. Un rat passe devant ses pieds. Le temple est petit, ouvert au centre et entour&eacute; lui aussi de colonnes, &eacute;clair&eacute; pour mon plus grand bonheur d&rsquo;une lumi&egrave;re naturelle &agrave; peine entrav&eacute;e par un filet anti-pigeons. </font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">
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<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">Les rats sont bien l&agrave;, partout, mais pas si nombreux que je le pensais. Une &eacute;cuelle remplie de lait rassemble une vingtaine de petites boules disgracieuses de poil sale. Ils sont petits, plus petits que ceux qu&rsquo;on voit parfois tra&icirc;ner entre les gamelles dans une cuisine ou longeant un trottoir. Ils ne sont pas beaux, les poils manquent de leur pelage par touffes enti&egrave;res, et certains sont macul&eacute;s de sang. Mais est-ce que j&rsquo;aurais fait ces premiers pas avec davantage d&rsquo;assurance si ils avaient &eacute;t&eacute; beaux et de taille respectable? Franchement..<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>un rat reste un rat, et j&rsquo;avoue que mes premi&egrave;res minutes dans le temple ont &eacute;t&eacute; plus concentr&eacute;es sur les dalles noires et blanches du sol que sur la d&eacute;coration sobre et fine des murs. Je ne m&rsquo;arr&ecirc;te qu&rsquo;apr&egrave;s m&rsquo;&ecirc;tre assur&eacute;e que mon p&eacute;rim&egrave;tre soit s&eacute;curis&eacute;, surveillant autant que je le peux d&rsquo;&eacute;ventuelles intrusions. Mais je prends conscience tr&egrave;s rapidement que les b&ecirc;tes sont totalement indiff&eacute;rentes &agrave; ma pr&eacute;sence, et que manifestement les boulettes de riz sucr&eacute; au cumin les attirent bien plus que mes pieds sales. Je rel&egrave;ve la t&ecirc;te, et les oublie un instant en revoyant ma femme en sari rouge sortir de la pi&egrave;ce qui renferme la statue de Karni Mata, elle s&rsquo;engage dans le couloir pour en faire le tour par l&rsquo;arri&egrave;re, elle r&eacute;appara&icirc;tra bient&ocirc;t &agrave; droite, entre ces deux colonnes de marbre scultp&eacute;, et d&eacute;posera ses pieds magnifiquement maquill&eacute;s et par&eacute;s de bijoux sur le sol carrel&eacute;. Je pr&eacute;pare mon appareil photo, v&eacute;rifie rapidement les r&eacute;glages, je veux pas louper une photo pour une erreur stupide. </font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">Accroupie au sol, je pr&eacute;pare mon cadrage, j&rsquo;oublie tous les rats autour de moi et prie pour celui qui semble sagement attendre pr&egrave;s de la colonne que je prenne ma photo. Le rat, le bas de la colonne, le damier du sol&hellip; je l&rsquo;attends&hellip; et dans mon viseur appara&icirc;t enfin le drap&eacute; rouge soyeux brod&eacute; de fils d&rsquo;argent, retenu gracieusement par une main tatou&eacute;e au henn&eacute;. Elle pose son pied gauche sur un carreau blanc, il est peint de fins traits rouge, et une large bague en argent pare chacun de ses orteils. Le rat regarde dans sa direction. J&rsquo;appuie sur le d&eacute;clencheur. Tout se passe en l&rsquo;espace de quelques milli&egrave;mes de secondes, je ne sais pas ce que la photo donnera mais je me redresse ensuite en adressant un large sourire de remerciement &agrave; cette femme qui, la premi&egrave;re ici, a donn&eacute; vie et beaut&eacute; &agrave; un cadrage. Je me sens anim&eacute;e comme je le suis de plus en plus quand je prends des photos, anim&eacute;e du plaisir et de l&rsquo;engo&ucirc;ement &agrave; chercher l&rsquo;angle, le d&eacute;cor, la couleur&hellip; comment rendre l&rsquo;ambiance de cet int&eacute;rieur, le naturel dans une situation qui ne l&rsquo;est pas &agrave; piori pour moi, comment montrer &agrave; quel point les rats sont chez eux, &agrave; quel point l&rsquo;homme ne s&rsquo;y sent parfois pas &agrave; sa place&hellip; je m&rsquo;amuse, laisse aller mes yeux fureter dans les moindres recoins, trouve les positions strat&eacute;giques, observe, sourit, shoote.. et j&rsquo;amuse aussi, car les gens rient de me voir agenouill&eacute;e dans l&rsquo;urine sacr&eacute;e et les grains de riz.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><font size="2"><font face="Tahoma">&nbsp;J&rsquo;amuse en prenant des photos de pieds, en suivant le moindre mouvement des &eacute;coli&egrave;res qui ont fait leur apparition, en parlant toute seule parfois, ou &agrave; des rats qui bougent un peu trop.. j&rsquo;ai vraiment du mal &agrave; partir, et passe plusieurs heures dans le temple &agrave; roder, &agrave; observer, rire&hellip; je m&rsquo;assois un moment, me laisse bercer par les percussions et les chants, pensant aux autres photographes qui sont pass&eacute;s par l&agrave;, pensant tout particuli&egrave;rement &agrave; Raymond qui &eacute;tait l&agrave; un jour, certainement en train de rire lui aussi. Raymond et sa diapositive si intriguante&hellip; ses histoires aux go&ucirc;ts d&rsquo;&eacute;pices et de soleil, aux odeurs de jasmin et de santal, aux sons de cloches et de pri&egrave;res&hellip; son Inde que j&rsquo;ai eu envie de d&eacute;couvrir si intens&eacute;ment que j&rsquo;y suis aujourd&rsquo;hui.
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</font></font></p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 14 Dec 2006 12:56:03 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">44fdec251502093f92b6005edb0cd8f2</guid>
                <category>Novembre 2006 - En route pour l'Inde again</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-4954856-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le cordonnier]]></title>
        <link>http://www.amelotour.com/article-4885278.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Tahoma; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'">Il y a parfois des petits moments dans les voyages qui font qu&rsquo;on se sent un peu moins voyageur. Ces petites choses qu&rsquo;on fait sans vraiment s&rsquo;en rendre compte chez soi, dans son quartier, inscrites sur une petite liste de choses &agrave; faire. Des gestes simples, comme acheter des provisions et se pr&eacute;parer un repas, passer le balai dans la cuisine, ou t&eacute;l&eacute;phoner au plombier pour la fuite dans les toilettes. Ou encore passer chez le cordonnier.
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</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Tahoma; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'">Autant de choses que l&rsquo;on consid&egrave;re souvent comme des corv&eacute;es, et que l&rsquo;on est ravi de mettre de c&ocirc;t&eacute; quand on part un peu en vacances. Mais quand le voyage se prolonge, certaines corv&eacute;es se pr&eacute;sentent naturellement un jour ou l&rsquo;autre, et se transforment en nouvelles sources de d&eacute;couverte et d&rsquo;&eacute;tonnement.
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</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Tahoma; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'">J&rsquo;avais l&rsquo;autre jour un exemple pr&eacute;cis dans la t&ecirc;te. Il me fallait absolument faire r&eacute;parer la semelle de ma puma chinoise gauche, qui n&rsquo;a pas support&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre un peu trop pr&egrave;s du feu il y a quelques soirs &agrave; Khuri. D&eacute;coll&eacute;e de chaque c&ocirc;t&eacute;, elle ne tenait plus que par deux points de colle au niveau des orteils et du talon. Compte tenu des kilom&egrave;tres de marche que je fais chaque jour, il me fallait agir vite, et trouver un cordonnier.
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</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Tahoma; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'">Assez faciles &agrave; rep&eacute;rer, en g&eacute;n&eacute;ral ils sont install&eacute;s &agrave; m&ecirc;me le sol, sur un bout de trottoir, avec leur materiel dispos&eacute; sur un drap. Je ne tarde pas &agrave; en trouver un, affair&eacute; &agrave; taner un petit morceau de cuir que quelqu&rsquo;un lui a tendu.
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</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Tahoma; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'">Assis au milieu d&rsquo;un monticule somme toute organis&eacute; de semelles diverses, de pots de colle et de cirage, de trieurs en bois contenant toutes sortes de clous, il a devant lui une petite enclume sur laquelle il tient d&rsquo;une main le bout de cuir, pendant que l&rsquo;autre fait aller et venir une esp&egrave;ce de rabot avec une agilit&eacute; et une pr&eacute;cision d&eacute;concertante. Il repose son outil avec les quelques autres entass&eacute;s sur sa droite, et v&eacute;rifie son travail avec attention avant de rendre la peau au client satisfait qui lui glissera quelques roupies dans la main. En attendant qu&rsquo;il termine, j&rsquo;avais d&eacute;j&agrave; quitt&eacute; ma chaussure et enfil&eacute; mon pied gauche dans un genre de babouche en cuir &agrave; disposition, beaucoup trop grande pour moi. Il comprend vite le probl&egrave;me et commence &agrave; s&rsquo;organiser. Je lui pr&eacute;cise que non seulement je veux qu&rsquo;il la recolle, mais qu&rsquo;il la couse &eacute;galement. On manque de vocabulaire l&rsquo;un comme l&rsquo;autre, mais les gestes sont assez clairs, et il acquiesce comme si cela avait &eacute;t&eacute; une &eacute;vidence.
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</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Tahoma; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'">Les jambes entrem&ecirc;l&eacute;es en lotus, il examine ma chaussure sous toutes les &ldquo;coutures&rdquo;, et j&rsquo;ai un peu honte parce que l&rsquo;int&eacute;rieur doit sentir le renard du d&eacute;sert suite aux kilom&egrave;tres de la journ&eacute;e dans mes chaussettes synth&eacute;tiques d&eacute;cathlon.
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</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Tahoma; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'">Il l&rsquo;enfile sur l&rsquo;enclume &agrave; la forme bien &eacute;tudi&eacute;e et commence &agrave; s&rsquo;affairer. Il sort d&rsquo;abord une lime, comme celles qu&rsquo;on utilise pour &eacute;bavurer les m&eacute;taux. Je lui fais confiance, mais je doute un instant que le tissu de pi&egrave;tre qualit&eacute; de la copie chinoise ne r&eacute;siste pas &agrave; l&rsquo;attaque muscl&eacute;e d&rsquo;un cordonnier indien.<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>Il rape le tissu, rape la semelle, nettoyant avec efficacit&eacute; les restes de bouse s&eacute;ch&eacute;e qui l&rsquo;avait incrust&eacute;e. Il souffle un grand cou, et fait glisser son doigt expert sur la surface dont il juge alors la propret&eacute; et la rugosit&eacute; satisfaisantes. Le m&ecirc;me doigt plonge g&eacute;n&eacute;reusement dans un petit pot en plastque contenant une colle &eacute;paisse et ambr&eacute;e. Cette m&ecirc;me colle cens&eacute;e faire r&eacute;sister ma semelle aux pires agressions, il en a plein le doigt, comme si il le sortait d&rsquo;un pot de miel de ch&acirc;taigner apr&egrave;s en avoir touch&eacute; le fond. Etal&eacute;e grossi&egrave;rement sur l&rsquo;ensemble des surfaces &agrave; resouder, elle doit maintenant s&eacute;cher une dizaine de minutes. Il retire la chaussure de l&rsquo;enclume et la pose d&eacute;licatement derri&egrave;re lui. Il se nettoie ensuite le doigt englu&eacute; en le frottant simplement sur la base de l&rsquo;enclume et &ccedil;a a l&rsquo;air de marcher. Parce que quand il s&rsquo;attaque &agrave; la d&eacute;coupe de lani&egrave;res de caoutchouc don&rsquo;t je ne vois pas l&rsquo;utilit&eacute;, elles ne lui restent pas coll&eacute;es dans la main.
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</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Tahoma; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'">R&eacute;guli&egrave;rement, mon cher cordonnier tapotte la colle avec le bout des doigts, pour op&eacute;rer &agrave; l&rsquo;assemblage &agrave; un moment pr&eacute;cis que seule son exp&eacute;rience sait lui dire que c&rsquo;est le bon. D&rsquo;un geste rapide, il repositonne la chaussure, colle les parties les unes contre les autres avant de terminer l&rsquo;application par des grands coups de marteau &agrave; bout arrondi.
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</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Tahoma; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'">Voil&agrave;, ma chaussure est comme neuve. Et pour qu&rsquo;elle soit mieux que neuve, il consolide le tout en enfilant une grosse aiguille dans la semelle, et en la cousant d&rsquo;un fil &eacute;pais de coton noir.
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</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Tahoma; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'">Le r&eacute;sultat est impeccable, il me tend la chaussure s&ucirc;r de lui, et il peut l&rsquo;&ecirc;tre. Je pense que vu la vitesse de d&eacute;gradation de mes pompes, il ne restera bient&ocirc;t plus que ces bouts de semelle qu&rsquo;il a p&eacute;tass&eacute; professionnellement.
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</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Tahoma; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'">Je n&rsquo;ai pas demand&eacute; le prix avant qu&rsquo;il ne se lance. Grave erreur dans le cas d&rsquo;un chauffeur de rickshaw ou d&rsquo;un faux pr&ecirc;tre sur les ghats de Pushkar, &ccedil;a ne m&rsquo;a pas travers&eacute; l&rsquo;esprit en voyant cet homme mettre tant d&rsquo;application et de conscience dans son travail. Et puis je pense que c&rsquo;est le genre de petit m&eacute;tier qui sort du champ d&rsquo;influence touristique. Comparativement au nombre important qu&rsquo;il voit passer dans sa rue de Jodhpur, peu doivent s&rsquo;arr&ecirc;ter pour enfiler ses babouches de pr&ecirc;t. Il est pas l&agrave;, son business.
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</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Tahoma; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'">Il me demande 40 Rs&hellip; 70 centimes d&rsquo;euro. Je n&rsquo;ai pas la moindre id&eacute;e du prix qu&rsquo;aurait pay&eacute; un indien &agrave; ma place, mais je lui en tends 50 qui me paraissent tout autant d&eacute;risoires.<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>
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</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Tahoma; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'">
<p>&nbsp;</p>
</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Tahoma; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'">Je ne me suis jamais arr&ecirc;t&eacute;e devant le travail d&rsquo;un cordonnier &agrave; Lille. Je ne me souviens m&ecirc;me pas avoir un jour fait r&eacute;parer un semelle en France, &agrave; vrai dire. Quand j&rsquo;ai des chaussures dans cet &eacute;tat chez moi, je les jette sans m&ecirc;me oser les d&eacute;poser chez Emma&uuml;s. J&rsquo;ach&egrave;te une autre paire, ou j&rsquo;en enfile une parmi les quinze autres qui tra&icirc;nent dans le placard. La plupart n&rsquo;ont pas le temps d&rsquo;&ecirc;tre us&eacute;es avant d&rsquo;&ecirc;tre oubli&eacute;es dans la rang&eacute;e du fond. Ici, dans ce contexte, il en est tout autre. Je n&rsquo;encombre pas mon sac &agrave; dos d&rsquo;accessoires de mode, je ne transporte que des chaussures utiles. Chaud = tongs du Myanmar; Froid = puma de Chine. 10,50 US$ le tout. Quand &agrave; en racheter une paire ici, c&rsquo;est une autre probl&eacute;matique. A moins de mettre un prix exorbitant pour avoir quelquechose de potable, les mod&egrave;les de base indiens sont d&rsquo;un go&ucirc;t plus que moyen. D&rsquo;autant que vue ma pointure, je dois chercher dans les rayons masculins&hellip; Et l&agrave;, j&rsquo;ai le choix entre des babouches traditionnelles du Rajasthan ou la nouvelle mode des chaussures en cuir &agrave; bout carr&eacute;.
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</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Tahoma; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'">Mais je pense que la raison principale, c&rsquo;est qu&rsquo;on voit ici encore exister les petits m&eacute;tiers comme celui de cordonnier. Qu&rsquo;on est dans une culture o&ugrave; rien n&rsquo;est jamais vraiment hors d&rsquo;usage, car des gens sont sp&eacute;cialis&eacute;s dans l&rsquo;art de redonner &agrave; toute chose une nouvelle jeunesse. Les gens donnent de la valeur &agrave; ce qu&rsquo;ils poss&egrave;dent; et donner de la valeur, qu&rsquo;elle soit marchande ou sentimentale, c&rsquo;est finalement assurer l&rsquo;attention et l&rsquo;entretien qui rendra l&rsquo;investissement rentable dans la long&eacute;vit&eacute;.
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</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Tahoma; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'">
<p>&nbsp;</p>
</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0in 0in 0pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Tahoma; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'">J&rsquo;aime beaucoup vivre dans ce rapport &agrave; l&rsquo;essentiel, redonner au materiel sa valeur purement fonctionnelle et le sortir d&rsquo;un contexte o&ugrave; on finit par s&rsquo;en servir pour s&rsquo;afficher. Ici, &ccedil;a n&rsquo;est pas une faute de go&ucirc;t que de porter un foulard t&acirc;ch&eacute;, car la t&acirc;che ne l&rsquo;a jamais emp&ecirc;ch&eacute; de remplir son r&ocirc;le de protection. Ce que j&rsquo;attends de mes pumas, c&rsquo;est finalement de me tenir les pieds &agrave; peu pr&egrave;s au chaud, et tant que je pourrais les faire vivre, je suis bien d&eacute;cid&eacute;e &agrave; les user jusqu&rsquo;&agrave; la corde. Ou plut&ocirc;t jusqu&rsquo;au fil &eacute;pais de coton noir de mon cordonnier de Jodhpur.
<p>&nbsp;</p>
</span></p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 13 Dec 2006 12:29:48 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">4b55320b4809c7ebabfdcc28a0f7de41</guid>
                <category>Novembre 2006 - En route pour l'Inde again</category>        <comments>http://www.amelotour.com/article-4885278-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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